SATISFACTIONS ET SOUFFRANCES AU TRAVAIL

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Si, à notre époque, le travail est lieu de satisfactions, il semble que ce soit d'abord parce qu'il permet de vivre décemment, du moins plus ou moins décemment, à ceux et celles qui bénéficient d'un emploi. Car ensuite les conditions d'exercice de cet emploi apparaissent comme étant fréquemment sources de souffrances : charge physique excessive, stress, sentiment d'injustice, voire de servitude et d'aliénation sont ainsi ici évoqués. Tout ceci amène à reconsidérer le sens donné au travail, en fonction de la répartition des activités dans et hors travail.

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Ajouté le 01 octobre 2000
Nombre de lectures 157
EAN13 9782296421431
Langue Français
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SATISFACTIONS

ET

SOUFFRANCES AU TRAVAIL

@ L'Harmattan,

2000

ISBN: 2-7384-9645-8

Sous la direction de

Bernard GANGLOFF

SATISFACTIONS ET SOUFFRANCES AU TRAVAIL

Association Internationale de Psychologie du Travail de Langue Française
L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE
L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

Collection Psychologie du Travail et Ressources Humaines
dirigée par Bernard Gangloff

La collection diffuse tout ouvrage traitant des conduites humaines dans les organisations. Sont ainsi concernés: la formation, l'orientation et le recrutement, l'ergonomie, la communication, l'audit social, l'aménagement du temps de travail, la gestion des ressources humaines, etc. Tout type de travail susceptible de faire évoluer la connaissance et la réflexion dans ces domaines trouve ici naturellement sa place: présentation de méthodes et de résultats d'interventions, recherches expérimentales ou cliniques, analyses théoriques ou actes de congrès. Co-responsable de la collection, l'Association de Psychologie de Travail de Langue Française assure l'expertise des ouvrages retenus pour publication.

Déjà parus
Bernard GANGLOFF, Profession recruteur, profession imposteur, 2000. Bernard GANGLOFF (sous la direction de) , Les compétences professionnelles. Descriptif, mesure et développement, 2000. Bernard GANGLOFF (sous la direction de), L'individu et les performances organisationnelles, 2000.

Si, à notre époque, le travail est lieu de satisfactions, il semble que ce soit d'abord parce qu'il permet de vivre décemment, ou au minimum plus ou moins décemment, à ceux et à celles qui bénéficient d'un emploi. Car ensuite les conditions d'exercice de cet emploi apparaissent comme étant fréquemment sources de souffrances: charge physique excessive, stress, sentiment d'injustice, voire de servitude et d'aliénation, sont ainsi régulièrement évoqués. Tout ceci amène à reconsidérer le sens donné au travail, sens fonction de la répartition des activités dans et hors travail. Passant en revue ces différents aspects, les textes réunis ici sont issus de communications présentées au Xème Congrès International de Psychologie du Travail et des Organisations (Bordeaux, août 1998). Préalablement à sa publication, chaque communication a été soumise à deux expertises indépendantes, puis retravaillée, et enrichie de données additionnelles et d'analyses complémentaires. Dix huit textes ont ainsi été retenus. Ils constituent les dix huit chapitres du présent ouvrage. Les quatre premiers abordent l'aspect chômage. Du point de vue des chômeurs, évidemment, mais aussi de ceux, de plus en plus nombreux, qui se sentent menacés dans leur emploi. Aparicio constate ainsi que certaines réactions au chômage, telles que la somatisation ou, à l'inverse, la tentation de l'activisme révolutionnaire, dépendent d'abord de l'origine sociale des personnes concernées. Battistelli et Odoardi indiquent quant à eux que l'orientation vers une voie intermédiaire, orientation qui se caractérise notamment par un effort d'insertion via les dispositifs institutionnels, comme les sessions d'aide à la recherche d'un emploi, est principalement fonction du sentiment d'efficacité potentielle éprouvé par les chômeurs. Plus globalement, Toutut explique comment l'élaboration du sens identitaire chez les chômeurs est essentiellement une construction issue de leurs actions, c'est-à-dire en fait une reconstruction postérieure à ces actions. Lamoureux souligne enfin que les effets du sous-emploi structurel ne se limitent pas à frapper les chômeurs; que ce sous-emploi peut aussi conduire à une modification d'implication potentiellement pathogène des salariés en poste. Le personnel en poste n'est pas en effet sans être affecté lui aussi par certaines nuisances. Qu'il s'agisse d'injonctions paradoxales

