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Rénover une vieille bâtisse

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65 pages

Rénover une vieille bâtisse est une démarche qui engage au-delà de la quête d’un toit. Accomplissement d’un rêve, choix de vie mûrement réfléchi, souvent lié à un désir profond de retour à la terre et au rythme des saisons, cette aventure nous projette dans la réalité d’un monde naturel à (re)découvrir. Par ce cheminement, on apprend les traditions, les formes, les coloris, les savoir-faire locaux, les règles bioclimatiques, la transition énergétique, les matériaux écologiques. Ce nouveau titre de la collection Je passe à l'acte offre toutes les ressources nécessaires à la conduite d'un tel projet suivant les étapes proposées par le sommaire : Pourquoi. S'entourer. S’équiper. Se lancer. Tenir bon. Et après.


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couverture

Rénover une vieille bâtisse est une démarche qui engage au-delà de la quête d’un toit. Accomplissement d’un rêve, choix de vie mûrement réfléchi, souvent lié à un désir profond de retour à la terre et au rythme des saisons, cette aventure nous projette dans la réalité d’un monde naturel à (re)découvrir. Elle nous enracine dans cet écosystème qu’est la maison elle-même et son environnement.

Par ce cheminement, on apprend. Les traditions, les formes, les coloris et les savoir-faire locaux. Et puis, par cohérence et bientôt par envie, les règles bioclimatiques, la transition énergétique, les matériaux écologiques.

Rares sont ceux qui disposent des connaissances et des moyens des Monuments historiques pour mener à bien leur projet. Il faut alors trouver d’autres voies, plus sinueuses. C’est ce chemin en friche que ce livre explore : dans le concret comme dans le rêve, de l’ébauche du projet à son aboutissement. Avec, à l’arrivée, une révélation : à exiger de la qualité et du sens pour nos vieux murs, la démarche en vient à déteindre sur nos vies.

Journaliste et auteur de livres sur la relation à l’animal, Agnès Galletier a choisi une vie en pleine nature ; en 2004, elle s’est lancée dans la rénovation écologique d’un corps de ferme du XVIIe siècle. Elle partage aujourd’hui son expérience afin que chacun puisse réaliser son projet, à sa façon. Et comme elle, peut-être, en sorte transformé.

Pome Bernos est auteur de bandes dessinées et professeur d’économie au lycée expérimental de Saint-Nazaire. Elle a notamment écrit Chroniques d’un pigeon parisien (Emmanuel Proust éditions, 2004) et, avec Aurore Debierre, Les winners, c’est juste des losers qui s’acharnent (Ratures, 2015).

Elle collabore régulièrement à la collection “Je passe à l’acte”.

 

Agnès Galletier

Illustrations de Pome Bernos

 

 

RÉNOVER

UNE VIEILLE BÂTISSE

 

 

 

 
ACTES SUD | KAIZEN
 

Vous trouverez plus d’informations sur les notions marquées d’un astérisque dans la rubrique “Pour en savoir plus”.

 

Série dirigée par Marie-Noëlle Himbert.

 

Conception graphique : Anne-Laure Exbrayat, studio graphique d’Actes Sud.

 

© Actes Sud | Kaizen, 2017

ISBN : 978-2-330-08429-5

www.actes-sud.fr

 

Depuis quelques années, on sent un frémissement : plus personne ne nie qu’il va falloir changer, beaucoup commencent à croire que cela est possible. Par une multitude de petites (r)évolutions dans notre quotidien, chacun de nous a le pouvoir de construire le monde de demain.

Le succès du film Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, et les initiatives citoyennes qu’il a suscitées confirment que nous sommes prêts à nous lancer. Oui, mais comment faire ?

 

C’est pour répondre à cette demande croissante d’outils pratiques pour oser passer à l’acte qu’est née cette collection. Elle s’adresse à tous : convaincus, hésitants ou sceptiques. Elle aborde tous les domaines de nos vies quotidiennes : consommation, alimentation, logement, transport, loisirs, éducation, etc. Avec un objectif : accompagner ce désir de changement, l’étayer ainsi que le motiver et l’aider à aboutir.

 

Forme d’expression pratique des valeurs défendues par la collection “Domaine du possible”, “Je passe à l’acte” en est le prolongement logique, aujourd’hui indispensable.

 

Cette histoire-là m’est arrivée, il y a douze ans maintenant. C’était un soir d’hiver, juste avant Noël. Il pleuvait, la nuit s’emparait d’une ferme immense qui chapeautait une colline, au bout d’un chemin encadré de monumentaux piliers. Le lieu était mystérieux, presque monacal, tant par ses vastes proportions que par la symétrie des arches rythmant les façades à la manière d’un cloître.

 

Depuis quelques mois, j’étais en quête d’une rencontre avec de vieux murs auxquels je pourrais arrimer mes rêves de gosse mais aussi mes convictions d’adulte, qui me faisaient quitter Paris pour vivre en pleine nature. Je voulais ancrer mes idéaux écologiques dans des réalités quotidiennes, dans un terroir où le “Penser global, agir local” prendrait pleinement sens pour moi.

