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Pouvoir, don et réseaux en Ouzbékistan post-soviétique

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Description

SOMMAIRE Introduction

Première partie : L'HISTOIRE DE L'ESPACE OUZBEK

Chap 1 - Le temps des grands oasis de la Transoxiane : Boukhara, Khiva, Kokand Chap 2 - La colonisation russe et la construction d'un espace commun, le Turkestan Chap 3 - La lente instauration de l'Etat soviétique Chap 4 - Les modifications de l'espace, le découpage politico-administratif Chap 5 - Le nouveau rapport au temps, l'émergence d'une nouvelle élite nationale

Deuxième partie : L'IMAGINAIRE SOCIAL OUZBEK

Chap 1 - L'univers de la parenté Chap 2 - Le savoir généalogique, articulation d'une autochtonie et d'une ancestralité Chap 3 - Les normes et les représentations de l'alliance Chap 4 - Le rapport au sol Chap 5 - Le quartier, déclinaison d'un fait social total Chap 6 - La mahalla ou la redéfinition de la centralité Chap 7 - Les identités locales, le vatan

Troisième partie : LA PRODUCTION DES RAPPORTS SOCIAUX

Chap 1 - L'orientation des échanges sociaux Chap 2 - Retour sur les échanges matrimoniaux Chap 3 - Une société du don Chap 4 - Les moments ritualisés du don Chap 5 - Les caractéristiques d'un réseau social

Quatrième partie : L'EXERCICE DU POUVOIR

Chap 1 - Description d'un rapport social spécifique, relations patron-client Chap 2 - Construction du pouvoir politique local Chap 3 - Recomposition du pouvoir économique Chap 4 - Un pouvoir sur les morts, mollahs, saints Chap 5 - L'Etat ouzbek Chap 6 - Les logiques d'un système politique Chap 7 - L'institutionnalisation de l'Etat et la formation des élites nationales ouzbèkes

