Problématiser et solutionner la nature
93 pages
Français

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Problématiser et solutionner la nature

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Description

La terre est un ensemble d'espaces dynamiques où des populations problématisent leur environnement et y apportent des solutions. Cet ouvrage met en lumière l'intelligibilité des relations entre l'homme et son milieu mais aussi l'homme et son alter. Quel est l'apport des sciences géographiques dans le développement des collectivités territoriales au Bénin ? Qu'en est-il du raisonnement géographique dans l'analyse des questions de santé liées à l'environnement en milieu urbain au Gabon ? À quelle logique répond la gouvernance foncière des concessions agroindustrielles en zone CEMAC ? La mise en évidence des causes naturelles dans la formation des paysages karstiques, anthropiques dans la mauvaise qualité de vie des populations, donne du sens au fonctionnement de la terre. Des solutions pour l'aménagement du territoire sont proposées.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 juin 2020
Nombre de lectures 6
EAN13 9782336902685
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Titre
GÉOLOGOS n°1


Revue Scientifique Internationale
de Géographie et d’Environnement



P ROBLEMATISER
ET SOLUTIONNER LA NATURE
Copyright

© L’Harmattan, 2020
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
EAN Epub : 978-2-336-90268-5
DIRECTEURS HONORAIRES
Pr Ambroise EDOU-MINKO, Maître de conférences, CAMES
Pr René Casimir ZOO EYINDANGA, Maître de conférences, CAMES
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
Dr Séverin EMANE MBA, Maître assistant, CAMES
COMITÉ SCIENTIFIQUE
Pr Fidèle ALLOGHO NKOGHE (École Normale Supérieure, ENS GABON)
Pr René Joly ASSAKO ASSAKO (Université de Yaoundé, CAMEROUN)
Pr Guy Serge BIGNOUMBA (Université Omar Bongo, UOB GABON)
Pr Jean François EBA (École Normale Supérieure, ENS GABON)
Pr Ambroise EDOU-MINKO (Université des Sciences et Techniques de Massuku, USTM GABON)
Pr Esoh ELAME (Universita Degli Studi Di Padova, Université de Padoue, ITALIE)
Pr Jean Damien MALOBA MAKANGA (Université Omar Bongo, UOB GABON)
Pr Jean Bernard MOMBO (Université Omar Bongo, UOB GABON)
Pr Édouard NSIE EMVO (École Normale Supérieure, ENS GABON)
Pr René Casimir ZOO EYINDANGA (École Normale Supérieure, ENS GABON)
COMITÉ DE LECTURE
Dr Annie BEKA BEKA (ENS, Libreville)
Dr Séverin EMANE MBA (ENS, Libreville)
Dr Jean Bernard MAMBANI (ENS, Libreville)
Pr Jean Bernard MOMBO (UOB, Libreville)
Dr Nicole Brigitte NGAWANDJI (ENS, Libreville)
Dr Corinne OBOUNOU (ENS, Libreville)
Dr Prisca SOUMAHO (ENS, Libreville)
Pr René Casimir ZOO EYINDANGA (ENS)
COMITÉ DE RÉDACTION
Dr Séverin EMANE MBA (ENS, Libreville)
Dr Jean Bernard MAMBANI (ENS, Libreville)
Contact :
Dr Séverin EMANE MBA,
Laboratoire de Géographie et Environnement de l’École Normale Supérieure, LAGENS, ENS, BP. 17009, Libreville, GABON.
Tél. : +(241) 011 73 31 61 ; + (241) 077 13 95 62. Fax : + (241) 011 73 31 61
E-mail : lagens062017@gmail.com
LA PLACE DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES DANS LE PROCESSUS DE DÉVELOPPEMENT DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES : L’EXEMPLE DE L’AMÉNAGEMENT ET DU DIAGNOSTIC DU TERRITOIRE AU BÉNIN
Georges Agbachi ALE,
Maître de Conférences (CAMES), Département de Géographie et Aménagement du Territoire (DGAT), Université de Parakou-Bénin
E-mail : agbachale@yahoo.fr
Résumé :
Nos collectivités territoriales sont prises dans un cercle vicieux de paupérisation qui les maintient en état de « sous-développement ». Pourtant, il existe des ressources au sein de nos centres de recherches universitaires qui pourraient éclairer, faciliter et permettre le déclenchement d’un cercle vertueux de transformation de ces territoires en lien avec les besoins et savoirs locaux. Le diagnostic du territoire (DT), l’aménagement du territoire, ces spécialités de la géographie sont des exemples de savoirs incontournables dans l’élaboration et la mise en œuvre du projet de territoire. Quelle place devrait-on accorder aux sciences géographiques et pourquoi semblent-elles être marginalisées bien que reconnues indispensables pour les pouvoirs locaux dans nos collectivités territoriales ? Comment finalement parvenir à ce partenariat université-collectivité locale basé sur de vrais contenus de solidarité et d’expertise en vue d’un développement territorial réel ?

