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Petit lanceur d'alerte en santé mentale

De

La santé mentale est au coeur d’un combat politique, d’un enjeu de contrôle social de la population. Le fou continue de déranger profondément l’ordre néolibéral, et sa culture de l’efficience. Décrypter à travers une douzaine d’interventions thématiques sur des situations concrètes ce qui se cache derrière les belles formules des protocoles de soins psychiatriques du DSM ; interroger la folie du monde et sa traduction en guides de bonne pratique à partir du regard singulier du géographe ; creuser les discours de la méthode scientiste où la statistique et les preuves supposées scientifiques remplacent la clinique de la parole et masquent l’intention idéologique propre au néolibéralisme d’un contrôle social sur la population et sur les différences, n’est pas un réflexe de paranoïaque, mais la tentative parfois désespérée de redonner une éthique et un sens à la santémentalisation de la psychiatrie, qui tente d’éradiquer la psychanalyse et la pédopsychiatrie, à réduire la psychiatrie à une « spécialité comme une autre », qui gère et ne soigne plus les laissés-pour-compte du développement inégal, dans un monde où la moyenne et les groupes homogènes ont remplacé progressivement l’anamnèse médicale, le sujet et son inconscient.

Alerter chacun sur les risques de la privatisation de la santé publique et mentale, au profit d’une technostructure médicale mondialisée sans âme, l’hôpitalentreprise, tourné vers la biologie et les laboratoires, préfigurant le transhumanisme qui se trame vite et sans bruit dans les start-up hors-sol de la Silicon Valley : est-ce vraiment perdu d’avance que chercher à comprendre pour agir ?


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Jean-Jacques Lottin

 

Un petit lanceur d’alerte

en santé mentale

 

Champ social 2015

Sommaire

Préface

Vous avez dit « lanceur d’alerte » : éveil et/ou objection de conscience ?

Silence usine

Pour réhabiliter la clinique du sujet : en finir avec la psychiatrie fondée sur des preuves soi-disant scientifiques (ebm)

Lettre ouverte à Jean-Luc Roelandt qui « ne sait pas où va la psychiatrie »

Questions à… Tony Lainé « Le fou, ce n’est pas l’autre »

Au pied du Mont Ventoux, Usbek et Rica découvrent la psychothérapie institutionnelle : ils aiment

Vol au dessus d’un nid de coucou à Saint-Avé (Le préfet qui a peur, l’hélico, et les fous…)

L’évaluation hors les pairs, une méthode d’emprise et de mise en concurrence par la peur

Comment rester hospitalier au temps violent de l’hôpitalentreprise rendu iatrogène par son maladgement ?

À quoi sert la santé mentale : et si c’était un dispositif adaptatif du biopouvoir pour cannibaliser la psychiatrie ?

Pourquoi territoire, concept géostratégique refoulé revient-il aujourd’hui en force ?

La fin programmée du travail protégé et de l’allocation pour adulte handicapé va aggraver la paupérisation des personnes handicapées

La culture, pour résister à la psychiatrie protocolisée/protocolonisée

 

« Aux preuves, préférer les traces ». René Char

À elle

Et puis à Fabienne, Delphine,

Margaux, Loé et Luce

 

Bernard Pissarro

Pierre Delion et Patrick Chemla

 

Hommage à Jack Ralite

In Memoriam Paul Celan, Jean Oury et Tony Lainé

 

Chaleureux remerciements à Yves Gigou, Joseph Mornet

et Patrick Coupechoux

Préface

Patrick Coupechoux

 

Voici quelqu’un qui se définit comme « un petitlanceur d’alerte », et il est vrai qu’à la lecture de sestextes – qui courent sur une période de plus de 20ans – on est tenté de le croire. Rien n’échappe à sa vigilance. Ni l’usine qui tue. Ni la médecine par les preuves – dont il rappelle opportunément, citant Hannah  Arendt, qu’elle a été inventée par le Reich nazi.Ni « le cul-de-sac sémantique » de la santé mentale. Ni « la raison qui s’oppose à la rationalité ». Ni l’hélicoptère qui « réalise le fantasme panoptique de Bentham » – à propos de celui qui a survolé la ville de Saint-Avé, en Bretagne, un jour de 2009, à la recherche de deuxfous « échappés » de l’hôpital. Ni l’évaluation, « armed’extermination des valeurs du travail ». Ni la souffrance des salariés. Ni les suicides en entreprise. Nila gestion, située « du côté de la pulsion de mort » -« gérer, c’est tuer » disait Jean Oury. Ni le handicap psychique – « un monstre né de la loi de 2005 ». Ni la mort programmée du travail protégé…