issues d'exigences impossibles à atteindre (Junker), qu'il s'agisse d'emplois générateurs de stress (Van Daele ; Loiselle, Royer, Dussault et Deaudelin), et sans possibilité de maîtriser de stress (Rellemans et Kamas), ou encore, plus prosaïquement mais non moins perturbant, que l'emploi se décline sous forme de contraintes physiques excessives (Caruso; RelIa, Fontaine et Schouller), les exemples d'emplois sources de souffrances sont loin d'être exceptionnels. A ce tableau s'ajoutent les particularismes de telle ou telle entreprise (Modak, Messant-Laurent et Gaberel), ou du mode de gestion des ressources humaines (Galambaud; Laberon, De Montaigut, Vonthron et Ripon). Il est alors aisément concevable qu'un tel décalage, et c'est un euphémisme, entre les attentes des individus et l'emploi qui leur est offert, conduise à une démobilisation des jeunes embauchés (Guérin et Carrière); démobilisation d'ailleurs d'autant plus importante que l'individu pourra trouver, hors de la sphère travail, des lieux d'investissement compensatoires (Almudever, Croity-Belz et Hajjar; Rosa, Le Blanc et Baubion-Broye; Royer, Provost et Coutu). Ces différents constats apportent ainsi chacun un éclairage particulier aux satisfactions et aux souffrances issues du travail. Mais, loin d'aboutir à une simple mosaïque, leur mise en relation conduit à découvrir leur complémentarité, et à constituer un tableau doté d'une inquiétante homogénéité. Faut-il alors repenser le travail? En développer, à l'instar d'Amherdt et Dejean, une nouvelle représentation, plus adaptée aux incessantes transformations qui le caractérisent? Le risque n'est-il pas alors, à force de toujours vouloir s'adapter à des mutations que d'aucuns considèrent comme de plus en plus anarchiques, d'aboutir à une conception inconsistante du concept et de l'activité de travail? La question est loin d'être close... B. Gangloff

LE CHÔMAGE STRUCTUREL EN ARGENTINE. RÉPONSES PSYCHOSOCIALES D'APRÈS DEUX 'PATTERNS' D'INCONSISTANCE DE STATUT
STRUCTURAL UNEMPLOYMENT IN ARGENTINA. PSYCHOSOCIAL ANSWERS BASED ON TWO DIFFERENT PATTERNS OF STATUS INCONSISTENCY

APARICIO Miriam Consejo Nacional de Investigaciones Cientificas y Técnicas (CONICET). Paso de los Andes 983, Mendoza, Argentina (5500).Telécopie: 54 61 251901. E-Mail: maparici@satlink.com.ar

Résumé: cette étude concerne les effets psychosociaux du sousemploi structurel dans les organisations, sous-emploi provenant de l'inadéquation entre les besoins du système productif et la formation des diplômés universitaires (1980-1995). Les résultats: a) montrent le degré de désarticulation entre le système éducatif et productif; b) révèlent différents "patterns" de réponses psychologiques et l'incidence déstabilisante de la nouvelle situation structurelle. Mots clés: université, sous-emploi structurel, inconsistance de statut, réponses psychosociales.

