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Serpents et dragons en Eurasie

288 pages
Le serpent est l'un des supports symboliques les plus répandus sur la planète. Bachelard disait : " le serpent est un des plus importants archétypes de l'âme humaine ". Son contenu significatif n'est pas univoque. A la fois mortifère et guérisseur, il séduit Ève en enseignant l'Arbre de Vie et la connaissance du Bien et du Mal. Il est énergie vitale et Libido dans le tantrisme. Sous le nom d'Ananta, il devient porteur du monde dont il assure la stabilité. Sous l'aspect Ouroboros, il est le serpent autofécondateur, et serait à l'origine du Zodiaque. Léviathan hébreu, Materia Prima, plus ancien que les dieux, il devient l'esprit de toutes les eaux. Chthonien et céleste, il chemine dans la Voie Lactée, par où transitent les âmes des défunts. Ce thème universel aux connotations variées a pu être modifié par des impératifs religieux, politiques ou économiques.
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SERPENTS ET DRAGONS EN EURASIE
Société des Études euro-asiatiques

COLLECTION EURASIE Cahiers de la Société des Études euro-asiatiques

N°l N°2 N°3 N°4 N°S N°6

Nourritures,

sociétés, religions. Commensalités.

Le buffle dans le labyrinthe 1. Vecteurs du sacré en Asie du Sud et du Sud-Est Le buffle dans le labyrinthe 2. Confluences euro-asiatiques

La main
Le sacré en Eurasie Maisons d'Eurasie Architecture, symbolisme et signification sociale

COLLECTION EURASIE Cahiers de la Société des Études euro-asiatiques

N7

SERPENTS ET DRAGONS EN EURASIE

L'Harmattan 5-7 rue de l'École Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan Ine 55, rue St-Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9

SOCIETE DES ETUDES EURO-ASIATIQUES

---------------------------Bureau: Président d'honneur-Fondateur: Président d'honneur: Président: Vice-Présidents:
Secrétaire général: Trésorier: Paul LEVY Xavier de PLANHOL Philippe SERINGE Christian PELRAS Viviana PAQUES Rita H. REGNIER Lucienne ROUBIN

EURASIE

- Cahiers

de la Société des Etudes euro-asiatiques

-------------------------------------Comité de Direction: Philippe SERINGE Viviana PAQUES, Rédacteur en Chef Lucienne ROUBIN Paul VERDIER Comité de Lecture: Françoise AUBIN, Jocelyne BONNET, Jane COBBI, Bernard DUPAIGNE, Jeanine FRIBOURG, Jean-Pierre JARDEL, Ernest-Marie LAPERROUSAZ, André LEVY, Charles MALAMOUD, Christian PELRAS, Jean PERROT, Xavier de PLANHOL, Yvonne de SIKE, Fanny de SIVERS, Solange THIERRY, Elemir ZOLLA Le Bureau remercie Muriel HUTTER pour sa participation déterminante à la préparation de ces Cahiers n° 7. REDACTION: Musée de l'Homme, Palais de Chaillot, 17 place du Trocadéro, 75116 Paris ABONNEMENTS: Editions L'Harmattan, 5-7 rue de l'Ecole Polytechnique, 75005 Paris 1997 ISBN: 2-7384-5613-8 @ L'Harmattan,

A V ANT-PROPOS
Viviana PÂQUES

Le serpent, comme l'arbre, les pierres, la mer, la montagne ou la croix, est un des supports symboliques les plus répandus sur toute la surface de la planète depuis l'époque préhistorique. Comme tous les universaux, son contenu significatif n'est pas univoque. Parfois en un même lieu il peut prendre des sens opposés, bénéfiques ou maléfiques. Le serpent qui séduit Ève enseigne l'existence de l'Arbre de Vie et la connaissance du Bien et du Mal. Moïse pour guérir les siens des morsures brûlantes des serpents dresse un serpent en airain sur une croix et tous ceux qui le regardaient étaient guéris. Cet emblème du serpent deviendra celui du Christ en crOIX. Les Chaldéens avaient un seul mot pour Vie et Serpent. Bachelard disait: «le serpent est un des plus importants archétypes de l'âme humaine ». La Kundalini pour le tantrisme lorsqu'elle s'éveille est un serpent qui siffle et se raidit: c'est la montée le long de la colonne vertébrale de la libido et de l'énergie vitale. Sur le plan du macrocosme, c'est le serpent Ananta qui est le porteur du Monde dont il assure la stabilité; le porteur peut être un éléphant, un taureau, une tortue ou un crocodile, autres aspects du serpent. Le serpent autofécondateur prend l'aspect de l'Ouroboros, aspect même de Dieu: la vie qui sort de la mort et la mort aboutissement de la vie dans un instant éternel. Il est sans doute à l'origine du Zodiaque. Léviathan hébreu, vaste Océanos qui entoure le Monde, Materia Prima plus ancien que les dieux, il devient l'esprit de toutes les eaux, 7

