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Quand travailler enferme dans la pauvreté et la précarité

De
218 pages
Travailler ne met plus à l’abri de la pauvreté et peut enfermer dans la précarité. Car la société salariale est affaiblie par les transformations des interventions entrepreneuriales et étatiques. De plus en plus de travailleurs et, surtout, de travailleuses n’ont plus accès aux protections collectives et sociales qui leur donnaient un appui pour mener des projets professionnels et de vie. L’heure est à la remarchandisation du travail.
Pour étayer le phénomène de la pauvreté en emploi et en mesurer l’ampleur au Québec, l’ouvrage propose de nouvelles constructions statistiques qui reposent sur une définition extensive de la notion de travailleur. Le choix de cette définition – définition qui s’accorde avec le caractère multidimensionnel de la pauvreté en emploi – se trouve justifié par les travaux de recherche menés par les membres du Groupe interuniversitaire et inter­disciplinaire de recherche sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale (GIREPS).
L’ouvrage met en lumière les différents facteurs de développement des formes d’emploi qui enferment dans la pauvreté et la précarité des travailleuses et travailleurs canadiens, résidents ou immigrants temporaires rendus vulnérables par leur position sociale. Il porte un regard à la fois sur les mutations du travail et de l’emploi, sur les transformations des États-providence et sur leur rôle dans l’informalisation du travail et de l’économie, sur les modalités de gestion de la main-d’œuvre par les entreprises ainsi que sur la réactualisation des rapports sociaux de classe, de genre et de race. Il montre que la forte remontée des inégalités socioéconomiques ne résulte d’aucun déterminisme, mais de l’absence ou de la remise en cause des protections légales ou collectives. Il expose comment le retour de la pauvreté en emploi s’inscrit dans la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle planétaire. Il se conclut, enfin, sur les formes d’action collective qui interpellent les formes institutionnalisées et nourrissent de nouvelles aspirations et revendications possiblement communes.
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Quand travailler enferme dans la pauvreté et la précarité Travailleuses et travailleurs pauvres au Québec et dans le monde
Carole Yerochewski
Préface de Frédéric Lesemann
COLLECTION PROBLÈMES SOCIAUX ET INTERVENTIONS SOCIALES
COLLECTION PROBLÈMES SOCIAUX ET INTERVENTIONS SOCIALES
Fondée par Henri Dorvil(UQAM) etRobert Mayer(Université de Montréal)
L’analyse des problèmes sociaux est encore aujourd’hui au cœur de la formation de plusieurs disciplines en sciences humaines, notamment en sociologie et en travail social. Les milieux francophones ont manifesté depuis quelques années un intérêt croissant pour l’analyse des problèmes sociaux, qui présentent maintenant des visages variables compte tenu des mutations des valeurs, des transformations du rôle de l’État, de la précarité de l’emploi et du phé nomène de mondialisation. Partant, il devenait impératif de rendre compte, dans une perspective résolument mul tidisciplinaire, des nouvelles approches théoriques et méthodologiques dans l’analyse des problèmes sociaux ainsi que des diverses modalités d’intervention de l’action sociale, de l’action législative et de l’action institution nelle à l’égard de ces problèmes.
La collectionProblèmes sociaux et interventions socialesveut précisément témoigner de ce renouveau en permettant la diffusion de travaux sur divers problèmes sociaux. Pour ce faire, elle vise un large public comprenant tant les étudiants, les formateurs et les intervenants que les responsables administratifs et politiques.
Cette collection était à l’origine codirigée par Robert Mayer, professeur émérite de l’Université de Montréal, qui a signé et cosigné de nombreux ouvrages témoignant de son intérêt pour la recherche et la pratique en intervention sociale.
DirecteurHenri Dorvil, Ph. D. École de Travail social, Université du Québec à Montréal
CodirectriceGuylaine Racine, Ph. D. École de Service social, Université de Montréal
Quand travailler enferme dans la pauvreté et la précarité
Membre de
PEŝŝEŝ E L’UNIvEŝIté û QûébEç Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2 Téléphone :418 6574399Télécopieur :418 6572096 Courriel :puq@puq.caInternet :www.puq.ca
Diffusion/Distribution: Canada Prologue inc., 1650, boulevard LionelBertrand, Boisbriand (Québec) J7H 1N7 Tél. : 450 4340306 / 1 800 3632864
France AFPUD – Association française des Presses d’université Sodis, 128, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 77 403 Lagny, France – Tél. : 01 60 07 82 99 BelgiquePatrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique – Tél. : 02 7366847 Suisse Servidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 ChavannesdeBogis, Suisse – Tél. : 022 960.95.32
La Loi sur le droit d’auteur interdit la reproduction des œuvres sans autorisation des titulaires de droits. Or, la photocopie non autorisée – le « photocopillage » – s’est généralisée, provoquant une baisse des ventes de livres et compromettant la rédaction et la production de nouveaux ouvrages par des profes sionnels. L’objet du logo apparaissant cicontre est d’alerter le lecteur sur la menace que représente pour l’avenir de l’écrit le développement massif du « photocopillage ».
