Psychologie de l'artiste créateur

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Cet ouvrage met en évidence deux dimensions nécessaires, mais non suffisantes, dans le "devenir créateur". L'auto-analyse, ou le retour sur soi, ou encore la communication intra-personnelle constitue la première dimension. La seconde dimension est la "communication interpersonnelle". Sans la "capacité de se lier", de s'identifier et d'apprendre, de rêver et de faire rêver, le processus ne connaîtra pas une évolution créatrice.

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Date de parution 01 juillet 2010
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EAN13 9782296698420
Langue Français

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Introduction La question à laquelle nous souhaitons apporter quelques réponses dans cette étude se rapporte aux proces-sus et aux étapes de la création chez les « artistes ». « De-venir créateur » ou « qui crée le créateur ? » en est la for-mulation générale. Cette questioninterdite (Bourdieu, 1992, p.238) a reçu plusieurs traitements dans l’histoire de la pensée humaine : un traitement mythologique, un trai-tement théologique, un traitement philosophique et litté-raire. Le traitement scientifique (biologie, neurosciences, cybernétique, sciences cognitives, intelligence artificielle, psychologie, linguistique, sociologie...) est le plus récent. Du point de vue de l’histoire de la pensée, ces différents traitements représentent une richesse épistémique et nous renseignent sur les « sens » différents de la création. Insé-rés dans leur contexte respectif, ils apparaissent adaptés et cohérents. Tout en poursuivant des objectifs différents (émouvoir, par exemple, pour la littérature,prouver, pour la science), ces différents traitements peuvent entretenir des rapports singuliers, y compris pour une avancée éventuelle de la connaissance. Nous nous intéressons, dans cette introduction, plus particulièrement au traitement littéraire de la question des processus créateurs, en rapport avec la psychologie de la création et de l’art.Nous entendons par traitement littéraire, l’approche spécifique qui caractérise la littérature (roman, poésie, 9
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théâtre...) lorsqu’elle aborde le problème des processus créateurs. En effet,l’artisteconstitué dans plusieurs a œuvresune figure centrale, à titre d’exemple, Rastignac dans « la comédie humaine » de Balzac, ou Frédéric dans « l’éducation sentimentale» de Flaubert, ou plus récem-ment, Nicolas dans « la nourriture des anges » de Carmi-nati (1994)... Le point de vueromanesqueconstitue pour nous une entrée descriptive et quasi phénoménologique dans le monde clos et inconnu des « créateurs ». 1- Eloge de la littérature Chez la plupart des psychologues, il y a un accord sur une reconnaissance de priorité et un témoignage presque élogieux de la littérature. « Il y a dans la littéra-ture...des trésors pour la psychologie » (Wallon, 1931, p.23). « On a donc pensé et beaucoup pensent encore que cette vie de l’homme dans le monde est le domaine de la littérature, et en effet, pendant longtemps la psychologie de la conduite humaine est restée tributaire de la littéra-ture » (Lagache, 1949, p.31). La littérature devient incon-tournable. « Cette connaissance naturelle du moi et des autres trouve ses lettres de noblesse chez les écrivains. Romanciers et dramaturges analysent les attirances et les conflits dont ils dissèquent les comportements et les sen-timents à travers une riche expérience des autres et de soi... Quel est le psychologue qui peut nier que tel roman, tel poème l’enrichit a» (Fraisse,u-delà de toute science ? 1985, p. 334). On connaît le mot célèbre de Freud : « Adressez vous aux poètes». D’où vient cet accord ? Et quel sens aurait-il pour nous ? En premier lieu, on attribue à la littérature un accès facile à la vie intérieure et intime. Du coup, ses témoignages sont marqués par un «effet de vérité». Tout se passe comme «était unsi l’écrivain Prométhée qui dût
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