Ophis ou Draco, les fleuves-dieux (le Tibre cornu, le Père Rhin, etc.. .). Chthonien et céleste, on le représente muni d'ailes, c'est le serpent à plumes lorsqu'il traverse le ciel vers l'au-delà, et devient alors constellation de l'Aigle. Une autre relation qui a souvent été occultée est celle du serpent et de la parole. Nous en avons un exemple en Afrique chez les Dogons, où le septième ancêtre, au moment où il procédait à sa transformation et à sa régénérescence, au moment de l'achèvement de son cycle de vie, rencontre des jeunes gens qu'il réprimande dans leur langue, abandonnant la langue rituelle convenant à sa position dans l'au-delà pour utiliser la langue profane des vivants, et par ce fait meurt; en devenant le premier mort, il introduit la mort dans le Monde. BilaI, le muezzin du Prophète, tombe inanimé, tué d'une flèche aux pieds du Prophète après avoir lancé son cri: la profession de foi du haut du minaret, lorsque sa voix a percé le Ciel pour aUer dans l'au-delà où réside Dieu. L'universalité de ce thème symbolique a permis à certains de rêver d'une révélation primordiale, toute mise en opposition par la pensée rationaliste qui justifie les ressemblances par le fonctionnement identique de tous les cerveaux humains. Nous ne pouvons natureUement trancher sur le pour et le contre de ces opinions. Cependant, d'après ce que nous avons compris du fonctionnement des pensées dites traditionneUes, qui se développent sur le plan divin, cosmique, humain, dictant les règles de la vie pratique, nous orienterions les recherches futures pour savoir si les différences d'interprétation concernant le serpent-dragon sont dues à des traditions d'origines différentes, ou s'il s'agit d'un thème unique qui a pris des connotations différentes selon les populations qui l'ont adopté. Alors ce thème a pu être influencé ou modifié par des impératifs religieux, politiques ou moraux. Il peut également s'agir de niveaux différents de compréhension selon le développement intellectuel ou spirituel de l'informateur qui transmet le récit, ou tout simplement le désir d'occulter le sens profond de ce symbole par un initié qui souhaite garder le secret d' une connaissance qui ne s'acquiert que par un long travail sur soi-même, comme nous l'ont enseigné les alchimistes.

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LE DRAGON DANS L'ART
Professeur Philippe SERINGE Président de la Société des Études euro-asiatiques

Résumé L'art chinois comprend les dragons les plus anciens et les plus nombreux. En Europe, le musée de Topkapi à Istanbul et des expositions d'art chinois en France même nous permettent d'admirer des dragons de toute époque. Comme tous les dragons et serpents du monde, ils sont tantôt bienveillants et tantôt maléfiques; en outre, ici ils sont symboles du souverain, de l'eau et ont d'autres significations encore. Les dragons sont passés en revue dans les pays d'Asie puis dans ceux d'Europe où ils sont moins anciens mais ont été figurés dans tous les arts et en particulier dans les enluminures des manuscrits médiévaux. Comme ils n'existent pas dans la nature, ils sont très diversement traités. Cet article reproduit la conférence donnée le 16 octobre 1995 à la Société des Études euro-asiatiques

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Le dragon est un animal fabuleux. L'imaginaire humain variant d'un pays à l'autre, une description détaillée ne saurait être universelle. En Occident, c'est souvent un serpent monstrueux muni d'ailes et de pattes, crachant le feu ou exhalant une odeur pestilentielle. En Chine et en Inde, ce sont des monstres différents, tirant probablement leur origine du crocodile, animal encore présent au début du XXe siècle dans les grands fleuves de ces pays. Les légendes de dragons remontent à des époques anciennes mais il en paraît encore aujourd'hui, comme ce « Guide pratique des dragons », de publication récente mais d'un caractère plus que fantaisiste. Nous suivrons un plan géographique, passant en revue l'art depuis l'Extrême-Orient jusqu'à l'Occident et dans chaque région suivant l'ordre chronologique. Quelques serpents polycéphales seront assimilés à des dragons. Chine C'est en Chine qu'il est question de dragons le plus anciennement et que ces animaux mythiques jouent les rôles les plus importants. Au Hunan, le site néolithique de Tanjiagang, daté de 5000 ans avant J.-c., a livré une poterie colorée décorée de très beaux motifs, y compris des dragons

légendaires « gui », lors du passage, a-t-on dit, d'une société
matriarcale à une société patriarcale (2a).! Moins anciennement, il y a 5000 ans, un était associé au Pakua qui formait la base philosophie et qui comportait des trigrammes aux deux principes du Yin-Yang; l'ensemble symbolisait les mystères de la nature. cheval-dragon de l'ancienne correspondant avec le dragon

Moins anciennement encore, au Xe siècle avant J.-c., la tombe de Mawangdui, d'une princesse, contenait une bannière peinte, de deux mètres de haut, en forme de T, présentée en 1992 à l'abbaye de Daoulas, en Bretagne, où avait lieu l'exposition « Trésors archéologiques du Hunan Chine antique - Voyage de l'âme» (4). C'est la plus ancienne peinture sur soie connue, représentant:
1 Les chiffres entre parenthèses renvoient à la bibliographie pp. 24 et 25. 10 numérotée

