Patronymies

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Livres
448 pages

Description

« La clinique étonne et contraint le praticien. Son délaissement dans le champ de la psychiatrie et de la recherche va de pair avec la primauté actuelle accordée à l'image, où l'entendu ne peut être que négligé.
Cet ouvrage montre que c'est la psychanalyse qui retrouve le fil des discours psychotiques, au cas par cas. Cette clinique n'est pas celle des symptômes assourdissants, mais celle d'une articulation incessante à la théorie qui la sous-entend et s'en trouve modifiée.
L'entreprise a pour objet - à partir d'une remise sur ces bases légitimes de ce qui est en jeu dans les psychoses - d'œuvrer pour l'appréciation des déterminants, des circonstances de déclenchement, de déploiement, et des conditions d'une action thérapeutique raisonnée. On entendra, dans ce qui est écrit, le souci de l'auteur de transmettre cette attitude en faisant appel à son tour au transfert du lecteur - 'qu'il y mette du sien'', comme l'y incitait Jacques Lacan. Il sera alors, à chaque détour du texte, plongé dans l'étonnement d'une nouvelle et authentique clinique. » Jean Bergès
Par rapport à l'édition originale, cette nouvelle parution comporte quelques ajouts. Un accent particulier a été porté sur la question du transsexualisme, de la manie, de la mélancolie, ainsi qu'à la problématique des pulsions. Trois entretiens présentés en annexe viennent compléter ces considérations cliniques sur les psychoses.
Marcel Czermak est psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, membre de l'Association lacanienne internationale.
 Mise en vente le 16 février 2012

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Date de parution 17 août 2017
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EAN13 9782749215679
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Marcel Czermak
Patronymies
Considérations cliniques sur les psychoses
CopyRight
© ERES, Toulouse, 2012
ISBN papier : 9782749215662 ISBN numérique : 9782749215679
Composition numérique : 2017
http://www.edition-eres.com
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Présentation
« La clinique étonne et contraint le praticien. Son délaissem ent dans le cham p de la psychiatrie et de la recherche va de pair ave c la prim auté actuelle accordée à l'im age, où l'entendu ne peut être que n égligé. Cet ouvrage m ontre que c'est la psychanalyse qui retrouve le fil des d iscours psychotiques, au cas par cas. Cette clinique n'est pas celle des sym ptôm es assourdissants, m ais celle d'une articulation incessante à la théorie qui la s ous-entend et s'en trouve m odifiée. L'entreprise a pour objet - à partir d'un e rem ise sur ces bases légitim es de ce qui est en jeu dans les psychoses - d'œuvrer pour l'appréciation des déterm inants, des circonstances de déclenchem en t, de déploiem ent, et des conditions d'une action thérapeutique raisonnée. On entendra, dans ce qui est écrit, le souci de l'auteur de transm ettre cette at titude en faisant appel à son tour au transfert du lecteur - 'qu'il y m ette du si en'', com m e l'y incitait Jacques Lacan. Il sera alors, à chaque détour du texte, plo ngé dans l'étonnem ent d'une nouvelle et authentique clinique. » Jean Bergès Par rapport à l'édition originale, cette nouvelle parution com porte quelque s ajouts. U n accent particulier a été porté sur la question du transsex ualism e, de la m anie, de la m élancolie, ainsi qu'à la problém atique des pulsion s. Trois entretiens présentés en annexe viennent com pléter ces considér ations cliniques sur les psychoses.
Avant-propos
T a b l e
Au service du maître
Délinquance
d e s
L’irresponsabilité n’est pas l’innocence
Le service des biens
Un index du réel : le rebut
Actualité et limites de la paranoïa
Transsexualisme
Éléments de réflexion
Une clinique récente
La position du phallus
Identité sexuelle et sexuation
À la suite de Schreber
La perlaboration délirante
Diverses interventions
La transsexuelle femme
Les transsexuels et la loi
m a t i è r e s
Le transsexualisme : petite clinique portative à l’usage du psychiatre contemporain
Comment ne pas être déprimé ? Une expertise de transsexuel
Jugement rendu le…
Par ces motifs
Le réel est sans représentation, même s’il a des représentants
Le cas Amanda
Reprise clinique et topologique par l’imaginaire, le symbolique et le réel
Symptôme, acting-out et passage à l’acte
Fragments
Sur l’amnésie d’identité ou de la récusation du Nom-du-Père
À propos d’un cas d’amnésie d’identité qui semblait contredire la théorie psychanalytique
Comment dois-je vous appeler ?
Remarques sur la patronymie dans la psychose
Oralité et psychose
Peut-on parler de pulsion dans la psychose ?
Les registres de l’oralité dans la psychose ?