Abstract: the psychosocial effects of structural underemployment are analyzed in certain organisation. Such effects result from the lack of relationship between the demands in the field of production and the poor training in university graduates (1980-1995) in Argentina. The results: a) the width of the gap between education and production is measured; b) they reveal different patterns of psychological answers and the "disolving" influence of the new structural situation. Key words: university, structural inconsistency, psychosocial answers. underemployment, status

1- Présentation. Cette étude s'inscrit dans un programme de recherches axées sur la problématique de l'emploi dans sa relation avec l'éducation, ce dans les contextes sous-développés. Son objectif spécifique a été de mettre en évidence, d'un côté l'inadéquation concrète entre l'offre du système éducatif universitaire argentin et les demandes changeantes du système productif, "technique" et compétitif; et d'un autre les graves conséquences psychosociales qui dérivent d'une telle désarticulation. L'échec professionnel des diplômés s'analyse à partir d'un modèle systémique sui generis à deux niveaux: les "conditionnants" qui le préparent (antérieurs même à l'entrée de l'Université) et les "effets" psychosociaux qui dérivent de l'impasse structurelle et que l'on observe déjà dans l'entreprise.. La question nous semble importante pour les raisons suivantes: le taux de diplômés universitaires enregistre une notable augmentation dans notre pays, mais en même temps le système éducatif supérieur ne répond pas aux nouveaux besoins; il ne passe même pas de la logique des qualifications à celle des compétences. Sur le plan du système productif, de plus en plus la rigidité structurelle s'accentue et les besoins de recyclage et formation continue augmentent. Le résultat de cette désarticulation se concrétise par la place du sujet à des positions non équivalentes dans le monde éducatif et dans le marché du travail, ce qui revient à dire «statuts inconsistants », phénomène qui a des conséquences psychologiques importantes. Les profils des statuts varient, les plus fréquent étant : a) statut ethnique inscrit élevé / statut éducatif acquis élevé / bas statut professionnel; b) bas statut ethnique / statut éducatif élevé / bas statut professionnel. La lente réforme éducative et les macro-tendances dominantes nous permettent de prévoir un fort accroissement d'inconsistance entre le statut éducatif et professionnel dans l'avenir et la prédominance du dernier profil (profil b). Etant donnés les effets du phénomène, nous nous sommes proposé, ici, concrètement, d'approfondir les réponses psychosociales à un tel conflit car il s'agit d'un aspect à peine insinué dans la théorie. On réalise donc un prétest d'hypothèses élaborées dans d'autres contextes (Jackson, 1962; Benoit-Smullyan, 1974; Hollinshead et Redlich, 1958) et en particulier de la théorie latinoaméricaine des Tensions Structurales (Heintz, 1970). Cette dernière analyse les 8

tensions typiques dans les pays sous-développés où, fréquemment, le statut éducatif devance le statut socio-économique et, plus concrètement, le statut professionnel. Tel est le cas de l'Argentine actuellement, pays avec des caractéristiques atypiques dans l'aspect socio-culturel et économique et qui est loin du cadre d'il y a quelques années. Ce n'est plus le pays où "s'enrichir en Amérique était possible"; les circonstances ont changé. Ce fait a surgi nettement lors des deux recherches que nous avons précédemment menées, sur une population globale de non diplômés, à des niveaux tellement inquiétants que nous avons décidé de l'approfondir. De fait, l'inconsistance de statut surgissait, marquant, de différente façon, les trois générations considérées: les enquêtés (diplômés universitaires), leurs parents et leurs grandparents. Avec un très faible niveau éducatif, la première génération a profité de la montée socio-économique mais sans ascension ethnique; l'inconsistance s'est alors traduite par une relation statut d'origine bas/statut éducatif bas, statut économique relativement élevé; c'est à dire qu'une condition ethnique basse et un pauvre niveau éducatif se sont conjugués avec des possibilités de mobilité économicoprofessionnelle. Le phénomène résulte évidemment de la forte immigration du début du siècle en Argentine. Dans la seconde génération (chefs de famille), la problématique est moins évidente, le niveau éducatif devenant en plus grande relation avec la position professionnelle. Finalement chez les jeunes diplômés, l'inconsistance surgit. C'est alors que "les rôles s'inversent": avec un niveau éducatif plus grand que celui de leurs parents et grands-parents, la progression économico-professionnelle n'est plus possible; il leur est chaque fois plus difficile, sur le plan professionnel, de "se faire une place en accord à leur formation académique". Une impasse structurelle s'ajoute à cette conquête dans le domaine éducatif, rendant la problématique plus accentuée parmi les sujets ayant de hauts niveaux éducatifs, population privilégiée du chômage structurel. Cette situation nous préoccupe comme phénomène mais aussi par ses consonances psychosociales, ayant remarqué que, par la même définition d'inconsistances, celle-ci s'aggrave; les distances entre les statuts, qui devraient être à un même niveau, s'élargissent; nous avons donc décidé d'entreprendre une étude exhaustive avec des diplômés universitaires. 9

