Propédeutique

Propédeutique

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322 pages

Description

Les procès du cardinal de Richelieu: droit, grâce et politique sous Louis le Juste Chalais, décapité à Nantes en 1626; le duc de Montmorency exécuté à Toulouse en 1632; de Thou et Cinq Mars à Lyon en 1642… Au cours du règne de Louis XIII, les procès politiques nombreux, souvent spectaculaires et sanglants, ne cessent d’interpeller l’opinion: «on dit qu’il n’a jamais pardonné à personne», écrit Pierre Vacherie, un greffier de Limoges, à propos du cardinal de Richelieu qu’il rend responsable de tous les malheurs d’un «règne de sang, de fer et de cruauté».Rassemblés, commentés, combattus dès le moment de leur déroulement, ces procès nous permettent d’observer et de comprendre les pratiques d’un pouvoir politique alors en pleine mutation, un pouvoir qui a fait de la puissance exécutive du prince et de la raison d’État le principal mode de gouvernement. Ces pratiques, qui paraissent scandaleusement nouvelles à bien des contemporains, s’inscrivent pourtant dans l’histoire longue de la monarchie depuis le Moyen Âge.À partir de sources nombreuses, diverses, souvent inédites, Hélène Fernandez-Lacôte éclaire pour la première fois cette impressionnante série judiciaire qui a marqué la construction de l’État absolu.Dans ce livre consacré aux grands et aux moins grands procès organisés par «l’homme rouge», la monarchie d’Ancien Régime, qui fut avant tout un État de justice, est observée sous la lumière crue des châtiments du roi.

