PROMÉTHÉE AUX ENFERS

PROMÉTHÉE AUX ENFERS

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Description

L'Âge des Ténèbres, une appellation qui fait frissonner chacun. C'est en effet à cette image que plusieurs se réfèrent lorsqu'ils parlent du Moyen-Âge. Mille ans... tout un millénaire obscur, allant de la chute de l'Empire romain à l'« Âge des découvertes ». Cette longue période, complexe et instable, est résumée par des guerres, des maladies, la pauvreté, etc., comme si pendant tout un millénaire les Européens n'avaient retenu que le négatif. Or, de la modernité à nos jours, nombre de gens sont en droit de dire que les mêmes qualificatifs propres au Moyen-Âge sont en vérité assimilables à notre époque, en Europe comme dans les territoires extraeuropéens.
Mais, vu que dès la Renaissance l'on dédaigna ce qui ne fut pas dans l'air du temps, vu que l'on crut au progrès, à l'humanisme et au projet de civilisation, que n'a-t-on pas avancé pour justifier l'injustifiable ? L'unicité des Uns par rapport aux Autres ? L'excellence de l'Europe et des Européens par rapport aux Étrangers ? Le droit et le devoir des Européens par rapport aux non-Européens ?
Toutefois, personne ne connaissait la profondeur du fossé dans lequel quelques aventuriers, esclavagistes ou colons, lançaient le reste de l'humanité. En vérité, en détruisant ailleurs, c'est ici qu'ils ont démoli , en ruinant les autres civilisations, la Civilisation occidentale a emboîté le pas. Tout n'était donc plus qu'une question de temps. Ainsi, à l'époque actuelle, ce manque d'humanité fait surface, de même qu'un corps noyé finit toujours par planer sur l'eau.
Dans une lettre à Madison - datée de Paris un certain 16 décembre 1786 -, Thomas Jefferson, en parlant de la multiplicité des voix et des intérêts, réalité qui suscitait une espèce de tyrannie de l'opinion publique en Occident, Jefferson érigeait le « principe de faire de nous une nation unique en matière de politique étrangère et nous laisser distincts pour ce qui relève des questions intérieures ». Savait-il que le robinet de sang que l'Occident faisait - et continue à faire - couler ailleurs affluerait jusqu'à inonder ici ? À l'époque actuelle, ce phénomène se voit comme le nez dans le visage, alors que nombre de témoins préfèrent faire l'autruche.

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Date de parution 10 février 2017
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EAN13 9791022728324
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Couverture
Lionel Minkutu
Prométhée aux enfers La condition d’un Homme prédéterminé à servir
Cet ebook a été publié surwww.bookelis.com © Lionel Minkutu Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de cet ebook.
À Munene et Thérèse.
Chaque fois qu’un homme a fait triompher la dignité de l’esprit, chaque fois qu’un homme a dit non à une tentative d’asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte. FRANTZ FANON,Peau noire, masques blancs.
AVANT-PROPOS
Nés quelque part en Afrique, nous nous sommes toujo urs considérés Africains avant même de nous considérer « citoyens » d’un des États du continent, pour le simple fait que ces pays africains ne sont pas les fruits d’une ou des nombreuses luttes prolongées entre des entités africaines différentescomme le furent nos royaumes ou nos empirestraire et inéquitable,, mais, au contraire, le résultat d’un partage arbi orchestré par des personnes, des groupes ou des pay s qui souvent n’avaient qu’une connaissance livresque de l’Afrique ou qui n’avaien t jamais posé les pieds ni sur le continent ni sur les territoires qu’ils allaient bi entôt recevoir ; ces territoires qu’ils n’avaient nul autre intérêt que d’exploiter, nuisan t ainsi à l’épanouissement de ses habitants.
Malgré de telles insanités, le rapport que chaque p ays a eu avec sa métropole à partir de la Conférence de Berlin a permis de gré o u de force que des identités nationales se forgentues et surtout lesbien que les tribus, les clans, les partis politiq religions ont toujours été instrumentalisés par les acteurs autochtones et allochtones afin de semer la discorde, d’opposer les gens, d’em pêcher l’unité ou d’affaiblir les entités considérées comme étant menaçantes à l’esta blishment.
À vrai dire, les effets de l’impérialisme de l’Occi dent sur les contrées non européennes sont si néfastes pour l’humanité que la simple couleur de peau justifie que l’on naisse avantagé ou désavantagé. Un Ivoirie n et un Angolais sont évidemment des Africains. Respectivement, l’un parle le frança is et l’autre le portugais. S’ils sont Noirs, et même s’ils ne vivent pas sur le même terr itoire, soyez assurés que les deux partagent une expérience sociale, politique, économ ique et culturelle semblable. Et si l’Ivoirien et l’Angolais étaient Blancs, soyez assu rés qu’ils partageraient aussi des expériences similaires. Par contre, prenons mainten ant deux concitoyens, le premier étant Noir et le second Blanc : même s’ils vivent s ur le même territoire, entendent le même chant du coq le matin et voient le même couche r de soleil, ils ne connaissent pas les mêmes réalités.
