Origine et migrations des principales tribus de l

Origine et migrations des principales tribus de l'Afrique septentrionale

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Français
497 pages

Description

HÉRODOTE. Les Libyens, les Auses, les Maxyes. — STRABON. Les Numides, les Maures, les Gétules, les Libo-phéniciens, les auasis, la Libye. — PLINE. Les Sabarbares, les Scelatites, les Masates ; le nom d’Afrique employé dans un sens restreint. — POMPONIUS MELA. Le tombeau des rois maures. — PTOLÉMÉE. L’Afrique désignée encore par le nom de Libye, les Nakmousiens, les Maziques. — Le philosophe ÉTHICUS. Les Auasitæ, les Maziques, les Quinquegentiani.

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Date de parution 12 mai 2016
Nombre de lectures 5
EAN13 9782346067350
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Ernest Carette
Origine et migrations des principales tribus de l'Afrique septentrionale
Et particulièrement de l'Algérie
MODE DE TRANSCRIPTION DES MOTS ARABES EN CARACTÈRES FRANÇAIS
ADOPTÉ POUR LA PUBLICATION DES TRAVAUX DE LA COMMISSION SCIENTIFIQUE D’ALGÉRIE
On a cherché à représenter les mots arabes de la manière la plus simple et en même temps la plus conforme à la prononciation usuelle. Il a paru convenable de rejeter les lettres puremen t conventionnelles, dont l’emploi augmente les difficultés de l’orthographe, sans ret racer plus exactement l’expression phonique. Il a été reconnu que, sauf deux exceptions, tous les caractères arabes rencontrent des caractères ou identiques ou analogues dans l’alphabet français. On a donc rendu par les lettres françaises simples ceux des caractères arab es qui leur sont identiques pour la 1 prononciation, et par les mêmes lettres, accompagnées d’un accent , ceux qui leur sont analogues. Les deux lettres qui n’ont, dans notre langue, ni identiques, ni analogues, sont le et
le . La première est partout remplacée par une apostrophe, accompagnée des voyelles que la prononciation rend nécessaires ; la seconde, par la double lettrekh, conformément à l’usage. Trois autres caractères, qui n’ont pas, dans la lan gue française, d’identiques ou d’analogues simples, ont été rendus par des lettres doubles, savoir : le pardj, le parch,le, parou.La prononciation arabe se trouve ainsi fidèlement reproduite. Les avantages qu’a paru offrir ce mode de transcription sont surtout, 1° De ne point exiger la fonte de caractères nouveaux, et de pouvoir être ainsi adopté, sans aucune dépense, dans tous les établissements typographiques ; 2° De fournir un moyen facile de rétablir les mots dans leurs caractères primitifs.
OBSERVATIONS. 1° Dans les mots qui, étant précédés de l’article, commencent par une lettre solaire, on se conformera à la prononciation en redoublant la lettre initiale. Ainsi on écrira‘Abd-er-Rah’mân, Nâc’er-ed-Dîn,et non’Abd-el-Rah’mân, Nâc’er-el-Dîn. 2° Les mots terminés par la lettre , qui ne prend alors que le son de l’a sans aspiration, seront terminés, dans la transcription française, par la lettreaet non simple, parah.On écrira doncMiliâna, Blîda,et non pasMiliânah, Blîdah. 3° Les consonnes placées à la fin d’une syllabe ne seront jamais suivies de l’e muet. Toutefois il ne faut pas oublier que dans la langue arabe les consonnes se prononcent toutes distinctement, et qu’aucune ne prend le son nasal ni ne s’élide. AinsiBibândoit se prononcerBibâne ; Mans’our, Manns’our ; Tôzer se prononceTôzere ; Kouînîn, Kouînine ; Zâr’ez, Zâr’ezz ; Gâbes, Gâbess.
1le nom deaccent est celui qui, désigné en algèbre sous  Cet prime, y est employé comme signe de l’analogie entre les quantités.
