Populations et territoires de France en 2030

Populations et territoires de France en 2030

-

Livres
224 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Tout pays se caractérise par deux éléments essentiels : ses populations et ses territoires. Imaginer la France dans vingt ans conduit à examiner l'avenir de ces deux caractéristiques et nécessite la conduite d'une prospective de nature géodémographique. Cette démarche permet d'inventorier sept risques majeurs à l'horizon 2030. Quatre scénarios prospectifs sont élaborés et font l'objet d'un examen comparatif. Il en résulte l'énoncé de 67 recommandations pour l'avenir.

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 01 décembre 2008
Nombre de lectures 100
EAN13 9782336252995
Signaler un abus

Sommaire
Avant-propos........................................................................................ 7
Introduction.......................................................................................... 9
Chap. 1 -Populations et territoires enFrance dans les années 2000.....11
1. Un vaste territoirefaiblement peupléenEurope...........................11
2. Un peuplementconcentré..............................................................16
3. Lesévolutionsdifférenciéesdes « six »France............................22
4.Une populationdont le vieillissement s’accentue.........................26
5.Des migrations internes résultantd’unfaisceaude processus
interdépendants..............................................................................38
6. Lescaractéristiquesdes migrations internationalesenFrance......46
7. Leseffets territoriauxde l’additiondes migrations interneset
internationales...............................................................................52
8.Lesemplois plusconcentrés que le peuplement............................53
9. Des systèmesfamiliauxdifférents selon les territoires.................56
Chap. 2 -Les projections démographiques courantes et leurs limites...59
1. Les projectionsdémographiquescouranteset leursenseignements
.......................................................................................................59
2. Les limitesdes projectionsdémographiquescourantes.................95
Chap. 3 -Les sept risques majeurs : « prévoir pour ne pas voir ».......109
1. La segmentationdémographique territoriale...............................109
2. UneFranceéclatéeen territoires se spécialisant selon les niveaux
de vie...........................................................................................113
3. Des îles urbainesau milieude territoiresà l’abandon.................117
4.Un nouveau « scénariode l’inacceptable ».................................118
5.L’additiondefractures territorialescorrélatives.........................121
6. L’insuffisancede «boulangers »et «d’infirmières ».................124
7. Le risqued’effetboomerangde l’économie résidentielle...........127
Chap. 4 -Quatre scénarios prospectifs...................................................129
1. Les tendances lourdeset les ruptures pour les seize variables
retenues........................................................................................129
2. Présentationgénéraledes quatre scénarios..................................144
3. Les quatre scénarios....................................................................148
4.Des quatre scénariosaux recommandations................................1616 Populationset territoiresdeFranceen 2030
Chap. 5 -Douze chantiers et 67 recommandations pour l’avenir........163
1. Lescinqchantierscommunsà l’ensemble desfuturs..................163
2. Les septchantiers pour unfuturchoisi........................................172
Conclusion.................................................................................................189
Glossaire...........................................................................................193
Listedes membresdugroupe de prospective..................................197
Bibliographie....................................................................................199
Tabledesfigures...............................................................................207
Tabledes matières............................................................................211
Index.................................................................................................221Avant-propos
Le présent ouvrage est le résultat d’une mission confiée au groupe de
prospective «Populations et territoires», présidé par le recteur Gérard
FrançoisDumont, par leDélégué de laDatar, Nicolas Jacquet. Un extrait de
la lettrede missionestdonnéci-après
«LeCIADT de mai 2003 a donné mission à laDatar ‘d’an ticiper les
mutations économiques’. Or, les ressources humaines sont l’un des
principaux facteurs d’attractivité des territoires pour le développement des
activités existantes comme pour l’implantation de nouvelles activités. Le
vieillissement de la population constitue une toile de fond lourde de
conséquences pour l’avenir des territoires. C’est pourquoi le Conseil de
Prospective l’a placé en tête des sept priorités pour le programme de
prospective ‘Territ oires 2030’. Si la question du vieillissement est
abondamment documentée, ses effets différenciés entre les territoires
constituent un enjeu central pour l’aménagement du territoire qui est resté
assez peuétudié.
Considérant l’étendue et la diversité des besoins d’information en
matière de prospective démographique régionale et locale, laDatar souhaite
confier une mission d’expertise et de prospective à ungroupe de travail dont
le rôle est de l’éclairer sur le implications quantitatives et qualitatives des
tendances démographiques pour les territoires à l’horizon2030, groupe
dont nous vousdemandonsdebien vouloirassurer ladirection.
