//img.uscri.be/pth/f2e6c644ad347afb63821c0c210a3b96280588e1
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 13,99 €

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

PERCEPTIONS SOCIALES DE L'HOMOSEXUALITE

De
182 pages
Étude sociojuridique de l'homosexualité dans l'Antiquité gréco-romaine et dans la société actuelle. Cet ouvrage met en relief les divers aspects de la vie d'un homosexuel (médecine, religion, droit pénal, mariage, adoption, statut de parent) et permet de mieux appréhender l'homosexualité. Une vision globale qui offre un regard nouveau sur ce phénomène de société.
Voir plus Voir moins

#&%'..,

Perceptions sociales
del’homosexualité:
Antiquité – Droit positif

Bruno Balthazar














Perceptions sociales


de l’homosexualité :

Antiquité – Droit positif



































D/201 : 978-2-8061-0299-77/4910/12 ISBN


© Academia – L’Harmattan
Grand’ Place, 29
B-1348 Louvain-La-neuve



Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé
que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses

ayants droit.

2
www.editions-academia.be


Bruno Balthazar











Perceptions sociales


de l’homosexualité :


Antiquité – Droit positif












3










































«À celle qui m’acceptecomme je suis, qui me guide et qui
m’a tout appris; à Vincent et Gilles, mes proches ; à ceux qui se
comptent sur les doigts de la main, mais qui seront toujours là
quand j’ai besoin d’eux»












Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif






























6

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif





















I N T R O D U C T I O N
G É N É R A L E

7

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif


























8

Perceptions sociales de l’homosexualité : Antiquité – Droit positif

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif

L’homosexualité a, encore récemment, fait couler beaucoup
d’encre. Et pourtant le questionnement qu’elle suscite n’est pas
récent. Balayée tantôt par la religion, tantôt par la médecine ou
les sciences humaines, l’homme a cherché uneréponse au fait
de savoir pourquoi certains individus ne sont pas « comme tout
le monde ».

La différence, qui a toujours fait peur à l’être humain, s’est,
dans le domaine de l’homosexualité, traduite par des hypothèses
toujours plus farfelues. La religionl’a considérée comme une
abomination, signe de colère de Dieu; la médecine l’a abordée
comme une maladie honteuse et les sciences humaines comme
un phénomène particulier que notre curiosité parfois malsaine
devait absolument comprendre.

Pourquoi avoir choisi ce sujet? Pourquoi décider de parler
d’homosexualité, sujet encorefort tabou dans certains milieux ?
Pour diverses raisons.

Tout d’abord, l’homosexualité est une question de société.
Dans un monde où la norme relationnelle est l’hétérosexualité,
il est vraiment intéressant de savoir–ou au moinsd’essayer de
comprendre– commentdes individus appartenant pourtant à
notre groupe peuvent évoluer en dehors de cette norme sociale.
Cela permet également d’aborder leressenti ou le vécu de ces
personnes etd’analyser l’attitudede la majoritélorsqu’elle est
confrontée à une minorité.

Ensuite, l’homosexualité soulève, outre lasimple question
de société, une interrogation parmi les plus fondamentales, celle
de l’acceptation de la différence. Elle permet de voir comment
l’être humain y réagit, mais aussi de voir que l’attitude adoptée
peut évoluer au fil des époques.

En outre, la question intéresse parce que, dans la différence,
on peut faire de magnifiques découvertes.

Et puis, il y a simplement le plaisir de découvrir comment, il
y a plusieurs siècles, le même phénomène socioculturel était
traité. Le passé étant une source énorme de connaissances et de

9
9

Perceptions sociales de l’homosexualité : Antiquité – Droit positif

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif

réflexions qui nous offre la possibilité de mieux comprendre le
monde dans lequel nous vivons.
Enfin,n’est-ce pas fascinant de voir la véritable interaction
qui existe entre droit et perceptions sociales. Plusieurs études du
type historico-sociojuridique ont montré à quel point le droit est
le reflet de la société qu’il régit. Au point même où l’on peut se
demander si ce n’est pas la conscience sociale qui est à l’origine
du droit.
Tous ces éléments permettent de penser que, même si la
question «pourquoi l’homosexualité» a déjà été traitée à de
trop nombreuses reprises, les questions «comment vivre en
étant homosexuel »et «comment réagir à l’homosexualité des
autres »sont quant à elles encore à débattre et méritent toute
notre attention.

Au travers de ce mémoire, le but ne sera pas de répondre à la
question «pourquoi »,mais plutôt de parcourir divers aspects
de la vie quotidienne où l’on peut rencontrer l’homosexualité.
C’est un sujet qui pourrait sans difficulté faire l’objet d’une
thèse et de nombreuses années ne suffiraient pas à explorer la
façon dont la thématique est abordée à travers le monde. Aussi,
cette étude sera-t-ellelimitée à l’Antiquité gréco-romaine et à la
e
période allant du XIXsièclejusqu’à nos jours.D’un point de
vue géographique, elle se localisera en Belgique principalement
avec quelques excursus sur le reste de l’Europe. De même, elle
se focalisera sur des aspects bien spécifiques de la thématique
homosexuelle. Ainsi, même si l’homosexualité féminine sera
évoquée, l’homosexualité masculinecette analyse. dominera
Pourquoi ?D’abord parce que les sociétés actuelles sont pour la
plupart fondées sur un modèle masculin où le comportement
des hommes est mieux connu sinon plus étudié que celui adopté
par les femmes. Ensuite, parce qu’en évoquant l’homosexualité,
la majorité des individus font référence aux gays.

