Tableau historique de l

Tableau historique de l'Algérie

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114 pages

Description

Domination Romaine dans la Numidie et la Mauritanie Césarienne, aujourd’hui le territoire de l’ex-régence d’Alger

Rome met 240 ans pour réduire la Numidie et la Mauritanie Césarienne (le territoire de l’ex-régence d’Alger) à l’état de provinces sujettes et tributaires.

L’an 553 de Rome, Scipion (le premier Africain) bat Annibal à Zama, réduit Carthage aux abois, prend Syphax. Pouvant rayer le nom Punique de la liste des nations, il se borne à affaiblir Carthage.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 20 juillet 2016
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EAN13 9782346087587
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Langue Français

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Édouard Lapène
Tableau historique de l'Algérie
Depuis l'occupation romaine jusqu'à la conquête par les Français en 1830
PREMIÈREÉPOQUE
Domination Romaine dans la Numidie et la Mauritanie Césarienne, aujourd’hui le 1 territoire de l’ex-régence d’Alger
Rome met 240 ans pour réduire la Numidie et la Mauritanie Césarienne (le territoire de l’ex-régence d’Alger) à l’état de provinces sujettes et tributaires. L’an 553 de Rome, Scipion (le premier Africain) bat Annibal à Zama, réduit Carthage aux abois, prend Syphax. Pouvant rayer le nom Puniq ue de la liste des nations, il se borne à affaiblir Carthage. Un traité réunit la Mau ritanie de Syphax jusqu’au fleuve Mulucha (aujourd’hui Moulouiah) à la Numidie ; elle est cédée à Massinissa, l’heureux allié des Romains, déjà roi de Numidie. En 608, Scipion Emilien (le deuxième Africain) détr uit Carthage et compose de son territoire la Province Romaine. Il se contente d’oc cuper les villes maritimes, les comptoirs, les colonies militaires et commerciales établis par Carthage, depuis la petite Syrte jusqu’au delà d’Oran (Gilba colonia). Ainsi l es Romains, moins pressés que les Français aujourd’hui, prennent possession des côtes , mais renoncent pour l’instant à s’avancer dans l’intérieur. En 646, après la défaite et la prise de Jugurtha, le hardi Marius, d’ailleurs moins jaloux de l’intérêt public que de pousser rapidement au ré sultat les vues d’ambition qui l’appellent sur un autre théâtre, recule devant le projet d’adjonction entière des nouvelles possessions d’Afrique à l’empire. La province d’Afr ique est seulement agrandie, et Hiempsal reçoit le reste de la Numidie, moins la partie occidentale cédée à Bocchus, qui a livré son gendre Jugurtha. Vainqueur à Pharsale, César, l’an 707 de Rome, poursuit en Afrique les restes du parti de Pompée. Sans appui dans le pays, sans port de refuge, presque sans flotte, laquelle, faute de temps, n’a pu rejoindre, mais se fiant à sa fortune, à son génie, César ose tenter un débarquement à Adrumète et réussit. Bientôt les apprêts de Confidius, gouverneur pour le parti contraire, le forcent à s’éloigner. C ontre lui combattent Scipion, beau-père de Pompée ; Labiénus, naguère lieutenant de César, et admirateur dévoué du plus grand général de Rome, aujourd’hui républicain inflexible ; Pétreius, autre chef du parti ennemi, tous réunis à Juba, roi de Mauritanie ; enfin Caton , qui est venu planter à Utique son stoïque drapeau. César, dans une mémorable campagne de quelques mois , de son propre aveu, combat moins pour la victoire que pour son salut. Après avoir été battu dans la personne de son lieutenant Curion, il se montre bientôt habile à profiter des fautes, des lenteurs, surtout de la présomption, de ses adversaires. Peu rassuré cependant sur les résultats futurs d’une affaire générale, décisive, il se laisse entraîner par ses soldats qui, pour ainsi dire, lui imposent la victoire. Cette journée est c elle de Tapsus, où cinquante mille ennemis restent sur la place ; elle décide du sort de l’Afrique romaine. Les fils de Pompée voguent vers l’Espagne et vont y relever un instant leur parti vaincu. Scipion, pris en mer, fuyant, se donne la mort. L’inflexible Caton se perce de son épée, et ramené à la vie, déchire l’appareil parce qu’il veut mourir, et meurt. Pétreius et Juba, subissant même douleur et même honte, se provoquent et fonden t l’un sur l’autre avec l’intention de s’entr’égorger. Le premier, plus faible, succombe. Juba est achevé par un esclave qui, sur l’ordre de son maître, lui rend ce dernier office. Ce roi échappe ainsi à l’infamie de suivre le char du triomphateur : quatre triomples, en effet, attendaient César à Rome. La Numidie et la Mauritanie sont réduites en provin ces romaines. César les fait régir, sous le titre de proconsulaires, par le fameux historien Salluste (Sallustius Crispus), son ami. Celui-ci, avec éloquence et éclat, prêche dans ses écrits vertu et désintéressement.