Nous attendons de ce groupe de travail qu’il capitalise l’état de l’ar
sur la question et émette des recommandation sur les besoins de
connaissance nécessaires à lamise en œuvre des politiques publiques
territoriale sur les questions suivantes:
L’Insee a publié en juillet 2003 un jeu de projections démographiques
par régions et départements à l’horizon 2030. Les hypothèses qui sous-
tendent ces projections (fécondité, espérance de vie, mobilité résidentielle,
migrations internationales) sont-elles satisfaisantes ? Quelles sont le
incertitudes et les ruptures possibles à moyen et à long terme ? Quelles
autres hypothèses essentielles faudrait-il approfondir pour les besoins de la
politiqued’aménagementdu territoire ?
Quels sont les impacts prévisibles de l’accroissement de la population
âgée et très âgée (l gérontocroissance) sur les territoires, et le
conséquences pour les politiques publiques territoriales ? Le groupe devra
éclairer la Datar en particulier sur l’effet cumulé du vieillissement
différencié des territoires et des migrations résidentielles des seniors sur
s
a
s
s
s
t
s
:
-8 Populationset territoiresdeFranceen 2030
l’évolution des besoins en services universels, marchands ou non-
marchands, en prenant en compte l’accroissement du nombre des personnes
très âgées. Il devra s’intéresser aux conséquences de ces perspectives sur les
besoinsde péréquationde ressourcesentre les territoires.
Quelles sont les conséquences de la tendance au non-remplacement
des générations sur les politiques à destination des populations jeunes à
l’horizon 2010-2030, et ses conséquences sur le déploiement territorial des
services universelsdestinésauxenfants,adolescentsetétudiants.
Quels sont les potentiels attendus de population active régionale et
locale entre 2010 et 2030. Ce thème transversal doit éclairer la Datar en
particulier sur les enjeux que les perspectives de diminution et de
vieillissement de la population en âge de travailler représentent pour les
espaces ruraux (au sens large)et pour les villes moyennes.
Comment la répartition géographique des nouveaux immigrant
permet-elle ou ne permet-elle pas de répondre d’une région à l’autre à la
situation de pénurie structurelle de main-d’œu vre et de talents qui menace la
Franceà l’horizon 2030 ?
Quelle géographie des territoires à enjeux pour l’aménagement du
territoire résulteducroisementdes questions qui précèdent
Nous vous demandons de constituer un groupe d’experts et de
praticiens, avec le soutien logistique de la Datar et en accord avec sa
directionet leConseilde prospectiveetdynamiquedes territoires. »
?
sIntroduction
«Ce qui compte dansladécision à prendre,ce n’estpas
la sincérité,c’estla lucidité »
André Malraux
La France compte, au milieu des années 2000, une population de 61
millions d’habitants, équivalente à celle du Royaume-Uni et de l’Italie,
inférieure de 20 millions à celle de l’Allemagne mais dépassant de 18
millions celle de l’Espagne. La population de la France est caractérisée par
une forte discontinuité géographique sur un vaste territoire, le plus vast
d’Europe après l’immense Russi dont le territoire est plus eurasien
qu’européen et l’Ukraine.
De la Méditerranée à la mer du Nordet de l’Atlantique au Rhin, l
France comprend des territoires aux climats, altitudes et morphologies fort
divers. Mais la démographie est un autre facteur essentiel de différenciation
territoriale. Aux territoires métropolitains s’ajoutent de surcroît les
départements, collectivités et territoires d’outre-mer, situés dans diverses
régions du globe:Afrique orientale,Amérique du Nord,Amérique latine et
Océanie. Ces différents territoires ont chacun leur identité géographique et,
surtout, des spécificités démographiques liées à leur mouvement naturel et à
leur système migratoire. Même si ces territoires partagent bien évidemment
certaines logiquescommunesavec la métropole, quoiquedifféremment selon
qu’il s’agitdesdépartementsd’outre-merfaisant partie intégrantede l’Union
européenne ou d’autres collectivités d’outre-mer n’en faisant pas partie, le
particularités de la dynamique de leurs populations et de leurs tendances
territoriales nécessiteraient pour chacun d’entre eux un travail prospectif ad
ho . Le présent rapport porte donc essentiellement sur la question des
populationsetdes territoiresdeFrance métropolitaine.
Même si l’appartenance de laFrance à l’Union européenne est d’un
importance majeure, elle ne constitue pas, dans ce rapport, un facteur
essentiel en raisond’ungrand paradoxe:les paysde l’Unioneuropéenne, en
dépit de leur logique d’intégration, demeurent fondamentalement différents.