2- Hypothèses. 1) L'insuffisante réponse des systèmes éducatifs et de l'emploi aux demandes contextuelles variables (recyclage, formation continue) se traduirait, chez les sujets qui arrivent au plus haut niveau éducatif, par du chômage structurel. 2) Les profils de réponses psychologiques varieraient conforme au "pattern" d'inconsistance: a) face à la conjugaison bas statut inscrit ethnique / haut statut acquis éducatif / bas statut professionnel, pourrait s'attendre à des réponses extrapunitives (non conformisme révolutionnaire); b) par contre, face à la relation haut statut ethnique / haut statut éducatif / bas statut professionnel, les réponses attendues seraient intrapunitives (somatisation).

3- L'étude. La recherche revêt un caractère original. Plusieurs aspects y sont conjugués: 1) L'amplitude temporelle et spatiale de la recherche (diplômés de 1'''UNCuyo'' à partir de 1980 appartenant à dix-huit carrières); 2) L'analyse d'après un modèle explicatif-compréhensif des "conditionnants" sociaux, pédagogiques et structuraux, d'un côté et, d'un autre, des "effets" psychologiques de l'échec sur le plan du travail et sur le plan académique; 3) Le point de vue est "holistique" et intégrateur, dépassant le niveau agrégatif et descriptif (taux d'abandon, sous-emploi, etc.). Du reste, même si le thème de l'emploi est connu et inquiétant, les recherches en relation avec le système pédagogico-institutionnel sont encore fragmentaires à cause des difficultés d'opérationalisation. Le marché, dans son rapport avec l'éducation supérieure, n'avait pas été étudié à partir d'un système complexe montrant le manque d'adaptation des deux entre eux et des deux aux circonstances actuelles, moins encore avec ses aspects psycho-sociaux. Le modèle utilisé -le premier dans son genre par ses composantes et par la façon de l' aborder- est systémique; la perspective de l'analyse est macro-micro-macro et la méthodologie quanti-qualitative. D'abord, s'analysent, statistiquement, les conditionnants et les effets des échecs académiques et dans le monde du travail, de manière quantitative. Puis, laissant de côté ces résultats, 10

on pénètre qualitativement dans les processus subjectifs qui suivent l'échec (histoire de vie). Le tout est congruent avec la stratégie macro-micro-macro qui permet, face aux analyses classiques de régression, l'interprétation de la situation macro (données statistiques relatives à l'éducation et au travail) à partir de la logique des agents élémentaires (ici, les diplômés) situés dans un contexte institutionnel déterminé (niveau micro: Université et marché de travail); Notre optique est donc alternative, à double sens: elle représente une nouvelle version du "systémisme" liée à la réussite et montre un aspect le plus oublié en Argentine de l'emploi: celui de la relation avec les institutions qui devraient être formatrices pour l'aborder et, d'autre part, les résonances psychosociales de la situation concernant le travail pour l'acteur et la société. 4- Les décisions empirico-méthodologiques. L'échantillon: on a travaillé avec les diplômés de l'Université Nationale de Cuyo (Mendoza, Argentine) depuis 1980 (N=516). L'échantillonnage a été stratifié et systématique. La fiabilité est de 95,5 et l'erreur d'échantillonnage de 4,4. L'unité d'analyse a été le diplômé. La méthodologie: ont été utilisés la validité convergente, l'analyse statistique et l'analyse des processus. On a fait appel à des techniques quantitatives (enquête semi-structurée) et qualitatives (histoire de vie). De plus, on a utilisé des tests spécifiques pour mieux observer les réponses intrapunitives (niveaux de somatisation et de stress: CEP, J. Pinillos; Medical Inventory of Maudsley, J. Eysenck; échelle d'Activisme-Fatalisme). 151 variables ont été retenues (variables de base, pédagogico-institutionnelles, psychosoçiales et structurelles ). 5- Les résultats. Ils corroborent les hypothèses. 1) Il existe une désarticulation flagrante entre l'offre du le système éducatif sur le plan des nouvelles compétences (malgré une réforme récemment commencée) et ce qui est demandé dans le monde du travail, changeant et "technifié". 2) Cette désarticulation a une claire incidence sur le plan du chômage et du sous-emploi structurel. Il

