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Regards croisés sur le capital social

De
184 pages
Cet ouvrage présente un ensemble de textes originaux sur le thème du capital social, d'abord en croisant des regards d'économistes et de sociologues sur ce concept, ensuite en proposant des analyses se référant au débat Nord/Sud. La première partie présente un ensemble de discussions autour du concept de capital social, son utilisation et sa mesure. La seconde partie propose des réflexions à partir de différents pays. Cet ouvrage s'avère particulièrement utile dans un contexte où les écrits de langue française sont peu nombreux sur ce thème.
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REGARDS CROISES SUR LE CAPITAL SOCIAL

Collection Ethique Economique dirigée par François Régis Mahieu

L'éthique rejoint l'économie dans la recherche du bonheur pour soi et pour les autres. L'individu n'est pas totalement opportuniste, il concilie égoïsme et altruisme. Reconnaître les formes de l'éthique est une priorité en économie: vertu, responsabilité, discussion, justice. Une attention particulière est accordée à l'éthique du développement, en particulier à la considération accordée à la justice intra et intergénérationnelle dans le cadre du développement durable. L'éthique se traduit par des évaluations et des sanctions vis-àvis de ceux qui ont la responsabilité de la vie bonne.
Cette collection concilie recherche et pédagogie, réflexion et action, dans l'optique la plus large possible.

~L'Harrnattan,2003 ISBN: 2-7475-3994-6

Jérôme BALLET Roland GUILLON

REGARDS CROISES SUR LE CAPITAL SOCIAL

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L' Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

Introduction
Jérôme Ballet et Roland Guillon

Le concept de capital social n'est pas nouveau. Il connaît pourtant depuis une dizaine d'années un regain d'intérêt considérable dans quasi~ent l'ensemble des disciplines de sciences sociales et politiques. Surtout, il est devenu un thème à la mode dans les institutions de développement. Fondé par Pierre Bourdieu, relancé fortement par James Coleman en 1988 puis par Robert Putnam d'abord dans un article intitulé "Bowling alone: America' s declining social capital" en 1995, et dans un ouvrage au titre similaire, paru en 2000 où il étaye sa démonstration, le concept est désormais au centre des réflexions de la Banque mondiale. Le capital social devient le nouveau mode opératoire des politiques de développement. Or si de nombreux ouvrages de langue anglaise débattent de la question, à l'image du volume imposant publié à l'initiative de la Banque mondiale par Partha Dasgupta et Ismaël Serageldin en 1999, la littérature française sur ce sujet reste muette. Cet ouvrage vise à combler ce vide en proposant plusieurs contributions originales sur ce thème. L'idée de cet ouvrage est apparue à partir d'un séminaire intitulé "L'éthique du développement" qui s'est tenu à l'université de Versailles Saint Quentin-en- Yvelines en mars 1999, et dans lequel plusieurs contributions exploraient explicitement la relation entre capital social et développement. Dans un entretien accordé au magazine Sciences Humaines, Putnam précise ce qu'il entend par capital social. "Le capital social est constitué par les normes et les réseaux qui facilitent la confiance, la coopération et l'action collective" . Il précise dans cette interview sa conception en s'opposant simultanément à Coleman et à Bourdieu. En opposition à Coleman il nuance les effets que l'on peut attendre du capital social. "Pendant une dizaine d'années, lors de mes recherches en Italie, j'ai utilisé la définition du capital social