10) En haut le ciel, paradis des immortels, peuplé de dragons et de licornes; l'âme de la défunte passe entre les deux têtes d'un dragon fils du ciel et entre deux phénix. 20) Au-dessous, le monde des vivants avec le banquet funéraire surmonté de deux dragons se nouant à travers un anneau de jade interprété comme un nœud gordien céleste où convergent les tentacules enlacés du Yin et du Yang: c'est l'alpha et l'oméga des vies humaines au cœur du système cosmogonique chinois. 30) En bas c'est le monde souterrain, l'enfer chinois meublé d'animaux monstrueux. A l'époque des Royaumes Combattants, 475 à 221 avant J.-c., les dragons se multiplient. De là datent: 10) Un bassin en bronze, orné de dragons entrelacés sur son pied. 20) Une paire de chimères, en bronze incrusté d'or et d'argent; elles ont une tête de dragon, un corps de tigre et des ailes de phénix. Ces œuvres d'art ont été exposées à Paris en 1984 dans un ensemble intitulé «Zongshen, tombes des rois oubliés» (2b). 30) Un jade circulaire orné de plusieurs dragons. Deux roues concentriques sont réunies entre elles par de petits dragons; des dragons plus importants ornent le bord extérieur. Époque des Royaumes Combattants, 475 à 221 avant J.-c. (22). Un petit peu plus près de nous, deux pendants de jade de 30 cm figurent deux dragons étirés en S. Découverts en 1965 à Kiang-Lin (Houpei) dans une tombe du royaume Tch'ou, ils datent de 221 à 207 avant J.-C. et ont été exposés au Petit Palais à Paris en 1973 dans le cadre de l'exposition «Trésors d'art chinois» (23). A cette même manifestation, nous avons pu admirer une potiche octogonale P'ing en porcelaine «bleu et blanc» où des dragons jouent dans les vagues; le motif principal des dragons est en blanc. Il s'agit d'une paire découverte en 1964 à Pao-Ting (Houpei). C'est l'art des Yuan du XIII" siècle, de très haute qualité déjà, avant l'ère des Ming (23). Un céladon Yuen du Xlr siècle de notre ère est une assiette ornée d'un dragon en argent provenant du Musée 11

des porcelaines chinoises d'Istanbul, qui est dans cette spécialité le plus riche de tous les musées européens, ainsi qu'une porcelaine Ming du XVe siècle, de la famille «bleu et blanc» (fig. 1), et qu'un grand vase chinois non daté, du même musée à Topkapi. De la même famille « bleu et blanc », très célèbre, un vase Meiping porte un dragon blanc, incisé, à cinq griffes, aux yeux bleus, qui poursuit la perle sur une mer agitée. Sont remarquables la courbure accentuée du vase, la finesse de la pâte, la maîtrise du décor. Ce vase, du début du XVe siècle, est au Musée archéologique de Téhéran. Une coupe, de porcelaine Ming, est en bleu sous couverte et émail. Un dragon à cinq griffes est gravé et émaillé, bleu turquoise sur fond bleu foncé, au milieu de perles; l'intérieur n'est pas décoré; cette coupe de la fin du XVe siècle, vraisemblablement du règne de Cheng-Hua, 1465-1487, se trouve à Washington. Une dernière porcelaine Ming est un bol orné d'un dragon vert sur fond blanc; un dragon semblable est à l'intérieur; le décor a été incisé dans la pâte, puis aurait été protégé par de la cire lors de la cuisson avec la couverte; l'émail a été posé sur ces réserves en biscuit; une marque indique que ce bol date du règne de Zhengdé (1506-1521). Une assiette en porcelaine blanche et décorée du dragon à cinq griffes, d'une marque de la période Kangxi xvneXVIIIe siècle, a été vendue en France aux enchères 27 000 francs en 1984. De cette même époque Kangxi, du début du XVIIIe siècle, date une armoire en laque de type maogui, où des incrustations de nacre représentent notamment des dragons, récemment acquise par le Musée Guimet (8). Au XIXe siècle, les ébénistes franaais se sont inspirés de ces meubles chinois et ont fabriqué des vitrines chinoises avec des applications de dragons principalement en bronze. La signification du dragon chinois est complexe: c'est l'image du souverain; surtout il représente l'élément eau et la pluie qui est d'une importance primordiale pour l'agriculture chinoise; il est même le symbole de la vie rythmique (12) et du dynamisme universel. «Il hante les systèmes philosophiques, les théories politiques, les croyances religieuses. Il est partout, porteur de sens aussi mouvants que 12

