Recherches et pratiques en santé mentale suite aux violences politiques

Recherches et pratiques en santé mentale suite aux violences politiques

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Livres
135 pages

Description

Comment oeuvrer ensemble à restaurer les possibilités psychiques et sociales de répondre d'Autrui après qu'on ait tenté de le détruire ? Ce livre collectif est un partage interdisciplinaire de réflexions, d'expériences, de recherches et de pratiques touchant la santé mentale dans les suites de violences collectives (guerre, génocide, dictature...) et des traumatismes psychosociaux qu'elles provoquent. Un tel partage est indispensable tant les violences collectives attaquent la possibilité même de parler, de vivre et de collaborer avec autrui.

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Date de parution 30 novembre 2018
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EAN13 9782806122391
Langue Français

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Dans la même collection :
1. Pierre Collart, Les abuseurs sexuels d’enfants et la norme sociale, 2005.
2. Mohamed Nachi et Matthieu de Nanteuil, Éloge du compromis. Pour une nouvelle pratique
démocratique, 2006.
3. Lieven Vandekerckhove, Le tatouage. Sociogenèse des normes esthétiques, 2006.
4. Marco Martiniello, Andrea Rea et Felice Dassetto (éds.), Immigration et intégration en Belgique
francophone. État des savoirs, 2007.
5. Francis Rousseaux, Classer ou collectionner ? Réconcilier scientifiques et collectionneurs, 2007.
e6. Paul Ghils, Les théories du langage au XX siècle. De la biologie à la dialogique, 2007.
7. Didier Vrancken et Laurence Thomsin (dir.), Le social à l’épreuve des parcours de vie, 2008.
8. Pierre Collart (dir.), Rencontre avec les différences. Entre sexes, sciences et culture, 2009.
9. Jean-Louis Dufays, Michel Lisse et Christophe Meurée,T héorie de la littérature. Une introduction,
2009.
10. Caroline Sägesser et Jean-Philippe Schreiber, Le financement public des religions et de la laïcité en
Belgique, à paraître.
11. Ariel Mendez (dir.), Processus. Concepts et méthode pour l’analyse temporelle en sciences
sociales, 2010.
12. Dominique Deprins, Parier sur l’incertitude, à paraître.
13. Luc Albarello, Société réflexive et pratiques de recherche, 2010.
14. Paul Servais (dir.), L’évaluation de la recherche en sciences humaines et sociales. Regards de
chercheurs, 2011.
15. Jean-Luc Brackelaire, Anne-Christine Frankard, Christophe Janssen, Sophie Tortolano (dir.),O bjet
transitionnel et objet lien. Regards croisés, 2011.
16. François Morvan, Vers une réponse juridique au totalitarisme, 2012.
17. Anne Meyer-Heine (sous la dir. d’), Maladie d’Alzheimer. Évolution des dispositifs, évolution des
métiers, quelles politiques publiques ?, 2012.
18. Paul Ghils, Le langage est-il logique ? De la raison universelle à la diversité des cultures, 2012.
19. Véronique Meuriot, Une histoire des concepts des séries temporelles, 2012.
20. Jean-Louis Dufays et Paul Servais (dir.), Publier en sciences humaines, 2013.
21. Jean-Luc Brackelaire, Marcela Cornejo et Jean Kinable (dir.),V iolence politique et traumatisme.
Processus d’élaboration et de création, 2013.
22. Anne Meyer-Heine (sous la dir. d’), Éthique, droit et maladie d’Alzheimer, 2014.
23. Benoît Bourgine, Joseph Famerée et Paul Scolas (dir.), Dieu au risque de la religion, 2014.
24. Anne-Christine Frankard, Frédérique Van Leuven et Véronique Pauss (dir.), La souffrance du lien
intersubjectif aux différents âges de la vie. Repères psychanalytiques et systémiques croisés, 2015.
25. Benoît Bourgine, Joseph Famerée et Paul Scolas (dir.), Intempestive Éternité, 2015.
26. Géraldine Duvanel Aouida, Rester délinquant. Comprendre les parcours des jeunes récidivistes,
2016.
27. Paul Ghils (dir.), Connaissance totale et cité mondiale. La double utopie de Paul Otlet, 2016.
28. Mejed Hamzaoui, Dimitri Léonard et Pierre Artois (dir.), Vieillissement et société. Catégorisations,
Travail, Politiques sociales, 2017.
29. Paul Scolas, Benoît Bourgine, Joseph Famerée (dir.), En finir avec le Diable ? Les enjeux d’une
figure emblématique du mal, 2017.
30. Michel Guérin (dir.), Démocraties et cultures. Quelles politiques culturelles pour quelles ambitions
démocratiques ?, 2017.
31. Sylvie Carbonnelle et Dominique Joly (dir.), Vieillir aujourd’hui. Des mo (n) des recomposés ?,
2018.
32. Muriel Sacco et David Paternotte (dir.), Partager la ville : genre et espace public en Belgique
francophone, 2018.
33. Jean-Luc Brackelaire, Jean Kinable et Eugène Rutembesa (dir.),R echerches et pratiques en santé
mentale suite aux violences politiques. Répondre d’Autrui, 2018.