Certes, la conférence de Berlin divisa l’Afrique. T outefois, le traitement que ses habitants subirent du nord au sud et de l’est à l’o uest fut le même. Chose curieuse est de constater que malgré le grand nombre de difficul tés que les Noirs ont traversées, aucun sentiment de solidarité n’est né de cette sou ffrance, contrairement à d’autres groupes ethniques ou d’autres peuples qui ont connu un passé analogue. Après les colons, les Africains s’ostracisent aujourd’hui dél ibérément.
Ce qui est important pour le moment de souligner es t que partout où un Noir a vécu aissance même s’il est adopté par des parents Blancs à la n  les réalités de ses confrères (si ces derniers sont bel et bien des alt er ego) finissent, par bien des manières, par le rattraper.
Plus d’un siècle après l’abolition de l’esclavage, plus de la moitié d’un siècle après la fin de la colonisation, l’Afrique est encore à geno usimplement pour prier : à pas genou, parce qu’elle est restée la vache laitière d es autres civilisations, alors qu’au même moment, ces civilisations (chinoise, japonaise et indienne notamment) se relèvent d’un bon pied. En vérité, la difficulté pour les Africains, contra irement à ces autres civilisations, relève d’un autre ordre. Par exemple, il n’existe p as une langue ou une écriture commune aux Africains. Et surtout, il leur manque u n État phare, à savoir un État qui aurait assez de puissance, de force et de moyens po ur intervenir dans les conflits qui
menacent son peuple, sa culture et son intégrité. « L’absence d’État phare en Afrique et dans le monde arabe a beaucoup compliqué la réso lution de la guerre civile 1 persistante au Soudan » avait affirmé feu Samuel Hu ntington . Mais ce n’est pas que le Soudan qui en souffre : c’est l’Afrique tout ent ière et l’Afrique subsaharienne en particulier. De ce fait, il n’y a donc pas un État, un gouvernement ou une source pour relever l’Afrique et lui redonner sa dignité et son éclat. Un tel État phare est en effet aux pays ce que la colonne vertébrale est aux côtes .
Les Noirs, étant situés dans plusieurs États sur la planète, n’ayant ni écriture ni langue commune, empruntent les langues des colonisa teurs, non seulement pour éduquer leurs enfants, mais aussi pour communiquer entre eux. En effet, ce constat est dû au fait que l’Afrique est riche en langues e t n’a pas une langue qui unirait plusieurs locuteurs comme le font l’anglais et le f rançais en Europe, le hindi et le mandarin en Asie ou l’arabe dans le Monde arabe. C’ est sans doute exactement à cause de sa richesse que l’Afrique est émiettée. En d’autres termes, jusqu’à aujourd’hui, les Africains passent par les anciens colonisateurs pour interagir entre eux. Il faudrait donc beaucoup de patience, de déte rmination et de sacrifices pour que l’Afrique subsaharienne surmonte ces obstacles. Néa nmoins, il convient de retenir que le « processus de la redéfinition identitaire est t oujours long, soumis à des interruptions et douloureux sur le plan politique, social, institutionnel aussi bien que 2 culturel », surtout quand les autres civilisations s’efforc ent de mater l’Afrique.
Quoi qu’on en dise, les mythes et les croyances qui propulsèrent l’esclavage et la colonisation, ont forcé les Noirs à porter un farde au : celui d’être un animal certes comme tout humain l’est, mais, plus spécifiquement, d’être le prochain du singe, et donc un sous-homme. Voici les théories que les natu ralistes européens comme Carl von Linné introduisirent dans le monde de la connai ssance. Toutefois, ils ne furent pas les seuls dans cette voie, car les naturalistes fur ent accompagnées par des philosophes, des historiens, des anthropologues, br ef, des savants européens. Pour dire vrai, ces théories auraient été sans effets si les Européens ne s’étaient pas donné tant d’efforts pour les vulgariser et les entreteni r pendant des siècles. Ainsi, dans les cultures qui adhérèrent à cette fiction, l’homme no ir devint le premier pas de l’évolution du singe, alors que cette bête devint à son tour un synonyme de l’homme noir.