RECHERCHESSURL’ORIGINE ET LES MIGRATIONSDES PRINCIPALES TRIBUS DE L’AFRIQUE SEPTENTRIONALE ET PARTICULIÈREMENT DE L’ALGÉRIE PAR E. CARETTECHEF DE BATAILLON DU GÉNIE, MEMBRE ET SECRÉTAIRE DE LA COMMISSION SCIENTIFIQUE D’ALGÉRIE
LIVRE PREMIER
CLASSIFICATION DES PEUPLES D’ORIGINE AFRICAINE
CHAPITRE PREMIER
CLASSIFICATION DES PEUPLES AFRICAINS DANS L’ANTIQUITÉ
HÉRODOTE. Les Libyens, les Auses, les Maxyes. — STRABON. Les Numides, les Maures, les Gétules, les Libo-phéniciens, les auasis, la Libye. — PLINE. Les Sabarbares, les Scelatites, les Masates ; le nom d’Afrique employé dans un sens restreint. — POMPONIUS MELA. Le tombeau des rois maures. — PTOLÉMÉE. L’Afrique désignée encore par le nom de Libye, les Nakmousiens, les Maziques. — Le philosophe ÉTHICUS. Les Auasitæ, les Maziques, les Quinquegentiani. — J. HONORIUS. Les Quinquegentiani, les Maziques, les Barbares,Vacuates. — ITINÉRAIRE D’ANTONIN. Les Bacuetes, les les Macenites. — Résumé du chapitre.
Les géographes antérieurs à la conquête romaine, et notamment Scylax et Hérodote, comprenaient sous le nom général de Libyens tous le s peuples de la contrée appelée dans les temps modernesBerberie,et par corruptionBarbarie. Contemporains à quelques années près, ils avaient d evancé l’un et l’autre d’environ trois siècles la destruction de Carthage. Scylax, le plus ancien des deux, s’était surtout oc cupé des villes ; Hérodote, laissant les villes de côté, s’était particulièrement attaché à mentionner les peuples. Leurs descriptions s’appliquent presque exclusiveme nt à la partie orientale du continent africain, celle qui se trouvait la plus voisine de Carthage ; la région occidentale, à l’exception de la côte, paraît leur avoir été beaucoup moins connue. Les peuples, les villes et les contrées mentionnés dans ces deux géographes se retrouvent presque tous dans les nomenclatures beaucoup plus riches des écrivains des siècles suivants. Toutefois Hérodote établit, beaucoup plus nettement que ses successeurs, la distinction qui forme un des caractères les plus saillants du nord de l’Afrique entre le Tell et le Sahara, entre les peuples laboureurs et les peuples pasteurs. Depuis l’Égypte jusqu’au lac Triton habitaient les Libyens nomades et pasteurs appelés Auses,et, à partir du lac Triton, les peuples laboureurs et sédentaires appelésMaxyes. Le lac Triton marquait donc la séparation entre les deux régimes si profondément différents de la culture et du parcours. Après Hérodote et Scylax vient Strabon, qui écrivait sur la géographie de l’Afrique dans les premières années de l’ère chrétienne. Il s’étai t écoulé environ un siècle et demi depuis que Carthage avait été prise et détruite par les Romains, dont les conquêtes s’étendaient alors jusqu’à Bougie. A côté des peuples, des contrées et des villes déjà mentionnés par les deux premiers géographes, on voit surgir dans Strabon des noms no uveaux que les incidents de l’occupation romaine avaient déjà rendus célèbres : les Numides, les Maures, les Gétules apparaissent pour la première fois. Comme vestige de la domination carthaginoise, il re ste le nom desLibo-phéniciens, peuples qui habitaient la partie de la régence actu elle de Tunis appelée déjà alors, comme elle le fut depuis,Afrique proprement dite. Cette contrée confinait à l’est à la Numidie, qui couvrait à peu près la province de Con stantine, et celle-ci à la Mauritanie, qui comprenait alors les provinces d’Alger et d’Oran, et l’empire de Maroc. Ces quatre contrées étaient bordées au sud par une région immense, couverte de montagnes rocheuses et de steppes ardents, parcouru s par les pasteurs gétules. Sur