de James Coleman. Mais je m'en suis écarté car, pour Coleman, les réseaux et les normes ne peuvent avoir que des effets positifs. Pourtant, certains réseaux comme le Ku Klux Klan ou le parti nazi ont eu des effets désastreux. Depuis dix ans, je me suis donc écarté de cette définition". Il s'oppose aussi à Bourdieu chez lequel il perçoit paradoxalement une conception individualiste du capital social. "Pierre Bourdieu s'est aussi intéressé au capital social, mais davantage pour les bénéfices que les individus peuvent en tirer pour eux-mêmes. Ainsi, si vous cherchez du travail, vous utilisez vos réseaux. Pour moi, le capital social peut avoir des conséquences externes, c'est-à-dire qu'il profite aussi aux personnes qui n'en sont pas dotées" . Ces deux oppositions marquent bien la diversité des approches que l'on peut avoir. Le concept de capital social s'il peut s'avérer être très pertinent reste néanmoins assez mouvant. Dans ces conditions, une position de rejet ou de scepticisme à l'égard du concept est susceptible de se développer. Pour ne prendre l'exemple que de deux prix Nobel d'économie célèbres, Robert Solow (1999) y voit une tentative de gagner en conviction à partir d'une mauvaise analogie, tandis que Kenneth Arrow (1999) s'interroge sur le sens qu'il faut donner au concept et semble y voir une analogie excessive avec la notion de capital. Dans une optique économique où le capital découle d'un calcul conscient et imposant des sacrifices, il est en effet difficile de comprendre en quoi l'acquisition du langage par les enfants, les amitiés qu'ils se créent entre eux, ou la naissance dans une ethnie et dans une classe sociale quelconque, reflétant bien un ensemble de normes, peut constituer un capital, fut-il social. Cet ouvrage n'a évidemment pas la prétention de trancher le débat. Il n'en reste pas moins, qu'étant donné l'ampleur de la littérature concernant ce concept, le rejeter sans examen reviendrait certainement à donner une suprématie au terme de capital sur celui de social. Si on inversait la question et qu'on se demandait si le capital social est bien social, alors probablement que la démarche économique apparaîtrait cette fois à certains égards excessive. Les textes proposés ne suivent pas une ligne directrice stricte, mais appréhendent au contraire chacun à sa manière le concept de capital social et en font le lien avec le développement. Le développement étant lui-même saisi à de multiples niveaux (activités 8

formelles, informelles, secteurs d'activité, institutions et groupes sociaux, échelle locale, nationale, régionale ou mondiale). Cette absence d'homogénéité de perception du concept ne signifie pas pour autant une absence d'unité dans la réflexion. L'ouvrage regroupe au contraire les contributions en deux parties distinctes. La première partie est consacrée à la notion de capital social et en propose des mesures. La seconde partie affronte la délicate question des effets du capital social sous l'angle positif comme négatif à partir d'exemples. Le concept de capital social semble lancer une véritable nouvelle vague de recherches. On peut néanmoins se demander ce que cette notion recouvre et comment elle se mesure. Le texte de Denis Requier-Desjardins introduit parfaitement cette problématique. Cet article traite de la définition et de la portée analytique du concept de capital social, tel qu'il apparaît dans un certain nombre de contributions de la dernière décennie. Il présente deux lignes de fracture autour de ce concept. La première concerne sa définition. Elle oppose le capital social comme actif privé générant des effets en termes d'utilité pour son détenteur et comme un actif collectif, dont les effets sont au moins partiellement externes. La seconde s'établit entre une conception du capital social comme une source directe d'utilité et une autre comme source indirecte médiatisée par une fonction de production. Ces deux fractures se recouvrent mais seulement partiellement. Comme le montre l'auteur, si la portée analytique du concept va de l'évaluation de la pauvreté à l'efficacité collective des processus de développement locaux, cette ampleur du domaine couvert est fondamentalement le reflet de ces différences de définition. De même la mesure du capital social hésite entre des indicateurs des transferts inter-individuels et des indicateurs des capacités d'action collective, conformément à la variété des options conceptuelles qui la sous-tendent. Le second texte de Jérôme Ballet et François Régis Mahieu prend précisément position pour une de ces lignes de réflexion. Les auteurs proposent d'examiner le capital social en tant qu'actif privé. Une mesure du capital social à partir des transferts est ainsi proposée. Cependant ce qui caractérise cet actif par rapport à d'autres est sa dépendance vis-à-vis des interactions sociales et en 9

