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Théorie des belles-lettres

De
522 pages

La Parole signe de race. — Instrument d’action sociale. — Conditions générales de cette action : puissance et ordre. — Définition de la parole littéraire.

La parole est chose humaine par excellence, vrai signe de race et bien propre à caractériser l’homme. « C’est avec une sublime raison que les Hébreux l’ont appelé âme parlante. » Et Homère ne fait-il pas de la voix l’attribut singulier de l’espèce ? La parole est une et double comme l’homme lui-même, comme lui corporelle et spirituelle, corporelle par le son, par l’air battu, spirituelle par la pensée qui s’y incarne ; en tout, image et résumé de notre nature.

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Georges Longhaye
Théorie des belles-lettres
L'âme et les choses dans la parole
AVANT-PROPOS
Espérons qu’on voudra bien ne pas nous imputer la p rétention d’inventer la littérature, mais avouons Sans détour celle de la r aisonner un peu plus profondément qu’on n’a coutume de le faire. Nous tenons l’art de la parole écrite ou parlée pou r le plus immédiatement naturel de tous les arts, pour un art certain et sérieux. Tout le monde y souscrira-t-il sans résistance ? N’osons pas trop y compter. Pourquoi ? Est-ce uniquement le fait des abus dont la littérature s’est rendue complice ? Ne faut-il pas s’en prendre dans une certaine mesure aux habitudes mêmes de l’enseigneme nt ? On trouve au degré élémentaire des manuels estimabl es peut-être, mais quelquefois sans assez de philosophie ni de profondeur ; compos és d’observations incomplètes, d’aphorismes peu justifiés, d’exemples insuffisants , manque d’un choix assez judicieux ou d’une interprétation assez lumineuse. Aussi bien n’est-ce là qu’un enseignement élémentaire, et, les études achevées, on n’y revient plus. Quant à l’enseignement supérieur, par où les lettre s devraient se maintenir en estime auprès des esprit mûrs, à n’envisager que se s meilleurs côtés, il brille par une critique ingénieuse, mais trop souvent vide de prin cipes : historien, rapporteur plutôt que juge, parfois même se faisant un système et une gloire de ne pas juger. Les Maîtres sont là sans doute, les grands rhéteurs de l’antiquité. Mais après eux, mais d’après eux, n’y a-t-il plus rien à dire, et s uffit-il d’y renvoyer purement et simplement l’intelligence chrétienne ? D’ailleurs p lût à Dieu que nos contemporains voulussent bien se remettre à pareille école ! Héla s ! l’instruction publique telle qu’elle est ne les y dispose guère, et après la perte de la foi, la perte du sens et du goût des maîtres classiques est à nos yeux la plus fatale à l’esprit français. En somme, tandis que beaucoup écrivent et parlent à peu près au hasard, la foule apprécie au gré de la fantaisie ou de l’humeur ; c’ est trop dire : elle n’apprécie plus ; elle s’amuse un moment et passe. Les grandes querel les littéraires éteintes ont laissé après elle l’indifférence et le scepticisme. Avouon s-le sans retard : le scepticisme nous déplaît et nous effraie ici comme ailleurs. Qu’il s ’enveloppe de bonhomie et de spirituelle impertinence, ou que, par un renverseme nt bizarre, il se fasse dogmatique et tranchant ; qu’il dise en souriant : « chacun so n goût, » ou qu’il décrète d’autorité qu’il n’y a rien d’absolu en littérature ; nous le repoussons sous toutes ses formes comme une inconséquence, une faiblesse et un péril. On ne répudie point la certitude artistique sans compromettre logiquement toutes les autres, et la fermeté modeste des jugements littéraires entre pour une part dans ce b on sens réfléchi qui nous honore et nous défend. Quoi donc ! avons-nous rêvé de tout démontrer en li ttérature ? Non certes. La littérature n’est pas une géométrie ; la parole lit téraire n’est point faite de raison pure ; l’imagination et la sensibilité ont leur large rôle dans cette expression vivante de tout l’homme, et la raison ne peut régler