3) Les réponses psychosociales dans les organisations varient selon le profil d'inconsistance de statut qui domine chez les diplômés universitaires: a) Les sujets mal placés dans le marché, d'origine sociale très basse mais qui ont obtenu le niveau universitaire, ont fait principalement des réponses extrapunitives (non conformisme révolutionnaire); la culpabilité de l'échec retombe sur les structures, le destin, le sort, le pouvoir, les relations. b) Par contre, parmi les diplômés également mal placés, mais provenant de strates plus élevées, a prévalu la réponse intrapunitive: autoculpabilité, stress, somatisation. 4) Les deux types de réponse traduisent des appels pressants dans des contextes sous-développés. Des deux profils, dans notre contexte le premier s'impose. Les raisons sont claires: d'un côté, le système éducatif se développe quantitativement, augmentant le nombre des diplômés universitaires, mais sur le plan qualitatif, il accuse de sérieuses déficiences; par ailleurs, les couches plus basses ont tendance à augmenter; la traditionnelle classe moyenne argentine disparaissant en même temps. La convergence entre le système éducatif et le système socio-économique se traduit par l'augmentation des diplômés qui proviennent des couches très basses ou basses, mais une fois obtenu le tant souhaité diplôme, ces diplômés ne peuvent s'introduire dans le marché du travail à un niveau en accord avec le niveau éducatif atteint. L'inconsistance de statut s'installe et, avec elle, émerge l'insatisfaction 5) Les résultats, enfin, indiquent l'incidence déstabilisante de la nouvelle situation structurelle (position sur le marché de l'emploi) sur le plan psychologique (augmentation du conflit).

6- Discussion. La question devient importante dans un contexte de stabilisation structurelle, ce qui permet de prévoir un fort pourcentage d'inconsistance dans la population des universitaires pour les prochaines années (statut éducatif élevé et statut professionnel bas) avec prédominance du profil extrapunitif. Enfin, quoique ce phénomène soit typique des contextes sousdéveloppés, il n'a pas mérité un intérêt suffisant de la part des politiques, économistes et dirigeants en général. L'analyse se résout sur le plan "macro", oubliant les réponses attendues sur le plan micro 12

qui, se retournant sur le système, ne font que confirmer à nouveau la crise structurelle.
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LES COMPOSANTES DE LA MOTIVATION A APPRENDRE CHEZ LES PARTICIPANTS A LA FORMATION POUR L'EMPLOI THE MOTIVATIONAL COMPONENTS IN LEARNING ON THE PART OF EMPLOYMENT TRAINING PARTICIPANTS
BA TTISTELLIt Adalgisa, ODOARDI2 Carlo IUniversité de Cagliari - Département de Psychologie lAdresse privé: Via Ugo Foscolo, 8fA 35020 Albignasego (PD) Italie. E-mail: adbatti@tin.it

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2Province de Grosseto (Secteur de fonnation et orientation) Résumé: la recherche ici présentée porte sur la motivation à apprendre (un aspect de la motivation à la formation) chez les jeunes à la recherche d'emploi. Un questionnaire a été soumis à un échantillon de 208 jeunes participant à des activités de formation pour la recherche d'un emploi. Les résultats montrent que la motivation à la formation de ces jeunes est spécifiquement une motivation instrumentale. La motivation à apprendre (considérée plus intrinsèque) est présente seulement dans certaines conditions: sens d'efficacité professionnelle, construction d'un projet professionnel et présence de certaines caractéristiques de travail. Mots clés: motivation, formation, projet professionnel, efficacité professionnelle.