Mots-clés : Diagnostic du territoire (DT) – Aménagement du territoire – Développement local – Décentralisation – Sciences géographiques – Bénin.
Abstract :
Our local authorities have grappled in a vicious circle of impoverishment which leads them to the “underdevelopment.” However, there are several knowledge resources within universities, which could clarify, facilitate and allow there lease of a virtuous circle of transformation of these territories if they are associated with the local knowledge. Territorial diagnosis (DT), town and country planning, are specialties of the geography that cannot be ignored in the development and the implementation of the project of local community. What should be the use of geographical sciences and why they seem to be marginalized although known essential for local authorities in our local communities ? How finally to achieve one’s aim of partnership between university and local community based on serious concept of solidarity and expertise for a real territorial development ?

Keywords : Territorial diagnosis (DT) – Town and country planning – Local development – Decentralization – Geographical science – Benin.
Introduction
Les sciences géographiques, à la différence des sciences dites dures (médecine, chimie, agronomie, etc.), se prêtent difficilement à une définition. Elles affichent d’entrée de jeu leur caractère polysémique et concourent à l’idée fortement répandue chez les géographes que les sciences géographiques sont au carrefour de toutes les autres sciences. Celle-ci a été formulée en 1993 par Paul Claval sous le titre « La géographie, science carrefour ». Il n’est pas nécessaire dans le cadre de cet article de s’attarder sur les contours épistémologiques de la géographie, mais il nous paraît utile de faire remarquer que la Géographie a beaucoup évolué dans le temps. Pour reprendre les écrits de Gumuchian et al . (p. 17, 2000), on a assisté déjà à partir des années 50 à une multiplication de courants de pensée qui, pour plusieurs, naissent en réaction aux faiblesses théoriques des approches traditionnelles (Buttimer, 1992 ; Claval, 1993e ; Dickinson et Howarth, 1976 ; Gaile et Willmott, 1989). En même temps, c’est la période de l’éclatement de la discipline aidée par la période du taylorisme dans l’activité scientifique. Ceci conduit à une fragmentation de la géographie qui, croisée avec les différentes approches, crée plusieurs « géographies » (Buttimer, 1992 ; Johnston, 1983 ; Driver et Rosé, 1992). Dans le cas de notre propos, deux perceptions des sciences géographiques seront mobilisées. D’abord, celle de Brunet (1990) [qui précise] […] qu’« elle est la science des territoires , ou plus largement de l’organisation et de la différenciation de l’espace » (Gumuchian et al. , 2000, p. 15). Ensuite, celle de Rochefort (1984), [permettant] de dégager sept caractéristiques essentielles qui posent la géographie comme science sociale (Gumuchian et al ., 2000, p. 17) ; car elle n’a de sens que si la géographie a une utilité sociale et véhicule à travers ses discours les vocables tels que « géographie appliquée », « géographie active » ou « géographie opérationnelle » pour paraphraser l’auteur.
Ainsi, il est aisé de comprendre que la Géographie ne se cantonne pas dans des connaissances académiques. Depuis longtemps, des géographes se sont préoccupés de l’aménagement du territoire, de l’aménagement urbain et rural, et ont cherché à produire une géographie opérationnelle, active. Même si l’évolution de la formulation de l’aménagement du territoire comme corpus disciplinaire a mis du temps pour s’affirmer, c’est à partir d’une spécificité de la géographie qu’elle a connu le jour comme l’écrivait Josée de Félice (2009). C’est en s’appuyant sur la complexité et la dimension systémique du territoire qu’il a précisé son contenu transdisciplinaire à l’intérieur de la géographie en se préoccupant à la fois de l’organisation de l’espace géographique, de la ruralité, de l’urbain, de l’économique, de la sociologie, etc. C’est le cas aussi du Diagnostic du Territoire (DT) qui, à l’instar de l’aménagement du territoire, fait l’objet de notre préoccupation. Le DT, c’est de la géographie opérationnelle qui, dans le contexte de la décentralisation au Bénin, est fortement sollicitée par les élus et les responsables politico-administratifs dans la prise en main de leur territoire. Pour les sciences géographiques, l’aménagement du territoire et le diagnostic du territoire sont de véritables outils d’aide à la décision et à l’action pour la promotion du développement des territoires. C’est ce que nous essayerons de montrer dans la première partie, ensuite nous exposerons comment la loi sur la décentralisation rend incontournable ces outils au Bénin, puis on examinera les rapports des acteurs locaux, décideurs politiques et les sciences géographiques, pour enfin, dans une analyse réflexive, entrevoir les bases d’une meilleure implication de la géographie et des géographes dans la promotion du développement des collectivités territoriales.