cette vaste arrière-scène, qui s’étendait sans inte rruption depuis l’Océan Atlantique jusqu’aux syrtes, apparaissaient quelques lieux habités, épars çà et là sur un fond désert et aride. Ils avaient reçu des Égyptiens le nom d’auasis. C’est en considération de cette contrée, et par ext ension, que Strabon compare l’Afrique à la peau d’une panthère, dont les taches représentent les campements épars des Gétules ; car il constate lui-même que la régio n voisine du littoral est largement pourvue d’eaux courantes, de terres en culture et de riches cités. Strabon paraît encore généraliser le nom de Libye. et l’appliquer à tout le pays compris entre l’Egypte, l’Éthiopie, la Méditerranée et l’Oc éan. Toutefois il confesse que de son temps les peuples de la Libye étaient pour la plupart inconnus, parce que des armées y avaient été rarement envoyées, et que ce pays était peu parcouru par les voyageurs. Un demi-siècle environ après Strabon paraissaient deux ouvrages importants, savoir : l’Histoire naturellePline, et l’ de État du monde, par Pomponius Mela. Dans la partie de ses descriptions géographiques consacrée à l’Afrique, Pline s’attache surtout aux villes et particulièrement à celles qui devaient leur fondati on ou leur agrandissement aux Romains. Quant aux peuples indigènes, « leurs noms, dit-il, et ceux de leurs cités ne peuvent être le plus souvent prononcés que dans leur langue. » Néanmoins le grand encyclopédiste se fait conscience d’en mentionner quelques-uns, surtout ceux qui avaient déjà été signalés par ses prédécesseurs. Parmi les villes qu’il désigne comme étant assez pe uplées pour former de véritables nations, en figure une qui porte le nom deSabarbares.la première fois que se C’est rencontre sous la plume des géographes de l’antiqui té, ce nom qui devait plus tard occuper une si grande place dans l’histoire et dans la géographie de l’Afrique septentrionale. Sur la foi de l’historien Polybe, qui, du temps de Scipion Émilien, avait exploré les côtes de la Mauritanie tingitane, Pline cite quelqu es peuples qui habitaient alors cette portion du continent africain : de ce nombre sont lesScelatiteset lesMasates. Nous verrons plus tard reparaître dans les nomenclatures des géographes arabes des noms semblables, et nous chercherons quel lien de f iliation peut exister entre les dénominations anciennes et les dénominations modernes. Quoique à cette époque l’Afrique fût encore considérée comme une partie de la Libye, cependant son nom se généralisait davantage, il était employé déjà pour désigner toute la partie du continent située en deçà du fleuve Niger, qui séparait la Gétulie de l’Éthiopie. Pomponius Mela n’ajoute rien aux indications fournies par Pline ; seulement il révèle l’existence, sur la côte, entre Alger et Cherchell, d’un monument qui servait de sépulture à toute la famille des rois maures. Ce monument existe encore ; il a résisté à l’action du temps, aux ravages de la guerre, et, ce qui est mie ux encore, aux mutilations dirigées contre lui par la cupidité et la crédulité des Arabes. Il fournit un témoignage irrécusable de l’état de l’architecture chez les peuples africains de l’antiquité, chez ces peuples traités si dédaigneusement par le peuple romain, auquel ils ont cependant résisté et survécu. Ptolémée, qui est postérieur à Pline d’environ un s iècle, conserve à l’Afrique le nom général de Libye, employé par les géographes grecs. Il appelle Libye intérieure, l’espace occupé par le grand désert. Il sépare dans sa nomenclature les villes, les montagnes et les peuples ; aux noms mentionnés par ses prédécesseurs, il en ajoute un grand nombre d’autres. Ainsi, dans la Mauritanie césarienne, il mentionne lesNakmousiens,peuple que l’Itinéraire d’Antonin place sur la rive droite de l’Ouad-Akbou, dans le massif berbère de la Kabilie et dans la partie de ce massif qu’occupe la montagne appelée encore aujourd’hui Djebel-Nakmous. Il est un autre peuple dont le nom, cité pour la première fois par Ptolémée, agrandit et