– INTELLECTION_33_







RECHERCHES ET PRATIQUES
EN SANTÉ MENTALE SUITE AUX
VIOLENCES POLITIQUES
RÉPONDRE D’AUTRUI
Jean-Luc Brackelaire, Jean Kinable
et Eugène Rutembesa (dir.)



















D/2018/4910/52
ISBN : 978-2-806-12239-1
© ACADEMIA-L’HARMATTAN S.A.
Grand’Place 29
B-1348 Louvain-la-Neuve
Tous droits de reproduction ou d’adaptation par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays
sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.beTable des matières
Couverture
e4 de couverture
Dans la même collection
Titre
Copyright
Table des matières
Les auteurs
Introduction : un colloque, un ouvrage
Quels modèles et quels modes d’intervention et de formation en santé mentale suite aux
violences collectives ?
Jean-Luc Brackelaire, Jean Kinable et Eugène Rutembesa
Ouvertures interdisciplinaires
L’abeille et l’araignée
Jacques Fierens
Le pardon sans demande de pardon : considérations religieuses, sociales, politiques et
psychologiques
Emmanuel Habimana
Modélisation des mécanismes étiologiques en jeu tant chez les victimes que chez les agents de
violence. Modèles différentiels de traitement afin d’y répondre
Jean Kinable
Problèmes cliniques spécifiques
Les enfants issus du viol pendant le génocide au Rwanda et leurs mères : soutenir la résilience,
restaurer la transmission
Isabelle Duret, Assumpta Muhayisa et Ignatiana Mukarusanga
Quête de filiation, conquête d’affiliation : quelques réflexions sur la représentation de l’origine
chez les adolescents rwandais rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi
Tacien Gahizi et Célestin Sebuhoro
L’« entre-nous » : espace de réparation psychique pour les personnes traumatisées dans le
Rwanda post-génocide
Jeannette Uwineza et Jean-Luc Brackelaire
Violences sexuelles faites aux femmes pendant le génocide au Rwanda : du silence à la parole
Patrick Rwagatare
Les violences conjugales au Rwanda
Ignatiana Mukarusanga
Construction des pratiques sociales et cliniques
Un groupe de thérapeutes pour un groupe de rescapés, s’en remettre au groupe pour accueillir
la surprise
Marie-Odile Godard
Les groupes de parole pour victimes d’agressions et la reliance à l’humanité
Jacques RoisinImpact de l’outil photographique sur la réhumanisation de jeunes Burundais en souffrance
Alexia Jacques
La sociothérapie en tant que réponse à la guerre. En relation avec la souffrance dans le
NordKivu (RDC)
Benoît Rutatotoye
Recours possibles aux ressources de la culture
(Re) créer de l’appartenance tout en gardant la tête haute. Un défi quotidien pour les ménages
d’enfants dans l’après génocide au Rwanda
Claudine Uwera Kanyamanza et Jean-Luc Brackelaire
Quelques rituels de deuil pendant la semaine de commémoration et leur impact sur les
survivants du génocide perpétré contre les Tutsi
Eugène Rutembesa
L’alliance entre la famille, les soignants et le malade mental pour une meilleure prise en charge
psychosociale
Léandre Simbananiye
Méthodes de recherche
Co-naître, une voie clinique qui ouvre vers l’intime silence des ventres dans les familles
rwandaises rescapées du génocide
Christine Lebon
Étude de la résilience d’étudiants rwandais
Serban Ionescu, Eugène Rutembesa, Jean Mutabaruka et Colette Jourdan-Ionescu
Espaces d’écoute clinique pour des enfants travailleurs et leur famille. Une recherche-action
dans des institutions socio-éducatives d’éradication du travail des enfants en Équateur
Verónica Egas Reyes
Le récit de vie comme dispositif d’intervention en psychologie clinique. Quelles re-créations
possibles en fonction de contextes socioculturels divers ?
Marichela Vargas
Conclusion
Répondre d’Autrui : responsabilités des chercheurs cliniciens travaillant dans le champ des
traumas psychosociaux
Jean-Luc Brackelaire
BibliographieLes auteurs