Par exemple, même si l’Europe connaît un processus de vieillissement de sa
population ou se présente globalement comme un continent d’immigration,
les facteurs se trouvant à l’origine de ces phénomènes, leurs intensités, leurs
géographies, lescalendriersde leursévolutionsdiffèrent profondément selon
les payseuropéenset selon leurs régions.Demême, les territoiresde l’Union
européenne vivent tous dans le contexte de la globalisation régionale formée
par cette Union et dans celui de la globalisation quasi planétaire développée
e
c
s
a


e
e10 Populationset territoiresdeFranceen 2030
dans lecadrede l’Organisation mondialeduCommerce (OMC).Néanmoins,
chacun d’entre eux suit des évolutions qui lui sont propres. C’est l’autre
grand paradoxe: tout semble global c’est ce que laissent penser le
informations livrées quotidiennement dans les médias mais, en mêm
temps, le futur dépend du «local », donc de la capacité des populations e
des territoires deFrance de construire efficacement leur avenir dans un sens
conformeau bien commun.Autrement dit, à l’heure de l’Union européenne
et de la globalisation, le futur des populations et des territoires français est
essentiellement fonction, quel que soit le contexte européen et mondial, du
génie propre à la France et à ses territoires ainsi que de leur capacité de
mobilisationdans lebutde stimuler leurdéveloppement.
Comme toute prospective nécessite une bonne connaissance de la
situation initiale, le premier chapitre de ce rapport décrypte les tendances
majeures qui s’exercent enFrance dans les années 2000 sur les populations
et les territoires.
Puis la réflexion prospective peut se nourrir des projection
démographiques disponibles dont le rôle est de fournir des éclairages sur le
futur. Néanmoins, les enseignements de ces projections, présentés dans le
chapitre 2, méritent unexamencritiqueafindebiencomprendre pourquoi ils
ne peuvent se substituerà l’analyse prospective.
Cetexamenconduit,dans lechapitre 3,à«prévoir pour ne pas voir »,
selon la formule d’Alfred Sauvy, c’est-à-dire à dresser l’inventaire des
risques majeurs des populations et des territoires enFrance, risques qu’il est
évidemment souhaitabledeconjurer.
C’est alors que peut être effectué le travail prospectif proprement dit,
objet du chapitre 4, aboutissant à présenter quatre scénarios dont l
dénomination retenue est conforme à leur logique propre: Aquilo, Auster,
EurusetZephyrus.
Les analyses et réflexions menées précédemment permettent in fine,
dans un chapitre 5, de proposer des chantiers et des recommandations qui se
présentent en deux volets: cinq chantiers impératifs, à entreprendre en toute
hypothèse, et sept chantiers à déployer pour écarter les scénarios non
souhaitables et se diriger vers le scénario d’un futur choisi. Ces douze
chantiers nousconduisentàénoncer 67 recommandations.
a
s
t
e

s
⎯Chapitre 1 Populations et territoires enFranc
dans les années 2000
1. Un vaste territoire faiblement peuplé enEurope
1.1. Le peuplement modéré de laFrance dans l’ensemble européen
Une première caractéristique des territoires français tient à leur faible
densité moyenne par rapport aux pays voisins de l’Hexagone, à l’exception
de l’Espagne: la Belgique est trois fois plus dense que la France,
l’Allemagneet leRoyaume-Uni le sontdeuxfois plus.
Figure 1.1 Populationetdensitéde laFrance métropolitaine
parmi ses pays voisins
Pays par Superficie Population
Densité
densité (milliers de (milieu 2005,
(habitants/km²)
décroissante km²) en millions)
Pays-Bas 411 6,33 98
Belgique 31 10,5 339
Royaume-Uni 245 60,1 245
Allemagne 35782,5 231
Italie 302 58,7 194
Suisse 417 ,4 180
Luxembourg 30 ,5 167
France 552 60,7 110
Autriche 84 8,29 8
Espagne 507 43,5 86
1.2. Des niveaux de densité extrêmes dont l’éventails’élagir t
Les densités régionales sont non seulement très contrastées, mais leur
éventail s’élargitaufildu temps.Considérant l’écartentre la région la moins
denseet la région la plusdense, laFranceapparaîtenEuropecomme le pays
desextrêmes, davantage même que l’Espagne, quiconnaît pourtant unfaibl
peuplement dû en partie à la sécheresse, sur ce haut plateau hercynien qu'est
la Meseta. Ces caractères extrêmes et les écarts qu'ils impliquent, avec, pa
r
e

e
⎯12 Populationset territoiresdeFranceen 2030
exemple, 1'absencede régionde niveau intermédiaireentre l’Île-de-Francee
les autres, donnent à laFrance une structure démographique régionale assez
particulière.