Abstract: this paper presents a research on the training motivation of young people who are following a course of vocational training in order to find employment. The results reveal a dimensional pattern that contributes to determining the vocational training motivation of young people attending training courses in order to improve their chances of finding a job. Their motivation is essentially instrumental; the motivation to learn is quite poor and even then often detennined by certain unique sense of self-efficacy, career planning and some work characteristics. Key words: training motivation, career planning, self-efficacy.

1- La problématique. Parmi les facteurs qui influencent l'efficacité de la formation, les attitudes, les attentes de résultat et la motivation ont une importance particulière. La motivation à la formation semble se présenter comme un concept multiple qui distingue une motivation à suivre la formation, une motivation à apprendre et une motivation à transmettre les compétences acquises sur le propre travail (Tannenbaum & YukI, 1992). Noe (1986) a formalisé et vérifié empiriquement un modèle en tenant compte de deux des typologies de motivation (motivation à apprendre et motivation à transmettre) mais ce modèle n'est, selon nous, pas généralisable à n'importe quel type d'activité de formation. Le modèle proposé par Noe (1986) suppose que la motivation à apprendre est essentiellement produite par des facteurs personnels comme: les attentes d'efficacité, les attitudes envers le travail, les retours sur l'évaluation des propres compétences professionnelles; la motivation à transmettre serait, en revanche, produite par des facteurs résidant dans le contexte de l'organisation (support social et caractéristiques de la tâche). Le modèle, dans sa proposition d'origine, semble donc s'appliquer seulement à ceux qui fréquentent des activités de formation afin d'améliorer et de remettre à jour leurs compétences professionnelles mais qui travaillent déjà (la formation "on the job") alors qu'il ne semble pas se retrouver chez les jeunes qui ne travaillent pas encore et fréquentent une formation pour la recherche d'un emploi (Battistelli & Odoardi, 1997; Battistelli, Majer,Odoardi, 1993a; 1993b; 1994). En effet, les jeunes qui décident de suivre une activité de formation qui leur permette de faciliter leur recherche d'emploi semblent soutenus seulement par une motivation à suivre, qui est principalement instrumentale, c'est-à-dire un moyen d'obtenir un emploi. L'acquisition et le développement de compétences nouvelles et remises à jour (motivation à apprendre) est un aspect secondaire, alors que la motivation à transmettre ce qui est appris sur le travail est complètement absente. Dans une étude précédente (Battistelli & Odoardi, 1997), nous supposions que ce qui peut favoriser et soutenir la motivation à développer des compétences (motivation à apprendre) chez les jeunes à la recherche d'un emploi est la présence d'un projet professionnel déjà construit lorsque le parcours de formation en soutient et en renforce la réalisation. La présente recherche a pour but de vérifier le lien entre la motivation à la formation et le projet professionnel et a prévu trois aspects: le projet de carrière, le sens de l'efficacité professionnelle et les carac'téristiques 18

du travail considérées comme importantes (une représentation des aspects essentiels que l'on désire retrouver dans le travail). Les hypothèses sont que la motivation à apprendre est produite par certaines caractéristiques de la personnalité (déjà révélées dans les recherches précédentes) mais aussi par la présence d'un projet professionnel dans lequel la formation réalisée est insérée, par le fait que la formation permet d'atteindre cet emploi qui satisfait les caractéristiques désirées dans le travail, et enfin par le fait que l'individu ait un sentiment d'inefficacité dans le domaine professionnel.