Ce soir-là, j’ai senti que, si je passais mon chemin face à l’immensité de la tâche à accomplir, je garderais en moi les regrets d’un rendez-vous manqué. Alors, pétrie de peurs et de fous espoirs, j’ai appelé l’agence immobilière et je me suis entendue prononcer le fatidique : “Je l’achète.”

Plus de 1 Français sur 2 et près de 3 jeunes sur 4 souhaiteraient habiter dans une maison individuelle isolée1.

À l’époque, je savais à peine changer une poignée de porte. Et je m’apprêtais, avec un budget ridicule, à entreprendre la rénovation des 900 mètres carrés d’une bâtisse du XVIIe siècle, sur un terrain de 5 hectares. Le tout à l’état de décharge, les pneus de tracteur côtoyant les baignoires défoncées.

J’étais un tantinet inconsciente mais, tout comme vous, je n’ignorais pas la réputation d’inconfort des bâtisses anciennes ni celle, pire encore, des travaux de rénovation : “On ne sait jamais ce que l’on va découvrir.”

Aujourd’hui, je rédige ces lignes assise face au foyer qui chauffe mon vaste logement basse consommation, adossé à la forêt d’où vient notre bois, flanqué d’un potager et d’un verger dont la production est largement soutenue par le fumier des chevaux broutant nos pâtures.

Le rêve s’est réalisé et il nourrit chaque jour d’autres réflexions, de nouveaux engagements, pour une vie toujours plus en phase avec mon environnement.

LA BÉTONISATION DES SOLS NE PASSERA PAS PAR MOI !

En rénovant, on redonne vie à un espace déjà investi par l’homme, plutôt que de participer à la bétonisation des espaces naturels.

 

Selon le ministère de l’Écologie, les surfaces “artificialisées” augmentent encore aujourd’hui de 0,5 % par an (contre 1,3 % entre 2006 et 20122). Cela revient à perdre tous les sept ans l’équivalent d’un département de terres, au profit de bâtiments, de routes et de parkings.

En quoi la rénovation de cette vieille bâtisse me rapprochait-elle plus de mes objectifs que la construction d’un bâtiment neuf, aux normes actuelles, de plus en plus écologiques ?

 

Oublions les arguments sur le charme, le cachet, et concentrons-nous sur les données objectives.

La première, très trivialement, est que cette vieille ferme était beaucoup moins chère que la moindre construction neuve, même modeste. De plus, si j’avais voulu faire bâtir, il m’aurait été impossible d’acheter un vaste terrain isolé, à moins de raser une ruine existante : fort heureusement, afin de limiter le “mitage des terres agricoles”, la loi empêche de délivrer un certificat d’urbanisme pour un terrain isolé en pleine campagne, c’est-à-dire un document qui permettrait de le rendre constructible.

 

Enfin, si l’on compare ce qui est comparable, je n’aurais jamais pu financer la construction d’une telle surface de bâtiments, comprenant remises, ateliers, garages, écurie, poulailler, cave… Sans oublier la qualité de la construction !

 

Autre avantage capital de la vieille bâtisse : elle permet très naturellement d’inscrire notre consommation dans une économie circulaire, tant dans la façon de mener notre rénovation que par le mode de vie sur le lieu.

 

Car là où les anciens ont bâti, il y a généralement une autonomie possible : celle que vivaient nos ancêtres grâce à l’eau de leur puits ; à un coin de bonne terre, bien exposée pour installer le potager ; à une cave pour conserver les aliments produits ; souvent à un verger et quelques arbres aux essences complémentaires autour de la maison ; sans oublier des pierres et du sable pour la construction.

73 % des déchets produits par l’ensemble du secteur marchand français sont issus des entreprises de construction3.

Écologiques avant l’heure, les composants de ces bâtiments étaient prélevés sur place, souvent réutilisés plusieurs fois, et pouvaient retourner à la nature sans engendrer de pollution.

La plupart du temps, ces ressources sont encore là, à portée de main ou presque. Reste à s’engager dans un jeu de piste afin de retrouver les matériaux et les savoirs indispensables à l’équilibre du lieu. Ils vont nous aider à bâtir un projet cohérent, celui d’une rénovation respectueuse de l’environnement, de son terroir et, bien sûr, de notre futur confort.

 

Par exemple, les sables issus des environs immédiats de la maison (carrière, berges) vous permettront de réaliser des enduits dans la couleur utilisée par les anciens, celle qui se fond parfaitement avec les pierres du pays.

Vous pouvez aussi les utiliser en décoration intérieure, afin de colorer vos enduits et peintures, plutôt que d’acheter des pigments préparés, souvent venus de loin (donc peu écologiques) et très onéreux.

UNE BEAUTÉ À PRÉSERVER

Les bâtisses anciennes s’intègrent naturellement dans le paysage. Tout nous incite alors, pour leur rénovation, à respecter cette harmonie, liée à des proportions, des formes, des couleurs, des matières propres à leur terroir.

Pour éclairer ses choix, on peut consulter la “charte paysagère” de son secteur. Élaborée par des architectes, des paysagistes, parfois des sociologues, elle vise la préservation du patrimoine paysager et bâti. On la trouve à la mairie.