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Nouvelles observations sur l'unité italienne

De
74 pages

A Monsieur le Rédacteur en chef du MESSAGER DE PARIS.

Paris, 10 décembre 1864.

Monsieur le rédacteur,

Puisqu’il a plu à certains journalistes, parmi lesquels il suffit que je cite M. de Girardin, d’appeler sur moi, à propos de l’unité italienne, l’animadversion de l’opinion libérale, me permettrez-vous, à votre tour, de venir jeter dans l’impartialité de vos colonnes quelques paroles de justification ? Je n’abuserai pas de votre complaisance.

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Pierre-Joseph Proudhon
Nouvelles observations sur l'unité italienne
Le dernier travail de M. Proudhon nous a été adress é pour être publié dansle Messager de Paris, journal politique, mais que sa spécialité financiè re rend complétement indépendant en le dégageant de tout sy stème et de tout parti. Nous disions, en insérant dans les colonnes de ce j ournal lesNouvelles Observations sur l’Unité italienne,c’était un grand honneur pour nous que ce que voisinage d’une plume si érudite et si éloquente su r tous les sujets dont elle s’empare, et nous nous estimions heureux qu’elle continuât à s’exercer en cette circonstance sur le plus important de tous ceux que renferme la politique à l’ordre du jour. Les victoires de Magenta et de Solferino, et douze cents millions d’emprunt italien souscrits en France, nous donnent, ajoutions-nous, le droit de penser que rien de ce qui touche à l’Italie ne nous est étranger, et quan d l’auteur desContradictions économiques fait sion de l’unification,de nouveau acte de controverse dans la discus nous croyons qu’il ne peut y avoir qu’honneur et profit à l’enregistrer. La meilleure manière de rendre hommage à un mort il lustre est, à nos yeux, de rendre au public la dernière expression de sa pensé e. C’est ce devoir que nous remplissons aujourd’hui, a vec le concours de l’honorable éditeur de P.-J. Proudhon. CHAROLAIS.
NOUVELLES OBSERVATIONS SUR L’UNITÉ ITALIENNE
AMonsieurle Rédacteur en chef duMESSAGER DE PARIS.
Paris, 10 décembre 1864.
Monsieur le rédacteur, Puisqu’il a plu à certains journalistes, parmi lesq uels il suffit que je cite M. de Girardin, d’appeler sur moi, à propos de l’unité it alienne, l’animadversion de l’opinion libérale, me permettrez-vous, à votre tour, de veni r jeter dans l’impartialité de vos colonnes quelques paroles de justification ? Je n’a buserai pas de votre complaisance. Et d’abord, j’ai regret de le dire, mais il faut qu e je le dise, je n’ai nulle envie d’engager, sur quelque question que ce soit, une polémique ave c M. de Girardin. Ni mes loisirs ni mes forces ne me le permettent. Je le pourrais, d’a illeurs, que je ne le voudrais pas. Plus d’une fois, dans ces dernières années, j’ai fa it à M. de Girardin ce que j’appellerais volontiers, avec les professeurs d’es crime, un appel du pied : il n’y a pas répondu. J’ai eu, avec plusieurs de mes amis, à lui adresser, sur l’abus qu’il faisait de son journal vis-à-vis d’adversaires politiques priv és d’organe, de légitimes remontrances : il ne les a point accueillies. M. de Girardin accorde la publicité dela Presse à ses gens et à ses heures, sans compter qu’il fau t le saluer beaucoup trop bas. Et puis, l’avouerai-je ? je ne sais jusqu’à qu el point il est permis de prendre au sérieux l’opinion de M. de Girardin sur l’unité ita lienne : tout à l’heure je dirai pourquoi. Ajoutons, pour finir, que j’ai lieu de croire que M . de Girardin, après avoir lu ces lignes, se gardera d’essayer une réplique. Voilà, vous en c onviendrez, monsieur le rédacteur, plus de raisons qu’il n’en faut pour un galant homm e pour déclarer qu’en essayant de justifier, une fois pour toutes, contre M. de Girar din et autres, ses confrères, une opinion longuement mûrie, il renonce à toute polémi que. M. de Girardin traite deboutadepar moi, il y a bientôt deux ans, un article écrit contre l’unification de l’Italie. D’autres, avec pl us de pétulance encore que M. de Girardin, m’accusent de capucinade. De répondre à m es objections, personne, ni dans la Presse, ni dansl’Opinion nationale, ni dansle Charivari, ni dansle Temps,dans ni le Siècle,2, la presse soi-disantailleurs, n’y songea jamais. Sous la loi de 185  ni indépendante vous étrangle : c’est ainsi qu’elle en tend et pratique la liberté. Eh bien, que MM. de Girardin et consorts, qui sans doute ne cherchent que la vérité, me permettent de leur poser, sur ce grave sujet de l’I talie unitaire, quelques questions très-simples, auxquelles leur science politique ne sera, j’aime à le croire, pas embarrassée de répondre. S’ils les résolvent de la manière qu’on est en droit d’attendre de publicistes honorables, ils auront re ndu à la cause qu’ils défendent un éminent service, et je leur promets pour ma part de me convertir à l’unité. Que si, au contraire, comme il leur arrive trop souvent, ces m essieurs ne savent que danser et cabrioler autour du pot, ils trouveront bon que je m’en tienne à mes boutades. M. de Girardin et ses confrères ont habitué de trai ter la politique à vol d’oiseau. Rien n’égale la rondeur et la sublimité de leurs concept ions. Les différences les plus tranchées, les plus inconciliables, de territoires, de races, de traditions, d’intérêts, leur apparaissent, à la hauteur où ils se placent, comme ces ombres indécises que l’on voit sur le globe de la lune. Aussi rien ne les met en peine ; ils découpent les États ou les arrondissements, ils parquent les peuples, ils font les constitutions,ad libitum. Ils
n’eussent pas été plus embarrassés, s’ils l’avaient voulu, de faire de l’Italie une république confédérée, qu’ils ne l’ont été d’en fai re une monarchie unitaire : c’est ainsi que ces génies mènent les affaires d’État ! Je suis plus terre à terre : et c’est ce qui fait que je n’ai jamais pu me trouver d’accord avec M. de Girardin.