Quand la rue parle

Quand la rue parle

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Livres
176 pages

Description

La rue est depuis fort longtemps le symbole de la vie urbaine, de l'animation des faubourgs et des classes populaires. C'est dans la rue que s'exprime la colère du peuple, son indignation. Ardent amoureux des mots, de leurs origines et de leurs sens, Gaétan St-Pierre nous convie à un voyage exploratoire dans le vocabulaire des luttes sociales, populaires et ouvrières.
Ces mots, souvent entendus ces dernières années, ont été galvaudés, détournés, emportés dans la spirale de l'inflation verbale. L'auteur les remet dans leur contexte. On découvrira, par exemple, que solidaire est de la même famille que le verbe souder et le nom sou, que camarade, emprunté à l'espagnol, désignait à l'origine un compagnon de chambrée, que manifestation a d'abord eu le sens de révélation divine et qu'être en grève signifiait chercher du travail.
Gaétan St-Pierre a enseigné la littérature au collège Ahuntsic pendant plus de trente-cinq ans. Longtemps titulaire du cours d'histoire de la langue dans le programme de lettres, il est à la fois amoureux de la langue et collectionneur averti d'histoires de mots. Quand la rue parle fait suite à Histoires de mots solites et insolites paru en 2011 au Septentrion.

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Date de parution 09 août 2014
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EAN13 9782896648726
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Gaétan St-Pierre
Quand lapRarleUE
septentrion
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Gaétan St-Pierre
Quand lapRarleUE Le vocabulaire des luttes sociales et ses origines étymologiques
septentrion
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Photographie de la couverture : la rue Richelieu à Québec, dans le quartier populaire Saint-Jean-Baptiste. Sophie Imbeault photographie Chargée de projet : Sophie Imbeault Révision : Solange Deschênes Correction d’épreuves : Marie-Michèle Rheault Mise en pages et maquette de couverture : Pierre-Louis Cauchon
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Ventes en Europe : Distribution du Nouveau Monde 30, rue Gay-Lussac 75005 Paris
À la mémoire de Madeleine Parent (1918-2012) et de Léa Roback (1903-2000), femmes de tous les combats contre l’exploitation et l’injustice, plus grandes que les grands de ce monde, plus grandes que toutes les noirceurs.
Remerciements
Je m’en voudrais de passer sous silence la contribu-tion de mes amis de toujours et premiers lecteurs, Louise Desforges et Paul Rompré, passés maîtres dans l’art de débusquer les (moindres) erreurs, les coquilles et les imprécisions. Leurs observations d’une grande acuité m’ont été fort précieuses. Je les en remercie de tout cœur.
Avant-propos
Plusieurs des termes associés à l’action politique et au militantisme se rattachent étymologiquement à l’idée de « guerre », de « combat », à commencer par e le verbemiliter(xiii) qui remonte au latinmilitariet signifiait originellement « faire la guerre ». Pensons aussi àslogan(1842), mot d’origine écossaise signi-fiant « cri de guerre ». Mais ce lien avec la guerre n’est pas obligé, et des dizaines de termes du voca-bulaire de l’action politique sont tout simplement de très anciens mots d’origine latine venus en français le plus souvent par voie savante, comme contestation, manifestationouillégal, mais aussi par voie populaire, commerue; des mots qui n’avaient à l’origine aucun lien avec les luttes sociales et qui ont connu des développements sémantiques assez remarquables. D’autres mots enfin, commeboycotter, grève oumatraque, nous sont venus par d’autres chemins et ne sont entrés en usage que bien plus tard. Ces mots et bien d’autres, nous les avons souvent entendus pendant le mouvement « Occupons… » qui s’est répandu dans plusieurs villes (dont Québec et Montréal) du monde à l’automne 2011, et plus encore au cours de la crise sociale qui, au printemps
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2012, a secoué le Québec. Certains ont été gal-vaudés, détournés de leur sens, emportés dans la spirale de l’inflation verbale. Voici, triés sur le volet, quelques-uns de ces mots et l’histoire de leur origine étymologique et de leur évolution. On y trouvera non seulement les mots de la révolte commelutte, insurgé, occupation, résistance, debout, solidaireou grève,mais aussi ceux de la réaction et de la répres-sion, commematraque, illégal, intimidation, majorité silencieuseou(juste) part. Le vocabulaire est la composante de la langue la plus mouvante, la plus changeante. Au cours de leur histoire, la plupart des mots subissent des change-ments de forme et connaissent des changements de sens. Aussi, une grande majorité des mots que nous employons n’ont plus leur sens d’origine ou ont développé un ou des sens secondaires. Le vocabu-laire des luttes sociales n’échappe évidemment pas à cette règle. DansQuand la rue parle, je me suis intéressé à l’origine étymologique de ces mots (leur racine, leur forme la plus ancienne, leur sens primitif ), à leur formation et à leur évolution. On découvrira, par exemple, quesolidaireest de la même famille que le verbesouderet le nomsou(eh oui, lesoudes gros sous), quecamarade, emprunté à l’espagnol, désignait à l’origine un compagnon de chambrée, quemanifestationa d’abord eu le sens de « révélation divine » etêtre en grève, celui de « chercher du travail », quemasque nous vient de l’italien etmatraque de