Jean-Luc BRACKELAIRE est docteur en psychologie, professeur aux Universités de Namur et de
Louvain et psychologue au Centre de Guidance de Louvain-la-Neuve.
Isabelle DURET est docteure en psychologie, professeure à l’Université Libre de Bruxelles et
psychothérapeute à Bruxelles.
Veronica EGAS est docteure en psychologie, professeure à la Pontificia Universidad Católica del
Ecuador et psychologue clinicienne coordinatrice au Centro de psicologia aplicada (CPA/PUCE).
Jacques FIERENS est docteur en droit et licencié en philosophie. Il est professeur extraordinaire à
l’Université de Namur et professeur aux Universités de Louvain et de Liège. Il est également avocat
au barreau de Bruxelles.
Thacien GAHIZI est docteur en psychologie.
Marie-Odile GODARD (†) est docteure en psychologie, psychanalyste et professeure émérite en
psychologie à l’Université de Picardie Jules Verne.
Emmanuel HABIMANA est docteur en psychologie et professeur à l’Université du Québec à
TroisRivières.
Serban IONESCU est docteur en psychologie et professeur émérite aux Universités de Paris 8 et du
Québec à Trois-Rivières.
Alexia JACQUES est docteure en psychologie et psychothérapeute systémicienne à Bruxelles.
Colette JOURDAN-IONESCU est docteure en psychologie et professeure à l’Université du
Québec à Trois-Rivières
Jean KINABLE est professeur émérite de psychologie et de criminologie cliniques à l’Université
catholique de Louvain.
Christine LEBON est docteure en psychologie et psychologue clinicienne à l’ASBL Les Tropiques,
à Uccle.
Assumpta MUHAYISA est docteure en psychologie et professeure à l’Université du Rwanda.
Ignatiana MUKARUSANGA est docteure en psychologie et professeure à l’Université du Rwanda.
Jean MUTABARUKA est psychologue et professeur à l’Université du Rwanda
Jacques ROISIN est docteur en psychologie et psychanalyste, chargé de cours à la Faculté de Droit
et Criminologie à l’Université catholique de Louvain, consultant au Service d’Aide aux Victimes de
Charleroi.
Patrick RWAGATARE est psychologue clinicien, docteur en psychologie, directeur du Centre de
santé mentale et de traitement de l’addiction Huye Isange Rehabilitation Center, Province du sud,
Rwanda
Benoît RUTATATOYE est docteur en psychologie et psychopathologie et Recteur de l’Institute of
Higher Education in Mental Health.
Eugène RUTEMBESA est docteur en psychologie, professeur à l’Université du Rwanda et
psychologue clinicien coordinateur au Centre universitaire de santé mentale (CUNISAM/UR).
Célestin SEBUHORO est docteur en psychologie et professeur à l’Université du Rwanda.
Léandre SIMBANANIYE est docteur en psychologie et professeur à l’Université du Burundi
Claudine UWERA KANYAMANZA est docteure en psychologie, professeure à l’Université du
Rwanda et Executive Secretary of National Commission for Children du Rwanda.
Jeannette UWINEZA est docteure en psychologie.Marichela VARGAS-THILS est docteure en psychologie, chargée de cours invitée à l’Université
catholique de Louvain, psychologue clinicienne aux Consultations Psychologiques Spécialisées en
Histoires de vie (CPS/UCLouvain) et au Service Sémaphore de Picardie Laïque (Relais Mons).Introduction :
un colloque, un ouvrageQuels modèles et quels modes d’intervention et de formation en santé
mentale suite aux violences collectives ?
Jean-Luc Brackelaire, Jean Kinable et Eugène Rutembesa
Ce livre collectif est un partage interdisciplinaire de réflexions, d’expériences, de recherches et de
pratiques touchant la santé mentale dans les suites de violences collectives et des traumatismes
psychosociaux qu’elles provoquent. L’ouvrage trouve son origine dans un réseau international de
collaborations qui s’est développé autour d’un projet de formation et de recherche en santé mentale