I-Les sciences géographiques : des outils au service du développement des collectivités territoriales au Bénin
Nous nous préoccupons ici de montrer comment les sciences géographiques sont positionnées dans l’outillage des communes du Bénin « en quête de développement », dans une région de l’Afrique où les questions de développement demeurent encore très vives.
En général, les sciences géographiques offrent d’innombrables outils pour la maîtrise des territoires ou de l’espace géographique qui sont les premiers objets de la géographie et les supports de l’ensemble des activités socio-économiques et culturelles qui conduisent au développement. La problématique du développement des territoires, comme l’ont montré plusieurs auteurs, a une histoire, et ses approches ont évolué dans le temps. Lorsqu’on suit l’évolution de la pensée sur le développement, les échecs des initiatives de développement viennent surtout du fait qu’elles relèvent très rarement des initiatives endogènes propres à chaque territoire. Les outils utilisés en appui aux « recettes » proposées sont souvent inadaptés, ce qui explique les besoins d’évolution et d’adaptation des outils pour promouvoir le développement des territoires comme c’est bien le cas des territoires communaux au Bénin.
À l’initial, c’est l’État central qui s’occupait de la gestion de l’espace et de l’administration de l’ensemble du territoire national. Chacune des circonscriptions administratives était soumise à un contrôle de l’usage de l’espace et à son organisation. Il s’agissait alors de ce qu’on pouvait appeler la planification réglementaire ou planification de l’occupation du sol dont les instruments connus au Bénin sont notamment le plan d’urbanisme, le plan d’aménagement dans les zones rurales, les règles d’usage et d’affectation des sols, les plans détaillés d’aménagement urbain et de lotissement, les plans d’occupation des sols (POS), entre autres.
Mais depuis que la planification traditionnelle, centrée sur la gestion réglementaire de l’espace, et la maîtrise de la croissance urbaine ne fait plus recette puisqu’elle a montré ses limites, on parle de nos jours de planification territoriale (PT) ou spatiale (PS).
La planification spatiale ou territoriale est plutôt de la planification stratégique. Elle intègre, mieux que par le passé, les différents champs sectoriels de l’action publique (déplacement, urbanisme, environnement, paysage, etc.) et insiste sur la traduction des grandes orientations de développement en projets. Ces mutations se traduisent par la recherche de nouveaux modes de penser et de traiter un espace.
La PS ou PT est plus préoccupée par les manières de vivre dans l’espace, de l’organiser de façon fonctionnelle, d’assumer les coûts de son entretien, de gérer les conflits qui s’y produisent, de dessiner son image et ses contours et d’inventer des évolutions possibles et souhaitables quant à son avenir.
On pourrait distinguer avec John Friedmann (1987) trois grandes formes de planification territoriale : radical planning, innovative planning, allocative planning .
Cette forme de catégorisation véhicule l’idée qui est à la base de l’initiative de la planification, notamment, la recherche d’un nouvel ordre là où on estime qu’il y a désordre, une meilleure utilisation des ressources là où il y a déjà un ordre souhaité et le maintien d’une originalité là où prévaut l’équilibre. C’est ce que schématise J. Friedmann à travers la figure suivante (schéma n° 1) reprise par Marc-Urbain Proulx (2008, p. 30).



territoriale les plus connus sont les instruments techniques, à savoir le Schéma directeur d’aménagement du territoire national, les schémas d’aménagement aux échelles infranationales et les schémas de services collectifs.
Ces outils émanent des sciences géographiques et leur élaboration repose sur les compétences des géographes dans la plupart des cas. L’élaboration de ces outils est généralement précédée de ce que les géographes appellent le diagnostic du territoire (DT). Celui-ci est considéré comme un véritable outil de prospective et d’aide à la décision. Selon Alexandre Provost (2011), « le DT construit une compréhension de la situation existante afin d’orienter la volonté d’agir, laquelle est formalisée par une organisation de l’action, puis concrétisée par l’action ». Cette définition du DT montre bien son importance dans une démarche de développement d’un territoire.