2- Le milieu d'implantation et la méthode utilisée. L'échantillon utilisé est composé de 208 jeunes participant à des activités de formation pour la recherche d'un emploi: femmes 72% et hommes 28%; âges de 19 à 24 (52%) et de 25 à 31 (48%). Par rapport à la formation, 52% ont un baccalauréat, 15% fréquentent l'Université et 33% ont une maîtrise; enfin, 81% résident dans le Nord et 19% dans le Centre Sud de l'Italie. L'instrument utilisé est un questionnaire composé d'échelles déjà utilisées dans les recherches précédentes (échelle de motivation et caractéristiques de la personnalité) avec l'addition des échelles d'efficacité professionnelle, de projet professionnel (ou de choix sur le futur professionnel), de caractéristiques importantes du travail. L'échelle définie comme projet professionnel a été conçue pour relever si le sujet a déjà décidé de sa future activité professionnelle et s'il a déjà fait un choix cohérent avec la formation qu'il suivra. Cette échelle se compose de 15 items qui ont pour but de montrer si l'individu a déjà fait un choix sur l'activité professionnelle future et si sur ce projet la personne se sent impliquée. Parmi les items, les plus significatifs sont: "J'ai un projet professionnel", 'J'ai une stratégie pour ma carrière professionnelle", "mes objectifs professionnels sont clairs", 'Je n'ai pas encore pris de décision sur ma carrière professionnelle" (inversement), "j'ai un sentiment d'orgueil pour mon choix professionnel", 'Je m'identifie avec mon choix professionnel". L'échelle définissant des caractéristiques importantes du travail (composée de 27 items) a pour but de relever quelles caractéristiques ou conditions sont considérées comme importantes pour les jeunes à trouver dans le travail. Avec cette échelle on peut vérifier si les jeunes qui ont une motivation à apprendre ont aussi un 19

besoin de travailler dans un contexte qui favorise une croissance professionnelle constante et un environnement constructif et d'apprentissage. A la question "quelles sont les caractéristiques les plus importantes que tu désires trouver dans le travail" le sujet doit répondre, par exemple: "avoir constamment des occasions d'apprendre", "travailler dans un environnement qui promeut la croissance professionnelle", "travailler dans un environnement qui stimule à faire mieux". L'échelle définie comme efficacité professionnelle (13 items) a pour but de relever les attentes d'efficacité professionnelle à propos du travail pour lequel les jeunes ont entrepris la formation. Quelques items sont: "Je crois que je peux bien faire ce travail", "je crois que je peux résoudre les problèmes concernant ce travail", "pour le moment, je crois être inadapté pour ce travail".

3- Les principaux résultats et discussion. Toutes les échelles ont été soumises à une analyse factorielle (pour les composantes principales et la rotation varimax). L'échelle de motivation a mis en évidence quatre facteurs (variance totale expliquée: 50.5%) qui ont été nommés "acquisition et développement de connaissances et capacités professionnelles", "amélioration du statut social et du travail", "améliorations des aspects relationnels", "trouver du travail". Pour le présent travail nous prenons en considération seulement le facteur qui est considéré intrinsèque et qui se réfère à la motivation à apprendre: "Acquisition et développement de connaissances et capacités professionnelles". L'échelle définie comme caractéristiques importantes du travail a mis en évidence cinq facteurs (variance totale expliquée: 50.7%) dont nous prenons en examen, pour cette présentation, le facteur regardant la caractéristique de "croissance professionnelle" sur le travail. L'échelle d'efficacité professionnelle a mis en évidence deux facteurs (variante totale expliquée: 52.8%) : un premier facteur qui est dénommé "attente d'efficacité professionnelle" et un deuxième facteur qui est dénommé "inefficacité professionnelle". L'échelle de projet professionnel a mis en évidence trois facteurs (variance totale expliquée: 54.3%): un premier facteur qui s'identifie avec "aucun projet", un deuxième facteur s'identifie avec 20