Ayant été cantonnés dans une conception indigne et dégradante, les Africains sont aujourd’hui parqués dans les contrées tracées par l es bourgeois européens ; ils sont confinés dans des territoires qui furent tracés dan s l’objectif de prévenir, d’esquiver et d’éviter les mésententes et les confusions qui aura ient pu découler entre les puissances coloniales. Aujourd’hui, il est connu de tous que le stratagème des anciens colons consistait à partager l’Afrique, à diviser l es entités non occidentales, celles que l’Occident considère comme « eux »en opposition avec un « nous » : toujours « nous, les civilisés… » disent-ils ! Cette non-reconnaissance desautres, a suscité et continue à susciter un désir profond chez certains peuples de se prouver : certa ins pays tentent de se « moderniser », de « s’occidentaliser ». En d’autre s mots, les peuples et les pays s’« européanisent » ou « s’occidentalisent », notam ment par le biais des idéologies typiques du kémalisme. Voici ce qu’ils nomment « pr ogrès ». Alors qu’au même moment d’autres peuples et pays rejettent l’Occiden t, ceux-là préfèrent ce que l’Occident appelle « indigénisation ».
Chose curieuse est de constater que les anciens col onisés prétendent défendre la terre de leurs ancêtres en combattant en tant que c itoyens ou patriotes d’un État qui leur fut imposé par des entités étrangères, et ce, il n’y a pas même un siècle de cela.
En ce sens, ces États africains, bien qu’ils ne soi ent pas en Europe, sont en quelque sorte des Étatseuropéens. Dès lors, les peuples qui y habitent, à force d’int érioriser un complexe d’infériorité, mettent de côté leur propre culture au nom de la « Civilisation», de la même manière qu’ils abandonnèrent leurs divinités ou leur Dieu a u nom d’une divinité européanisée. Dès lors, pourquoi s’étonner que les missionnaires européens se perçoivent comme étant les dépositaires de l’autorité divine dans le s colonies ? À plus forte raison, y a-t-il lieu de s’étonner que, comme Dieu extermina les peu ples de Sodome et Gomorrhe, les Européens exterminent à leur tour les peuples qui, en Afrique comme en Amérique, leur sont subordonnés ?
Voici pourquoi certains États ou peuples africains, voulant sans doute avoir une image élogieuse d’eux-mêmes en Occident, comme s’il s se présentaient devant Dieu et ses anges, ne se gênent pas decollaborerpieusement. Cette attitude est parmi les nombreux facteurs qui continuent à accroitre le fos sé entre les peuples. En quelque sorte, si Dieu a chassé les hommes du Jardin d’Éden et que l’Occident est à la chasse des Africains depuis quelques siècles, à la souffra nce de la terre, qui est propre à 3 quiconque fait un mouvement , s’est ajouté l’avènement anticipé de l’enfer. Pou r cela, au nom du bonheur de la bourgeoisie européenne et d usalutdes serviteurs, plusieurs peuples africains et pays se font la guerre.
« Pourquoi si hostile ?; ne dit un jour un Congolais en sanglots à un Rwandais sommes-nous pas des confrères ? » Celui-ci répondit : « Qu’importe encore la confraternité ? Les liens aujourd’hui ne se fondent -ils pas sur l’intérêt, le gain, la complicité ? » Puis, il lui asséna un coup de mache tte. Ici, on voit deux Africains étant proches parents, mais de nationalités différentes, se faire la guerre pour la souveraineté d’un territoire à la formation duquel tous deux n’ont aucunement assisté. En Afrique, on voit ainsi des États se faire la gue rre pour protéger des frontières établies pour mettre le continent dans un état d’in sécurité. Ils appellent ce désordre « sécurité »croient que cela relèverait d’une espèce de Dro  et it du peuple à s’autodéterminer. Pourtant, à l’intérieur même de c es frontières, on voit des clans voisins qui avaient vécu en communauté et en harmon ie pendant des siècles attiser leur ‘animosité au nom d’une prétendue suprématie e thnique. Ces imbroglios ne se limitent toutefois pas là : mê me parmi ceux qui forgent leur identité en s’opposant à l’Occidentsoient fondamentalistes, contre la qu’ils modernisation, contre l’occidentalisation ou pour l ’indigénisation ces gens veulent tous se servir des armes de l’Occident pour atteind re leurs fins. De ce fait, sont-ils vraiment réfractaires ? Sont-ils vraiment rétifs ? Ces regimbeurs groupes que l’on peut traiter de « protestants », en croyant regagner une forme d’authenticité tout en regardant à travers un verre l’Occident qu’ils mépr isent, en sont devenus, à leur insu, une copie. Ceci veut dire que, de gré ou de force, les « rétifs » se sont conformés.
Rien d’étonnant de voir que plusieurs États africai ns, plus d’un siècle après la colonisation, continuent à se comporter comme des p rotectorats ou des colonies. Leurs dirigeants, pareils à Pierre le Grand ou Must afa Kemal Atatürk, sont prêts à soumettre leur peuple au bénéfice des métropoles. C ependant, quand on a été faible pendant longtemps ; quand on a vociféré pendant des siècles sans qu’il y ait un changement significatif ; quand le droit régalien n ’est en fonction que pour protéger les plus forts, peut-on en vouloir à un peuple qui adop te une attitude de résignation ?