au Rwanda après le génocide. Ce génocide et ses conséquences constituent le point de départ des
textes que l’on va lire, qui s’ouvrent à d’autres situations, dans une démarche d’éclairages
réciproques.
Le génocide de 1994 a provoqué des dégâts monumentaux au niveau psychosocial. Les données
issues de différentes enquêtes n’arrivent à transmettre qu’une idée de la réalité dont il est question,
tant se révèle sans mesure la dévastation du tissu humain de la communauté rwandaise, ce que
l’enchevêtrement et la précarité de l’ensemble des paramètres peinent à dépeindre. Face aux
problématiques de santé mentale liées au génocide et à ses conséquences, la question qui se pose
pour les acteurs politiques et ceux de la société civile, pour les intervenants psychosociaux comme
pour les chercheurs dans ce domaine, est celle de construire des outils d’intervention appropriés.
La société rwandaise post-génocidaire a en effet tenté de se reconstruire par tous les moyens, et un
système de santé mentale opérationnel est en place, avec des outils créés à partir de l’expérience de
terrain ou à partir de l’importation de ceux qui ont fait leurs preuves ailleurs. La recherche-action se
révèle être, dans ce contexte, un moyen particulièrement pertinent pour accompagner et contribuer à
la mise au point de ces outils. Il s’agit de trouver comment traiter les diverses atteintes à la santé et
souffrances psychiques corrélatives à ces conditions contextuelles, tout en sachant que la
rechercheaction ne peut se contenter d’importer ni d’appliquer les paradigmes et les pratiques propres à
l’Occident (les limites des démarches tentées en ce sens ne sont plus à prouver). Pas davantage que ne
suffisent ni ne s’avèrent efficaces les exhortations à emprunter des positions éthico-morales, voire
religieuses, visant la réconciliation ou le pardon.
La découverte de ressources mobilisables, le soutien de la créativité inhérente aux processus
psychiques, le frayage de voies inédites aptes à permettre le dépassement de ces impasses, entraves et
passages critiques, restent à inventer et à construire. Ceci sans prétendre ni rompre avec les modèles
pathogéniques et thérapeutiques traditionnels engendrés par la culture rwandaise, ni y substituer ceux
privilégiés par une certaine scientificité occidentale. Il s’agit de procéder par la mise en dialogue de
ces modèles respectifs, à la lumière des avancées rendues possibles par les découvertes les plus
récentes de la recherche clinique dans des situations comparables. C’est cette problématique générale
qui est au centre du présent ouvrage, comme elle l’était lors du colloque international qui est à son
origine et dont ces paragraphes reprennent l’argument.
Ce colloque s’est tenu au Rwanda, à Butaré, les 18, 19 et 20 septembre 2013, à l’initiative du
Département de psychologie clinique de l’Université du Rwanda (UR) et des équipes promotrices du
projet interuniversitaire ciblé (PIC) de la coopération belge universitaire pour le développement
(CUD), équipes provenant de l’Université catholique de Louvain (UCLouvain), de l’Université Libre
de Bruxelles (ULB) et de l’Université de Namur (UNamur). L’intitulé de ce projet PIC donnait aussi
son titre au colloque : Élaboration de modèles et de modes d’intervention et de formation en santé
mentale au Rwanda.
Les débats ont porté sur :
• Des problèmes cliniques spécifiques qui viennent s’imposer à l’attention des cliniciens à partir
d’observations-participations sur le terrain, comme : 1) la dynamique du deuil et le défi de
reconstruction psychique chez les survivants du génocide infectés du VIH/Sida ; 2) les
violences sexuelles perpétrées contre les femmes Tutsi pendant le génocide au Rwanda ; 3)
l’identité des enfants issus du viol commis pendant le génocide ; 4) le sentiment d’exister, la