Conclusion

Sujets

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Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782130637752
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0150€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Boris-Mathieu Pétric
Pouvoir, don et réseaux en Ouzbékistan post-soviétique
2002
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130637752 ISBN papier : 9782130532088 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
L'une des particularités de la société ouzbèke s'incarne dans la diversité des pratiques linguistiques, langue russe et parlers ouzbeks utilisés selon les situations sociales. L'auteur Boris-Mathieu Pétric Boris-Mathieu Pétric, né en 1972, est anthropologue, docteur de l’EHESS de Paris, chargé de recherche au CNRS, membre du LAIOS.
Table des matières
Remerciements Préface(Olivier Roy) Avant-propos Glossaire Introduction Méthode d’enquête Les quatre points d’enquête Première partie. L'histoire de l'espace Özbek Présentation Chapitre 1. Le pouvoir du khan dans les grandes oasis de la Transoxiane : Boukhara, Khiva, Kokand L’enracinement dans une ancestralité gengiskhanide L’appropriation de l’autochtonie islamique La maîtrise de la terre : irriguer, posséder ou céder la terre Chapitre 2. La colonisation russe et la construction d’un espace commun : le Turkestan Le contrôle bureaucratique des populations Mise en place d’un système politique Transformations sociales et nouvel ordre politique Chapitre 3. La lente instauration de l’État soviétique Prise du pouvoir par les bolcheviks et ralliement desJadid Redessiner les réalités sociales, nationales et spatiales L’indigénisation des élites « nationales » : incarnation de l’ouzbékité soviétique L’Ouzbékistan indépendant Derxième partie. La recomposition de l'imaginaire ouzbek Présentation Chapitre 1. L’univers de la parenté 1 - La filiation et la définition d’un parent 2 - La terminologie de la consanguinité 3 - La terminologie de l’alliance 4 - L’idéologie de la parenté Chapitre 2. Le savoir généalogique, articulation d’une autochtonie et d’une ancestralité : les Ouzbeks 1 - L’idéologie du lignage agnatique
2 - Du groupe de filiation à la nationalité : qu’est-ce qu’être ouzbek ? 3 - La construction problématique de la nationalité ouzbèke 4 - Occultation ou affirmation de l’origine spatiale et familiale Chapitre 3. Les représentations et les normes de l’alliance 1 - Les mots du mariage : prendre et donner 2 - Prescription et proscription matrimoniales : du proche au lointain Chapitre 4. Le rapport au sol 1 - L’attachement à un espace domestique IV. 2 - La construction des frontières avec l’extérieur Chapitre 5. Le quartier oumahalla: lieu du nouvel imaginaire national 1 - Lamahallaou l’expression de l’ouzbékité 2 - Lamahallaou la redéfinition de la centralité Chapitre 6. Les identités locales et les factions régionales 1 - L’importance de la société locale : levatan 2 - La construction des identités régionales 3 - Les factions régionales Troisièmce partie. La production des rapports sociaux Présentation Chapitre 1. L’orientation des échanges sociaux 1 - De l’échange restreint à l’échange généralisé 2 - La division sociale du travail et la distribution du pouvoir Chapitre 2. Retour sur les échanges matrimoniaux 1 - Les transformations des stratégies matrimoniales 2 - Les modifications des relations entre preneurs et donneurs d’épouse : inflation de la catégorie nationale ouzbèke, disparition d’ethnonymes 3 - Pratiques courantes, normes contournées : des formes d’adaptation Chapitre 3. Une société du don 1 - La spécificité du don dans la société ouzbèke : culture et structure 2 - Les lieux du don Chapitre 4. Les moments ritualisés du don 1 - Les rites de passage 2 - Solidarités spatiales, générationnelles et autres réunions collectives 3 - Les échanges au cours de fêtes religieuses ou nationales 4 - Autres formes de dons dans la vie quotidienne :vziatki Chapitre 5. Les caractéristiques d’un réseau social 1 - L’exploitation d’un matériel ethnographique : les cahiers de don (sharbatnoma)
2 - Les relations entre les protagonistes 3 - L’évolution des transactions matrimoniales : dot et prix de la fiancée 4 - Carte d’un réseau social : amitié, parenté et localité Quatrième partie. L'exercice du pouvoir Présentation Chapitre 1. Description d’une certaine forme de rapport social : les relations de patronage 1 - Un système clientéliste 2 - La distribution du pouvoir : démêler ce qui est hérité de ce qui est mérité Chapitre 2. La distribution du pouvoir politique local : leraïs 1 - La mise en pratique de la nouvelle norme sociale 2 - Les limites du pouvoir sans représentativité 3 - L’éloignement du pouvoir central 4 - Proximité du pouvoir et distance sociale Chapitre 3. Un pouvoir économique : des figures à l’intérieur ou à l’extérieur de l’État 1 - L’émergence d’un nouveau type d’entrepreneurs pendant la Perestroïka : lepapa 2 - La nationalisation de la mafia 3 - L’organisation d’un système du pouvoir économique :krišaetpodpis 4 - La résolution des conflits Chapitre 4. Un pouvoir sur les morts : mollahs, saints et docteurs en religion 1 - Une réislamisation de la société 2 - Comment devient-on un personnage religieux ? 3 - Les nouveaux acteurs dans le tissu local et national :wahabioumuahidin ? 4 - Lutte sur le plan des pratiques rituelles Chapitre 5. L’État : lieu de combat et de conquête pour les factions régionales 1 - Contacts entre fonctionnaires et citoyens : formes de don-contre-don 2 - Pratiques à l’intérieur d’un territoire : rôle duTankadans une carrière administrative 3 - La sélection des stagiaires et l’organisation du travail à l’Académie : factions et quotas 4 - La recomposition de l’espace administratif Chapitre 6. La logique d’un système politique 1 - La capillarité d’un système factionnaliste 2 - Propriété, gestion, ou appropriation de l’administration ? 3 - L’accumulation et la transmission dans une société post-soviétique Conclusion
