Révoltes extraordinaires

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208 pages
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Ludovic Zahed n'a pas encore vingt ans quand, en juillet 1997, il apprend qu'il est séropositif. Son univers bascule, son insouciance disparaît ; il est persuadé de n'avoir plus comme perspective qu'une mort prématurée. Mais les années passent et il est toujours là. Il décide donc de se lancer dans un pari fou : faire le tour du monde pour aller à la rencontre des enfants du sida, ceux qui, comme lui, ont perdu trop tôt leur insouciance et sont atteints de cette maladie qui exclut.

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Date de parution 01 décembre 2011
Nombre de visites sur la page 73
EAN13 9782296475847
Langue Français

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RÉVOLTES EXTRAORDINAIR S E
Ludovic Lotfi Mohamed ZAHED
RÉVOLTES EXT AORDINAIR S R E
Un enfant du Sida autour du monde
© L’HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-56608-8 EAN : 9782296566088
Remerciements
J’aimerais remercier l’ensemble des bénévoles qui ont soutenu cette aventure autour du monde dédiée aux enfants du Sida. Je remercie en particulier Sami Battikh, ainsi que l’ensemble des associations qui ont cru en mon projet, notamment l’association TDMES. Je remercie les enfants de l’école primaire de Montigny-le-Bretonneux, ceux de l’école primaire deNanterre, ainsi que leurs institutrices qui ont suivi et encouragé mon voyage tout au long de l’année scolaire 2008-2009. Je remercie enfin ma mère, ma sœur, mon père, pour leur soutien indéfectible et leur amour.
Renaissance
1 Ljubljana – Slovénie, septembre 2008
1 L’ensemble des photos figurant sur cet ouvrage ont été prises lors duTour du Monde des Enfants du Sida, entre septembre 2008 et juin 2099 ; elles sont toutes consultables sur le blog de l’association TDMES -http://www.tourdumondedesorphelins.com/
Espoir d’Europe
« La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit. » (Oscar Wilde)
Nous sommes le lundi 15 septembre 2008. Je quitte enfin Paris, ses parapluies et sa célèbre grisaille. Aujourd'hui pourtant il fait un temps idéal, le ciel est bleu, le soleil brille et la température est agréable. Après des mois de préparation et de travail afin de monter ce projet qui s’est voulu solidaire et culturel, je quitte mon pays en temps et en heure.
En début de cette matinée je prends la route avec ma vieille voiture pour le sud de laFrance. Je descends à Marseille, je déposerai chez mes parents qui vivent là, le peu d’affaires qu’il me reste. Mes meubles et autres objets de valeurs ayant été vendus afin de financer en partie cette expédition. Tout le reste tient tout juste dans le coffre arrière de ce petit 4x4.Comme quoi, on fait souvent toute une montagne des choses matérielles. Tout cela a bien peu d’importance en vérité. Le soir de mon arrivée, ils sont tous là. Ma sœur Myriam et son mari, mon frère et sa femme, mon père et bien entendu ma très chère mère. Nous dinons tous ensemble puis je vais me coucher sans tarder. Le trajet en voiture de Paris à Marseille m’a épuisé et demain sera pour moi le début d’un très long voyage en train. C’est ainsi que tôt le lendemain matin, je dis au revoir à toute ma famille.Hier j’ai quitté mon appartement et tout ce qui a fait ma vie pendant trente ans. C’est pourtant là, en quittant les miens, que je prends conscience de ce qui n’était encore qu’une sensation sourde, tout juste désagréable. Aujourd’hui, je prends pleinement conscience de ce que je décrirais comme un sentiment de perte, une légère déchirure dans la continuité bien ordonnée de ce qui fut jusqu’à ce jour mon quotidien. C’est un sentiment étrange par son intensité. C’est comme de se
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réveiller le matin d’une rupture amoureuse : on sait qu’on ne reverra plus l’être autrefois aimé. Plus encore, aucun doute ne subsiste sur le fait qu’une partie de ma conscience, une partie de ses rêves, de ses joies, une partie de ses espoirs ne vivra plus jamais. Mais après tout, choisir n’est-ce pas toujours mourir un peu ? En neuropsychologie, certaines théories parlent de micro-consciences multiples qui entrent en concurrence afin de donner corps à cet ensemble de phénomènes que nous appelons « être humain ». Aujourd’hui, qui peut dire quelle conscience de moi prendra le leadership de mon être demain ?Du point de vue de la partie la plus déterminée de moi-même, cela semble n’avoir aucune importance en soi. J’aime à penser que je saurai être un adepte du systèmeD, que je ferai avec ce que le destin me mettra sous la main. Aujourd’hui plus qu’aucun autre jour, ce qui compte véritablement c’est de savoir qu’un individu tel que moi a pu fomenter un tel projet à la face de la fatalité. Le fait d’être sur la route de l’Europe centrale, en temps et en heure, est déjà pour moi une victoire en soi !
C’est dans cet état d’esprit que je prends le train depuis Marseille vers le nord de l’Italie. Je fais une courte escale à Milan. Le train arrive à minuit, les hôtels sont tous bondés : c’est la « fashion week », me dit-on. Un des concierges des hôtels visités, honnête jusqu’au bout des ongles et soucieux de mon confort, me propose une chambre à deux cents euros la nuit !« Vous pouvez tourner deux heures ! Vous ne trouverez rien de libre ce soir ». Je le remercie poliment, il semble stupéfait de me voir tourner les talons aussi sec, habitué que je suis à cet acabit-là de bonimenteur de marché. Après près d’une heure de marche et de porte à porte, deux sacs sur le dos un autre sur le torse, je finis par trouver une chambre à un prix disons négocié. Le lendemain je prends le train pour Venise (que je connais déjà), puis un autre train pour Verrach : une ville de l’est de l’Autriche située aux portes de l’Europe centrale. Je dois y faire une énième correspondance, afin de rejoindre ma destination finale de ce jour : la Slovénie. Alors bien entendu, comme les trains italiens sont toujours
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