Paris, l

Paris, l'insurrection capitale

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Livres
264 pages

Description

Légitimée à défaut d’être légalisée, l’insurrection est un recours possible. Elle comprend des degrés qui permettent d’ouvrir un large spectre à ses différentes manifestations. Entre sens propre et sens figuré, le mot couvre en effet des contestations très variées de formes d’autorité non moins variées. Les contributions réunies dans ce volume prennent en considération celles qui ont une couleur politique et sociale. Leur ampleur chronologique, spatiale et numérique est variable, mais toutes s’inscrivent dans une volonté de contester un pouvoir établi ou une autorité dont on remet en cause la légitimité ou la légalité.L’insurrection suggère l’emploi de la violence armée. Elle s’accompagne d’images récurrentes parmi lesquelles la barricade occupe une place centrale. Elle incarne le triomphe de l’occupation de l’espace public par des forces politiques qui s’opposant au pouvoir en place et, depuis l’avènement de la démocratie parlementaire, aux formes légales d’opposition, entendent s’en affranchir. En ce sens, la chose insurrection existe avant que le mot n’apparaisse. Attesté depuis la fin du XIVe siècle, soumis à des éclipses plus ou moins durables, le mot n’a jamais déserté totalement le vocabulaire politique. Et sa dimension parisienne, sans être exclusive, est prépondérante dans l’espace français.Certaines séquences ont particulièrement nourri cet imaginaire de l’insurrection, relayées jusqu’à nos jours par une représentation historique qui a mis longtemps à déconstruire la légende pour formuler un discours fondé sur une lecture critique des sources. D’Étienne Marcel à Mai 68 en passant par les guerres de Religion, la Fronde, les journées révolutionnaires, de 1789 à la Commune de Paris, ou le soulèvement d’août 1944, la séquence insurrectionnelle apparaît propice à la production de récits partisans, soucieux de s’emparer de l’événement pour l’enraciner dans la mémoire collective.Textes de S. Aprile, T. Bouchet, H. Burstin, J.-C. Caron, Q. Deluermoz, R. Descimon, J.-L. Diaz, J.E Dubois, E. Fournier, E. Fureix, C. Gauvard, L. Godineau, B. Joly, A.D. Houte, G. Mazeau, C. Riondet, M. Riot-Sarcey, M. Traugott, M. Zancarini-Fournel.

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Date de parution 15 janvier 2015
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EAN13 9782876739987
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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JEANCLAUDE CARON (SOUS LA DIRECTION DE)
PARIS,
L’INSURRECTION CAPITALE
Époques CHAMP VALLON
époques est une collection dirigée par joël cornette
Illustration de couverture : Alexandra Taylor,Les Amis victorieux, œuvre digitale, janvier 2013. Inspiré par JeanVictor Schnetz,Combat devant l’Hôtel de Ville de Paris, le 28 juillet 1830, etLes Misérables, de Victor Hugo.
PARIS, L’INSURRECTION CAPITALE
Le présent ouvrage est publié avec le concours de l’Institut Universitaire de France et du CHEC  Université BlaisePascal, Clermont 2. Il est issu d’un colloque coorganisé avec le CHVP et la Ville de Paris les 6 et 7 septembre 2012.
© 2014,champ vallon, 01350 Ceyzérieu www.champvallon.com isbn9782876739970 issn02984792
JeanClaude Caron, (sous la direction de)
PARIS, L’INSURRECTION CAPITALE
SylvieAprile ThomasBouchet HaimBurstin JeanClaudeCaron QuentinDeluermoz RobertDescimon JoséLuisDiaz JeanÉtienneDubois ÉricFournier EmmanuelFureix
TEXTES DE
ClaudeGauvard LaureGodineau ArnaudDominiqueHoute BertrandJoly GuillaumeMazeau CharlesRiondet MichèleRiotSarcey MarkTraugott MichelleZancariniFournel
Champ Vallon
INTRODUCTION
JeanClaude Caron
Paris, capitale de l’insurrection
L’insurrection constitue un phénomène d’une grande richesse pour saisir une société en mouvement. Elle est un observatoire de la relation entre vio lence et politique, de ses causes, de ses effets, de sa diffusion dans l’espace et dans le temps, mais aussi de sa capacité à mobiliser des catégories de genre, d’âge ou sociales. Mais elle se révèle également comme un procédé narratif et rhétorique instrumentalisé par ses acteurs, quel que soit le côté de la barricade, pour introduire dès à présent un motclef souvent associé à l’insurrection, où ils se trouvent. De plus, elle peut être analysée comme un phénomène historique marqué par des permanences et des ruptures dans sa nature, ses lieux, ses acteurs, traversant les âges et ayant l’apparence d’une longue chaîne continue. Partant de ce constat, cet ouvrage propose d’étu dier l’insurrection dans la longue durée, six siècles en l’occurrence, mais en la resserrant dans un espace particulier, Paris, capitale de l’insurrection du Moyen Âge à mai 68.
Quelques jalons sur les usages du mot insurrection
Le choix de la longue durée s’inscrit dans une volonté transpériodique qui n’est pas sans poser problème. Certes le mot « insurrection » est attesté e dans la langue française depuis lexivsiècle et Nicole Oresme l’utilise dans sa traduction et son commentaire desPolitiquesd’Aristote, vers 13721377, dissertant par ailleurs sur la sédition, la guerre civile et plus largement sur 1 la violence dans la Cité . Mais il est soumis à une constante actualisation e e qui se poursuit sous nos yeux. Rarement utilisé entre lesxvi etxviiisiècles, le mot ne retrouve un usage que sous la plume de Montesquieu. S’appuyant sur l’exemple relevé dans Aristote de la Crète antique, l’auteur
1. Voir Sylvain Piron, « Nicole Oresme : violence, langage et raison politique »,Working Paper(HEC n° 97/1), Institut Universitaire Européen, Florence, 1997. Consulté en ligne : http ://hal.inria.fr/docs/00/48/95/54/PDF/ Nicole_Oresme.pdf.
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