La présentation de ces outils, bien que décrite rapidement, montre la disponibilité au niveau des sciences géographiques d’un certain nombre d’outils dont la mobilisation contribue à promouvoir le développement des territoires communaux au Bénin comme en a décidé le législateur depuis la fin des années 90.
II-La loi sur la décentralisation au Bénin et l’incontournable contribution de la géographie à la gouvernance des communes
L’histoire récente du Bénin indique qu’au début des années 90, la crise des années 80 a conduit le pays à ce qui a été dénommé « le renouveau démocratique » à la suite de la Conférence Nationale des forces vives de la nation. Celle-ci a mis fin à un pouvoir dictatorial militaromarxiste, et la liberté d’entreprise a été restaurée suivie de la décentralisation du pouvoir autrefois monopolisé par l’État. Le territoire national sera alors subdivisé par la suite en 77 unités administratives homogènes ayant chacune un statut juridique public. La carte n° 1 présente la configuration des unités administratives suivie d’un exemple d’unité administrative, celle de Parakou (carte).

Carte : Unités administratives de Parakou

Source : INSAE, 2008
Ces unités administratives seront gérées par des élus locaux qui auront entre les mains le développement de leur territoire. C’est l’avènement au Bénin des territoires communaux qui deviennent dès lors des collectivités locales publiques dont la gouvernance territoriale revient au maire élu.
Cette gouvernance des territoires communaux nécessite, pour être efficace et porteuse de changement, le recours à plusieurs outils dont ceux des sciences géographiques, notamment le schéma d’aménagement du territoire, le document de diagnostic du territoire. En effet, « l’aménagement du territoire est l’expression spatiale des politiques économique, sociale, culturelle et écologique de toute une société » (CE, 1983, p. 5) et le schéma d’aménagement en est le document de référence. Dans le cas des communes du Bénin, on parle du Schéma Directeur d’Aménagement des Communes (SDAC). L’importance du Schéma directeur d’aménagement des communes (SDAC) est soulignée par le législateur dans plusieurs lois promulguées au Bénin. Ainsi, l’article 84 de la loi portant organisation des communes au Bénin (MDGLAAT, 2010) recommande le SDAC comme un instrument de planification obligatoire. De même, l’article 17 de la loi portant régime financier des communes indique, au titre des « dépenses obligatoires mises à la charge de toutes ou certaines communes » (MDGLAAT, 2010), les frais d’élaboration du SDAC. Enfin, l’article 23 de ladite loi fait du SDAC un préalable nécessaire à l’établissement de la liste des projets d’investissements de la commune.
Au regard de la législation en vigueur au Bénin, aucun projet d’investissement n’est possible sans l’élaboration de cet outil d’aménagement du territoire communal. Et lorsqu’on connaît la place des investissements dans la promotion de l’économie et le financement des actions publiques, on se rend bien compte du caractère déterminant de cet outil géographique dans la production de l’espace et le fonctionnement des territoires au Bénin.
Mieux, le législateur rend le SDAC opposable aux communes, car il est la base des nombreux documents de planification locale. Dans la construction des mouvements sociaux qui ces dernières années se sont révélés comme des armes redoutables pour faire aboutir les revendications des populations en « manque du développement », le SDAC facilite le choix des preuves et le support de la mobilisation. La loi permet aux populations, dans un processus de participation, d’interpeller les responsables communaux et notamment le président du territoire (le maire) par rapport aux engagements pris par le conseil communal sous son autorité. Il s’agit donc d’un outil qui facilite la production des preuves juridiques pour les acteurs locaux qui s’impliquent et qui exigent la co-construction des territoires dans l’esprit de la décentralisation et de la démocratie locale.
Le schéma d’aménagement du territoire reste à double titre un support de promotion du développement des territoires pour les autorités locales d’une part et d’autre part, un appui pour la revendication des populations « à la base ».
Si d’autres scientifiques peuvent se réclamer d’avoir des compétences pour participer à l’élaboration d’un SDAC, le diagnostic du territoire qui précède l’opération reste une compétence essentiellement géographique. La connaissance prospective du territoire, en vue de sa projection dans l’avenir en fonction des tendances lourdes et des potentialités, échappe aux autres disciplines. Il nous semble difficile dans cette perspective de contester les propos de Brunet (1990) qui estime que la géographie est la science des territoires. Ainsi, le développement des territoires ne pourrait échapper aux sciences géographiques.
Comment faire du développement territorial sans diagnostic territorial, sans schéma d’aménagement et sans les sciences géographiques ?