En réalité, par ordre même de César, dit-on, il ruine le pays, sous prétexte de le punir de son attachement au parti de Pompée, et déshonore pa r ses vices et ses rapines les hautes fonctions qu’il remplit. Le gouvernement de ces contrées essuie encore des v ariations. Le pays obéit à des rois tributaires et vassaux de Rome. Cependant, en 721, Auguste réduit en provinces les Mauritanies Césarienne et Tingitane. Il rend, en 72 4, à Juba II, une partie de l’ancien royaume de Massinissa, et lui donne pour femme Cléopâtre Séléné, fille d’Antoine et de Cléopâtre. Ce prince africain, qui dans sa jeunesse avait orné le triomphe de César, élevé à Rome, s’y était rendu illustre par son savo ir, et mérita de Pline cet éloge arrivé jusqu’à nous, que Juba était encore plus distingué par ses talents que par la couronne qu’il portait. En 729, s’opère l’échange de la Numidie, plus importante par sa position rapprochée de la provinced’Afrique, entre les deux Mauritanies et la Gétulie, cédées à Juba. Les richesses de ce prince ont offusqué le fils indigne de Germanicus, qui règne sous le nom de Caligula, et provoquent son avide colère. Espéra nt peut-être le ranger avec tout l’empire dans la condition souhaitée de n’avoir qu’une tête à abattre, il mande à Rome le roi Juba. Ensuite, après l’avoir dépouillé de ses t résors, il l’envoie en exil et le fait assassiner en chemin. L’Afrique, restant veuve de tous ses rois, Claude, en 795, ordonne la division définitive de l’Afrique septentrionale en cinq provinces : les Mauritanies Tingitane et Césarienne,laNumidie, l’Afrique, la Cyrénaïque. C’est donc à l’apogée de la puissance des Romains, après trois siècles les plus féconds en grands capitaines, entre le premier Scip ion et Corbulon, lorsque des rois esclaves ont rempli leur mission, après deux règnes successifs de rois mariés à des Romaines, et quand des colonies militaires et civiles ontlatiniséen quelque sorte le sol ; c’est alors que le sénat décrète la réunion à l’empire, et rend les deux Mauritanies, ainsi que le reste de l’Afrique septentrionale, provinces sujettes et tributaires. Dans ce long intervalle, leurs rois assujettis(reges inservientes,l’expression suivant énergique de Tacite) fournissaient leur blé, leur a rgent, leurs éléphants, leur excellente cavalerie, apportaient en un mot une soumission pré venante. Le sénat accordait en échange une sorte d’investiture, les insignes du po uvoir, la chaise curule, le sceptre d’ivoire, la pourpre du manteau royal. Cent ans après Auguste, cette lente infiltration des mœurs et des institutions romaines avait opéré une fusion complète ; et sous Trajan, l’exil imposé à un citoyen lui interdisait aussi le séjour de l’Afrique, comme réunissant trop les douceurs de la vie, et à ce titre regrettable pour un banni. On compte en Mauritanie, sous Vespasien, au moins t reize colonies romaines, trois municipes libres, deux colonies en possession du dr oit latin, et une du droit italique. Toutes les autres villes sont libres et tributaires . La Numidie réunit du temps de Pline douze colonies romaines ou italiques, cinq municipe s et trente-une villes libres ; tantôt véritables forteresses, appelées par Cicéron crénea ux de l’empire ; tantôt colonies pacifiques qu’il nomme ailleurs la propagande de la civilisation romaine. Malgré ce système d’occupation fortement combiné, l es positions avancées, reconnues peu salubres pour de jeunes soldats venus de la Mésie, de la Germanie et de la Gaule, étaient abandonnées aux tribus alliées et indigènes. La paix, en outre, fut loin d’être perpétuelle et le calme d’être non interrompu. L’indifférence du Polythéisme et les relations des villes de la Mauritanie avec l’Espagne, la Gaule, l’Italie, surveillées par les colonies romaines, préexistantes à celles jetées sur le sol africain, avaient fait admettre dans celui-ci, sans difficulté, les garnisons et le s mœurs politiques et religieuses de l’empire. Cependant des soulèvements partiels, prom ptement réprimés, surviennent ;
