Petites Chroniques #15 : La Seconde Guerre Mondiale — Le front du Pacifique

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LES PETITES CHRONIQUES : jour après jour, découvrez l'Histoire en anecdotes et dates clés !

Jour après jour, tel une éphéméride, Chronique vous fait revivre l'Histoire en la racontant au présent.

Petites Chroniques #15 : La Seconde Guerre Mondiale — Le front du Pacifique

Retournez sur un terrain d'opération peu médiatisé de la Seconde Guerre Mondiale et assistez à l'affrontement sans merci entre les États-Unis et le Japon.

Les Petites Chroniques, c'est aussi :

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Petites Chroniques #4 : La Seconde Guerre Mondiale — Juin 1944, le mois le plus long

Petites Chroniques #5 : L'Année 80

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Petites Chroniques #7 : Napoléon Bonaparte — Entre guerre et paix

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EAN13 9782366029536
Langue Français

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La Seconde Guerre Mondiale
Le front du Pacifique
Éditions Chronique
Même le cinéma est à l’heure de la guerre
Dès le milieu des années trente, devant l’expansionnisme des états totalitaires et l’intensification du combat idéologique contre le communisme, la guerre parut inévitable. En Italie, en Allemagne, en Union soviétique, qui possédaient déjà un cinéma de propagande, exaltant de manière indirecte les mérites et la supériorité de leur régime politique, le film prépara les esprits. Dès septembre 1939, cette propagande se fit à découvert, manichéenne et belliciste. Les États-Unis et l’Angleterre vinrent les derniers à un cinéma ouvertement politique. Les États-Unis toutefois, avant leur propre entrée en guerre (ne citons queLe Dictateur, de Chaplin, 1940) dénoncèrent le péril nazi. Les Américains veillèrent à exalter les valeurs humanistes et libérales, mais aussi universelles, de leur nation, qui en faisaient quasiment le modèle idéal de la démocratie (Romance américaine, King Vidor, 1944). Ils mirent l’accent sur l’exigence d’une éthique cruelle mais vitale, celle qui avait nourri les meilleurs westerns. Les cinéastes soviétiques exploitèrent surtout les exactions et les massacres systématiques dont les populations étaient victimes. En vertu du postulat que « la guerre sans haine est immorale comme un mariage sans amour », ils appelèrent à la résistance et à la révolte contre l’occupant nazi. Le sommet de ce « dressage » est sans doute un chef-d’œuvre de Donskoï,L’Arc-en-ciel (1944). Unique à tous égards, le monument que Sergueï Eisenstein éleva au tsar,Ivan le Terribledont la réalisation occupa toutes les années de guerre, contribua (1945), aux mêmes fins. Hollywood se mobilisait pour l’armement moral et la préparation psychologique du public, apparut le film noir. Le cinéma américain en guerre surprend et émeut par le talent qu’il met à la plus ardue des tâches : faire accepter la mort à ceux qu’elle va toucher. Hollywood inventa ainsi l’« immortalité laïque » de l’âme. DansL’Oiseau bleu (Walter Lang, 1940), dansUn nommé Joë(Victor Fleming, 1943), les morts au combat ne sont pas morts ; ils dorment. Penser à eux les réveille, les ramène auprès des leurs :Et la vie continue, de Clarence Brown (1943). Le soin du moral des troupes conduisit à des œuvres moins éthérées. Ainsi naquit lapin-up girl, poupée de chair aux formes débordantes, dont l’uniforme était le maillot, tandis que la figure mythique de la star évoluait vers les séductrices (Ava Gardner, Rita Hayworth ou Jane Russell), proposant un nouvel érotisme à la fois raffiné et vulgaire. Quant aux Japonais, si l’on en croit ceux qui ont vu leurs films, ils firent preuve de quelque objectivité à l’égard de l’adversaire. Ainsi, les années quarante sont assurément les plus tragiques de notre siècle : celles de la Seconde Guerre mondiale, du retour à la paix dans un monde divisé, et du début de la guerre froide. Le cinéma de la décennie fut donc mondialement dominé par ces événements. Pour le meilleur ou pour le pire, il y a été impliqué. Et comme la vie obstinée des hommes continue en dépit de tout, on trouvera jusque dans ces années difficiles des œuvres qui surent innover, renouveler et enrichir l’art du cinéma, renouer avec la beauté et célébrer l’humain. Ce n’est pas un paradoxe : les grandes crises suscitent leur dépassement.
25 mars 1936
Londres – Conférence navale