Et l’on pourrait continuer ainsi la liste des colères de Jean-Jacques Lottin. Mais s’agit-il que de cela ?Non bien sûr. Jean-Jacques Lottin n’est pas un lanceur d’alerte au sens d’un vigile qui mettrait le doigt, avant les autres, sur les « dysfonctionnements » de ce  qui serait le meilleur des mondes. Il est un vrai lanceurd’alerte, non seulement parce qu’il est capable de tirer la sonnette d’alarme lorsque les choses deviennent insupportableset dangereuses, non seulement parce qu’il sait aller chercher derrière le piège des évidences, derrière le langage qui enferme ou qui trahit – la « santé mentale », le « bien être » - les forces de destruction à l’oeuvre, mais parce qu’il invite à la réflexion, à l’analyse, à la critique,à la pensée et à l’engagement. Ce qui est frappant, à lalecture de ces textes, au-delà de l’apparente hétérogénéitédes sujets qui y sont abordés, c’est justement une cohérence, un fil conducteur qui court au rythme d’un style alerte, souvent polémique, toujours accessible. Ce fil conducteur, c’est l’humanité. Lorsqu’il décortique lesmécanismes qui poussent des hommes et des femmes ausuicide dans les entreprises, il défend l’humanité. Lorsqu’ilmet à jour les causes de la mort de dix salariés chezMétaleurop – « le profit l’emporte toujours sur la vie »dit-il – il défend l’humanité. Il fait de même lorsqu’ildévoile les pièges tragiques de l’évaluation et cette volonté désormais dominante « d’enlever du métier tout ce qui est intuition, affectivité, subjectivité, savoir-faire, culture personnelle, parole, tradition transmise ». Lorsqu’il affirme, citant Karl Marx, que « le travail humain est inestimable ».

Mais il ne s’en tient pas là : dans sa quête d’humanisme, il interroge la science toute puissante, ou ce que l’on prétend, d’une façon dominante, être comme telle. La médecine fondée sur les preuves scientifiques par exemple, qui mène tout droit à une discipline « marchandisée, protocolisée et code-barrée sur le modèle del’entreprise capitaliste ». Une médecine qui entend en finir avec « la clinique, c’est-à-dire l’intuition, la prise de risque, le doute, le colloque singulier et la bonne vieille anamnèse » ; une médecine niant toute subjecti- vité, toute singularité, toute humanité finalement. Jean-  Jacques Lottin dénonce la fascination pour la techno science, le scientisme « que tout le monde adopte sans débat », mu par « un besoin inconscient d’accès direct à la totalité, l’antichambre du totalitarisme » (Arendt). Il pourfend la domination d’un pragmatisme de bon aloi et se permet même de citer, sur ce sujet, le futur Pape Benoît XVI qui disait, dans un entretien au Monde : « si dans une société, les fondements du comportement éthique sont abandonnés… livrés au pragmatisme, alors c’est l’homme même qui est menacé ».

Sur ce chemin, Jean-Jacques Lottin ne pouvait que rencontrer la psychiatrie, creuset de toutes les expériences sociales, et la folie, lieu de toutes les contradictions humaines, là où se joue, justement, le sort de l’humanité. Il nous dévoile dès lors le procès qui conduit à la négation de l’humanité de la folie et ce faisant de la folie elle-même, celui des « temps violents » de l’hôpitalentreprise – « l’hôpital sans patients » dont rêvent certains – ; celui de la « santé mentale », instrument sophistiqué de gestion et de maîtrise des populations. La santé mentale qui est un « dispositif » au sens de Foucault, c’est-à-dire « toujours inscrit dans un jeu de pouvoir », visant à une « certaine manipulation des rapportsde forces ». Un dispositif qui, de surcroît, permet « de plier la psychiatrie à l’AGCS (Accord général surle commerce des services (publics), initié par l’OMC, qui marchandise et intègre au marché concurrentiel et sans entraves, les conquêtes sociales des cent dernières années ».