Figure 1.2 Les 22 régionsdeFrance métropolitaineclassées
pardensitédécroissant
Population Densité Proportion Proportion
(au 01-01 Superficie (2005, en de la de la
Région
2005, (en km²) habitants population superficie
en milliers) km²) (métropole) (métropole)
Île-de-France 11 362 12 012 946 18,7% 2,2%
Nord-Pas-de
12414 325 6,6% 2,3%
Calais 4032
Alsace 1805 8 280 218 3,0% 1,5
PACA 4743 31400 151 7,8% 5,8
Haute
12 317 147 3,0% 2,3%
Normandie 1806
Rhône-Alpes 5947 43698 136 9,8% 8,0%
Bretagne 3044 27 208 112 5,0% 5,0%
Paysde la
32 082 106 5,6% 5,9
Loire 3 385
Lorraine 2334 23547 99 3,8% 4,3%
Picardie 1877 19400 97 3,1% 3,6%
Languedoc
27 376 91 4,1% 5,0%
Roussillon 2497
Basse
17589 82 2,4% 3,2%
Normandie 1445
Aquitaine 3072 41308 74 5,1% 7,6%
Franche
16 202 71 1,9% 3,0%
Comté 1 143
Poitou
25809 66 2,8% 4,7%
Charentes 1 701
Centre 2490 39 151 64 4,1% 7,2%
Midi-
45 348 60 4,5% 8,3%
Pyrénées 2 731
Champagne
25 606 52 2,2% 4,7%
Ardenne 1 334
Bourgogne 1626 31582 51 2,7% 5,8
Auvergne 1330 26 013 51 2,2% 4,8
Limousin 724 16 942 43 1,2% 3,1%
Corse 275 8681 32 0,5% 1,6%
%
%
-
-
-
-
-
%
-
%
%
-
/
-
e

tPopulationset territoiresenFrancedans lesannées 2000 13
De surcroît, les écarts s’accentuent. Par exemple, au recensement de
1962, 1'écart maximumdedensitéentre les régions métropolitaines n’est qu
de 684 entre 1'Île-de-France (705 hab./km²) et laCorse (21 hab./km²), ou, si
l’on considère seulement les régions continentales, de 662 entre l'Île-de
France et le Limousin (43 habitants/km²). En 1990, ces écarts s’élèvent
respectivement à 859 et 844, puis, en 1999, à 882 et 870. Ils passent, en
1
2005,à 914et 903 .
Figure 1.3 Densitéde populationdes22 régions
deFrance métropolitaine
Malgré sa densité limitée, laFrance connaît des problèmes de maîtris
dufoncier.
1.3. Paradoxalement, des problèmes defoncier
En dépit de la faible densité relative de laFrance, dans de nombreuses
villes, y compris dans certains pôles ruraux, se pose de manière aiguë l
question de la disponibilité ou du prix dufoncier. De façon générale, les
1
Chalard, Laurent, Dumont, Gérard-François, «France: des densités de plus en
plus inégales »,Population &Aveni , n° 679, septembre-octobre 2006.
r
a
e

-
e14P opulationset territoiresdeFranceen 2030
secteurs bien dotés (infrastructures, services, etc.) en comparaison de leur
environnement voient le prix du foncier augmenter, notamment lorsqu
prévaut une situation de rationnement, situation résultant, sur certains
territoires,desdécisionsd’urbanisme.
Parfois, lorsque le prix du foncier augmente, la concurrence entre les
différents acteurs s’accroît au détriment du logement et au profit des acteur
2
économiques. Ainsi, dans le centre de Paris , exemple parfait de cett
situation, le parc de logements parisien était beaucoup plus important en
1950 qu’aujourd’hui : dans le huitième arrondissement, il n’y a plus guèr
quedesbureaux.À mesure que le prixdufoncieraugmenteen zonecentrale,
la concurrence s’y accroît et la possibilité de l’allouer à des opérations de
logementdevientde plusen pluscompliquée, saufàdensifier.
Or, ceci estpeu accepté, d’autant qu’il existe aussi des coalitions
d’intérêt.Le vieillissementde l’électorat ne joue pas a prior enfaveurd’un
production élevée de foncier: les personnes âgées sont plus souvent
propriétaires, les propriétaires sont attachés à la valeur des biens qu’ils
détiennent et votent sans doute dans un sens qui favorise des valeurs
foncières élevées.Et pour les obtenir, lemoyen le plus simple est de limite
laconstructibilitédes terrains.
L’autre questionestcellede la productionde logement social, puisqu
les offices HLM demandent, pour construire, que les communes leur offrent
du foncier.En outre, certaines communes ont des difficultés à supporter les
charges foncières ; en territoire dense, il faut considérer les coûts
d’adaptation de l’urbanisme ; dans les territoires paraurbains, au-delà de
agglomérations, laconstruction impliquede réaliserde la voirie,des réseaux,
entraînant des coûts élevés dans la production de logements, environ 20 à
25 %ducoûtdu logement.