plus tard, des révolutions suivent. Voici les principaux faits qui s’y rattachent. Sous Tibère, le numide Tacfarinas s’impose audacieu sement comme chef aux Musulans, tribus nomades du désert d’Afrique. A leu r tête, il envahit les Mauritanies et entraîne les indigènes à la révolte. Luttant dans une première campagne contre le consul Furius Camille, il cède à l’ascendant de ce grand nom et fuit. L’année d’après, il soulève de nouveau le pays. Trois corps d’armée doivent marcher contre lui sous la conduite de Bessus. Tacfarinas est encore vaincu, mais non subj ugué. Fertile en ressources, il continue une lutte active, acharnée. Ce n’est enfin qu’après quatre ans entiers de dangers et de fatigues, tenant aux lieux, au climat , aux privations, que le romain Dolabella, aidé des contingents indigènes, envelopp e le camp du rebelle. Celui-ci est battu et périt. Prenant pour prétexte de venger Ptolémée, son affra nchi, Odémon se révolte sous Claude. Il est vaincu aux lieux où furent plus tard Fez et Mequinez par Caïus Suétonius Paulinus, le même qui revêtit les insignes du consu lat en 66, sous le règne de Néron. Après dix marches au delà de ces points, le romain conduit ses troupes jusqu’aux hautes chaînes de l’Atlas, couvertes de neiges profondes e t éternelles. Il atteint sur le versant méridional le fleuve du Ger, séparant ainsi les nom ades indépendants, des peuples enfants ou alliés de l’Europe et de sa civilisation envahissante. Suétonius ou ses successeurs construisent, dans les hautes vallées de la Malvinah, aux environs d’Aksabi-Suréfa, une ligne de forteresses dont les ruines, e ncore debout au seizième siècle, excitaient l’attention desMogrebins.y reconnaissaient l’ouvrage des Roumi Ceux-ci (Romains), nom donné encore par les Kabyles aux Chrétiens. Des colonies européennes peuplent Lixos (Larache), sur l’Océan atlantique, e t Tingis (Tanger), qui n’avait que le simple droit de cité depuis le règne d’Auguste. Cossus, sous ce même Claude, cinq ans après la rédu ction en province romaine, et d’autres généraux habiles sous Trajan, Adrien, Anto nin, avaient réprimé les tentatives des Maures. L’un de ces généraux, Martius Turbo, capitaine habile, élève de Trajan, eut la gloire, sous Adrien, de se voir élever une statu e pour honorer ses vertus civiles et guerrières. Un autre, du nom de Lucius Quictus, mau re d’origine, après avoir appris le métier de la guerre dans les armées romaines, sous l’empire de Domitien et de Nerva, accueilli aussi par Trajan, fait des prodiges, avec les Maures qu’il sait rallier, dans la guerre de cet empereur contre les Parthes et les Daces. Pour récompenser son courage, Trajan l’honore du consulat. On assure même qu’il d ésirait le proposer pour son successeur, et cette haute preuve d’estime lui valu t, très-naturellement, la disgrâce d’Adrien, parvenu au pouvoir. Sous Antonin, suivant Pausanias, les Maures nomades, avec leurs femmes voyageant à cheval comme eux, son t chassés de toute la partie de l’Afrique soumise aux Romains, et repoussés aux extrémités de la Libye, dans l’Atlas, et chez les peuples voisins de cette chaîne. Sous Marc-Aurèle, les hordes de l’Atlas pénètrent en Europe et ravagent une partie de l’Espagne, peut-être par mer. Ceci ferait supposer déjà dans ces temps reculés l’existence de corsaires et de pirates sur la côte d’Afrique, comme de nos jours nous en avons vu sortir du port d’Alger. Alors la province, au lieu d’êtreproconsulairec’est-à-dire appartenant au sénat, devintimpérialeet ressortit d’un légat protecteur. Cette précaution annonçait la crainte des soulèvements et l’urgence de donner au pouvoir une nouvelle force. A cette époque, en effet, le principe actif des peuples refoulés par Trajan se développe dans toute son énergie. C’est Rome en face de l’Italie aux premiers siècles de la république. C’est la même histoire mais en sens inverse, et transportée des extrémités au centre. Sous Antonin, ce sont des révoltes isolées, Juifs, Gètes, Egyptiens, Maures, Daces,