Derrière tout cela donc, il y a l’humanité. Celle que découvrent vrent Usbek et Rica, deux Persans-du doute, du tâtonnement », de l’humain en quelque sorte. La psychothérapie institutionnelle menacée parce qu’elle « ne leur paraît pas suffisamment pragmatique-efficiente-scientiste, comme ils disent ». Ces Persans qui s’étonnent de voir l’Etat traquer « au nom de « la science » le mystère de l’humain, l’intime, le rend transparent pour le soi-nier (pas le soigner), le réduire à un individu « responsable », écrabouillé par les règlements, soumis à la peur mais pas à la possibilité d’advenir comme sujet singulier de son histoire ».

Car c’est bien de cela dont il s’agit, au fond, dans tous les textes réunis ici : la négation du sujet, la volonté de réduire l’individu à une simple ressource humaine, seul comptable de ses échecs et de ses succès, invité à s’adapter à un monde qu’il ne maîtrise pas et qu’il subit, sous peine de mort finalement. L’ambition folle de créer un homme nouveau, celui du marché, producteur, consommateur et servile – « comment se fait-il que les hommes se battent pour leur servitude comme s’il s’agissait de leur liberté ? » s’interrogeait déjà Spinoza cité par Lottin. Mais il s’agit aussi de résistance. L’auteur retrouve dès lors la folie, naturellement, parce que celleci est en elle-même un lanceur d’alerte, parce qu’elle résiste à l’entreprise totalitaire, parce qu’elle ne se plie pas, d’où la tentative folle de négation de celle-ci orchestrée par la pensée dominante. Et il le fait de la plus belle manière qui soit avec cette interview de son ami le psychiatre Tony Lainé, réalisée en 1978. La folie, dit celui-ci, a « une fonction sociale : celle de révélatrice des failles de tout système, de toute cohérence ». Si la folie est souffrance, elle est aussi « parole irremplaçable, elle est défi, elle est irréductible ». Mais surtout, « le fou, ce n’est pas l’autre, mais bien pour une part chacun d’entre nous ». C’est dire qu’il nous interroge, qu’il interroge le monde et sa folie, qu’il interroge l’humanité.

 

Vous avez dit « lanceur d’alerte » : éveil et/ou objection de conscience ?

 

Jean-Jacques Lottin

 

Voilà un concept le plus souvent malvenu.

Deux sortes de remarques font feu dès que vous tentez de lancer une alerte : vous êtes promu prophète, le plus souvent de malheur; vous êtes paranoïaque, voyez le mal partout, vous érigez en annonceur criticiste et voyant ce que les autres ne voient pas, ou ne veulent pas voir.

Tous les lanceurs d’alerte ont historiquement été maltraités, persécutés. Il est en effet terrible d’avoir « raison » avant les autres et on perd plus souvent qu’on gagne.

J’ai tendance à honorer André Cicolella, chimiste et toxicologue, privé de travail pendant quinze ans pour avoir dénoncé les effets de l’éther de glycol et du bisphénol ; mon ami Henri Pézerat, également chimiste et toxicologue qui lutta toute se vie contre les effets de l’amiante et pour son interdiction, traité de charlatan et d’idéologue (avec lui, j’ai cofondé l’ANDEVA : Association nationale des victimes de l’amiante en 1996) ; Ivan Illich, et sa nemesis médicale ; Jan Karski, qui alerta le monde au début de la seconde guerre mondiale sur l’extermination des juifs d’Europe, mais ne fut pas entendu ; Roger Lenglet, philosophe et journaliste, qui dénonça les multinationales de l’eau pour leurs manipulations des données scientifiques, fut trainé par eux devant les tribunaux ; Fabrice Nicolino, infatigable contre les pesticides, et victime de l’attentat contre Charlie Hebdo, et enfin, le docteur Irène Frachon, maltraitée par les lobbies pharmaceutiques pour avoir dénoncé les effets toxiques du Mediator. Tous ont choisi d’être à contre temps de leur époque et de leurs contemporains.