particulier de l'altruisme. Aucune configuration ne peut alors être évitée théoriquement. Des situations de malveillance peuvent se développer. Ce qui amène les auteurs à insister sur la coexistence entre coopération et conflit. Le papier conclut, qu'en raison des risques de fragilité de l'altruisme, un principe de précaution sociale concernant les politiques de développement pourrait être admis. Le troisième article est celui de Nicolas Sirven. Il propose une lecture du développement du capital social à travers l'intégration du rôle des institutions dans la croissance économique. Il rappelle notamment le fait que le capital social correspond à diverses composantes des organisations et des institutions, et que celles-ci contribuent ou non, en tant que facteurs d'accumulation de capital individuel ou collectif, à endogénéiser la croissance. Et surtout que le capital social est pour certains analystes un output structurel, et pour d'autres un input fonctionnel. Le dernier texte de cette première partie est de Roland Guillon. Il introduit le concept de capital social pour étudier les activités en Afrique de l'Ouest. Il en souligne la polysémie en fonction des disciplines ou des postures méthodologiques. Il suggère aussi la diversité des connotations de ce concept chez un même auteur, Bourdieu. Il insiste sur le caractère contrasté - individuel ou collectif, réel ou virtuel, manifeste ou latent - des usages sociaux de ce concept. Il souligne aussi les complémentarités et les tensions entre les activités formelles et informelles. Et, posant la question du positionnement de l'Afrique dans la mondialisation, l'auteur évoque les rapports entre deux logiques de régulation, l'une communautaire, et l'autre universelle. A l'heure où un vent semble souffler en faveur de la solidarité, où beaucoup se demandent si l'économie peut être solidaire, les textes proposés dans la seconde partie posent une question essentielle et pourtant souvent absente du débat. Il s'agit non pas de se demander si l'économie peut être solidaire, mais s'il est bon d'être solidaire? A partir d'analyses spécifiques sur différents pays, les contributions donnent des éléments de réponse à cette question. L'article de Jacques Charmes apporte une contribution au débat des effets des solidarités en proposant un panorama des sources de données disponibles dans les pays africains. Les critiques ou au contraire les espoirs fondés sur la solidarité sont souvent établis en 10

l'absence de données précises. La mise en évidence de certaines sources de solidarités comme les transferts entre ménages et l'utilisation du temps permettent alors de prendre au sérieux cette problématique. Dans la mesure où le capital social constitue un élément essentiel dans le comportement des ménages, il apparaît également comme un maillon indispensable dans les stratégies de lutte contre la pauvreté. Ne pas le prendre en compte risque sans doute de conduire à des erreurs de politiques. Dans ce contexte, l'analyse des données s'avère d'autant plus cruciale. L'article de Abdou Abdallah, Jean-Luc Dubois et Aurélie Poussard propose une lecture du cas comorien à partir du capital social. L'accroissement de la pauvreté ces dernières années a contribué à l'éclatement des îles. et a provoqué de multiples violences. D'un point de vue analytique, les dynamiques du capital social apparaissent antinomiques. D'un côté, au niveau micro-local des villages, une dynamique d'innovation sociale et de solidarités semble contribuer à la croissance. D'un autre côté, au niveau macroglobal des relations inter-îles, prévaut le repli identitaire insulaire défavorable au développement de la zone. Le capital social produit des effets positifs au niveau micro social mais des effets négatifs au niveau macrosocial. Cette dynamique contradictoire impose de repenser le mode de gouvemance de l'ensemble des îles. Toute l'ambiguïté d'un développement fondé sur le capital social est bien mis en évidence. L'article de BilaI O. Hamzetta poursuit la réflexion des effets du capital social. En Mauritanie les mécanismes de régulation sociale ont produit et produisent encore des formes de solidarité sociale que sous-tendent des fondements culturels, religieux ou éthiques. Cependant les rendements de ces formes de solidarité ne sont pas toujours en faveur du développement économique et même de la cohésion sociale. L'auteur souligne que certaines formes de solidarité peuvent contribuer à l'appauvrissement des populations. En ce sens le capital social génère des effets négatifs.