De notre point de vue, cela n’est pas possible. La meilleure connaissance du territoire nécessite une étude géographique qui pourrait mobiliser toutes les branches de la géographie dans leurs diversités et leurs complémentarités comme l’exige d’ailleurs déjà l’élaboration d’un schéma d’aménagement du territoire. Et c’est seulement sur la base d’une meilleure connaissance du territoire que pourrait se construire le développement. D’où la déduction de notre conviction de départ que les sciences géographiques tiennent une place centrale dans le processus de développement des collectivités locales au Bénin.
Comment donc comprendre la situation actuelle ou l’état actuel des communes du Bénin, après plusieurs années de mise en œuvre de la décentralisation au cours de laquelle ces outils sont supposés être utilisés ? Que devrait-on penser des rapports des acteurs de développement de ces communes à ces outils des sciences géographiques que le législateur a pourtant rendus incontournables dans le fonctionnement de leur territoire ?
L’analyse du fonctionnement des territoires communaux nous permettra de répondre à ces interrogations.
III-Le dysfonctionnement des communes et la marginalisation des sciences géographiques
Le constat que l’on peut faire en examinant la situation des collectivités territoriales depuis la mise en œuvre de la loi sur l’autonomisation des communes est le résultat « mifigue, mi-raisin » qu’elles présentent quant à l’état de leur développement.
Il n’est peut-être pas juste d’affirmer que les collectivités territoriales connaissent des difficultés de fonctionnement, mais il est évident qu’elles pourraient mieux fonctionner.
Ceci, pour plusieurs raisons dont, entre autres, la disponibilité, l’utilisation et la maîtrise des outils adaptés de développement territorial qui font défaut aux décideurs locaux. Les instruments de planification spatiale dont l’utilisation permet de faire vivre la démocratie locale et la participation des populations sont inexistants.
La plupart des communes ne disposent pas de schéma d’aménagement du territoire réalisé par des spécialistes, dont notamment des géographes, aménagistes (ou aménageurs), etc. L’analyse minutieuse des différents schémas directeurs d’aménagement du territoire dits de première génération est généralement loin des outils des sciences géographiques, puisque réalisée par des non-spécialistes, souvent sans aucun respect de la démarche méthodologique exigée pour le travail. Ils n’ont été d’aucune utilité aux responsables territoriaux qui ont commandité leur élaboration dans la mesure où ceux-ci sont réalisés souvent par simple principe de respect de la loi.
Les politiques d’aménagement du territoire dont les schémas sont la matérialisation sont très peu ambitieux ou des catalogues d’actions à entreprendre sans lien réel avec les enjeux de développement des territoires. C’est ce qui ressort de la lecture de la carte de la commune de Kérou élaborée pour montrer l’évolution future du développement territorial. Cette carte synthèse du SDAC de la commune (p. 112 du document SDAC, Kérou, 2006), au lieu d’être une carte qui montre la dynamique spatiale à travers sa légende et la sémiologie utilisée, est une représentation de la commune dans 15 ans. Ce modèle de carte n’est pas efficace dans la prise de décision politique pour l’avenir d’un territoire communal. Elle ne parviendra pas à rassurer sur les choix stratégiques de développement retenus par les autorités politiques au niveau communal.
À ce jour, en dépit de l’obligation faite aux communes du Bénin de disposer d’un schéma directeur d’aménagement de leur territoire, plusieurs d’entre elles s’en passent bien. Il n’y a donc ni contrôle ni obligation de compte rendu de la mise en œuvre de ces schémas à l’autorité publique à l’échelle supérieure (l’État ou sa représentation délocalisée).
Quant au diagnostic du territoire, savoir géographique désormais considéré comme indispensable pour l’identification des tendances futures et capables d’impulser le développement des territoires, il est simplement inconnu des décideurs locaux. Pourtant, le DT permet de connaître et de comprendre les principales dynamiques locales en vue d’intervenir efficacement dans le cadre d’une démarche de développement durable.
Ces instruments géographiques dont l’utilisation rationnelle est intimement liée au développement des collectivités locales au Bénin sont selon les cas, mal utilisés, inutilisés ou inexistants. Dans ces conditions, il faut déduire que la place des outils offerts par les sciences géographiques pour le développement des collectivités locales est mal appréhendée par les acteurs de ces territoires, ce qui a conduit à leur mauvaise utilisation, à leur sousexploitation ou leur marginalisation. Cet état de choses expliquerait partiellement sinon intégralement le niveau de transformation et de développement des territoires communaux au Bénin.