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Date de parution 13 mai 2013
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EAN13 9782876737990
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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L’OR D’ATALANTE
Collection dirigée par Murielle Gagnebin
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DU MÊME AUTEUR
Aux Editions de Minuit Un œil en trop, Le complexe d’Œdipe dans la tragédie. L’enfant de ça, Pour introduire la psychose blanche.(En coll. avec J.L. Donnet.) Narcissisme de vie, narcissisme de mort. Le travail du négatif.
Aux Presses Universitaires de France Le discours vivant, La conception psychanalytique de l’affect. Le complexe de castration(« Que Saisje ? »).
Aux Editions Balland Hamlet etHamlet. Une interprétation psychanalytique de la représentation.
Aux Editions Gallimard La folie privée, Psychanalyse des caslimites.
Aux Editions Les Belles Lettres « Le langage dans la psychanalyse », inLangages. La déliaison.
Aux Editions Flammarion Révélations de l’inachèvement, A propos du carton de Londres de Léonard de Vinci.
Aux Editions CalmannLévy Un psychanalyste engagé, Conversations avec Manuel Macias.
Aux Editions Odile Jacob La causalité psychique entre nature et culture.
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Illustration de couverture : Titien :Allégorie de la Prudence. © 1995,Editions Champ Vallon, 01420 Seyssel ISBN 2876732149
ANDRÉ GREEN
PROPÉDEUTIQUE
LA MÉTAPSYCHOLOGIE REVISITÉE
Cet ouvrage est publié avec le concours du Ministère de la Culture et de la Francophonie (DRAC RhôneAlpes)
L’OR D’ATALANTE CHAMP VALLON
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AVANTPROPOS
La métapsychologie freudienne traverse une période critique. Il pouvait difficilement en être autrement. Issue de la pensée d’un auteur né il y a presque cent cinquante ans et âgée de près d’un siècle, elle accuse le passage du temps. Il est donc normal qu’on souligne ses insuffisances ou son inadéquation plus ou moins étendue. L’ennui est qu’elle n’a pu être remplacée de manière suffisamment convaincante, et aucune autre théorie psychanalytique n’a réussi à susciter une adhé-sion comparable à ce qu’en son temps la pensée de Freud avait accom-pli. Peutêtre blessés par les limites qu’ont rencontrées les idées nou-velles, certains — venus d’horizons très différents — ont fini par conclure qu’il serait peutêtre plus sain et moins inhibant pour le développement de la psychanalyse d’abandonner jusqu’à l’idée même de métapsychologie. Je n’ai jamais été de ceuxlà. Et comme les parti-sans de cette révision déchirante n’ont jamais fait la preuve que cette attitude était plus féconde — c’est le moins que je puisse dire —, je préfère choisir une autre voie. J’adopterai, pour la circonstance, une position moins restreinte que celle qui définit laMétapsychologie, conformément aux dires de Freud, aux trois points de vue topique, dynamique et économique. Sans contester l’intérêt de cette définition, j’ai préféré faire prévaloir une option plus générale, celle qui conçoit laMétapsychologiecomme la tentative de décrire, et de théoriser, les processus psychiques « de l’autre côté de la conscience ». Car c’est bien là l’essentiel, sur quoi doit être établie la différence entre toute psychologie, se prétendrait elle psychanalytique, et la conception du psychisme selon la psychana-
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Propédeutique
lyse. Trop souvent, le glissement des concepts de la psychanalyse d’introduction récente ont tendu à minimiser cet écart, surtout grâce à ce que nous savons aujourd’hui du système conscientpréconscient, mieux connu qu’autrefois, mais qui n’a de sens que par référence constante à l’inconscient, pour ne pas dire plus. Sans aucun souci d’orthodoxie, j’affirme que la potentialité explica-tive des concepts freudiens me paraît supérieure aux concepts qui ont été avancés par ceux qui ont souhaité les remplacer à meilleur compte. Ce n’est pas que je conteste toujours les critiques qu’on peut leur adres-ser. Je me range souvent à certaines d’entre elles. Mais l’empan couvert par Freud — que je tiens pour pertinent en dépit des efforts qui sont faits pour contester la validité du modèle qu’il propose et de l’étendue du champ qu’il couvre — me semble être sans équivalent. Reste que le système freudien a tranché trop rapidement sur certains nœuds essen-tiels. Par exemple sur le rôle de l’objet, sur l’interprétation de la pul-sion de mort et aussi — il n’en sera pas question ici — sur le féminin, ainsi que sur certains autres aspects que la théorie contemporaine a su mettre en lumière. J’ai donc, en vertu de ce potentiel explicatif qui comporte des richesses encore insoupçonnées, décidé de tenter d’abord d’explorer ces capacités théoriques latentes pour mieux saisir la raison qui a poussé Freud à les placer en position conceptuelle, puis de déplier leurs contradictions, quand il s’en présentait, pour enfin chercher à savoir si ces concepts pouvaient encore servir. Quitte à ce qu’on en modifie cer-tains aspects, voire leur formulation, tout en dégageant de leur signifi-cation des implications