sa forme elle-même. Son ambivalence est telle qu'il est créateur et dévastateur, bienveillant et maléfique, céleste et souterrain », écrit M. J.-P. Diény, professeur au Collège de France et à l'Institut des Hautes Études Chinoises (9). Le dragon pouvait donner des conseils de sagesse selon Tchouang-Tsu, un des pères du système taoïste (I2). Nous avons vu le dragon et la perle dans l'art chinois; les forces démoniaques de la vie éternellement agitée trouvent une expression dans la figure du dragon qui cherche à rejoindre la perle de la perfection. Outre ces significations, il a parfois en Chine un rôle protecteur qui se retrouvera partout dans le monde: gardien d'un trésor, gardien d'une prisonnière, gardien de la virginité d'une jeune fille, gardien d'une source. Japon Sans que l'on connaisse la signification exacte du décor, je rapproche de ces œuvres chinoises un grand vase japonais d'un mètre de haut: c'est une ume funéraire de samouraï, portée par quatre guerriers avec, à chaque angle, un dragon en relief. Cette œuvre, exécutée au milieu du XIXesiècle, a été vendue aux enchères en France 51 000 francs en 1982. Inde En Inde, le dragon affecte généralement le type du makara (21). Voici un makara sur lequel est dressée Ganga la déesse du Gange; nous sommes ici au Vesiècle, dans la grotte d'Ellora. Le même sujet est représenté au VIne siècle dans le temple de KaïIasa à Ellora. De la gueule de ce makara sort un arceau de balustrade sur laquelle sont sculptées des scènes de musique et de danse. n date de la dynastie Céra, IXe_Xesiècle, dans un temple de Civa à Trivikramangalam. Un autre makara crache des arceaux surmontant des statues, sur une torana ; c'est l'art Calukya XI"-XIII" siècle. Voici un makara supportant la déesse hindoue Varunani à Konarak: c'est l'art Ganga oriental XIIIe siècle. Souvent deux makaras encadrent l'escalier d'entrée des temples en Inde et dans les pays indianisés. 13

Du dragon nous rapprochons l'hydre figurée par l'école Kangra au XVIIIe siècle: Krishna est sur le serpent monstrueux Kaliya (Musée National de New Delhi). Tibet Au Tibet, on voit aussi le makara comme ornement de toit, tel celui-ci. A l'instar des makaras de l'Inde, il est destiné à effrayer les démons et les mauvais esprits. Cambodge Les serpents polycéphales qui protègent Bouddha et les dieux de l'Hindouisme sont très nombreux en Inde et dans tout le sud-est asiatique: ils sont considérés comme des serpents plutôt que comme des dragons. Rappelons que le naga ou serpent mythique avec ses sept têtes redressées et déployées en éventail dans un motif flamboyant reçoit tout son développement à Angkor-Vat de part et d'autre des chaussées d'accès, le corps formant balustrade latérale, mais aussi à Angkor-Thom au Bayon. Ces nagas rappellertt le barattage de la mer de lait. Indonésie L'Indonésie, qui a subi l'influence de la Chine et surtout de l'Inde, nous a livré des dragons que l'on a pu voir tout récemment au Musée Guimet lors de l'exposition «Les ors de l'archipel indonésien». précoce. 2°) Un brassard à Kâla en or, argile ~t bronze, du Xc siècle, trouvé dans le centre de Java (Musée National de Djakarta) (fig. 2). 3°) Un dragon à tête couronnée, du XVCsiècle, provenant du palais de Cirebon. 4°) Enfin, au centre d'une assiette de porcelaine, un dragon Kilin, au milieu de flammes et de fleurs. Trouvée dans le sultanat musulman de Maluku, cette assiette du début du xvr siècle provient en fait de la manufacture de Kiangsi au sud-est de la Chine.

10) Voici un volumineux makara de la période classique

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Mésopotamie En Mésopotamie et en Elam, des dragons et des serpents monstrueux presque aussi anciens qu'en Chine sont parvenus jusqu'à nous. Au nI" millénaire avant J.-C., on a, dans l'état 4 du temple principal de Tell Amar, un sceau-cylindre représentant le combat de deux divinités contre une hydre à sept têtes, comparable à celle de Krishna avec qui elle était en bonne entente, et comparable à celle qu'attaqueront Heraclès et Iolaos (1). Au nI" millénaire également, le trône d'une statue élamite est orné de trois dragons. Ce vase de Gudéa, célèbre patesi de Lagash (aujourd'hui Tello), est un gobelet à libations dédié au dieu Ningizidda. Il est en stéatite et date de l'époque néo-sumérienne (XXI" siècle avant J.-c.). Deux dragons sont dressés de part et d'autre de deux serpents. Chaque dragon a une tête de serpent, mais coiffée d'une tiare à cornes indiquant son caractère divin, un corps de panthère, un dard de scorpion dans la queue, enfin les ailes et les serres d'un aigle; il tient une hampe. Pour Amiet, les serpents sont des acolytes du dieu chthonien Ningizidda, dont le dragon est]' animalattribut, et le dragon protège Gudéa. Pour d'autres, les dragons s'opposent aux serpents, ou bien les serpents enlacés autour d'un bâton réalisent un caducée - ce n'est pas le plus ancien de Mésopotamie - et ces auteurs y voient un symbole de la lutte entre le bien et le mal. Beaucoup plus tard, un dragon quadrupède, animalattribut du grand dieu Mardouk est représenté en de multiples exemplaires sur les murs et les portes de Babylone avec le lion et le taureau. Cette tête de dragon cornu est l'emblème de Mardouk, dieu de Babylone; ce bronze date du début du 1ermillénaire avant J.-C. (Musée du Louvre). Iran En Iran, un grand vase de bronze du Xnesiècle avant J.-C. a, sous forme de décor plaqué d'argent, un serpent à deux têtes attaquant deux dieux des flots montés sur des chars (Musée du Louvre). 15