Ainsi, nous nous interrogeons sur les chances de développement des collectivités territoriales qui ne font pas assez référence aux sciences géographiques et, le cas échéant, la posture que cela suscite au niveau des géographes et des sciences géographiques, s’ils souhaitent occuper leur place dans le développement territorial des collectivités locales au Bénin.
IV-Analyse réflexive et retour sur une nouvelle approche d’affirmation du rôle des géographes et des sciences géographiques
La marginalisation des sciences géographiques et des géographes dans la mise en place des outils de développement des collectivités territoriales au Bénin s’explique, d’une part, par l’ignorance des responsables municipaux qui manquent d’information sur l’expertise des centres universitaires de recherches et de formation et, d’autre part, par une absence quasi complète du marketing intellectuel des géographes.
En effet, depuis longtemps, au Bénin comme dans beaucoup de pays francophones d’Afrique, les centres universitaires publics sont considérés comme des structures d’État souvent moins compétitives sur le marché de fourniture des services à la communauté. Ceci s’explique en partie par le fait que ces centres ne sont pas, à l’image des opérateurs privés, à la recherche du profit qui est l’essence de leur existence. Ces structures, contrairement donc aux structures privées, semblent n’avoir pas besoin d’affirmer leurs compétences ni de développer des stratégies pour conquérir une part des marchés publics très concurrentiels. Cependant, des universitaires exploitent leur position d’appartenance à ces centres pour participer comme des privilégiés à la concurrence sur le marché public des appels d’offres, notamment celui des offres de services. Ainsi, un enseignant de cartographie ou du système d’information géographique affichera ses titres et grades pour soumissionner à un appel d’offres. S’il parvient à obtenir ce marché de fournitures de services à la communauté, le département auquel il appartient en tant que chercheur ne bénéficie généralement pas des retombées de cette prestation et n’est même pas évoqué comme référence. Nos centres de recherches universitaires sont souvent dans l’ombre des enseignants-chercheurs qui ne vendent pas assez les compétences de leurs centres.
Si les contraintes administratives et les intrigues intracorporations et professionnelles pouvaient expliquer dans certains cas la distanciation des intérêts individuels de ceux des centres universitaires, il est temps que les géographes positionnent mieux les centres de recherches universitaires dans la concurrence pour fournir aux communes du Bénin des outils de développement. Dans certains pays développés, comme la France, la Belgique, le Canada et les USA, la pratique est courante. Les centres universitaires de recherches sont très sollicités par les acteurs politiques des collectivités territoriales pour leur expertise, pour la réalisation des études de faisabilité, la conception des outils d’aide à la décision ou de mise en œuvre de projets de développement. On retrouve ainsi le vrai sens du partenariat entre les universités et leur territoire d’implantation comme le revendiquent souvent les autorités universitaires au Bénin.
Si on pouvait dire autant des autres sciences, en ce qui concerne la dimension du développement des territoires, les sciences géographiques constituent les savoirs et savoir-faire les plus adaptés à la mise en place d’un système d’intelligence territoriale et du développement des collectivités locales.
Ainsi, il faudra, à notre avis, engager un marketing « conquérant », voire agressif en direction des collectivités territoriales, afin de vendre non seulement les compétences individuelles des géographes, mais aussi et surtout celles de nos centres de formation et de recherche en géographie. Au-delà des intérêts individuels, l’implication des départements et des chercheurs pourrait favoriser l’émulation au niveau des centres, puisque travaillant de plus en plus sur des cas concrets qui feront de leurs collectivités locales les terrains d’application et d’expérimentation des solutions qu’ils proposent pour leur développement. Ainsi, les sciences géographiques en tant que sciences sociales, donc « sciences appliquées ou actives », porteront bien leurs noms.
L’on aura à terme une mise à disposition des outils de qualité et « un service après-vente » sur le long terme, puisque ce sont eux qui fabriquent les outils.
Les sciences géographiques resteront donc incontournables pour le développement des collectivités territoriales, même si de nos jours, il est difficile de contrôler les processus de prise de décisions au niveau des communes. Il est alors temps d’élaborer de nouvelles stratégies et que les facultés et leurs départements se réorganisent. Peut-être auront-ils besoin d’appui de l’université pour une meilleure visibilité de la contribution des savoirs universitaires au développement des communes ?
S’il est incontestable que les chercheurs du Bénin disposent des ressources nécessaires pour aider les communes dans la prise de décision éclairée, comment garantir la transparence et l’équité dans l’attribution des marchés publics délocalisés au niveau des communes dans le processus de décentralisation en cours au Bénin ?