2
Précisément, pour l’ensemble deParis, le nombrede logements est passéde 1,206
millionen 1954 à 1,326 million en 1999.Dans ledétail, il yaeuaugmentationdans
les arrondissements périphériques, mais diminution dans les arrondissement
centraux, cette dernière s’expliquant pour les raisons évoquées. Le nombre de
résidences principales a lui baissé, passant de 1,185 million en1954 à 1,112 million
en 1999. Cf. Dittgen, Alfred, «Logement et taille des ménages dans la dynamiqu
des populations locales.L’exempledeParis »,Population, 3, pp. 307-348,2005.
e
s
s
e
r
e
i
e
e
s
ePopulationset territoiresenFrancedans lesannées 2000 15
1.4.Des territoires plus construits que peuplés en raison d’unpar
élevé de résidences secondaires
La France compte davantage de logements que de ménages, car
10,1 % des logements sont des résidences secondaires. Ce pourcentage a
progressé de 3,4 points entre les recensements de 1968 et de 1999. Selon l
dernier recensement de 1999, cette part de résidences secondaires est plus
inégalement répartie sur le territoire français qu’en 1968. La tendance est à
la spécialisation des territoires: les territoires qui en comportaient
relativement peu voient leur proportion diminuer tandis que ceux qui en
comportaient une part importante voient leur proportion augmenter. Les
territoires où les résidences secondaires ont un fort impact sur le logement
sontceuxde toute lafaçadeatlantique, leSud-Ouest intérieur,avec une sort
de crête allant de la Charente au Gard en passant par le sud et l’ouest du
Massif Central, le massif alpin, le massif pyrénéen ainsi, plus globalement,
que leMassifCentralet leJura, maisde manière moins marquée.
Figure 1.4 Proportiondes résidences secondaire
enFrance métropolitaine
Ailleurs, notamment dans des rayons très larges autour des grande
villes, parexempleà50 kmautourdeLyon, on trouvede moinsen moinsde
s
s

e
e
c16 Populationset territoiresdeFranceen 2030
résidences secondaires, certaines s’étant converties en résidences principales
avec le développement de la mobilité. Le massif alpin accroît
incontestablement la pressionà lademande, sachanten outre que lefoncier y
est rare. Dans des départements comme ceux de Savoie, existent
d’importantes tensions sur les marchésdu logement.
2. Un peuplement concentré
2.1. Un territoire primatial
Le peuplement de la France métropolitaine présente un premier
constat géodémographique: la hiérarchie des peuplements des régions est
davantage marquéeenFrance quedans lesautres paysd’Europeen raisondu
poids exceptionnel de la région comprenant la capitale politique, comme
l’attestentdescomparaisons internationales.
En Île-de-France, région la plus peuplée, résident 18,7 % de l
population métropolitaine, soit 11,362 millionsd’habitants selon l’estimation
e 3
au 1 janvier 2005 résultant des enquêtes de recensement 2004 et 2005 .Ce
pourcentage s’inscrit dans la progression historique qui a porté cette part à
4,8 % en 1801, à 11,64 % en 1901, à 14,49 % en 1921, 16,03 % en 1931 et
17,1 %en 1954et 18,24 %en 1962.
Au Royaume-Uni, le Greater London, avec plus de 7 millions
d’habitants, rassemble 12 % de lapopulation, soit une densité nettement
inférieure à celle de 1’agglomération de Paris. Le Land le plus peupl
d'Allemagne, la Rhénanie du Nord-Westphalie, compte 21,9% de la
population allemande. En Italie, la région la plus peuplée, la Lombardie,
regroupe 15,6% de la population italienne. En Espagne, 1'Andalousie
rassemble 18,1 %de la populationespagnole.Maisces régionseuropéennes,
qui sont les plus peuplées dans leurs pays respectifs, ne sont pa
véritablement comparables à l’Île-de-France.D'une part, elles ne portent pa
sur leur territoire de capitale politique nationale et, d'autre part, leur
superficie relative est sans communemesure avec celle de l’Île-de-France.
Celle-ci représente en effet seulement 2,2 % du territoire de la France
métropolitaine alors que la Rhénanie du Nord-Westphalie couvre 9,55 % du
territoire allemand, la Lombardie 7,92 % du territoire italien et 1'Andalousie
17,29 %du territoireespagnol.
En outre, l’Île-de-France, avec 946 hab./km2, présente l’une de
densités les plus élevées des régions d’Europe. EnAllemagne, exceptées le
3
InseePremièr , n° 1058, janvier 2006.
e
s
s
s
s
é
r
aPopulationset territoiresenFrancedans lesannées 2000 17
villes-États Stadtstaaten) de Hambourg,Brême etBerlin, la densité la plus
élevée est en Rhénanie du Nord-Westphalie, Land le plus peuplé, avec
524 hab./km². En Italie, le maximum est de 430 hab./km² en Campanie. En
Espagne, laCommunauté autonome de Madrid compte 610 hab./km². Même
aux Pays-Bas, pays le plus dense d’Europe, difficilement comparable à la
France, une seule des douze Provinces, la Hollande méridionale (dont l
superficieest inférieureà la taille moyenned’un départementfrançais) a une
densité légèrement supérieureàcellede l’Île-de-France.
