Paris sous la Commune

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402 pages
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Wilhelm Dinesen (1845-1895), jeune aristocrate danois, n'a que 25 ans lorsqu'il décide de s'engager en 1870 dans l'armée française, à l'entrée des troupes de Bismarck en France. C'est son goût pour les hauts faits et les belles causes qui l'incitent à mettre au service de ce pays sa science militaire, son enthousiasme et son anti-germanisme, hérités de la désastreuse Guerre des Duchés.

Il prend donc part comme officier d'état-major à l'éprouvante campagne de l'Est ; blessé devant Belfort, puis démobilisé lors de l'armistice, il rejoint Paris le 17 mars 1871, à la veille de la proclamation de la Commune. C'est alors qu'il devient le témoin, un peu distant d'abord, puis chaque jour un peu plus engagé, du printemps tragique et de la «semaine sanglante». Quelques jours après la fin des combats, « las de corps et d'âme », il rentre au Danemark, dans la demeure familiale de Katholm. Il n'y restera pas longtemps puisqu'il repartira, en 1872, pour l'Amérique du Nord, où il demeurera dix-huit mois et nouera d'amicales relations avec deux petites communautés d'Indiens Sioux et Pawnee.

Rentré définitivement, en 1879, dans son pays natal, il se marie, fonde une famille et s'engage dans une activité littéraire et politique. Il est élu au Parlement danois en 1892.

Sa seconde fille sera la future Karen Blixen, qu'une tendre complicité unira à son père (qui se suicidera en mars 1895).

Wilhelm Dinesen porte un regard aigu sur la Commune, période cruciale de notre histoire, regard d'autant plus significatif que l'auteur est en soi « étranger » à ce conflit et toujours soucieux, en homme d'honneur, d'impartialité comme de vérité.

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Ajouté le 01 janvier 2003
Nombre de lectures 70
EAN13 9782876234932
Langue Français
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PARIS SOUS LA COMMUNE
Wilhelm Dinesen
PARIS SOUS LA COMMUNE
Traduit du danois par Denise Bernard-Folliot
Avant-propos de Jean-François Battail
MICHEL DEMAULE
Nous tenons à remercier Marie-Claire et Jean d’Ornano, ainsi que Claire Mallet, pour leur collaboration précieuse.
Ouvrage publié avec l’aide du Dansk Litteraturecenter et du Centre national des lettres.
Conception graphique : Les 3TSTUDIO.
© P.G. Philipsens Forlag, 1891 (titre de l’édition originale :Paris under Communen). © ÉDITIONSMICHEL DEMAULE, 2003.
Couverture : Maximilien Luce,L’Exécution de Varlin(détail), 1871. © Musée de l’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie.
COLLECTION «TERRITOIRES DU SEPTENTRION»
Nemesis Divinade Carl von Linné (1994), traduit du suédois par Denise Bernard-Folliot, préface de Jean-François Battail.
L’Enfant de Petrogradde Tito Colliander (2001), traduit du suédois par Denise Bernard-Folliot
Mannerheimde Stig Jägersckiöld (1999), traduit du suédois par Denise Bernard-Folliot préface de Matti Klinge.
Eugen de Suèded’Inga Zachau (2000), traduit du suédois par Denise Bernard-Folliot.
Mythe et musiqued’Eero Tarasti (2003), traduit de l’anglais par Damien Pousset.
Du repli sur soi au cosmopolitisme, Essai de littérature comparée de Carl Fehrman (2003), traduit du suédois par Jean-François et Marianne Battail
Wilhelm Dinesen en 1875
AVANT-PROPOS
À sept ans d’intervalle, le Danemark et la France allaient connaît-re un même drame national face à un même adversaire, Bismarck, qui entendait sceller l’unité des Allemands sur les champs de bataille, par le fer et par le feu. Ce fut d’abord la guerre des Duchés (1863-1864), puis la guerre franco-prussienne (1870-1871). Dans les deux cas, les vaincus durent renoncer à une partie de leur territoire : le Slesvig-Holstein pour le Danemark (40 % de la population du royaume), l’Alsace-Lorraine pour la France. Un jeune officier danois, Wilhelm Dinesen, participa à ces deux guerres perdues. Au traumatisme de la défaite s’ajouta la découverte des faiblesses des hauts responsables. Les nationalistes danois, aveuglés par le souvenir d’anciennes victoires, avaient gravement surestimé le potentiel militaire de leur pays face à la redoutable coalition austro-prussienne qui allait déferler à la fron-tière sud. Même aveuglément parmi les dirigeants du Second Empire – péremptoire, le général Lebœuf n’avait pas hésité à affirmer : « l’ar-mée prussienne n’existe pas » ! On connaît la suite.
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Adolph Wilhelm Dinesen naquit en 1845 dans une famille de grands propriétaires terriens alliée à l’aristocratie danoise. Sa mère, née Dagmar Alvilde von Haffner, était issue d’une lignée de hauts militaires et l’une de ses sœurs avait épousé un des hommes les plus riches du pays, le comte Krag-Juel-Vind-Frijs. Dans la demeure fami-liale, le manoir de Katholm, situé non loin de Grenå (Jutland), l’a-dolescent manifesta une opposition aussi constante qu’irréductible à sa famille très conservatrice, le père surtout. Plus tard, celui-ci dispa-ru, Wilhelm n’honora pas moins sa mémoire avec une réelle piété filiale. Quoi qu’il en soit, l’attitude rebelle qui avait marqué sa jeu-nesse allait demeurer jusqu’à son dernier souffle un trait constitutif de sa personnalité. De tempérament romantique et passionné, le jeune homme se destine au métier des armes par goût pour les hauts faits et les causes nobles, bref par pur idéalisme, comme au vieux temps de la chevale-rie. En 1863, alors que les nuages s’amoncellent sur sa patrie, il est âgé de 17 ans et aspirant. L’année suivante, il participe à la guerre des Duchés en tant que sous-lieutenant et s’illustre dans la défense de Dybbøl, haut-lieu de mémoire qui symbolise à la fois la résistance acharnée des Danois et l’écrasement final. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il consacrera un livre à cette guerre cruelle dont il a vu les hor-reurs de près. Son témoignage (La Huitième Brigade)est paru en 1889, l’année même où Herman Bang publiaTine, admirable et som-bre roman dont la toile de fond est précisément la retraite de l’armée danoise en 1864 et le thème majeur la décomposition morale liée à cet effondrement. Pour sa part, Dinesen condamne l’inhumanité de
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