Opium

Opium

-

Livres
96 pages

Description

Ce recueil kaléidoscopique est cousu de rêveries poétiques adroitement réalistes. Indignés et nostalgiques, ces aphorismes plurivoques sont tous porteurs d’une même lueur : la foi. Enivrant, son lyrisme va au-delà de la poésie, en ce qu’il rejoint l’universelle histoire humaine.



Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 novembre 2015
Nombre de visites sur la page 6
EAN13 9782754730570
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Maximilien Amegee
2015
Les Éditions du Panthéon 12, rue Antoine Bourdelle – 75015 Paris Tél. 01 43 71 14 72 – Fax 01 43 71 14 46 www.editions-pantheon.fr Facebook – Twitter – Linkedin
CollectionLes souffles du monde Éd. Amalthée, Toulouse, 2012
Les Éditions du Panthéon, Paris, 2013
Résonances Éd. Continent, Lomé, Togo 2013
Éd. Le Manuscrit, Paris 2009
Karukera, la monnaie du nègre
CollectionIntuitions pour Haïti Éd. D’ici et d’ailleurs, Paris, 2010
Passionnément…
DU MÊME AUTEUR
À Éva, Maxence et Paul, En espérant qu’ils ne baisseront jamais les bras devant les causes de l’humanité.
« Que ton poème soit dans les lieux sans amour Où l’on trime, où l’on saigne, où l’on crève de froid Comme un air murmuré qui rend les pieds moins lourds, Un café noir au point du jour, Un ami rencontré sur le chemin de croix. » Louis Aragon,Cantique à Elsa, « Ce que dit Elsa ».
PRÉFACE
De Maximilien Amegee, j’entendais parler quelquefois. Je ne le connaissais pas bien quoiqu’ami de son père, l’un de nos grands et brillants « anciens » ; je ne m’étais pas familiarisé avec son œuvre.
Je viens donc de le découvrir, ou de découvrir un poète, dans toute l’acception du thème, qui nous fait doublement honneur, car il est également un artiste-peintre pétri de talents.
Retenez bien ce nom, Maximilien Amegee… Il est authentiquement le « poète qui allume un cigare et se sert quelques vers », celui qui nous « raconte une belle histoire, celle d’un bel ailleurs », le tout dans un style chatoyant et incantatoire.
Sorti du carcan de la versification classique, amoureux de rythmes et de sonorités, Maximilien a écrit une poésie de vécu… d’un vécu universel… À partir de petits riens, l’auteur évoque tour à tour le pays natal et ses problèmes, l’Afrique, « mon » Afrique, sa religion qui est liberté des « Variations » et une bien magnifique exhortation qui se dégage du « Troubadour ».
Et que dire de quelques stances inoubliables !
« La faim s’assoit et se ronge les ongles , Dame anophèle se lèche les lèvres. »
Ou encore :
« Le cocotier se noie Dans l’entrejambe Du nuage qui frémit De ton regard absent, Et perd confiance. »
Le nouveau recueil de M. Amegee (Opium) recèle, comme autant de gemmes, de nombreuses trouvailles graves ou amusantes comme dans « Conjugaison » ou encore « la télé sans vision » du poème « Changementeurs ».
Recueil après recueil, Maximilien Amegee confirme : il est un vrai poète, l’un des plus significatifs (pour ne pas dire davantage) de l’actuelle génération. On sent qu’il est allé boire à la fontaine de Césaire pour la magie des mots et à celle du regretté David Diop dont les « Coups de Pilon » ont ici des échos et des résonances bien perceptibles. Mais il est demeuré lui-même, un authentique créateur, maniant le verbe, le mot, comme il le fait avec le pinceau devant ses toiles.
Notre pays, le Togo, tient là un véritable artiste peu connu, malheureusement, en dehors du cercle des initiés, et que nous devons adouber définitivement comme un des porte-flambeaux de la littérature de chez nous et du continent. Joseph Kokou Koffigoh, le poète, affirmait dans une précédente préface, que Maximilien Amegee, dans son recueilRésonances, nous « balade du charnel au spirituel – voire au mystique ».
Il a mille fois raison. L’artiste peintre n’a pas changé de palette, ni le diseur de mots, le poète, de style.
Cet aphorisme tiré de son poème « Quoi de neuf, Docteur ? », est véritablement le mot de la fin qui résume une œuvre riche et exaltante…
« Magicien, que dis-tu de la vie ?
La vie est rose, mais la magie avec ! »
Edem KODJO Président de PAX AFRICANA Ancien secrétaire général de l’OUA Ancien Premier ministre du TOGO Membre du Panel des Sages de l’Union Africaine.
ELLE EST PLEINE, MA LUNE
Au bout de l’hiver, Sur un hamac d’émotions, Un poète allume un cigare Et se sert quelques vers, La main sur la poitrine posée :
Pleure mon cœur, Tremble ma main, Vacille la flamme, Et que s’envolent les pies ;
La vie raconte encore Une belle histoire, Celle d’un bel ailleurs Et d’un jardin fleuri ;
Sous l’orage, L’infortune fait bruit, Elle étouffe l’aurore Et fait tomber les feuilles ;
Le cocotier se noie Dans l’entrejambe Du nuage qui frémit De ton regard absent, Et perd confiance ;
Partir sur une feuille, Quand la voix est nouée Comme du tabac roulé, Quand du bout des lèvres, la fumée Fuse et voit le feu s’effondrer Au creux de ces riens dénudés Où le vide vient enlacer ;
Voici les cendres de notre passé Que la peur a trop vite dispersées Au large des folles marées, Regarder partir, les mains liées, Ces auréoles éclatées, Danser dans l’air emballé, Le tempo des extases sépulcrales, Le retour des djinns ;
C’est la pleine lune, ce soir. Les étoiles chantent la mélancolie D’un navire amoureux du naufrage Où la sagesse pleure la folie, Où la rage s’allie au chien Qui aboie d’un bonheur figé Jusqu’à sa totale noyade ;
FULL MOON
Ô bouche, amie du poivre en grains ! Chatouille du bout de ta langue le monde