Conclusion
Partant du constat que les sciences géographiques sont fortement sollicitées dans le développement des collectivités territoriales et qu’elles auraient mieux réussi si elles n’avaient pas été marginalisées par ignorance ou par intérêt, nous parvenons à la conclusion qu’il faut changer de stratégies de conquête « du terrain » abandonné par les sciences géographiques. Bien que la notion du terrain reste chère aux sciences géographiques et aux géographes, sa compréhension doit être étendue à celle du terrain de recherche au marché dans l’entendement des économistes.
La conquête de ce terrain implique l’accès au marché public des appels d’offres lancés par les communes dont les règles d’attribution sont parfois incontrôlables, même si, de façon formelle, elles répondent à des principes clairs et transparents. Il faudra cependant s’engager dans la lutte, en envisageant une appropriation des règles du jeu du marché.
Il existe par ailleurs d’autres moyens classiques pour accéder à ce terrain aux dimensions insaisissables : le partenariat.
La culture anglo-saxonne du partenariat entre université et municipalité, ou institution publique, ONG, doit inspirer les départements de géographie, et pas seulement les géographes, afin qu’ils deviennent de véritables partenaires des communes dans des cadres fixés à l’avance. Les universités en général et leurs départements en particulier en ont les moyens et peuvent y réussir. Que les sciences géographiques se fassent mieux connaître et se mettent au service de nos sociétés comme supports ou outils d’aide à la décision. Les géographes et les décideurs politiques locaux doivent collaborer à une meilleure mise en application des dispositions légales afin que les collectivités territoriales locales soient performantes et utilisent les outils adaptés pour leur développement. Ceci permettra de renouveler dans nos sociétés les pensées sur la géographie et l’idée que Ferrier J. P. (1984) défend à travers ses écrits sous le titre […] La géographie, ça sert d’abord à parler des territoires ou le métier des géographes.
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ÉVALUATION DES FACTEURS DE GLIS-SEMENTS DE TERRAIN SUR LE SITE DU PROJET M200 À MOUNANA
Charles ABESSOLO ELOUMA 1, Rostand LEPOUKOU 2,
André Starny MENIE ONDO1
École Normale Supérieure (ENS), BP : 17009, Libreville, Gabon.
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Résumé :
Suite à des chutes de blocs de plusieurs tonnes accompagnées d’une importante masse de terre survenues au niveau du talus surplombant les cités minières Ambié et H à Mounana dans la province du Haut-Ogooué (Gabon), des interrogations ont été soulevées sur l’éventualité de l’instabilité du talus au niveau de la zone de construction de 200 logements (projet M200). Ainsi, une étude géotechnique a été réalisée en vue de la vérification de la stabilité du talus au niveau de ladite zone et de la caractérisation d’un éventuel phénomène de glissement de terrain. Dans cette note, on présente le site d’étude (localisation et caractéristiques physiques), les méthodes (observations et expertise géotechnique), les résultats et analyses des essais géotechniques réalisés. L’étude montre que le site est très escarpé (pentes douces à raides), le sol est très humide et de nature argilo-sableuse ; des éléments favorables au déclenchement d’un glissement de terrain.
Mots-clés :
Glissement de terrain – Essais géotechniques – Projet M200 – Escarpement – Chute de blocs.
Abstract :
After falling blocks of several tons accompanied by a large mass of land at the level of the slope overlooking the mining cities Ambie and H in Mounana in the province of Haut-Ogooue (Gabon), questions were raised on the possibility of slope instability at the construction area of 200 dwellings (project M200). For example, a geotechnical study was carried out to verify the stability of the slope at the level of the said area and the characterization of a possible landslide phenomenon. This note presents the site of study (location and physical characteristics), methods (observations and geotechnical expertise), results and analyses of geotechnical tests carried out. The study shows that the site is very steep (gentle to steep slopes), the soil is very humid and of mud-sandy nature ; elements favourable to the triggering of a landslide.
Keywords :
Landslide – Geotechnical testing – M200 Project – Escarpment – Fall of blocks.
Introduction
En raison de sa diversité d’environnements géologiques et géomorphologiques, la province du Haut-Ogooué (Gabon) est sujette à de nombreux mouvements de terrain. Un exemple de ces glissements de terrain est celui survenu au niveau du talus surplombant les cités minières Ambié et H dans la ville de Mounana. Des blocs de roches de plusieurs tonnes accompagnés d’une importante masse de terre se sont détachés dudit talus pour glisser au bas de la falaise, pas très loin des deux cités évoquées précédemment.