Glossaire Bibliographie
Remerciements
e tiens en premier lieu à remercier Marcel Taillefer du ministère des Affaires Jétrangères, sans qui cette aventure n’aurait jamais eu lieu, ainsi que Georges Lefeuvre pour ses encouragements. Je remercie, bien sûr aussi, Jean-François Gossiaux, mon directeur de thèse, pour tout l’intérêt qu’il a accordé à l’élaboration de cette recherche. Vincent Fourniau a également participé à l’encadrement intellectuel de ce travail. Qu’il soit ici remercié pour le temps qu’il m’a consacré, et pour les suggestions apportées aux premières ébauches de ce texte. Mes remerciements vont aussi à Irène Bellier, à Ingeborg Baldauf et à Catherine Poujol qui ont accepté d’éclairer ce travail de leurs compétences. Je suis reconnaissant à Hélène Mazeran de l’IIAP de m’avoir accordé sa confiance, et je l’en remercie très sincèrement. Enfin, je n’oublie pas ma dette envers l’ensemble des personnes, que cela soit dans les familles ou les institutions ouzbèkes dans lesquelles j’ai travaillé. Je dois remercier plus particulièrement Nodira Azimova, ethnologue ouzbèke, pour sa disponibilité et sa générosité. Je remercie aussi l’ensemble du personnel de l’Institut français d’études sur l’Asie centrale pour leur aide et leur soutien. Je leur exprime à tous ma gratitude pour leur accueil chaleureux et la confiance qu’ils m’ont témoignée. Mes remerciements vont également à Judith Kerner-Pétric, Evelyne Sinigaglia, Claudine Mochel pour les relectures. J’assume cependant l’entière responsabilité du texte.
Préfàce
Olivier Roy
efonctionnement politique des sociétés d’Asie centrale est opaque pour trois Lraisons : les traditions de réseaux de solidarité, fondés sur des relations claniques, matrimoniales ou de clientélisme, maintiennent hors de la sphère publique les relations qui font le pouvoir ; la tradition soviétique de secret et de nomenclature s’est maintenue avec le personnel politique d’après l’indépendance ; et l’autoritarisme actuel des régimes en place entretient la fermeture de la sphère politique. Cette opacité fait croire qu’il n’y a pas, en Asie centrale, de « société civile ». Or, on ne peut étudier la vie sociale et politique réelle qu’en critiquant ce mythe qui structure aujourd’hui l’action sociale et politique entreprise de l’extérieur pour ouvrir les sociétés et les régimes d’Asie centrale. La construction d’une « société civile » est désormais un leitmotiv de l’action humanitaire, et toute une gamme d’ONG ont été créées dans ce seul but de fabriquer de la société civile. Le modèle aujourd’hui à l’œuvre dans les politiques de développement est celui de la société libérale occidentale moderne. D’où les politiques simultanées de privatisation, d’encouragement à l’associationnisme sous toutes ses formes. Les grandes institutions sont en effet très sceptiques sur la volonté et la capacité des élites dirigeantes issues de la nomenklatura soviétique à mettre en œuvre une véritable privatisation. Contrairement donc au modèle des Chicago Boys (régime autoritaire et libéralisation économique), l’idée est aujourd’hui qu’une véritable transition économique suppose l’émergence d’un État de droit, condition de la « good governance »,de la limitation de la corruption et de l’importance des réseaux de clientélisme. Le lien social de cette société civile s’établit par le dépassement des liens organiques en faveur d’associations (quelles soient religieuses ou politiques) ou sur les intérêts économiques, mais aussi sur l’opposition à des États autoritaires, centralisateurs, confisqués par des nomenklaturas ou desaçabiyya,et qui se réclament du dirigisme économique afin de mieux contrôler et s’attribuer les ressources. Cette définition fusionne la conception libérale moderne de la société civile et celle de Marx. C’est un modèle qui permet de combiner les deux lib éralismes, le politique et l’économique. Cette théorie présuppose d’une part qu’entre l’État autoritaire et une société atomisée, il n’y a rien, et que d’autre part, au cas où l’on pourrait parler de « société traditionnelle », celle-ci ne peut que s’efforcer de résister passivement à l’intrusion de l’État, mais n’est pas en soi porteuse d’un modèle d’auto-organisation politique. Or cette analyse correspond mal à ce qui se passe réellement dans les sociétés d’Asie centrale. Au cours de la période soviétique,la structure administrative et politique a été réinvestie et détournée par les apparatchiks locaux,selon une grammaire du pouvoir et du clientélisme qui vient des sociétés antérieures(importance des relations familiales et claniques). Bien sûr, on peut montrer comment, dans la partie européenne de l’URSS, l’idéal-type soviétique a été lui aussi détourné par le clientélisme. L’idéologie ne jouait