Remarques cursives et inédites sur la mélancolie Remarques sur des faits de déspécification pulsionnelle dans leur rapport aux fonctions, dans la psychose
Voix sans paroles et paroles sans voix
Le transfert dans les psychoses
Les psychotiques résistent mal au transfert Érotomanies Le trou dans l’autre
Du caractère irrésistible et traumatique du transfert dans les psychoses
« On m’arlequine la mentalité »
Une psychose unienne, le pur s’amblant
Un lien conjugal réussi
L’homme aux paroles imposées
Paroles imposées et phrases réflexives
Les paroles imposées comme pont
« Paroles imposées » et « phrases réflexives » La création du monde imaginé Les procédures langagières de création : langage unitaire premier, théorie unitaire de l’univers Patronymie La beauté et le pousse-à-la femme Disjonctions et conjonctions de rsi Pour conclure
Une psychose sans interprétations
La dèche Conclusion
Une pierre qui roule, Marcel Czermak
L’inconvenance de la pratique
D’où parlons-nous ?
Annexe 1. La balade de l’objet
Annexe 2. Entretien de Jacques Lacan avec Gérard Lumeroy
Annexe 3. Entretien avec P. D
Bibliographie
Avant-propos
a liberté est chose bien étrange car elle se présen te pour la plupart d’entre L nous com m e un objet qui nous ferait défaut et dont nous devrions retrouver la propriété. Dans le m eilleur des cas, c ’est un usufruit –usus et fructus– qui est disjoint de son nu-propriétaire ; unususet unfructusdont nos vies plutôt tém oigneraient que nous nous com portons en nu-propriétaires, cependant que l’usus et lefructuspour l’autre. La liberté donc, non seraient seulem ent nous ferait défaut, m ais serait elle-m êm e porteuse d’un défaut fondam ental. On y oublie alors que, tout com m e la v érité, son caractère insatisfaisant, incom plet, tient m oins à un hypothé tique défaut qu’à sa structure, puisque celle-ci dépend du signifiant d’ un m anque dans l’Autre, capiton qui, de surcroît, ne répond pas[1]). Quand, par. Lacan l’écrivait S ( circonstance clinique, nous nous retrouvons aussi b ien nu-propriétaires qu’usufruitiers, ladite liberté s’avère nulle et no n advenue : sans point d’application, pour cause d’éjection de tout lien s ocial. C’est la conjoncture de la psychose, m ais aussi celle qui produit l’exclusi on. Le cas qui term ine ce livre, « la Dèche », le dém ontre, qui conjoignait p sychose et clochardisation. Dans un tel cas, plus de signifiant d’un m anque dan s l’Autre, plus de S ( ) qui vienne dans cet Autre aliéner, en la bloquant, la s ignification.
Cet objet étrange, dont le nom est gravé au fronton des institutions républicaines en leur devise, a la vertu rem arquabl e d’indiquer qu’une révolution ne peut qu’inscrire dans le réel des pie rres à la fois le lieu d’où cet objet s’origine, et ce qu’il déterm ine. Pas de révo lution qui ne soit prise, en ses bouleversem ents, par les reconductions, seraient-el les parfois inversées, de ce qu’elle souhaitait voir disparaître. Il est cependa nt des disparitions qui ne se laissent pas aisém ent réaliser : ainsi en est-il de ce que Lacan appelait le Nom -du-Père[2]im ites par la découpe qu’il introduit, établit les l de notre qui, action, com m e les objets autour desquels nous tourn oyons sans pouvoir les appréhender, et qui font toute notre m éprise com m e notre peine. En effet, ce sont eux qui dem andent, com m andent, voire exigent. La liberté serait ainsi, dans le réel du Droit, l’un des aspects du Nom -du-P ère.
Dans le cas des psychoses, où nu-propriétaires et u sufruitiers sont les m êm es, où le Nom et l’objet sont identiques, Lacan a parlé de forclusion du Nom -du-Père. C’est un registre absolu et irréversible, m êm e s’il com porte des suppléances : car ce qui a disparu réellem ent n’est plus là com m e s’il n’avait jam ais été et ne peut se laisser saisir m atériellem ent de façon directe. Il ne peut s’appréhender qu’indirectem ent, dans ses effet s, qu’ils soient cliniques ou sociaux. D’être libres du Nom -du-Père est ce qui fa isait dire à Lacan que les psychotiques étaient les seuls hom m es libres, ce qu ’il désignait aussi com m e
étant « le norm al ». Ce type de qualification prena it alors dans sa bouche une tonalité redoutable. Mais la forclusion du Nom -du-P ère, m êm e si elle joue dans le registre du tout ou rien, reste une m aille de filet assez large pour laisser passer nom bre de poissons, petits et grands . Affaire « d’étendue de la forclusion », com m e nous le lui avons un jour enten du dire. D’où une clinique des psychoses, structurées différentiellem ent m algr é ce qu’elles gardent en com m un.
Hors du cham p des psychoses, la clinique pourrait é galem ent être traitée sous l’angle des m odalités selon lesquelles le Nom -du-Pè re est trituré. Voire dans les conséquences que produisent sur les sujets, la m ondialisation des échanges, les phénom ènes m igratoires, les m odificat ions, pour raisons économ iques et scientifiques, de ce qui fait valeur com m une entre groupes et nations, m ais aussi entre père et fils, hom m es et f em m es.
