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Pratiques en santé mentale n°3 Travailler : de l'espoir aux actions

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Dans ce numéro, nous proposons de nous interroger sur les dispositifs vers le travail pour les personnes handicapées psychiques, que ce soit en milieu protégé ou en milieu ordinaire. Pour apporter des voies de réponse, nous partirons de François Tosquelles et de sa conception du travail en tant que fonction thérapeutique. Nous explorerons alors, à partir de la contribution de nos auteurs, les dispositifs innovants en matière de soutien à la réinsertion professionnelle. Nous interrogerons les pratiques actuelles de quelques grandes entreprises françaises en matière de réinsertion professionnelle.


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Pratiques en santé mentale N°3 Travailler : de l’espoir aux actions
Fédération d’aide à la Santé Mentale – Croix Marine
Champ social éditions
Présentation du numéro :Dans ce numéro, nous proposons de nous interroger sur les dispositifs vers le travail pour les personnes handicapées psychiques, que ce soit en milieu protégé ou en milieu ordinaire. Pour apporter des voies de réponse, nous partirons de François Tosquelles et de sa conception du travail en tant que fonction thérapeutique. Nous explorerons alors, à partir de la contribution de nos auteurs, les dispositifs innovants en matière de soutien à la réinsertion professionnelle. Nous interrogerons les pratiques actuelles de quelques grandes entreprises françaises en matière de réinsertion professionnelle. Auteur :Collectif d’auteurs de la santé mentale. Directeur de la publication : Bernard Durand, pédopsychiatre et président de la FASM.
Table des matières Éditorial Avant-propos et insertion dans l’emploi. Quels liens ? Travail thérapeutique Soutien à l’emploi, emploi accompagné et handicap psychique : une pratique nouvelle ? Fil Rouge 35 : accompagner l’inclusion sociale et professionnelle des personnes présentant des troubles psychiques Du soin au travail : développer les habiletés sociales Travail et Handicap psychique : Témoignage personnel Être : une expérience atypique de réadaptation en entreprise Intégration et maintien dans l’emploi à la SNCF : Regards croisés entre la responsable de la mission Handicap & Emploi et deux médecins de la SNCF Emploiet santé mentale en Europe Informations régionales
Éditorial
Bernard DurandPrésident de la FASM Croix-Marine Paris (75) La psychiatrie n’a cessé de s’interroger sur la question du travail, qui reste un marqueur central de l’image de soi, de l’insertion sociale et de la solidarité citoyenne. Cette apparente normalité attachée au fait de travailler, ou plus exactement d’occuper un emploi rémunérateur, explique comment certains, encore dans le déni de leur pathologie, s’engagent dans des démarches effrénées de recherche d’emploi, y dépensant une énergie considérable. Car ce qui est en cause est avant tout la reconnaissance d’une identité sociale synonyme de normalité. Pour autant, entrer dans une démarche de soins psychiatriques implique-t-il un renoncement à un emploi en milieu ordinaire ? Aujourd’hui, il est possible de répondre non. Certains pionniers l’ont montré comme l’association Messidor ou le club ARIHM, soutenus par les avancées portées par la loi du 11 février 2005. Dans l’asile d’hier, les malades travaillaient, s’ils n’étaient pas « agités » ou « gâteux ». Ils constituaient la main-d’œuvre de base de cette « entreprise autarcique » : le pécule qu’ils recevaient était dérisoire, ne valorisant ni la personne, ni le travail fourni. Ce n’est qu’après-guerre que le travail a été abordé comme une opportunité pouvant aussi contribuer à améliorer l’état psychique des patients et la circulaire de 1958 a admis que le fruit du travail accompli par les patients devait leur revenir, au moins en partie. Le mouvement de psychothérapie institutionnelle insistera sur le contexte du travail plus que sur le travail lui-même, car il crée les conditions de l’activité, incite à la créativité et développe les relations sociales. Le travail sera davantage une médiation, prétexte à la rencontre et au développement des liens. Cependant certains psychiatres ont plutôt valorisé la dimension de la réadaptation sociale dans la perspective que cela débouche sur une vraie situation de travail à l’extérieur, prémices de la réhabilitation psychosociale. Aujourd’hui, cette question du retour à l’emploi pour les personnes sou ffrant de troubles psychiques n’est plus éludée, alors même que le contexte est peu favorable, avec un taux de chômage particulièrement élevé. On a d’abord compris que tout ne se jouait pas du côté de la
personne, mais aussi de son environnement sociétal. La «situation de handicap psychique» ne dépend pas du seul patient, mais est liée aussi à la manière dont la société et les entreprises peuvent prendre en compte les particularités des personnes présentant des troubles psychiques. Il fallait également abandonner l’idée longtemps prévalente que des patients suivis un certain temps en psychiatrie n’avaient aucune chance de trouver ou retrouver un jour une place de travailleur dans une entreprise normale, ordinaire. Sans édicter de nouvelles normes et accepter qu’un certain nombre de patients ne souhaiteront ou ne pourront jamais travailler, on doit favoriser le parcours d’accès au travail et à l’emploi de ceux pour qui cela est possible dans la logique de rétablissement que nous évoquions dans le dernier numéro de cette revue. Un tel objectif, une fois qu’il est pensé possible, nécessite que les di fférents acteurs concernés à des titres divers se coordonnent : équipes psychiatriques, services médico-sociaux, mais aussi médecine du travail et nouveaux professionnels que sont les médiateurs et les conseillers d’insertion, inconnus il y a 20 ans. Il faut par ailleurs simplifier les textes législatifs et les règles administratives qui conduisent à un empilement de services qui parfois se contredisent. Il est temps d’en finir avec la proclamation de bonnes intentions et de passer à l’action.