généralise sa signification à mesure qu’on se rapproche des temps modernes. Ce nom est celui des Maziques, que Ptolémée place dans la Mauritanie césarienne, au delà du mont Zalacus. Plus tard Ammien Marcellin, dans le récit de la gue rre de Théodose contre Firmus, rapporte que le général romain s’étant rendu à Tipa sa (Tefessad, près de Cherchell), y reçut les envoyés des Maziques, qui venaient implorer leur pardon. Les Maziques dont il est ici question ne devaient donc pas être éloignés de Cherchell, ni, par conséquent, de la région où Ptolémée place le même peuple. Ce nom deMaziques, ainsi qu’on le verra plus tard, est un de ceux qui contribuent à former un lien entre la géographie des temps anciens et celle du moyen âge, et à établir la filiation séculaire des peuples d’origine africaine. Un siècle après Ptolémée, Solin reproduit les notions déjà fournies par ses devanciers. Il en est de même de Paul Orose ; cet auteur, contemporain de l’invasion vandale, n’a rien de plus à nous apprendre sur les populations africaines que ce qu’en avait dit Pline trois siècles avant lui. Après Paul Orose, mais à une époque demeurée incert aine, vient se placer, dans l’ordre chronologique, le philosophe Ethicus. Il est postérieur à Paul Orose, dont il a copié tout un passage. Il écrivait donc ou pendant ou apr ès l’occupation de l’Afrique par les Vandales. Cependant les changements qu’une révolution aussi considérable devait avoir apportés dans la division territoriale de l’Afrique n’y sont point signalés. La Cosmographie d’Éthicus reproduit les noms des provinces et des villes mentionnés par les géographes des âges antérieurs. Toutefois, de cette nomenclature aride surgissent q uelques indications qui peuvent jeter un peu de lumière sur la situation des populations africaines. Suivant Éthicus, l’Afrique commence aux confins de l’Egypte, et de là elle se prolonge, à travers les déserts de l’Éthiopie, en suivant la frontière supérieure desAuasitœ,jusqu’à l’Océan méridional. Le nom d’Auasitœici à tous les peuples dont les habitations, disséminées s’applique dans le grand désert, avaient, suivant Strabon, reçu des Égyptiens le nom d’auasis. Éthicus nous apprend encore que la dénomination deMaziques, applicable jusqu’alors, en apparence du moins, à une seule nat ion, embrassait au contraire un grand nombre de peuples. Cela résulte du passage su ivant : « L’Océan méridional, dit Éthicus, renferme deux mers, dix-sept îles, six mon tagnes, douze provinces, soixante-quatre villes, deux fleuves etbeaucoup de peuples maziques (et gentes mazices multas). La nomenclature des villes commence par celles de la côte, qu’elle suit depuis l’Égypte jusqu’à l’extrémité de la Mauritanie tingitane. Les noms se succèdent dans l’ordre des positions géographiques, ce qui permet de détermine r la position relative de certains points. Ainsi entre Saldæ et Rusuccura, c’est-à-dire entre Bougie et Dellis, on remarque une ville ou plutôt une contrée qui a joué un rôle important dans les annales militaires de la domination romaine : c’est celle desQuinquegentianiou contrée des Cinq Peuples. Un géographe espagnol, Isidore de Séville, né vers 570, mort en 636, six années seulement avant l’entrée des Arabes en Afrique, ne modifie en rien l’état de nos connaissances sur les peuples de cette contrée. En lisant sa description, et à part quelques noms qui accusent la décadence de la langue latine, on se croirait encore aux beaux temps de la domination romaine, et cependant les Vandales et l’empire grec ont passé chacun un siècle sur le pays qu’il décrit. L’empire grec lui-même est à la veille de céder sa place à un peuple nouveau. Durant ces péri odes orageuses, quels changements n’ont pas dû s’accomplir dans le sein d e cette population vivace des Auasitœ, desMazices, desQuinquégentiens, desBarbares,l’on voit au déclin de que