Les glissements de terrain constituent sans doute un des risques majeurs pour la sécurité et le bien-être des personnes. Très souvent, les dégâts provoqués par ces événements géologiques sont sous-estimés, car ils représentent fréquemment une partie des catastrophes à dangers multiples (Demers et al. , 2012 ; Benkechkache, 2012). Une étude mondiale effectuée par l’association internationale de la géologie appliquée pour l’UNESCO entre 1971 et 1974 a prouvé que 14 % de tous les accidents provoqués par les catastrophes naturelles sont liés aux glissements des terrains (Varnes, 1984).
Au Gabon, les glissements de terrain constituent un phénomène ancien mais dont l’ampleur, au départ insignifiante, va sans cesse croissant au fil du temps (souvent consécutifs à une mauvaise occupation de l’espace). De quelques cas sporadiques connus il y a deux décennies, ce phénomène géologique devient récurrent au point qu’on assiste à ce jour à des cas plus fréquents, plus dévastateurs et souvent collectifs.
C’est face à ce constat que la société Areva, pour la réalisation de son projet de construction de 200 logements (projet dénommé M200) dans la ville de Mounana au bas d’un talus, a sollicité une expertise géotechnique en vue de la vérification de la stabilité de ce talus et de la caractérisation d’un éventuel phénomène de glissement de terrain.
Nous présentons dans cette note la zone d’étude (situation géographique et ses caractéristiques physiques), les méthodes utilisées (essais et analyses géotechniques effectués), les différentes simulations réalisées et les conclusions tirées.
I-Présentation de la zone d’étude
1-1 Localisation géographique
Le site concerné par notre étude est localisé dans la province du Haut-Ogooué ; plus précisément dans la commune de Mounana comme le montre la figure 1. Le lotissement qui doit être aménagé pour le projet M200 est situé pas très loin de la cité cadre et de l’ancien aérodrome. Il est surplombé par un talus avec des pentes variables par endroits.
Il faut rappeler que pas très loin du site de projet M200, du côté des anciennes cités Ambié et H (figure 2), il y eut un phénomène de glissement de terrain. C’est un site qui comprend plusieurs anciennes installations hydrauliques telles que châteaux d’eau, stations de traitement des eaux, des conduites électriques (poteaux électriques, transformateurs, etc.). Certaines de ces installations sont encore opérationnelles comme les stations de traitements des eaux et les châteaux d’eau ; d’autres sont complètement à l’arrêt (transformateurs électriques).
Selon un constat personnel, il est très peu probable qu’un plan de réhabilitation de cette ancienne zone d’exploitation du minerai d’uranium n’ait pas eu lieu. Car, pendant nos travaux d’observation, il n’était pas rare de retrouver du matériel abandonné (engins lourds, ferraille, conduites, stations d’eau, poteaux électriques, etc.). Ce constat peut être conforté par un fait : la route entre Mounana et Moanda a subi un affaissement important au kilomètre 7 en partant de Mounana. Une déviation a été aménagée pour éviter l’affaissement. Plusieurs sources interrogées font savoir qu’un ancien tunnel créé par COMUF pour extraire de l’uranium serait à l’origine de cet effondrement d’une partie de la chaussée. Celui-ci n’a pas été fermé, d’où l’affaissement sur la chaussée.

Figure 1 : Localisation des zones concernées par l’étude

Source : Image Google Earth, 2010
1-2 Caractéristiques physiques
Les plateaux Batéké (province du Haut-Ogooué) forment une surface ondulée et sableuse appelée « hautes collines » qui contraste avec une surface tabulaire (Weber, 1969). Certains de ces plateaux Batéké, surtout ceux ayant des altitudes plus élevées s’étendent vers le sud-est en République du Congo (Gauthier-Lafaye, 1986).
Le relief de notre site d’étude est caractérisé par des hautes collines, dont l’altitude oscille entre 550 et 700 m (Weber, 1969 ; Gauthier-Lafaye, 1986). Le site appartient à un grand ensemble structuro-paléoprotérozoïque de l’orogénèse éburnéenne du bassin francevillien. La géologie générale de la région est constituée, de la base vers le sommet, de 4 ensembles (Deynoux et al. , 1993) :
 Un ensemble caractérisé par des grès moyens à fins, à la base, passant à des grès moyens à fins et à inter-lits d’argile dans la partie supérieure qui comporte des bancs conglomératiques.
 Un ensemble argilo-gréseux à la base passant à un grès moyen à fin et à inter-lits d’argile. La partie argilo-gréseuse inférieure est caractérisée par des structures de « wavbedding ». La partie gréseuse à lits d’argile comporte des laminations obliques (mégarides) et quelques rides d’oscillation aux limites des bancs.

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