Et convient-il de rappeler Copernic et la révolution de l’héliocentrisme, reprise par Galilée qui fut condamné à abjurer cette « fausse croyance » par l’église catholique italienne.

Je n’ai pas la prétention de me comparer avec ces savants, ou avec Snowden et Assange, et je ne suis pas masochiste. Je suis un petit lanceur d’alerte. Jamais seul. Par conviction, par engagement politique et social, par éthique d’une certaine vérité scientifique, parce que je pense que la démocratie doit aux citoyens des données vérifiées qu’ils puissent s’approprier comme levier pour changer les situations intenables. Et parce que la veille, la vigie, la transmission, la médiation sont des fonctions qui grandissent l’humain.

Je fais mienne cette pensée de Theo Colborn, zoologiste américaine, lanceuse d’alerte sur les effets des perturbateurs endocriniens, violemment maltraitée par les lobbies : « L’engagement ne compromet pas forcément l’objectivité. Les gens ne le comprennent pas. Cela provient d’un manque de courage et de lucidité », et « Cette chose qu’il faut faire, c’est moi qui dois la faire », affirmait Vladimir Jankélévitch.

Et puis, ma formation de géographe (licence, maîtrise de géographie de la santé, doctorat de géographie urbaine tropicale) m’a sensibilisé aux questions de l’action anthropique sur les équilibres, sur l’adaptation de la planète à l’hyper développement.

 

En 1965, étudiant en maîtrise à l’Université de Lille, j’ai invité René Dumont à passer une journée de dialogue éclairant avec nous. Ce savant intègre et austère avait lancé en 1963 une alerte avec « L’Afrique Noire est mal partie ».

D’ailleurs, en 1968, bien qu’ayant fait une préparation militaire parachutiste, je choisis de faire mon service en tant que coopérant civil au Sénégal. Objection de conscience ?

Est-ce dans ce même esprit d’alerte que je m’étais engagé en 1961, de manière assez inconsciente des enjeux et des risques, comme « porteur de valise » du FLN, convaincu de l’inéluctabilité de l’indépendance du peuple algérien ?

Qu’en 1962, je partais vivre en Israël l’expérience alternative du kibboutz, dans une communauté d’extrême gauche le long de Gaza, au nord du désert du Negev où le psychologue René Zazzo avait étudié l’éducation collective des enfants, et dont les agronomes avaient inventé le goutte à goutte en 1946 pour économiser l’eau si précieuse.

En 1975, devenu conseiller technique au Cabinet régional de Pierre Mauroy dès 1973, j’organisai avec le député Georges Hage (décédé en janvier) ceint de son écharpe tricolore, et des infirmiers de la CGT, une intrusion sans « autorisation » dans l’Hôpital psychiatrique d’Armentières afin d’y photographier (un procédé hautement condamnable : la fin politique justifiait-elle les moyens ?) des lieux où gisaient nus, dans des cages de verre et dans leurs déjections, de grands oligophrènes, mais aussi des malades psychotiques attachés à des radiateurs. Ces photos (très gauchistes) reproduites par une partie de la presse, firent scandale, mais cette alerte accéléra probablement la prise de conscience de l’état réel de certains HP.

 

Le Conseil régional me confia une mission de préparation d’un progamme d’humanisation des HP régionaux, puis plus tard, des hospices et maisons de retraite.

Alerte-vigie, quand pendant dix ans, je tiens de manière bénévole, la critique de cinéma, ce miroir aigu du monde, dans le quotidien régional Liberté ?

Alerte quand en 1978 avec mon ami le pédopsychiatre Tony Lainé nous partions à Moscou en mission d’exploration de la dissidence soviétique (à la demande de Roland Leroy, membre du Bureau politique du PCF, en relation avec ma connaissance du russe) pour rencontrer Éléna Bonner, tante de Tony et compagne du savant Andréi Sakharov à la fois vénéré pour son rôle dans la seconde guerre mondiale, et maltraité pour sa liberté de pensée et ses contacts avec l’occident ? Cette mission n’aboutit pas.