Avant-propos Coordinateurs du numéro Émilie Perrot Psychologue clinicienne. Doctorante en Psychologie du Travail et Clinique de l’activité. Centre de Recherche sur le Travail et le Déveloement (CRTD). CNAM Jacob Benarosch Coordinateur Centre Alexandre Dumas / Association Vivre Psychologue clinicien – sychanalyste Centre E. Kestemberg / ASM13 Pour Freud, le travail rofessionnel est indisensable à chaque être humain. « Aucune autre technique de conduite vitale n’attache l’individu lus solidement à la réalité, ou tout au moins à cette fraction de la réalité que constitue la société (…). La ossibilité de transférer les comosantes narcissiques, agressives, voire érotiques de la libido dans le travail rofessionnel et les relations sociales qu’il imlique, donne à ce dernier une valeur qui ne le cède en rien à celle que lui confère le fait d’être indisensable à l’individu our maintenir et justifier son existence au sein de la société » (1). La dimension sychique et subjective du travail rofessionnel eut s’interroger dans le cadre d’une relation de soins, lui conférant dès lors une dimension théraeutique essentielle. Néanmoins, c’est arès-guerre, avec l’émergence du mouvement de Psychothéraie Institutionnelle que le travail devient orteur d’esoir concret dans le cham de la santé mentale. « Humaniser ar le travail » les hôitaux sychiatriques devient – our le dire vite -– le nouvel objectif (2). Tosquelles, Sivadon, Le Guillant… déveloent dans leurs institutions resectives des actions our que le travail uisse avoir une valeur théraeutique centrale. Ce qui ne se fera as, d’ailleurs, sans certains désaccords (3). {1} {2} {3} Les évolutions législatives de 1975 , de 1987 et de 2005 vont ajouter une nouvelle dimension au travail (4). Celui-ci doit alors ermettre la réadatation sociale (2). Le travail n’est donc lus seulement regardé comme un levier théraeutique mais aussi comme un levier d’intégration sociale, un tremlin our une (ré)-insertion dans l’emloi. Deuis lus d’un siècle donc, le travail orte en lui de nombreux esoirs dans le cham de la santé mentale. Moins d’une dizaine d’années arès la arution de la loi de 2005, ce numéro roose d’interroger la roblématique de l’insertion rofessionnelle our les ersonnes handicaées sychiques. Du « contrat de soutien et d’aide ar le travail » au «
contrat de travail », quels sont les leviers existant actuellement en France ? Sur quels esoirs se fondent ces disositifs ? Quelles sont les attentes des atients ? Et celles des rofessionnels ? Ces leviers ne ourraient-ils as être arfois une sorte de trome-l’œil, laissant les « rofessionnels en herbe » devant les ortes de l’emloi (5) ? Faut-il finalement « croire » à ces nouveaux disositifs, à ces nouvelles actions innovantes en matière de réinsertion rofessionnelle ? Comment enser l’intégration des ersonnes handicaées sychiques dans un contexte de travail où « le stress devient hystérisé » et où les logiques gestionnaires renforcent la roductivité visible, quantifiable, laçant l’amour du métier comme {4} un surlus « encombrant » (6) ? C’est à la croisée des subjectivités de chacun mais aussi des actions concrètes mises en lace que nous avons décidé de orter notre attention. Nous voyagerons à travers l’Euroe, nous circulerons dans les milieux de travail rotégés et ordinaires, nous artirons à la rencontre des oints de vue des médecins, des chercheurs, des raticiens, des resonsables de ressources humaines des entrerises… Tous ortant, chacun à leur manière, l’esoir d’un décloisonnement entre la maladie mentale et le monde rofessionnel… Finalement, notre modeste intention ourrait n’avoir our but, comme l’aurait dit Jean {5} Oury , que « d’inciter le lecteur à oursuivre lui-même des chemins qui lui soient rores our, non as fermer un catalogue, mais dessiner des « ouverts » et des « voisinages » (7). Bibliographie 1. Freud S.Le Malaise dans la culture.Paris : PUF, 1992. 2. Arveiller J.P., Bonnet C.Au travail. Les activités productives dans le traitement et la vie du malade mental.Toulouse, Eres, 1991. 3. Billiard I. Les ères fondateurs de la sychoathologie du travail en butte à l’énigme du travail.Cliniques méditerranéennes,66, 2, 2002, 11-29. 4. Pernet C, Savard D.Travailleurs handicapés en milieu ordinaire. Des outils pour mieux les accompagner.Toulouse, Eres, 2009. 5. Arveiller J.P., Bonnet C. Les enjeux de l’emloi our les ersonnes handicaées sychiques.L’information psychiatrique.84, 9, 2008, 835-840. 6. Clot Y.Le travail à cœur. Pour en finir avec les risques psychosociaux.Paris, La Découverte, 2010. 7. Oury J. Psychanalyse, sychiatrie et sychothéraie institutionnelle.Vie sociale et traitements. 95, 3, 2007, 110-125.