Beaucoup plus tard, sous la dynastie sassanide d'Iran, on trouve dans l'argenterie et sur la bordure de la robe du roi à Taq-i-Bostam le motif de simurgh, sorte de dragon-paon: - ici sur une vaisselle d'apparat (British Museum) ; - là sur le bas-relief de Taq-i-Bostam (Kurdistan), le vêtement du roi est orné de simurghs dans des médaillons. Cette œuvre restée in situ date d'environ 600 de notre ère. Le simurgh est un oiseau mythique iranien où se trouvent réunis lion, chien, griffon et paon. Tantôt il a un caractère démoniaque, sauvage et féroce, et tantôt il est bienveillant, selon les légendes épiques du pays. Un autre bas-relief contient un simurgh inscrit dans un médaillon de perles; il provient d'un revêtement mural de Rhagès, site antique près de Téhéran. C'est un art sassanide du VIe_VIlesiècle. Des étoffes sassanides de soie sont décorées de simurghs dans des médaillons. L'une, du VI-VIr siècle, est au Musée de Florence. Une soierie à décor jaune sur fond vert est partagée entre le Victoria and Albert Museum et le Musée des Arts Décoratifs de Paris, enveloppant jadis des reliques de saint Leu; elle est attribuée au VIr siècle dans le volume de Ghirshman, mais j'ai vu un autre fragment du même tissu à une exposition du Grand Palais en 1980, provenant du Musée de l'Ermitage et qui a pu être daté avec certitude du VIIr siècle. Beaucoup plus tard encore, l'Iran musulman représente le combat du dragon et du phénix emprunté à la Chine. « D'origine chinoise, le dragon est chargé d'un symbolisme cosmologique et protecteur des lieux où il est figuré.» Il joue un rôle d'initiation héroïque à partir du XIVe siècle en Iran (5, 18). Europe En Europe, les dragons ne sont pas aussi anciens qu'en Asie mais ils s'observent dans tous les arts. Art scythe De l'art scythe du Vesiècle avant J.-c., nous avons des œuvres en or, appartenant au Musée de St Pétersbourg, 16

notamment une plaque triangulaire représentant un dragon dont la tête a de grandes dents et de grandes oreilles, dont les ailes sont en forme de tête d'oiseau au bec en volute, et la queue terminée par une tête d'oiseau. Cette pièce a été trouvée dans une tombe du Tumulus des sept frères dans le sud de la Russie, avec un hippocampe qui a presque une allure de dragon et avec un serpent à deux têtes (une à chaque extrémité) formant bracelet, ce qui se voit aussi dans beaucoup d'autres arts d'Asie et d'Europe. Une autre plaque, en bronze, ajourée en forme de dragon, ou pour certains, de carnassier, a été trouvée dans un tumulus scythe du groupe de Jurovka, du Ve siècle avant J.-c., sur la rive droite du Moyen Dniepr (Musée de St Pétersbourg). Art thrace Une exposition au Petit Palais en 1974 intitulée « Découverte de l'art thrace» comprenait diverses représentations de serpents, parmi lesquelles une applique en argent doré, rectangulaire, de 5 cm de côté, bordée sur trois côtés d'une rangée d'oves. Au centre est un serpent monstrueux à trois têtes vers lequel se tourne un personnage en tunique longue, portant une patère, comme pour lui offrir une libation. Cette œuvre du IVe siècle avant J.-c. se trouve au Musée de Lovetch en Bulgarie. Art grec Dans les légendes grecques, les dragons ne sont pas exceptionnels. Cadmos; héros phénicien, aurait tué le dragon qui gardait la fontaine de Dircé en Béotie et planté les dents de ce dragon; du sol sortirent des hommes armés. Ce dragon joue un rôle important dans «Les Phéniciennes» d'Euripide. Il est question de dragon également chez Eschyle et Sophocle ainsi que dans l'Iliade. L'Odyssée (ch. XII) nous apprend que Charybde et Scylla étaient des dragons. Art celte L'art celte nous a laissé des dragons gravés sur une pointe de lance en fer et peut-être des dragons finement ciselés dans 17

la nacre sur une boîte, actuellement visibles à Dijon au Musée d'Histoire Naturelle à l'exposition «Les empreintes de l'histoire» (2c). Art gallo-romain Parmi les « Antiques» de Glanum, le Mausolée des Julii, non tombeau mais cénotaphe (entre 30 et 20 avant J.-C.), a un étage intermédiaire surmonté d'un «quadrifrons» orné de nombreux tritons, de quelques griffons et de deux dragons. Ces dragons, sur la face Nord, menacent de leurs gueules le triton centra1. L'agressivité croene de ces dragons, les convulsions des corps suggèrent la tempête, la lutte contre les éléments, a écrit Henri Ronand, le grand archéologue de la région (20).
Art mérovingien

Si les dragons sont rares dans l'art romain, ils grouillent, selon E. Salin, sur les plaques de ceinture mérovingiennes du VIle siècle. De plus, une stèle funéraire de Niederdollendorf (Musée de Bonn) porte un serpent à deux têtes en croissant autour de la tête du mort, « symbole astral et chtonien, gage d'immortalité », ajoute Salin (19).
Moyen Age