Il

Bibliographie
Arrow K.J. (1999), "Observations on Social Capital" , in Dasgupta P. et Serageldin I. (eds), Social Capital: A Multifaceted Perspective, Washington D.C., World Bank, p.3-5. Bourdieu P. (1979), La distinction, Paris, Les éditions de minuit. Coleman J.S. (1988), "Social Capital in the Creation of Human Capital" , American Journal of Sociology, vo1.94, supplément, S90-S 120. Dasgupta P. et Serageldin I. (1999), Social Capital: A Multifaceted Perspective, Washington D.C., World Bank. Putnam R.D. (1995), "Bowling Alone; America's Declining Social Capital" , Journal of Democracy, vo1.6, n01, p.65-78. Putnam R.D. (2000), Bowling Alone. The Collapse and Revival of American Community, New York, Simon & Schuster. Solow R.M. (1999), "Notes on Social Capital and Economic Performance", Dasgupta P. et Serageldin I. (eds), Social Capital: A Multifaceted Perspective, Washington D.C., World Bank, p.6-10.

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PARTIE I LE CAPITAL SOCIAL, UN CONCEPT MUL TIFACES

Le capital

social dans la théorie économique:

actif privé ou bien public?
Le point sur quelques contributions récentes.
Denis Requier-DesJardins Economiste, Université de Versailles-Saint Quentin, Centre d'économie et d'éthique pour l'environnement développement

et le

Introduction Le concept de capital social a d'abord été introduit en sociologie: ainsi Bourdieu (1979), se situant dans un cadre analytique marxiste, définit le capital social comme une caractéristique des classes dominantes, à savoir la capacité de leurs membres à retirer des avantages de leur intégration aux réseaux sociaux de classe. Toutefois malgré sa référence à une analyse de classe, sa conception du capital social est plutôt celle d'un actif indi viduel : l'accumulation du capital social renvoie à un comportement individuel de construction d'un réseau de relations au travers d'investissements sociaux tels que l'organisation de réceptions, l'adhésion à des clubs, les stratégies matrimoniales etc. Ce comportement fait partie de "l'habitus" des individus appartenant à la bourgeoisie: leur capital social leur permet d'augmenter les profits qu'ils tirent de leur capital économique ou de leur capital culturel. Par la suite un autre sociologue, Coleman (1988), développe cette notion en la positionnant dans un cadre méthodologique strictement individualiste.

Portes (1998), toutefois, signale que l'accent mis sur les conséquences de l'engagement dans des groupes n'est pas vraiment une nouveauté en sociologie, puisque le fondement s'en trouve chez les fondateurs de la discipline, Durkheim par exemple. La nouveauté réside plutôt dans l'utilisation du terme capital qui implique une certaine "fongibilité" du capital social avec les autres formes de capital et permet donc une plus grande proximité entre des analyses sociologiques et économiques. Cette proximité est peut-être un des facteurs qui expliquent l'adoption subséquente de ce concept par les économistes. Le capital social est ainsi un concept neuf en économie: si la conception "individualiste méthodologique" de Coleman peut apparaître proche de la théorie économique dominante, c'est Putnam (1993), quoique étant plus politologue qu'économiste, qui peut être crédité de son "importation" en économie, essentiellement parce qu'il en fait un facteur de divergence dans les trajectoires de développement. Pour cette raison des économistes du développement s'en sont emparé après lui. Cependant même si la littérature strictement économique sur le capital social a moins de dix ans d'âge, son développement a donné lieu à une série de controverses. En effet, même si à première vue un relatif consensus semble exister, malgré les formulations différentes, sur la définition du capital social comme étant constitué par un ensemble de règles, de structures sociales et de réseaux sociaux, le fait de qualifier ces éléments de capital, et de considérer ce capital comme social soulève les remarques suivantes. >- Le capital social, comme d'ailleurs les autres types de capitaux, doit pouvoir être conceptuellement distingué de son support, les structures sociales, et mis en relation avec un flux de revenu, quelle qu'en soit la forme concrète. >- Ce revenu est le résultat pour les acteurs de la possession de capital social, le terme capital social suggérant la possibilité que ce revenu soit attribué non pas individuellement, mais collectivement aux personnes impliquées dans les relations sociales.