La prééminence démographique de la région capitale est un
caractéristique française et, même si 1'existence d'un système primatial est
liée à de nombreuses raisons qui ne sont pas nécessairement de natur
démographique, les chiffres de population offrent un des moyens de le
mesurer. Lecaractère primatial du système régional français est conforté pa
la faible importance relative de la population de la seconde région.En effet,
Rhône-Alpes, avec 5 947 000 habitants, ne pèse que la moitié de l’Île-de
France.EnAllemagne, le second Land, laBavière, représente près des deux
tiers de la population du premier, et, en Italie, la Campanie représent
également les deux tiers de la Lombardie. En Espagne, la Catalogne,
seconde région par l’effectif des habitants, représente près de 90 % de la
première, l’Andalousie.
2.2. Une forte hiérarchie territoriale
Le territoire français peut être analysé à différentes échelle
géographiques. Selon sa typologie communale, la France présente un
armature à la fois spécifique par son caractère primatial, et assez courant
dans les pays développés, avec une proportion importante de communes
rurales regroupant une part minoritaire de la population. Le caractère
fortement hiérarchique des villes, très largement dominé par la principale,
est attesté à l’échelle des communes, à celle des unités urbaines, qui
correspondent à l’armature morphologique du territoire, ou à celle des aires
urbaines qui forment l’armature spatio-économique de la géographie de la
France.
a)Unearmaturecommunale trèsétagé
Comme l’armature régionale, l’armature communale de la France
s’inscrit dans une logique primatiale: la commune la plus peuplée (Paris)
représente plusde 30 %de la populationcumuléedes vingtcommunesayant
le plus fort poids démographique, et presque autant que les cinq communes
placées du 2 au 5 rang. Cette logique primatiale pourrait résulter d’un
superficie communale particulière de la ville de Paris. Or, il n’en est rien
pourdeux raisons.D’une part, la superficiedeParisest moindre quecellede
e
e
e
e
e
e
s
e
-
r
e
e
a
(18P opulationset territoiresdeFranceen 2030
Marseille, de Toulouse ou de communes de moindre importance
démographique, comme Arles. D’autre part, le poids démographique de
Paris résulte d’une densité exceptionnelle, supérieure au double de la
seconde grande commune dense, Lyon, et d’ailleurs supérieure à la densité
des communes-centres des grandes agglomérations du monde, comme
Tokyo,NewYork ouLondres.
Figure 1.5 Les territoiresdeFrance métropolitaine
les plus peuplés
Proportion
Proportion Unités
Population dans l Commune
dans l urbaine
Aires urbaine délimitation population centre
population délimitation
1999 de l 1999
des 20 1999
France
1Paris1 1 174743 45,1% 19,1% 9 644507 2 125 246
2Lyon1 648 216 6,6% 2,8 1 348832 445452
3Marseille-Aix 1516 340 6,1% 2,6% 1 349 7727 98430
4Lille 1 143 125 4,6% 2,0% 1 000 9001 84 657
5Toulouse964 797 3,9% 1,6% 761 0903 90 350
6Nice 933 080 3,8% 1,6% 888 784 342 738
7Bordeaux 925253 3,7% 1,6% 753 9312 15 363
8Nantes7 11 120 2,9% 1,2% 544 9322 70 251
9Strasbourg 612104 2,5% 1,0% 427 245 264 115
10Toulon 564823 2,3% 1,0% 519 6401 60 639
11Douai-Lens 552 682 2,2% 0,9 518 727 42796
12Rennes521 188 2,1% 0,9 272 2632 06 229
13Rouen518 316 2,1% 0,9 389862 106592
14Grenoble5 14559 2,1% 0,9 419 334153 317
15Montpellier 459916 1,9% 0,8 287 9812 25 392
16Metz 429588 1,7% 0,7% 322526 123 776
17Nancy410508 1,7% 0,7% 331 3631 03 605
18Clermont
409558 1,7% 0,7% 2585411 37 140
Ferrand
19Valenciennes 399 677 1,6% 0,7% 357 395 41278
20Tours 376 374 1,5% 0,6% 297 6311 32820
Totaldes 20 24 785 967 100,0% 42,4 20 397 6256 337 366
Totaldesaires
45 052901 77,0%
urbaines (354
France
58518748 100
métropolitaine
©Gérard-FrançoisDumont -ChiffresInseeRGP 1999
%
)
%
-
%
%
%
%
%
%
a
s
s
a
a
⎯Populationset territoiresenFrancedans lesannées 2000 19
Au total, prèsde 12 %de la populationde laFrance métropolitaine vit
dans les vingt communes les plus peuplées, soit 0,24 % de la superficie de
l’Hexagone. En outre, il faut souligner l’importance des différences de
densité et de superficie des communes: Marseille, qui possède la seconde
population communale de France, dispose de 241 km², et Lille, de 25,38
4
km .