Dans la saga scandinave, d'où Wagner tirera la tétralogie de l'anneau de Nibelung, le dragon Fafner garde des trésors dans. une caverne et est tué par Sigurd, qui deviendra Siegfried dans l'opéra. L'épisode a été sculpté par Leodegarius au portail de Santa Maria la Réal à Sanguesa en Navarre (art roman du X!r siècle) et peut-être à la cathédrale d'Aversa en Italie du Sud (art normand de la seconde moitié du XI" siècle). De la même époque et dans la même région, une tête de dragon enserrant un homme est figurée sur une poignée d'ivoire de moins de 6 cm dans sa plus grande dimension. Pour les anciens Gallois, le dragon était le symbole guerrier national et le drapeau gallois est orné d'un dragon

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rouge. Elizabeth !,Cfit figurer sur ses annes le dragon gallois en vis-à-vis du lion anglais (fig. 3). Durant tout le Moyen Age, les miniatures comprennent souvent un ou plusieurs dragons et les bestiaires eux-mêmes eurent un réel succès. Une miniature du VInc siècle du Northumberland représente deux dragons affrontés à l'arbre de vie, le tout très stylisé: l'arbre est un poteau couvert de svastikas soit bénéfiques soit symboles de la gravitation céleste autour de l'axe cosmique. Les douze cercles sur chaque dragon représentent les douze mois de l'année. En haut, les dragons sont affrontés à deux oiseaux symboles d'élévation spirituelle ou deux aigles solaires, exprimant l'alternance du jour et de la nuit, le combat éternel des forces de la lumière et des ténèbres. Le dragon crache des grenouilles et semble trouver des imitateurs sur une enluminure du Commentaire sur l'Apocalypse du Beatus de Liebana, probablement écrit et décoré par Stephanus Garcia au milieu du XI" siècle (Bibliothèque Nationale). Cette image illustre exactement le texte d'Ap. 16, 12: «De la gueule du dragon, de la gueule de la bête et de la gueule du faux prophète, je vis surgir trois esprits impurs comme des grenouilles. » Dans les «Commentaires de saint Augustin sur les psaumes », manuscrit de Valenciennes, de la fin du XI" siècle, l'initiale D est formée d'un basilic ou d'un dragon à deux têtes; à l'intérieur de la lettre, un autre dragon ouvre une gueule béante au-dessus d'un homme qui paraît indifférent et se cramponne aux dragons. Dans le psautier d'Henri de Blois, évêque de Winchester, du milieu du XIr siècle (British Museum), une énonne tête d'animal, d'où sortent de nombreuses petites têtes de dragons, renfenne les damnés; à gauche, un ange fenne à clef la porte de l'Enfer. Une enluminure, du XIr siècle, de «Moralia in Job », de Grégoire le Grand (Bibliothèque municipale de Tours), montre saint Michel peraant de sa lance le dragon (11). Résumons la description de l'Apocalypse: un signe grandiose apparut au ciel; c'est une femme, le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds; elle va enfanter. Puis apparut au ciel un second signe, un énorme dragon à sept têtes et dix cornes, prêt à dévorer l'enfant aussitôt né. Une 19

bataille s'engagea dans le ciel; Michel et ses anges combattirent le dragon et ses anges, qui eurent le dessous et furent jetés sur terre. Là le dragon ou le diable s'attaqua aux hommes (Ap. 12, v. 1-17). Dans un autre manuscrit de «Moralia in Job », du début du XIIe siècle (à Dijon), l'initiale R est faite de deux athlètes superposés en lutte avec un dragon. Le style plus anglais que français fait attribuer cette lettre ornée à Etienne Harding, abbé de Citeaux, ou à un de ses compagnons venu avec lui d'Angleterre (fig.4). Un manuscrit du XIr-XIII" siècle des Etymologies d'Isidore de Séville (Bibliothèque de l'Université d'Aberdeen) montre le Draco Major enroulant et étouffant un éléphant exactement à la manière dont un python attaque un éléphant sur la mosaïque de la grande chasse de Dermech en Tunisie, du début du IVe siècle (au Musée de Carthage) ; ses ailes, ses pattes griffues et sa tête diffèrent de celles du python (16). Le bestiaire de la fin du XIIe siècle ou du début du XIII" siècle, à la transition du roman anglais au gothique, connu sous le nom de Ms. Ahsmole 1511 de la Bodleian Library d'Oxford détaille les croyances de l'époque sur les dragons, que je résume ici. « Il est une bête appelée dragon..., la plus grande bête de toute la terre... Le dragon qui, au sortir de la caverne, parcourt l'espace avec tant d'impétuosité que l'air à son passage étincelle comme un feu ardent, symbolise le diable. » « Le javelot est un serpent qui vole et Lucain de dire les javelots volants. Il vit dans les arbres; quand passe sa proie, il s'élance sur elle avec la rapidité d'une flèche et la tue. » «Le basilic est le roi de tous les serpents. Lorsqu'il regarde l'homme, il le tue de son regard. Son venin est si puissant que rien ne peut le maîtriser. » (14) Ce manuscrit parle encore du peredixion: l'arbre aimé des colombes qui fait fuir le dragon; ici deux dragons s'en écartent (fig.5). Plus rares sont les fresques conservées. - Au porche de l'église de St-Savin-sur-Gartempe, le dragon de l'Apocalypse, devant une femme, s'apprête à dévorer son enfant (ca 1100). 20