J’organisai ensuite plusieurs voyages d’étude en URSS sur l’organisation de son système de santé, et en particulier, en 1982 un voyage surprenant par la facilité avec laquelle les autorités (grâce à l’entremise du professeur Léon Chertok) m’ouvrirent leurs installations les plus fantasmées, à l’intérieur de ce que la presse occidentale appelait avec gourmandise le goulag psychiatrique, où des dissidents (Pliouchtch, Grigorenko et Nathan Chtcharansky entre autres) étaient internés pour dissidence réelle ou imaginaire. Chtcharansky deviendra plus tard député de droite à la Knesseth israélienne, puis ministre des colonies.

Nous fûmes reçus au célèbre Institut Serbskide

Moscou (Centre d’étude pour la psychiatrie judiciaire) à la fois hôpital et lieu d’expertise judiciaire dépendant du ministère de l’Intérieur, accueillis par le professeur Georgii V. Morozov, membre de l’Académie de médecine et président de l’association soviétique de psychiatrie ; nous allâmes également à l’hôpital spécial de recherche Bekhtierev de Léningrad, et dans des structures de soins pour enfants à Karkhov et Kiev.

Nos hôtes nous proposèrent plusieurs fois de considérer que peut-être certains martyrs de la dissidence souffraient AUSSI de troubles psychiatriques…

Au retour, je fis plusieurs articles pour tenter de témoigner le plus honnêtement possible de ce que nous avions vu et/ou compris, non dupe qu’on avait vu ce qu’on a bien voulu nous montrer. Mais je fus maltraité par la revue Actuel.

En 1981, j’avais déjà organisé le colloque-retour sur l’inconscient freudien à Tbilissi, en Géorgie, à l’Institut Ouznadzé, autour des professeurs de psychologie Chenguéléia et Bassine. En russe, le mot inconscient n’avait pas de traduction. On disait ‘oustanovka’, c’est-à-dire attitude…

Au retour d’un voyage d’étude au Vietnam en 1987, à la demande du Conseil Régional, (où j’étais devenu chargé de mission) qui souhaitait monter un programme de coopération sanitaire, je publiais plusieurs alertes sur la persistance des naissances de grands handicapés, leurs parents ayant été victimes d’épandages d’agent orange  par l’aviation américaine, ce défoliant à la dioxine, un crime encore non reconnu contre l’humanité. Je proposai que la région aide en particulier l’Hôpital pédiatrique n°2 d’Ho-Chi-Minh-Ville qui était entièrement dévolu à ces enfants. Retourné en 2002 au Vietnam, je constatai qu’une troisième génération d’enfants était touchée, et que les américains n’avaient toujours pas ouvert de droit à réparation.

Mes activités et recherche en santé publique me conduisirent en 1992 à la vice-présidence de la SociétéFrançaisedeSantéPublique,cejusqu’en 2002 où je démissionnai face au conservatisme de son conseil d’administration à s’élargir à quelques concepts (alcoolisation, autisme, principe de précaution, empowerment).

En 1999/2000 je fus désigné président du Comité scientifique de la EUPHA (European public health association) pour préparer le congrès européen de Paris.

Je me heurtais à un mur idéologique anglo-saxon très scientiste, bardé de certitudes non scientifiques, qui me fit beaucoup hurler en anglais.

Mes alertes furent inopérantes dans ce milieu trop sensible aux lobbies.

Devenu directeur d’études de santé publique, je mis en place à Lille, en 1995, une MRPS (Maison régionale de promotion de la santé) regroupant des structures de prévention et de recherche (Observatoire Régional de la Santé, Institut régional d’éducation pour la santé, CIRM (Centre d’information sur la régulation des naissances et la maternité), Sida-Info-Service, deux structures de prévention de l’alcoolisation et des toxicomanies, ainsi qu’un grand centre de documentation). J’animai une revue mensuelle ‘Contact Santé’ par de nombreux articles de sensibilisation aux « nouvelles » questions de santé.