La Conférence navale de Londres vient de se terminer par un grave recul des perspectives de désarmement. Si les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont parvenus à un accord sur certaines limitations quant à la taille de leurs bateaux de guerre, la Conférence a été pratiquement bloquée par le Japon, qui s’est retiré des discussions avant la fin. Offensé par un taux qui était trop désavantageux pour son pays, le représentant japonais a déjà annoncé que le Japon dénonçait le traité naval de 1922. De son côté, l’Italie avait refusé de participer.
27 septembre 1940
Berlin – Le Japon se rallie aux puissances de l’Axe
En présence du chancelier Adolf Hitler, Saburo Kurusu, l’ambassadeur du Japon, le comte Galeazzo Ciano (gendre de Benito Mussolini) et son homologue allemand Joachim von Ribbentrop ont signé le pacte tripartite. C’est un traité d’alliance politique, militaire et économique. Le Japon, l’Italie et l’Allemagne se partagent ainsi l’Asie et l’Europe en zones d’influence et se promettent une assistance mutuelle au cas où l’un des partenaires serait attaqué par une puissance non engagée soit dans le conflit sino-japonais, soit dans la guerre en Europe. L’article 5 du pacte prévoit que cet accord n’affectera pas les rapports existants entre les signataires et l’Union soviétique. Le traité est valable dix ans et entre en vigueur immédiatement. Pour la Wilhelmstrasse, c’est un très grand succès. En effet, au Japon, le Premier ministre, le prince Fumimaro Konoe, et l’amiral Isoroku Yamamoto étaient réticents vis-à-vis des négociations que menait avec les gouvernements de l’Axe le ministre des Affaires étrangères, Matsuoka Yosuke, réputé pour ses sympathies prohitlériennes. Le Japon voit dans cet accord une arme supplémentaire à l’encontre de Chiang Kai-shek et une garantie contre toute attaque soviétique sur le flanc nord. Il s’agit aussi d’une mise en garde et d’une menace implicite envers les États-Unis : une guerre contre le Japon entraînerait automatiquement une guerre contre le Reich allemand. À Washington, Roosevelt a convoqué ses conseillers à la Maison Blanche pour étudier les conséquences du pacte. Quand on lui a demandé s’il s’attendait à ce que les Japonais rejoignent l’Axe, il a répondu : « Oui et non. » L’expansion de l’empire du Soleil-Levant est ainsi assurée par le pacte, tandis que le projet germano-italien de « nouvel ordre européen » prend forme. L’Allemagne et l’Italie revendiquent donc officiellement un « espace vital » respectif, c’est-à-dire des réserves en matières premières et en main-d’œuvre. Peu après, en signe d’allégeance à l’Axe, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie adhèrent au pacte, suivies plus tard par la Bulgarie et la Yougoslavie.
Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères allemand, annonce la signature du pacte tripartite en présence de l’ambassadeur du Japon, du ministre des Affaires étrangères italien et d’Adolf Hitler.
Tokyo
5octobre 190
Tokyo : le Premier ministre du Japon déclare que la guerre contre les États-Unis est inévitable si ces derniers continuent à considérer les pays de l’Axe comme hostiles.
Berlin
4avril 1941
Hitler rencontre Matsuoka. Il lui promet de rejoindre le Japon dans les combats contre les États-Unis s’ils déclaraient la guerre.
12 juin 1941
Washington – L’appel à la paix de Roosevelt au Japon
Lesnégociations en Extrême-Orient semblent avoir abouti à une impasse, et la guerre dans le Pacifique n’est plus une simple éventualité mais devient une triste probabilité. Depuis octobre, le Président envisageait d’écrire personnellement à l’empereur Hirohito, et il a aujourd’hui demandé à l’ambassadeur américain à Tokyo, Joseph Grew, de lui remettre une lettre rédigée cette semaine. Cette démarche sans précédent montre l’extrême gravité de la situation. Les tensions diplomatiques entre le Japon et les États-Unis n’ont fait que s’aggraver depuis que Washington a décidé l’embargo sur les produits pétroliers et le riz à destination du Japon, et surtout depuis le gel des capitaux japonais aux États-Unis décrété en juillet. À la mi-octobre, le gouvernement du Premier ministre, Konoye, a été remplacé par un cabinet de militaires dirigé par le général Hideki Tojo. Depuis, tous les efforts de l’ambassadeur Grew et du secrétaire d’État Cordell Hull pour apaiser la tension ont été vains. Les États-Unis ont demandé au Japon de stopper ses conquêtes dans le Pacifique. Le Japon accuse les Occidentaux et la Chine de mener une politique d’encerclement pour l’asphyxier. Un argument déjà utilisé en Europe par Hitler.