- Dans l'église de San Pietro al Monte, à Civate (Italie du Nord), la fresque de la première moitié du XIIe siècle représente la lutte de Saint-Michel contre le dragon à sept têtes de l'Apocalypse. Le bas-relief du Louvre, de saint Michel terrassant le dragon, rapproché du même sujet traité au portail d'Anzy-leDuc, peut être attribué aux ateliers bourguignons du second quart du Xlre siècle, grâce aux ressemblances: allure du dragon, style des draperies, visage tendu du saint aux yeux ponctués de prunelles de métal. Dans la cathédrale de Bâle, un couple de dragons du chœur roman a leurs queues entrelacées. Dans l'art gothique, les dragons sont plus rares que dans l'art roman. Je citerai: - La miniature d'un manuscrit néerlandais (ca 1400), où le dragon rouge-feu de l'Apocalypse à sept têtes et dix cornes transmet la puissance à la Bête (Bibliothèque Nationale, Paris) ; cette bête - l'Apocalypse le précise ressemble à une panthère avec des pattes comme celles d'un ours (fig. 6). - «La tentation d'Eve », statue de la cathédrale de Reims où Eve tient dans ses mains non un serpent mais un petit dragon, avec sa tête caractéristique, des pattes et des ailes. - Un basilic, en haut-relief sur un chapiteau du XIIIe siècle de la cathédrale de Reims.
Renaissance

A la Renaissance, Mantegna dessine, à côté de deux chevaux marins, un dragon marin que l'on peut voir sur une estampe. A cette époque, de nombreuses peintures représentent saint Georges tuant un dragon pour délivrer une princesse. Ici c'est une œuvre de Bernardo Martorel, traitée dans le style international, avant 1452 (elle se trouve à Chicago). Là, dans « saint Georges et la princesse» par Cosimo Tura (1469), monté sur un cheval cabré, il transperce de sa lance le dragon écroulé sur le sol; la princesse s'enfuit affolée. Cette œuvre conservée à l'Opera deI Duomo à Ferrare est venue à Paris à l'Exposition d'art italien en 1935. 21

Vittore Carpaccio a peint le saint s'élançant à cheval contre le dragon, lance en avant, dans l'église St Georges des Esclavons à Venise (ca 1510). Raphaël a traité le sujet différemment en 1503: un dragon ailé déjà blessé par une lance brisée se dresse vers la croupe d'un cheval blanc sur lequel saint Georges se retourne et lève le cimeterre pour tuer le dragon. Ce tableau est au Louvre, de même que Saint Michel peint par Raphaël en 1502 : le dragon ailé, déjà terrassé, est maintenu au sol par le pied du saint qui lui écrase le cou; le saint, ailé comme le dragon, brandit une épée; d'autres monstres sont figurés dans le paysage. Des sculpteurs ont aussi représenté saint Georges terrassant le dragon: - Ici Donatello en 1417 dans l'église Or San Michele à Florence; - Là Michel Colombe au début du XVI" siècle l'a figuré transperçant un dragon dressé verticalement; ce bas-relief, provenant du château de Gaillon est au Musée du Louvre. - Là Hans Geiler, en 1524, dont le marbre est au Musée de Fribourg en Suisse. Sainte Marguerite et son dragon forment une statuette du XVI' siècle, au Trésor de l'église de Lucéran dans les AlpesMaritimes. Le nom de la rue du Dragon à Paris, ne vient pas, semblet-il, du dragon qui a terrorisé Paris et a été vaincu par saint Marcel, évêque de Paris au Ve siècle. Vers la même époque, Olibrius, préfet d'Antioche, frappé par la beauté de Marguerite, tenta de la séduire. Elle résista de telle façon qu'il la fit jeter dans une fosse où sévissait un dragon qui l'engloutit; mais avec la petite croix de bois qu'elle tenait, elle perça le dos du monstre et sortit saine et sauve (de ce fait elle devint la patronne des accouchées). Au Moyen Age, elle fut particulièrement honorée dans le quartier de SaintGermain-des-Prés. L'actuelle rue du Dragon est une réminiscence d'une cour du Dragon ainsi appelée à cause d'une enseigne qui représentait la sainte sortant de l'énorme bête. De tout autres dragons illustrent les dessins à la plume de Pierre Bruegel l'Ancien: 22