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~ De plus, si ce revenu est supposé apporter de l'utilité au détenteur du capital social, ce processus peut être "direct" ou "indirect" (Schiff 1997), selon que la relation entre le stock de capital et le flux d'utilité est médiatisée ou non par une fonction de production dont le capital social est une variable. La portée de ces choix alternatifs n'est pas simplement théorique. Elle influence considérablement l'usage empirique du concept, que ce soit au plan des questions qu'il permet de traiter, ou du caractère opérationnel qu'il peut acquérir à travers sa mesure. En traitant ces questions, à partir d'un échantillon non exhaustif mais représentatif de contributions récentes et un peu moins récentes, de nature diverse, même si la plupart d'entre elles doivent être considérées comme relevant de la théorie économique, cet article identifiera deux lignes de fracture: ~ l'une opposant une vision du capital social comme un actif individuel produisant un revenu individuel à une vision de ce même capital en terme d'actif collectif dont les effets sont en partie externes aux individus, ~ l'autre opposant une approche du capital social comme une source directe d'utilité à une approche qui le voit comme une source indirecte à travers une fonction de production. Il défendra l'idée que ces deux lignes de fracture se recouvrent même si ce n'est que partiellement. Dans le premier paragraphe nous examinerons le lien entre structures sociales et capital social, qui est au cœur de sa définition. Le second paragraphe sera consacré à l'examen de la relation entre le capital social et son revenu et à l'identification des conceptions alternatives de ce lien. Le troisième paragraphe s'attachera à la portée empirique du concept en fonction des conceptions alternatives identifiées précédemment.

1. Des structures sociales au capital social
Le capital social renvoie évidemment à la société, aux relations sociales et aux structures sociales. Mais, comme Collier (1998) le

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souligne, sa définition doit inclure non seulement sa nature sociale mais également sa nature de capital.

1.1. Le capital social est social...
La nature sociale du capital social est soulignée aussi bien par les contributions les plus anciennes que par les plus récentes. Coleman (1988) affirme dans son article fondateur: "The conception of social capital as a resource for action is one way of introducing social structure into the rational action paradigm". Il identifie différentes formes de structures sociales susceptibles de constituer des éléments du capital social: les systèmes d'attentes et d'obligations réciproques, les canaux relationnels par lesquels transitent l'information et les systèmes de normes sociales qui stabilisent les anticipations sur les comportements. Ces éléments se retrouvent ensemble ou séparément dans les définitions postérieures:
~ Putnam (1993) énonce: "Social capital refers here to ..features of social organization, such as trust, norms and networks, that can improve the efficiency of society, facilitating co-ordinating actions" . ~ Plus récemment Fafchamp et Minten (1998) voient le capital social comme "a stock of emotional attachment to a group or society" ou un "social network capital" détenu par les individus. ~ En 1998 la Banque mondiale dans un appel d'offres affirme: "defined broadly, social capital encompasses the formal and informal rules that enable coordinated action and goal achievement" .

Il semble donc qu'il y ait trois dimensions dans le capital social: ~ En premier lieu il renvoie à une idée d'obligations engendrées par un ensemble de règles ou de normes. ~ Deuxièmement il s'appuie sur une inclination affective et plutôt spontanée envers les autres, basée sur la confiance. ~ Troisièmement il recouvre l'ensemble des relations entre individus et leurs combinaisons sous forme de réseaux. 18