En France, au sens de l’approche morphologique, les communes
rurales se caractérisent par la non-appartenance à une «agglomération
multicommunale » ou par l’absence de « zone bâtie » atteignant 2 000
habitants. Selon les dernières délimitations résultant du recensement de
1999, 5 954 communes, soit 16,3% des communes de France
métropolitaine, sont considérées comme urbaines. Minoritaires en nombre,
les communes urbaines lesont également par leur superficie, puisque cette
dernière couvre, en 1999, 100 041 km², moins du cinquième de la superficie
de l’Hexagone, 18,4 % exactement. En revanche, les communes urbaines
sontdominantes par leur poidsdémographique, puisque y résident 75,5 %de
la population de la France, contre 24,5 % pour les communes rurales.
Pendant la dernière période intercensitaire 1990-1999, le pourcentage de la
population vivant dans des communes urbaines a continué de croître,
notamment sous l’effet de l’augmentation du nombre de communes
5
urbaine , tout particulièrement dans les territoires périurbains, puisqu’il
n’était quede 74 %au recensementde 1990.
b)Le largeéventaildes unités urbaines
Au recensement de 1999, la France métropolitaine compte 1 000
unités urbaines unicommunales ou villes isolées, et 995 unités urbaines
multicommunales, chacune additionnant le peuplement de toutes les
communes liées entre elles par une suite d’habitat. Le nombre de commune
des unités urbaines multicommunales est fort variable: deux communes
jusqu’au maximumde 396communes pour l’unité urbainedeParis.Au total,
additionnant villes isolées et unités urbaines multicommunales, la France
métropolitainecompte,en 1999, 1 995 unités urbaines.
L’échelle des unités urbaines offre une liste sensiblement modifiée des
principaux espaces urbains par rapportau découpagecommunal.Ainsi Lille,
Toulon et Douai-Lens, dont les noms ne figuraient pas parmi les dix
4
Superficie légèrement accrue depuis la fusion entre les communes de Lille et de
Lomme.
5
5 297commune urbainesen 1990,5954en 1999.
s
s
²20 Populationset territoiresdeFranceen 2030
communes les plus peuplées, apparaissent au détriment de Strasbourg,
Montpellier et Rennes, dont les unités urbaines sont à un rang inférieur.En
particulier, Lille, non incluse dans les dix premières communes, classe son
unité urbaine au quatrième rang français derrière Paris, Marseille-Aix-en
Provenceet Lyon,etdonc parmi les quatre unités urbaines millionnaires qu
compte la France. Le classement confirme le poids prépondérant de Paris,
dont l’unité urbaine compte 9,644 millions d’habitants en 1999, soit 16,5
de la population de la France métropolitaine, et sept fois plus que l
deuxième unité urbainefrançaise.
Au total, plus du tiers de la population de la France métropolitaine
réside dans les vingt unités urbaines les plus peuplées, qui totalisent 1 177
communes.L’unité urbainedeParis,àelle seule, représente prèsde la moiti
de la populationdeces vingt premières.
c)7 7 % de la population dans 354 aires urbaines aux évolutions très
disparate
La notion d’aire urbaine appréhende le territoire français selon un
logique spatio-économique. Elle repose d’abord sur l’existence d’un«pôle
urbain », se définissant comme une unité urbaine offrant 5 000 emplois ou
plus. Les petites unités urbaines, n’étant donc pas des aires urbaines, sont
intitulées pôles ruraux et, en conséquence, incluses dans « l’espace à
dominante rurale »,àne pas confondre avec les communes rurales, au sens
de l’armature morphologique présentée ci-dessus.Chaque pôle urbain forme
le périmètre central d’une aire urbaine qui s’étend de façon continue sur le
communes dont 40 % ou plus de leurs actifs résidents vont travailler dans
l’aire urbaine.
La notion d’aire urbaine permet de diviser l’espace français en quatre
typesde territoires.
Le dépouillement du recensement de 1999 inventorie d’abord en
France métropolitaine 354 pôles urbains totalisant 3 100 communes et 35,7
millionsd’habitants, soit 61 %de la populationde laFrance.
6
En deuxième lieu, les «couronnes périurbaines » , qui regroupent
l’ensembledescommunesetdes unités urbainesde l’aire urbaineconsidérée
6
Selon la terminologie de l’Insee. Mais enréalité, les territoires de ces couronnes
ne sont pas périurbains, puisque non encontinuité de cadre bâti, non dans une
morphologie concentrée, mais paraurbains pour l’essentiel, additionnant des
communes de morphologie rurale, habitées par une population active occupée don
t
s
e
s
é
a
%
e
-Populationset territoiresenFrancedans lesannées 2000 21
à l’exclusion de son pôle urbain, comprennent 10808 communes comptant
au total 9,3 millions d’habitants, soit 16 % de la population de la France
métropolitaine. L’addition des deux types d’espaces précédents composant
les aires urbaines totalise 45,1 millions d’habitants et 77 % de la population
de la France en 1999, contre 72,9 % en 1990, notamment sous l’effet de la
paraurbanisation qui a vu des communes intégrer des aires urbaines.