qui sont restées muettes dans la pensée de leur créateur. Il ne s’agit — je l’ai déjà dit — ni d’orthodoxie, ni de syncré-tisme, ni d’éclectisme. Le projet est de chercher, en mettant en perspec-tive la théorie de Freud et les aspects les plus riches de sens développés par les auteurs — je devrais diremesauteurs — postfreudiens, d’essayer de déboucher sur une mise à jour théorique. Il serait souhai-table qu’a priori on ne connaisse pas la forme que celleci prendra. Il se pourrait qu’elle se présente sous une forme entièrement neuve. Mais, en tout état de cause, elle devra satisfaire aux exigences qui — selon moi — doivent être respectées pour une théorie du psychisme axée sur l’inconscient : tenir deux bouts d’une chaîne, ou s’installer à un carre-four où doivent être préservées les possibilités d’une rencontre entre la causalité naturelle du vivant et la causalité culturelle socioanthropolo-
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Avant-propos
1 gique de l’humain . Précisonsle, pour éviter le malentendu : il ne s’agit pas de défendre l’idée que le psychique devrait répondre de cha-cun de ces deux pôles, il est seulement nécessaire qu’il soit pensable et décrit de façon originale de telle manière qu’il ne soit contraire ni à l’un ni à l’autre et même que ce soit à partir de lui que puissent être concevables les deux autres. Dans le détail, les solutions proposées par Freud nous semblent, avec l’épreuve du temps, moins satisfaisantes, mais, en dernière instance, son œuvre est la seule à tenir debout dans la psychanalyse. Elle est assez forte pour subir la critique et continuer, sinon à être vraie, du moins à exister. Voilà donc la raison du sous titre : la métapsychologie revisitée. Propédeutique appelle quelques explications. C’est d’abord à moi que ce terme s’applique. Souvent ces essais, qui n’ont pas été écrits dans cette intention — il n’y en a aucune qui s’applique généralement à tous —, ont pris cette tournure. Les particularités du débat psycha-nalytique en France ont obligé plus d’une fois ceux qui se sont avancés à affirmer certaines positions à devoir s’expliquer sur leurs choix et à défendre leurs arguments d’une manière qu’on ne rencontre guère poussée à ce point dans les travaux de nos collègues étrangers. Certes, dans le monde, les psychanalystes sont divisés en fractions opposées. Mais ils n’éprouvent pas toujours le besoin de s’exprimer en détail sur leurs options et quand ils le font ils ne croient pas nécessaire de revenir aux notions les plus fondamentales de la théorie. Le climat de discus-sion qui a régné en France a souvent pris un tour passionné. Si cer-taines oppositions demeurent irréductibles, en dehors des crispations provoquées par une conjoncture particulière qui donne un regain éphémère d’actualité aux parties prenantes, les passions se sont beau-coup calmées. Mais il serait vain de s’attendre à ce que le fond du débat s’épuise. Il faudrait pouvoir espérer qu’il donne lieu à un vrai échange, mais cet espoir n’est guère en vue. Ce qu’on a longtemps pris, de façon légère et superficielle, pour une polémique résultait d’une radicalisation des positions nécessaire pour poser des problèmes de fond. Ce rôle aujourd’hui est modifié par l’arrivée de nouvelles généra-tions qui ont profité des leçons du passé. Mais l’avenir théorique est toujours devant nous et sa construction peut bénéficier du rappel des débats passés.
1. A. Green,La Causalité psychique, entre nature et culture, Odile Jacob, 1995.
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Propédeutique
Enfin il y a une autre raison pour laquelle j’ai décidé de publier ces travaux. Il est arrivé que l’on critique certains de mes ouvrages en les trouvant parfois un peu difficiles comme si on me reprochait de sauter certaines étapes de mes démonstrations. (On m’a d’ailleurs aussi repro-ché de trop m’attarder à la discussion des idées des autres.) J’ai pensé qu’il n’était pas inutile de fournir ici les éléments du dossier sur lequel je me suis appuyé pour essayer d’élaborer une conception personnelle qui n’a jamais caché ou minimisé ce qu’elle devait aux influences venues d’ailleurs. J’ai toujours regretté que la littérature psychanaly-tique ne connaisse pas le genre desEtudes, cher aux musiciens, qui n’est en rien mineur. Cellesci, qui vont puiser, le plus loin possible, aux sources les plus vives de la création, sont autant de rappels de l’ensei-gnement des maîtres que d’élans critiques de ses propres créations pas-sées, tout en préfigurant un temps où la forme qu’elles prendront plus tard est encore inconnue. On ne trouvera ici que quelquesuns des thèmes fondamentaux de la théorie, abordés sous divers angles et sans prétention d’exhaustivité : la pulsion, la représentation, l’objet, le moi, la réalité. J’y ai ajouté quelques annexes ; il s’agit le plus souvent d’interventions de congrès succédant à des rapports présentés par des collègues sur des points essentiels de la pensée psychanalytique qui m’ont paru retenir l’intérêt par le complément utile qu’ils représentent par rapport à la problématique plus centrée des divers chapitres.
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