Le but sera donc de comprendre la notion d’homosexualité,
d’apprécier au travers de témoignages ce que les homosexuels
peuvent ressentir au quotidien, de voir comment notre société et

10
10

Perceptions sociales de l’homosexualité : Antiquité – Droit positif

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif

l’Église comprennent et abordent l’homosexualité, mais aussi
comment les homosexuels eux-mêmes l’abordent et l’acceptent.
Unehomosexualité abordée d’unefaçon totalement distincte
aux époques étudiées et c’est sans aucun doute l’un des intérêts
majeurs du sujet. En effet, ce qui faisait partie de la norme hier
peut aujourd’hui être appréhendé comme une différence, pour
ne pas dire comme une anormalité.
Pour atteindre cet objectif,l’ouvrage sera présentédeux en
parties : la partie antique et la partie moderne.
La partie antique commencera parexposer l’importance des
diverses étapes de la vied’un individu, marquées par des rites
de passage, comme la prise de la toge virile à Rome. Puis, elle
abordera distinctement l’homosexualité en Grèceet à Rome.
Enfin, elle s’attardera un instant sur le christianisme dit primitif.
La partie contemporaine analysera d’abord les perceptions
sociales et le parcours suivi par des homosexuels sur base de
témoignages. Ensuite, la question des discriminations sera le
point de jonction avec des développements plus juridiques sur :
le mariage et les divers «liens de couple » qui peuvent exister
(notamment la cohabitation légale en Belgique et le PACS français);
l’homoparentalité et l’adoptionpar les couples de même sexe ;
la condamnation pénale de l’homosexualitéencore existante
dans certaines régions du globe. Enfin, grâce à une interview de
D. Borrillo, avocat à Buenos Aires, chercheur au sein du CNRS
et professeur à l’université de Paris X-Nanterre, l’étude tentera
de comprendre les mouvements politico-sociaux qui ont agité la
France à l’occasion de l’adoption de la loi de 2013 ouvrant le
mariage aux personnes de même sexe.




11
11

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif


























12

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif




« Je ne connais pas de plus grand bien pour un homme, dès
qu’il entre dans l’adolescence, qu’un amant vertueux et pour un
amant qu’un ami vertueux»
(Phèdre) PLATON,Le banquet

T I T R EI :
L’ H O M O S E X U A L I T É
D A N SL ’ A N T I Q U I T É
G R É C O - R O M A I N E



« Lapassivité sexuelle chez un homme libre est un crime,
chez un esclave une obligation, chez un affranchi un service »
Sénèque,Controverses,4




13

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif


























14

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif











CHAPITRE 1 : LES ÂGES DE LA VIE













15

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif
























16

Perceptions sociales de l’homosexualité : Antiquité – Droit positif

Perceptions sociales de l’homosexualité: Antiquité–Droit positif

Introduction

Avant de pouvoir parler de l’homosexualité dans l’Antiquité
grecque et romaine, il convient de dresser un contexte social qui
nous permettra de mieux comprendre comment les anciens la
percevaient.

Pour de nombreux peuples antiques, la vie était divisée en
différentes périodes marquées le plus souvent par des rites de
passage ou pardes rites initiatiques. Comme c’est le cas pour de
nombreuses croyances et coutumes ancestrales, il était logique
que la société réglemente ces pratiques. Or, c’est précisément
dans ces dernières que semble s’être enracinée l’homosexualité
antique.

Section 1 : La Grèce

En Grèce, il y a deux façons d’aborder lesdivers âges de la
vie : le passage à la puberté et les rites initiatiques, de passage,
où l’on retrouveles pratiques homosexuelles.

La puberté est consacrée par deux « naissances » distinctes :
la naissance de fait et ensuite la naissance rituelle. La première
consacre l’existencephysique, de faitd’un individu au sein de
son groupe familial tandis que la seconde consacre sa naissance
au sein du groupe social. Avant la naissance rituelle, l’individu
n’est qu’une promessefuturepour le groupe social et n’a pas
d’existence propre. Cette naissance rituelle est consacrée par les
rites pubertaires qui ont une double dimension : une dimension
familiale qui fait l’objet de premiers rituels et une dimension
publique qui fait alorsl’objet de rites supplémentaires. Bien
évidemment, la puberté n’arrive pas exactement au même âge
chez tous les individus(il s’agit plutôt d’une approximation).
Aussi, il n’est pasétonnant que le législateur grec ait voulu
fixer un âge légal de la puberté. Raison pour laquelle il y a cette
double dimension familiale et publique.

Ensuite, comme beaucoup d’autres cultures antiques qui lui
sont contemporaines, la culture grecque divise la vie sur base

17
17