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Res publica

De
68 pages

« Il s’agit, en ce moment, pour le pays, des plus grands intérêts imaginables ; il s’agit de régler son sort présent et futur ; il s’agit de savoir si c’est d’après la tradition glorieuse de mille ans, qu’il doit se constituer ; ou si, s’abandonnant au torrent qui précipite aujourd’hui les sociétés humaines vers un avenir inconnu, il doit revêtir une forme nouvelle, afin de poursuivre paisiblement ses nobles destinées.

Ce pays, objet de l’attention passionnée de l’univers, sera-t-il république ou monarchie ?

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIXe, les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.

Eugène de Mogure

Res publica

L’idée qui a inspiré les pages qui suivent pourra sembler une rêverie ; mais tous ceux qui possèdent quelque amour pour la France, tous ceux qui, faisant abstraction de leurs préférences politiques, ne considèrent que l’intérêt général, n’hésiteront pas à s’y associer.

Le titre de cet ouvrage indique à quel point de vue nous nous sommes placé pour faire l’examen des deux sortes de gouvernement aujourd’hui en présence. Nous avons pris soin d’écarter, autant que possible, toute idée préconçue en matière politique pour ne donner à notre esprit qu’un objectif, la chose publique, Res publica.

Si nous disons : « Ni monarchie, ni république » c’est que ces deux termes ne signifient plus, suivant nous, un état de choses nécessaire et conforme à nos besoins présents.

Certes, il est utile et bon d’étudier le passé et de profiter des leçons qu’il nous a données ; mais il ne faut pas oublier qu’avec le temps notre maniéré d’être, nos intérêts ont profondément changé.

Les formules qui représentaient, il y a cinquante ans, notre situation politiqne sont demeurées les mêmes, bien que cette situation ait varié. Ce sont encore ces formules, fausses aujourd’hui, qu’on emploie ; c’est par elles que l’esprit se laisse subjuguer. La cause principale de nos dissensions civiles ne doit pas être cherchée ailleurs.

Le sort de tous les gouvernements bâtis l’histoire à la main, est de s’écrouler bientôt d’eux-mêmes parce que les bases sur lesquelles ils doivent reposer aujourd’hui ne peuvent servir aux institutions anciennes dont on les compose.

Que nous faut-il ? Voilà la première question que nous devons nous poser. Pour la résoudre, nous ne devons pas rechercher les rapports que notre situation actuelle peut avoir avec celle des peuples anciens et imiter les institutions qui les régissaient alors. Nous devons examiner notre propre nature, nous consulter et ne croire que nous-mêmes.

Il ne faut pas non plus qu’après nos longs et vains efforts, nous accusions la Providence et nous nous endormions dans l’attente. Notre bien-être ne peut venir que de nous-mêmes ; et, si réellement nous ne devions attendre la liberté que de la bonne fortune de quelque aventurier hardi, sans travail, sans vertus politiques, la liberté ne vaudrait pas la peine d’être souhaitée.

Octobre 1871.

I

« Il s’agit, en ce moment, pour le pays, des plus grands intérêts imaginables ; il s’agit de régler son sort présent et futur ; il s’agit de savoir si c’est d’après la tradition glorieuse de mille ans, qu’il doit se constituer ; ou si, s’abandonnant au torrent qui précipite aujourd’hui les sociétés humaines vers un avenir inconnu, il doit revêtir une forme nouvelle, afin de poursuivre paisiblement ses nobles destinées.

Ce pays, objet de l’attention passionnée de l’univers, sera-t-il république ou monarchie ? Adoptera-t-il l’une ou l’autre de ces deux formes de gouvernement qui divisent aujourd’hui tous les peuples ? Quel problème plus grand fut jamais posé devant une grande nation, dans les termes où il se pose maintenant devant nous ?