Néanmoins, même sans l’étalement des aires urbaines de la dernière période
intercensitaire, le poids démographiquerelatif des aires urbaines a augmenté
de 76,6 % en 1990 à 77 % en 1999 (et, sans doute, davantage compte tenu
de la sous-évaluationdu recensementde 1999).
Le troisième type de territoire comprend les «commune
multipolarisées »: il s’agit de communes ou d’unités urbaines situées hors
des aires urbaines, dont au moins 40 % de la population résidante ayant un
emploi travaille dans plusieurs aires urbaines, sans atteindre ce seuil avec
une seule d’entre elles, et qui forment avec ellesun ensemble d’un seul
tenant.Ces communes multipolarisées sont au nombre de 4 122 et comptent
2,9 millions d’habitants. L’addition des pôles urbains, de leurs «couronne
périurbaines » et des communes multipolarisées compose « l’espace
dominante urbaine », qui diffère de l’espace urbain tel que précédemment
définien termes morphologiques.
La concentration de la population dans les aires urbaines se constat
dans toutes les régions, mais est particulièrement symptomatique dans le
Bassin parisien. En effet, l’aire urbaine de Paris est désormais davantage
peuplée que la régionÎle-de-France:ellecouvre la quasi-totalitéde la région
et s’étend dans plusieurs départements voisins, comme l’Oise, l’Eure,
l’Eure-et-Loir ou leLoiret.Cetteaire urbainedominanteest prèsde septfois
plus peuplée que la deuxième, Lyon. La concentration de la population, tant
au sein des aires urbainesqu’à celui de l’ensemble de l’espace à dominante
urbaine, s’accentuedoncglobalement, mais l’évolutiondesaires urbainesest
très différenciée. Une première catégorie comprend 112 aires urbaines, donc
près du tiers, qui perdent, dans leur territoire de délimitation 1999, des
habitants entre 1990 et 1999. Dans la deuxième catégorie, comptant
également unautre tiersdesaires urbaines, 106exactement, lacroissanceest
positive, mais inférieure à la moyenne nationale. À l’opposé, la troisième
catégorie compte 143 aires urbaines à croissance démographique supérieure
à la moyenne nationale.
au moins 40% effectuent desmigrations pendulaires, et des unités urbaines isolées.
(cf.glossaire).
e
à
s
s22 Populationset territoiresdeFranceen 2030
Le nombre de communes du quatrième type de territoire, selon
l’approche spatio-économique, l’espace à dominante rurale, s’élève en 1999
à 18535 contre 23 341 en 1990. Cet espace totalise 10,55 millions
d’habitants, soit seulement 18,0 % de la population en 1999, contre 23,6
(13,38 millions d’habitants) dans sa délimitation 1990. Pour les communes
faisant partie de cet espace en 1999 et y étant déjà en 1990, le taux annue
moyen d’accroissement 1990-1999 est nettement inférieur à la moyenne
nationale: 0,07 % contre 0,37 %. Ce faible taux résulte d’un mouvement
naturel négatif, lié au vieillissement de la population et à un faible indice de
fécondité, et d’un mouvement migratoire positif compensant l’excédent des
décès sur les naissances, notammentgrâceà l’apportde retraités.
3. Les évolutions différenciées des « six »France
Le système d’information statistique ne permettra de connaître de
façondéfinitive les tauxd’accroissement naturelet migratoiredes territoires,
y compris pour le début des années 2000, qu’en 2009, mais les résultats des
années 1990 demeurent intéressants car ils soulignent les grandes diversités
territoriales.
7
Reprenons la méthodedes « sixFrance » et ses résultats.Considérée
l’échelle des départements, la répartition de la population de la France
évolue profondément. Par exemple, dans la dernière période intercensitaire
(1990-1999), des départements gagnent des habitants, d’autres en perdent.
Une analyse affinée permet de distinguer six évolutions dissemblables,
divisant laFranceen sixcatégories territoriales.
3.1. Départementsgagnants ou se dépeuplant
Une première distinction permet d’opposer, en métropole, 73
départements en croissance démographique et 23 en dépeuplement. Aux
deux extrêmes, se trouvent la Haute-Garonne, avec 120 376 habitants
supplémentaires en neuf ans, et Paris, à la fois commune et département,
avec 27 177 habitants en moins. Outre la Haute-Garonne, deux autres
départements comptent une variation absolue de population de plus de
100 000 habitants : la Seine-et-Marne et l’Hérault. Parmi les perdants se
distinguent des départements quiavaient connu une haute activité
industrielle, comme la Loire ou la Saône-et-Loire, et différents départements
ruraux,comme laHaute-Marne, laNièvre, leCantal, laCreuse
7
Dumont, Gérard-François, «Les ‘six ’ France », Population et Aveni , n°654,
septembre-octobre 2001.
r

à
l
%