C’est dans le tiers-monde que l’on cerne le mieux l a distance entre les gouvernants et les gouvernés. À l’heure où la démocratie est de venue la référence, « le meilleur modèle politique envisagé par le peuple depuis la c rise du libéralisme » pour emprunter une phrase de Marcel Gauchet, un État au centre de l’Afrique lance une
réforme appeléeCinq chantiersetsanté et éducation, habitat, eau  (infrastructures, électricité et emploi) ; et comme résultat, le peup le se retrouve frelaté, contrefait et dépravé. Et tout ceci est fait en toute impunité. C ’est encore dans le tiers-monde que des États supposément souverains se portent volonta ires pour déstabiliser leurs États voisins, au profit privilégié des anciennes métropo les. Dans l’histoire, un pays ne s’étant jamais gêné d’a ller contre ses propres valeurset peut-être cette attitude est-elle sa vraie valeur, un pays s’étant fait le bouclier de l’Occident contre la Russie, un pays ayant aveuglem ent soutenu l’Union européenne afin d’obtenir son aide économique et son soutien m ilitaire, croyant que cette politique lui permettrait d’en faire partie : ce pays est la Turquie. Or, plusieurs pays en Afrique, ayant pourtant par ailleurs suffisamment de ressour ces pour ne pas dépendre des subventions financières de l’étranger, ont aussi ad opté une telle politique. Alors, si ceci est une forme de grandeur (c’est-à-dire être en con tradiction avec ses propres valeurs et principes en vue d’obtenir des profits éphémères ), qu’importe-t-il désormais de devenir un pays impérial, si l’on est encore soumis aux anciens empires coloniaux ? Et qu’importe-t-il de devenir « maître » à son tour, s i au fond on est encore le serf d’un autre ?
Tout le monde sait que la construction nécessite de s années de travail et beaucoup de sacrifices. Par contre, même le plus inapte et i ncompétent saurait comment détruire un travail qui a pris des années pour être achevé. Lorsque Jésus dit : « Détruisez ce 4 temple, et en trois jours je le relèverai », les ju ifs qui étaient sur place furent insultés . Il leur avait pris quarante-six ans pour le bâtir e t voilà qu’une personne disait qu’elle pouvait le détruire et le rebâtir en quelques jours . Oui, il est toujours plus facile d’abattre que de bâtir. Il oublientsemble que les pays ou les peuples « collabos » ceci. Pour approfondir un peu plus sur cette histoi re que les chrétiens tiennent à cœur, il est vrai que personne ne peut bâtir un temple en trois jours. Mais ce n’était pas le sens dans lequel Jésus professa cette parole. Cela dit, une longue collaboration, comme celle adoptée par la Turquie dans son rapport avec l’Union européenne, se briserait facilement en moins de trois jours. En vérité, il est facile de détruire d’autres entit és ; facile d’asservir un peuple ou d’aliéner une culture. L’homme a assez de force pou r de telles aventures, pour ces entreprises de courte durée. Cependant, à long term e, il est impuissant. Et c’est souvent ceux qui n’ont jamais su comment dépendre d ’eux-mêmes qui paient le plus cher. Voici qu’après plusieurs années de collaborat ion, les « Turcs, dit Huntington, ont eu la déception de voir que l’Allemagne, c’est-à-di re le membre le plus influent de la communauté européenne, ne soutenait pas activement leur candidature et donnait 5 plutôt la priorité aux États d’Europe centrale ». Ceci est la réalité des gouvernements collabos des pays du Sud et de leurs « alliés » du Nord depuis l’époque des mouvements d’indépendance. C’est aussi le même rapp ort que l’on trouve entre les cadres du Sud et les Occidentaux depuis le coup d’e nvoi de l’impérialisme. Tout en masquant la soif du pouvoir et la cupidité, ces cad res disent fièrement à leurs complices : « Régnons encore ». Or, ils seraient pl us honnêtes si, témérairement, ils disaient : « Servons davantage ».
Si au niveau des institutions nous percevons cette faille, qu’en est-il des individus au sein de la société civile ? Y a-t-il vraiment une f raternité entre les Africains et entre tous ceux qui sont d’origine africaine ? Deux humains, réduits à la même condition d’esclava ge, mais ne vivant pas sur le même territoire, à force de supporter le soleil ard ent et d’effectuer les mêmes tâches serviles, partagent une même réalité au monde. Ils partagent donc une fraternité secrète, tels des jumeaux séparés à la naissance.
Cette«fraternité»afacilitélebrouillageethni queauxAntillesetenAmériquedu