Précis historique

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Français
44 pages

Description

Je rends à la France, où je suis réfugié, et à l’Espagne, témoin de mes grands outrages, compte de mes malheurs ; riche, suivant la diction de Cervantes, mon silence d’une année toute entière prouve suffisamment ma prudence.

Il fut un jour où, par démission volontaire, inattendue de Sa Majesté la Reine d’Espagne, j’abandonnai le portefeuille de Ministre de la Marine, après avoir lutté et vaincu la révolution, le changeant pour la tranquillité de ma retraite.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 25 octobre 2016
Nombre de lectures 2
EAN13 9782346120406
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Y. Filiberto Portillo
Précis historique
PRÉCIS HISTORIQUE
Je rends à la France, où je suis réfugié, et à l’Es pagne, témoin de mes grands outrages, compte de mes malheurs ; riche, suivant l a diction de Cervantes, mon silence d’une année toute entière prouve suffisamme nt ma prudence. Il fut un jour où, par démission volontaire, inatte ndue de Sa Majesté la Reine d’Espagne, j’abandonnai le portefeuille de Ministre de la Marine, après avoir lutté et vaincu la révolution, le changeant pour la tranquil lité de ma retraite. Arrive-t-il que dans cet orienter-la-voile, des hom mes politiques trouvent-ils du repos, du profit et de l’estime ? Quant à moi, ce n e fut que la période d’un entier oubli. Le grand parti politique à la tète duquel les evene ments m’avaient placé, l’émigration que j’avais remise dans ses emplois ai nsi que dans la possession de ses affections, les hommes entre lesquels j’avais répan du, à mains rassasies les grâces de la Couronne, comme Député, comme Général et comm e Ministre, oublièrent le politique après en avoir profité. Trait de parti, sort humain, destinée du courage sa ns expérience, servir le besoin et la faiblesse en face du péril pour moissonner du mé pris en échange des bienfaits. Tout cela se passait au printemps, 1844. Des années entières s’écoulèrent et je ne fus appel é qu’une fois par le Président du Ministère, qui m’offrit le Commandement militaire e n second, de l’ancien Royaume de Navarre. Ce n’était pas un emploi à la hauteur de mon rang p ublic. Peut-être en m’offrant ce commandement, le Président regardait-il l’âge du Gé néral, oubliant le Conseiller-d’Etat ; mais en écoutant ces offres, ma pensée fut toute contraire, elle me représentait ma hiérarchie diplomatique, grisonnant ma jeunesse. Les mariages espagnols, ce grave évènement eut lieu . Etranger à ce fait, et plus encore à son approbation pas en courroux contre la France), je restai toujours éloigné du Gouvernement et du cercle, chef-en-maître des de ux pouvoirs, de celui de la Chambre et de l’Exécutif. Quelques démarches furent faites de ma part pour empêcher l’accomplissement immédiat de cette malheureuse con ception diplomatique ; mais sans jamais conspirer, parce que l’homme qui écrit ces lignes a l’honneur et le bonheur de pouvoir dire,je n’ai jamais été conspirateur, quoique j’étais pr ié de l’être plus d’une fois,face des vénérables cheveux blancs de M. Guizot  en , je soutenais, dès ce temps-là, que le double mariage coûterait de s larmes privées et des malheurs publics. Le temps est arrivé de démontrer la justesse de mon avis, et de constater l’évidence de mes craintes, peut-être aussi de mes plaintes co ntre les hommes qui n’osèrent pas désabuser le premier Ministre du sage Louis-Philipp e, sur l’état véritable de l’opinion en Espagne et sur notre caractère qu’on ne peut pas bien approfondir de Paris, ainsi que sur les difficultés quisurgiraienttard dans ma patrie et en Europe, si un plus changement de personne a lieu sur le Trône de la ca tholique Isabelle-la-Grande. Je suis un Espagnol qui a pour sa Reine un si fort attachement, qu’il plane au-dessus de toute idée, excepté celle de l’honneur. Je n’entends jamais son nom sans apercevoir sa Cour onne constitutionnelle, comme je ne vois pas celle-ci sans trouver devant m oi sa noble figure, qui me rappelle en silence un serment fait dans les beaux jours de ma carrière militaire, et que j’ai eu la gloire de soutenir courageusement pendant toute l’existence de ma Souveraine, plus d’une fois l’émaillant de mon propre sang. Me défiant de son avenir qui m’est si cher, et prof itant de l’accueil que j’avais
toujours eu à la Chambre de S.A.R. l’Infant, père d e l’époux de Sa Majesté, même du temps de S.A.R. madame l’Infante Caroline, je m’y s uis présenté souvent pour exposer à celui qui jouait un si haut rôle dans cel te affaire des mariages, toute l’utilité qu’il y aurait pour l’Espagne, dans son opposition personnelle au mariage de l’Infante, sœur auguste de la Reine, et cet avis, je l’ai sign ifié, en déposant sous ses yeux l’opinion entièrement égale à la mienne, d’une nati on alliée, très grande, et par son influence et par son pouvoir, lui développant en mê me temps toute l’aversion probable de l’Espagne contre cette dernière union, tant pour la fierté espagnole que pour la forme sous laquelle le mariage s’accomplissait.