Protagoras

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Protagoras

Platon (traduction Victor Cousin)
Cet ouvrage a fait l'objet d'un véritable travail en vue d'une édition numérique. Un travail typographique le rend facile et agréable à lire.
Protagoras est un penseur présocratique et professeur du Ve siècle av. J.-C. (né vers -490 ; mort vers -420). Considéré par Platon comme un sophiste, il est reconnu comme tel par la tradition antique et récente. Déjà renommé de son vivant, Protagoras est resté célèbre pour son agnosticisme avoué et un certain relativisme. Ses deux citations les plus notoires sont : « Des dieux, je ne sais ni s'ils sont ni s'ils ne sont pas » et « l'homme est la mesure de toute chose ».
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EAN13 9782363078018
Langue Français

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Premiers interlocuteurs.
• Un ami de Socrate.
• Socrate.
Seconds interlocuteurs.
• Hippocrate.
• Protagoras.
• Alcibiade.
• Callias.
• Critias.
• Prodicus.
• Hippias.

Protagoras
ou
Les sophistes

Platon

Traduction Victor Cousin

L’ami de Socrate.
D’où viens-tu, Socrate ? mais faut-il le demander ? c’est de ta chasse ordinaire. Tu viens de courir après le
bel Alcibiade. Aussi je t’avoue que l’autre jour que je m’amusai à le regarder, il me parut encore bien beau,
quoiqu’il soit déjà homme fait ; car nous pouvons le dire ici entre nous, il n’est plus de la première jeunesse,
et il a le menton tout couvert de barbe.

Socrate.
Qu’est-ce que cela fait ? Tu n’approuves donc pas ce que dit Homère, [309b] que l’âge le plus agréable est
celui où l’on commence à avoir de la barbe [Homère Odyss. liv. X, v. 279.] ; c’est justement l’âge d’Alcibiade.

L’ami de Socrate.
Quoi qu’il en soit, ne viens-tu pas d’avec lui ? comment êtes-vous ensemble ?

Socrate.
Fort bien mieux que jamais, car il a dit mille choses en ma faveur, et a pris mon parti; et aujourd’hui ; je le
quitte à l’instant ; et je te dirai une chose qui te paraîtra bien étrange ; c’est qu’en sa présence je ne faisais
aucune attention à lui, et souvent même j’oubliais qu’il était là.

L’ami de Socrate.
Que vous est-il donc arrivé à l’un et à l’autre ? car assurément tu n’as pas trouvé dans la ville quelque
jeune homme plus beau qu’Alcibiade.

Socrate.
Bien plus beau.

L’ami de Socrate.
Tout de bon ? Est-ce un Athénien ou un étranger ?

Socrate.
Un étranger.

L’ami de Socrate.
D’où est-il ?

Socrate.
D’Abdère.

L’ami de Socrate.
Et cet étranger t’a semblé si beau que tu le trouves plus beau que le fils de Clinias ?

Socrate.
Et comment, mon cher, le plus sage ne paraîtrait-il pas le plus beau ?

L’ami de Socrate.
Tu viens donc de quitter un sage ?

Socrate.
Oui, un sage, et le plus sage de notre temps ; si du moins tu trouves que Protagoras mérite ce titre.

L’ami de Socrate.
Que me dis-tu là ? Quoi ? Protagoras est ici !

Socrate.
Oui, depuis trois jours.

L’ami de Socrate.
Et tu viens de le quitter ! [310a]

Socrate.
Et même après une conversation fort longue.

L’ami de Socrate.
Eh ! ne voudrais-tu point nous raconter cette conversation, si tu n'es pas pressé. Assieds-toi ici, et fais
lever cet enfant.

Socrate.
De tout mon cœur ; je te serai même obligé si tu veux bien m'entendre.

L’ami de Socrate.