Quand travailler enferme dans la pauvreté et la précarité Travailleuses et travailleurs pauvres au Québec et dans le monde
Carole Yerochewski Avec la collaboration de Francis Fortier
Préface de Frédéric Lesemann
CàtàLoGàGE àvàNt pûbLIçàtIoN E BIbLIothèûE Et AçhIvEŝ NàtIoNàLEŝ û QûébEç Et BIbLIothèûE Et AçhIvEŝ CàNàà Yerochewski, Carole, 1957 Quand travailler enferme dans la pauvreté et la précarité : travailleuses et travailleurs pauvres au Québec et dans le monde (Collection Problèmes sociaux et interventions sociales ; 69) Comprend des références bibliographiques. ISBN 9782760540491
1. Travailleurs pauvres. 2. Travail précaire. I. Fortier, Francis. II. Titre. III. Collection : Collection Problèmes sociaux & interventions sociales ; 69. HD4901.Y37 2014 331.5’4 C20149407750
Les Presses de l’Université du Québec reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada et du Conseil des Arts du Canada pour leurs activités d’édition.
Elles remercient également la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour son soutien financier.
Conception graphique RIçhà HoGŝoN
Image de couverture IStoçk Mise en pages PEŝŝEŝ E L’UNIvEŝIté û QûébEç
E Dépôt LéGàL : 3 tImEŝtE 2014 Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada Bibliothèque et
©2014 – PEŝŝEŝ E L’UNIvEŝIté û QûébEçTous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
Imprimé au Canada
PRÉFACE Frédéric Lesemann Directeur intérimaire du GIREPS
La question de la pauvreté en emploi ne cesse de gagner en pertinence. L’emploi se transforme : de relativement stable qu’il était pour certaines catégories de personnes en Amérique du Nord, en Europe et dans plusieurs pays latino-américains, il devient de plus en plus précaire, flexible, tem-poraire, et les bas salaires se sont tellement diffusés que même permanent, l’emploi ne permet souvent plus de garantir un niveau de revenu suffisant pour ne pas être pauvre.
Chaque phase de l’évolution du capitalisme a produit, au cours de son histoire, des formes de pauvreté spécifiques qui ont été contrées par divers types de mobilisation et d’organisation de travailleurs, qu’il s’agisse d’associations de travailleurs, de fraternités, de syndicats, de mutuelles – autant de regroupements fondés sur la défense d’intérêts, le besoin de protections et la promotion des solidarités. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des pays industrialisés – et dans une bien moindre mesure, certains pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie – ont connu une institutionnalisation de la défense des droits des travailleurs et de la protection sociale, à travers une intervention croissante des États dans le champ de la régulation des relations de travail. Cette période, qui s’est étendue jusqu’aux années 1980, a été qualifiée par les sociologues de «société salariale», et de «fordiste-keynésienne» par les spécialistes de l’éco-nomie politique. Elle est depuis activement remise en cause, et de manière
VIII
Quand travailler enferme dans la pauvreté et la précarité
particulièrement agressive depuis deux décennies, à la fois par : 1) les entreprises les plus puissantes à l’échelle internationale, qui imposent une production flexible et se délocalisent quand les profits ou les subventions baissent; 2) la dérégulation des marchés financiers, qui rend instables les échanges et les relations internationales, compromettant l’autonomie des États-nations; et 3) les politiques industrielles, monétaires et sociales menées par les États eux-mêmes et qui compromettent leur propre reproduction.
C’est en référence à cette « société salariale » et aux multiples formes de « sécurité » relative qu’elle offrait – au moins à une partie importante des travailleurs et des employés, hommes plus que femmes, il est vrai – qu’on dresse aujourd’hui le constat de la croissance du « travail qui rend pauvre ». Cette société avait acquis le statut d’un idéal à atteindre, qui promettait un accès universel aux « protections », en particulier aux caté-gories sociales qui n’en bénéficiaient pas (encore) : les jeunes peu scolari-sés, les femmes en général, et surtout celles vivant seules ou qui étaient chefs de famille monoparentale, les nouveaux immigrants. On constate aujourd’hui l’aspect illusoire de ces attentes. La pauvreté contemporaine est associée à une participation active au marché du travail et témoigne d’une nouvelle configuration ; la « société salariale » vacille tant elle est affaiblie par les agressions entrepreneuriales et étatiques, mais aussi par l’inadéquation des formes traditionnelles d’organisation des travailleurs aux évolutions de la gestion de la main-d’œuvre par les entreprises.
Dans ce nouveau contexte social et politique se pose donc la ques-tion des formes possibles de mobilisation. Les formes syndicales institu-tionnalisées de mobilisation, propres aux sociétés industrielles et à l’organisation de la « société salariale », sont devenues largement inopé-rantes. Qu’en est-il dès lors des « initiatives citoyennes » qui tentent de trouver de nouveaux modes d’organisation des nouveaux travailleurs et travailleuses pauvres ?
C’est autour du thème du « travail qui rend pauvre », défini par les contextes et la problématique qui viennent d’être esquissés, que se réunit le Groupe interuniversitaire et interdisciplinaire de recherche sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale (GIREPS), constitué à l’Université de Montréal en 2010, et soutenu financièrement par une subvention octroyée par le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FQRSC). Pour le GIREPS, les connaissances relatives à la pauvreté en emploi doivent provenir de la combinaison de plusieurs types de sources : autant des savoirs issus de l’expérience vécue, individuelle et collective, souvent portés par des mobilisations collectives, que des savoirs issus des pratiques des intervenantes et intervenants sociaux, que de ceux issus de la recherche