Germains, Alains, attaquant partiellement l’empire. Sous Marc-Aurèle, la liguese forme. Trois causes de destruction envahissent alors la pu issance romaine : la corruption des mœurs publiques et privées chez les polythéistes, l e décroissement de la population libre, l’établissement du christianisme. Les Chrétiens repoussent en effet un pouvoir qui sans examen leur ôte leurs droits civils et politiq ues et proscrit leur culte, leurs mœurs, leur croyance. Aussi les Antonins sont forcés de le s ménager et d’en remplir leurs légions. Un siècle et demi plus tard, Constantin, e n les appelant à lui et les protégeant, s’en fait d’utiles auxiliaires, alors qu’il en dépeuple les armées de ses rivaux, ou y sème des ferments de relâchement et d’opposition, propices à sa cause. Depuis Marc-Aurèle jusqu’au règne de Valentinien, l’histoire donne peu de détails sur cette partie de l’Afrique. Cependant, sous Alexandre-Sévère, on trouve les victoires de Curius Celsus dans la Mauritanie Tingitane. Sous Ma ximin, les Maures donnent le premier exemple de la révolte. Un intendant exacteur, digne d’un tel maître, est tué par le peuple, et aussitôt le vieux Gordien est proclamé e mpereur et se rend à Carthage. Il s’associe le jeune Gordien, son fils, et l’envoie contre Cappellien, homme de valeur, ami de Maximin, et préfet des Mauritanies, qui s’avance pour prévenir l’usurpation des deux Gordien. L’armée du jeune Gordien est battue et dispersée, et lui-même est tué. Le père, octogénaire, ne peut survivre à sa douleur ; il s’é trangle avec sa propre ceinture, après trente-six jours d’un règne éphémère et agité. Héri tier de cette famille illustre et de la vénération des troupes, son petit-fils, Gordien III, enfant couronné, partage l’empire avec Maxime et Balbin. Après le meurtre de ceux-ci, Gord ien est reconnu seul empereur, et son compétiteur, du nom de Sabinien, gouverneur d’A frique, lui est livré. Mais ce nouveau règne, né au milieu des orages, eut un proc hain terme par l’assassinat de Gordien par le traître Philippe, qui, né arabe et ayant d’abord exercé le métier de voleur, est élevé aujourd’hui à la dignité de préfet du pré toire et bientôt à celle de maître du monde. Sous Gallien, surviennent des tremblements de terre épouvantables. Les Maures continuent d’être fidèles à l’empire, et l’usurpateur Celsus n’eut que sept jours de règne. Sous ce même Gallien et sous Aurélien et Tacite, le général romain Probus (depuis empereur) subjugue les Marmarides en Libye, réprime la rebellion de Carthage, tue en combat singulier le chef de tribu Aradion, et pour honorer ce rude adversaire, lui fait élever un monument de deux cents pieds de base. Sous cet illustre capitaine les soldats construisent des ponts, des temples, des portiques, des basiliques, désobstruent l’embouchure de plusieurs fleuves, dessèchent de grands marais et les transforment en champs de riches moissons. Pendant le règne de Dioclétien, son collègue Maximien dompte lesQuinquégentiens (les cinq peuples), qui, sortis de leurs déserts, avaient brusquement envahi les provinces tranquilles d’Afrique. Après avoir châtié les rebel les jusque dans leurs plus âpres repaires, Maximien les transporte, de leur sol natal, dans les contrées qu’il leur assigne, puis fixe la délimitation des nouvelles provinces a u nombre de six : ce sont, de l’est à l’ouest, la Tripolitaine, la Byzacène, l’Afrique pr oconsulaire (ancienne province de Carthage), la Numidie, la Mauritanie de Sétif (Siti fensis), la Césarienne. La Mauritanie Tingitane était attribuée à l’Espagne, dont elle formait la sixième province.
1e septentrionale, connue sous le nomsur l’histoire de la partie de l’Afriqu  Recherches de régence d’Alger, par une commission de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-
Lettres. Paris 1835. er Recherches historiques sur les Maures, par M. de Chenier. Tome I. , Paris 1787. Histoire des Vandales, depuis leur première apparition jusqu’à la destruction de leur empire en Afrique ; par Louis Marcus. Deuxième édition, Paris 1838.