- D'une part dans l'Allégorie de l'Orgueil, faisant partie de la série des sept péchés capitaux qui sera gravée avec les sept vertus (1557). La femme qui représente l'orgueil, richement vêtue, tient un miroir; son paon-attribut est à côté d'elle. Derrière elle, au centre du dessin, est la tête d' un énorme dragon (Exposition Bruegel à Bruxelles, 1980). - D'autre part dans l'Allégorie Fortitudo où les animaux, allégories des péchés capitaux sont tués par des hommes et des paysannes, au premier plan, au milieu, se tient la Force sous l'aspect d'un ange, accompagné de ses attributs, une colonne et, sous son pied, un dragon tenu en laisse (Musée de Rotterdam). Enfin dans la récente exposition sur Carthage au Petit Palais, on a pu voir une peinture à l' huile du XVII" siècle, provenant de l'église de la Madeleine à Troyes: c'est saint Augustin terrassant l'hérésie sous forme de deux dragons écrasés. Dans un contexte chrétien, le dragon est habituellement un symbole du mal. Il n'en est pas de même ailleurs. Voici par exemple une Visconti tenant dans la main droite son écusson portant un serpent-dragon et dans la gauche un dragon bénéfique avalant un Maure; on aurait pu penser qu'il crachait un diable, mais la princesse n'afficherait pas une telle sérénité (fig.7). A la toute récente exposition Memling au Louvre se trouvait un petit triptyque religieux au dos duquel on voyait les armes du destinataire, un notable italien du nom de Loiani, comportant un dragon. Là encore, rappelons l'ambivalence du dragon comme celle du serpent. A notre époque les dragons n'ont pas disparu; il n'est que de se rendre à l'Opéra pour entendre «la Flûte enchantée» de Mozart: un dragon est sur la scène. Voici une coupure d'un journal américain de mai 1995 avec la photo d'un dragon battant le record du monde de longueur, fabriqué en vingt-huit jours par six cents personnes pour la traditionnelle danse du dragon à Beijing (Pékin), image sous le titre «Attention au dragon ». C'est de l'art populaire rappelant les dragons promenés naguère dans les processions des Rogations. Récemment, un journal financier, annonçant que la Dresdner Bank rachetait une banque britannique de la City, donnait une figure des armoiries de la City comprenant deux
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dragons héraldiques. Deux autres dragons héraldiques figurent encore dans les armes du Stock Exchange, i.e. de la Bourse de Londres. En conclusion, les dragons se trouvent partout sauf dans la nature; on voit la très grande diversité de la façon dont ils sont figurés, leur signification ambiguë comme celle du serpent, mais aussi la variation de leur symbolisme. Bibliographie 1. - AMIET, P., Cours professé à l'École du Louvre, le 17.03.1980. 2. - Archeologia REV. : a) Nouvelles découvertes en Chine, p. 62, n° 135, oct. 1979 b) Zongshen, tombes des rois oubliés, n° 196, novo 1984 c) Les empreintes de l'histoire au Musée de Dijon, p. 14, n° 314, juil1.-août 1995 3. - ARTAMANOV M.I., Trésors d'art des Scythes, 1 v., GIÜnd, 1968 4. - «CHINE Antique voyage de l'âme. trésors archéologiques du Hunan », Exposition à l'abbaye de Daoulas, 1992 5. - Collections françaises d'art islamique, Exposition au Musée du Louvre, 1989-1990 6. - COOK R., The tree of life, image of the cosmos, 1 v., Thames and Hudson ed., Londres, 1974 7. - «Découverte de l'art thrace - trésors des musées de Bulgarie », Exposition au Petit Palais, Paris, 1974 8. - DELACOUR c., Revue du Louvre, p. 95 n° 2, avril 1995 9. - DIENY J.-P., Le symbolisme des dragons dans la Chine antique, 1 v., Institut des Hautes Études Chinoises, 1987 10. - GHIRSHMAN R., Parthes et Sassanides, 1 v., Gallimard, 1962 11. - GRANBOULAN A., Le vitrail en Touraine au XII' siècle, Bull. Soc. Nat. Antiquaires de France, p. 233-244, 1992 12. - GRANET M., La pensée chinoise, 1 v., Albin Michel, 1968

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13. - GUILLOT de SUDUlRANT S., Deuxfragments... de l'atelier de Hans Geiler, Revue du Louvre, p.31 n° 2, avril 1995 14. - LEBAUD Ph., Le bestiaire (Ashmole de la Bodleian Library d'Oxford), coll. «Les Reliquaires », Lebaud éd., 1988 15. - Les merveilles du Louvre, 1 v., collectif, p.45, t. 1 Hachette, 1958 16. - MURATOV A x., Sources classiques des illustrations des manuscrits des bestiaires, Bull. Soc. Nat. Antiquaires de France, p. 28, 1991 17. - ROBERT-JONES P. et al., Bruegel, une dynastie de peintres, 1 v., R. de Smet éd., Bruxelles, 1980 18. - ROUX J.-P., Catalogue de l'exposition au Grand

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19. - SALIN E., Civilisation mérovingienne, 1 v., Picard, 1959 20. - SAL VlAT F., Symbolique cosmique au Mausolée de Glanum, Dossiers d'archéologie, p. 46 n° 140, Juil.août 1989 21. - SlV ARAMAMURTl C., L'art en Inde, 1 v., Mazenod, 1974 22. - THOMSEN R., Mémoires du monde. Naissance des grandes cultures, traduit du norvégien, 1 v., Brepols, 1995 23. - «Trésors d'art chinois, récentes découvertes archéologiques », Exposition au Petit palais, commissaire général: M.V. Elisseef, Paris, 1973

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Figure 1 Dragon chinois. Porcelaine Ming, XVe siècle. Musée de Topkapi, Istanbul. Photo de l'auteur.

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Figure2 Brassard à Kâla, en or, argile et bronze, du Xe siècle, trouvé dans le centre de Java (Musée National de Djakarta). 27

Figure 3 Le dragon symbole des anciens Gallois est placé en vis-à-vis du lion anglais par Elizabeth 1'" sur ses armes. 28