De m ultiples contradictions en découlent, souvent s anctionnées par la déterm ination en dernière instance du Droit : contr adiction entre droit privé et droit général, circoncision et excision entendue s com m e castration réelle, voire « coups et blessures volontaires sur m ineurs », alors que – opération sym bolique – c’est la part abandonnée à l’Autre qui intègre le sujet dans sa com m unauté et le socialise. Cependant, sous nos cli m ats – contrevenant au principe d’indisponibilité de l’état de la personne –, la Cour de cassation peut acquiescer au changem ent d’état civil des transsexu els, en répondant pragm atiquem ent par un « ce qui est fait est fait » – sur le m ode com passionnel d’un passage à l’acte propre à nos sociétés de féro cité. On pourrait égalem ent exam iner les m odalités hétérogènes de socialisation selon qu’elles fabriquent, par les enfants des écoles, des citoyens adhérant a u corpus de textes qui leur sont transm is, ou qu’elles opèrent leur transm issio n par la fam ille, le terroir.
Quelles m odalités com plexuelles et conflictuelles d e transm ission sont alors m obilisées, dans un m êm e sujet ? Ce sont là zones m al explorées, dont la psychanalyse nous laisse le soin d’établir la topog raphie, déflagrantes pour l’heure. On toucherait alors à des problèm es politi ques, de guerres fratricides, de délinquance, m ais égalem ent à d’autres faits cli niques – m al aperçus, non m entionnés – qui tissent notre vie sociale la plus ordinaire.
Ce recueil traite de ces questions, m ais rarem ent d e façon directe. Com m e pour un sym ptôm e, il est vain de s’y attaquer de fr ont : il s’aborde dans la structure où il est tissé. Néanm oins, c’en est le f il rouge.
Nous avons choisi ici de lier, de ce que nous avons exposé par le passé, ce qui nous paraissait faire tram e opportune, bien qu’aucu n des textes qui suivent n’ait été rédigé pour être ram assé sous notre titre[3]. D’où notre présentation.
On y trouvera, à travers certains points expressém e nt form ulés que nous
devons à Lacan, des considérations de clinique soci ale, politique et juridique ; se concluant sur le transsexualism e, elles évoquent certains aspects des sociétés actuelles qui se présentent sans résidu su bjectif, c’est-à-dire sans m anque, cependant qu’elles ne cessent de fabriquer des exclus réels, au nom des droits de l’hom m e. S’y indique que le seul père réel est la vraie fem m e, seule fem m e com plète, à quoi tendent ces sociétés.
Quelques brèves rem arques cliniques ensuite sur la différence entre acting-out et passage à l’acte, qui renvoient à des catégo ries essentielles parcourant tout ce livre, nouées dans la « question » du père. Lacan a d’ailleurs pu dire que le père n’est pas une question, car il est le « suj et d’avant la question ».
Nous aborderons ensuite des aspects m éconnus du tra nsfert dans les psychoses, pour autant que les psychotiques soient – contrairem ent à ce qui s’enseigne – ceux qui résistent le m oins au transfe rt. Ainsi cette patiente, appelée hallucinatoirem ent par notre voix et qui, d evenue érotom ane, se prit de conviction qu’elle devait porter notre nom : chu te de l’hallucination, m ais exigence de m ariage… Ce chapitre pose la question d u trou dans l’Autre, celui qui aspire et recrache – trou unique, qu’aspire-t-i l ? Que recrache-t-il ? – où l’on peut voir jouer les carences pulsionnelles et fantasm atiques de la structure : exem plifiées par la m anie. Dans le cas de l’érotom ane que nous avons évoqué, notre voix, com m e trou, l’aspire, pou r recracher sa dem ande de porter notre nom . Dans la m êm e foulée, un article b ref sur un point essentiel : la dissociation fréquente de la voix et de la parol e dans les psychoses, voix a-phonétiques parfois disjointes de paroles inform ulé es, m ais articulées dans le passage à l’acte. Poursuivant au titre du non-rappo rt sexuel, effacé dans les psychoses, nous apporterons une illustration de cet effacem ent qui produit rapport, dans le chapitre « U n lien conjugal réussi : psychose unienne », plus fréquente qu’on ne le pense. Dans les psychoses, il y a rapport, m ais rapport Autre. Dans le cas exposé, c’est le divorce qui, pa r soustraction du Nom , le fait réapparaître dans le réel de la voix. Lacan a pu di re : « U ne fem m e ne rencontre un hom m e que dans la psychose. »
Avec « l’hom m e aux paroles im posées », que nous am e nâm es à Lacan, et dont il fit usage dansLe sinthome, nous produisons un cas de psychose d’une richesse extrêm e et unique dans notre expérience. O n y constatera une patronym ie transform ée de façon aussi ém inente que fém inisante.
Parachevant notre trajet avec « la Dèche », nous ex am inons enfin un sujet réduit à n’être qu’un objetaqui roule, se prenant pour son nom , cristallisatio n pure de la sym physe de l’être et de l’étant, devant qui c’est nous qui dem andions, risquant de fourrer du sens là où il n’y en avait aucun, si ce n’est la puissance significativem ent brute d’une langue e ntièrem ent portée par le squelette d’une gram m aticalité redoutablem ent im pit oyable. Psychose «