mathématiqueme nt toutes leurs saillies. Mais si les problèmes de goût se refusent à une sol ution mathématique ; si, en matière d’éloquence et de poésie, la démonstration rigoureuse ne peut s’étendre à tout ; nous osons croire que la certitude morale pe ut aller loin, beaucoup plus loin que ne se le figurent la légèreté du grand nombre et, p our tout dire, la mollesse d’esprit, qui est une des grandes tentations humaines. C’est chose commode que d’écrire à l’aventure et de juger par impression. Mais, en bon ne foi, que vaut un style incapable de se raisonner lui-même ? Que valent des impressio ns quand on n’a pas la force de
les éclaircir et de les fixer ? Que dans le champ d e la composition et de la critique il reste toujours une part d’inconnu, soit ; mais c’es t œuvre utile que de travailler à la réduire. Pour le moment il nous suffit de cette rép onse ; nous aurons lieu d’y insister ailleurs. Et maintenant sur quelle base assez large et assez solide établir la certitude de nos jugements et de nos procédés littéraires ? Sur la philosophie. Il se peut que le mot fasse peur. La philosophie es t chose sévère, et ce n’est pas là ce qu’on est accoutumé à trouver dans un livre de l ittérature. A vrai dire, malgré notre désir d’obliger, s’il se pouvait, tout le monde, no us ne pouvons en bonne conscience dédier ces études à qui prendrait frayeur d’une lec ture quelque peu sérieuse. Nous ne les offririons pas davantage à qui confondrait l’ér udition avec la science, aux curieux d’anecdotes, aux amoureux du petit fait jusqu’au dé dain pour les principes et les conclusions. Certes, nous avons conscience de ne ra isonner pasà priori, de nous appuyer largement sur l’histoire des littératures. Mais, à nos yeux, le grand fait auquel tous les autres rendent témoignage, c’est l’âme, l’ âme et ses exigences légitimes, l’âme et ses appétits dépravés. Nous rappelons ou n ous supposons tout ce qu’il y a de plus incontesté ; de plus élémentaire, de plus expé rimental dans la philosophie spiritualiste, la seule qui compte. Nous ne voulons aux lois littéraires d’autre point d’appui que le rôle manifeste de la parole, que la nature des choses et avant tout la nature de l’homme même ; Selon nous, la parole littéraire se mesure aux exig ences vraies de l’âme du lecteur ; et ces exigences, à leur tour, peuvent se résumer d ans cette formule : écrivain, orateur ; mettez votre âme dans votre parole, toute votre âme, votre âme telle que Dieu l’a faite et qu’il la veut, avec sa physionomi e propre, sa puissance originale, mais encore avec les traits communs et obligés qui la fo nt droite, haute, ordonnée, raisonnable. S’il est un préjugé funeste à l’art de parler et d’ écrire, c’est de l’imaginer comme un je ne sais quoi de factice, d’artificiel, de le con cevoir comme un ornement appliqué par le dehors et qui ne tiendrait pas à la substance de l’âme. Erreur. Chez celui qui l’exerce, le talent littéraire est la fleur de l’âm e ; c’est l’âme elle-même qui se montre naïvement, et, avec elle, tous les objets de sa pen sée, Dieu, l’homme, le monde, tous fidèlement rendus et cependant bien marqués de son empreinte personnelle. Là est à nos yeux le premier et le dernier mot de toute doct rine littéraire, et ce livre n’est que pour l’établir. On voit qu’il ne s’adresse point aux écoliers, bien qu’on puisse, croyons-nous, en mettre facilement la doctrine à leur portée. Dans s a forme et avec ses développements, il semble devoir être plus directem ent utile aux professeurs, aux jeunes gens engagés dans les hautes études, aux hom mes qui ont conservé le goût des jouissances de l’esprit. Il voudrait élever et augmenter pour eux ces jouissances, en leur en donnant une possession plus réfléchie. I l ambitionnerait même d’assurer en eux d’une façon indirecte mais efficace les princip es de la philosophie chrétienne. Si nous ne manquons absolument notre but, quiconque vo udra bien nous lire demeurera un peu plus fermement convaincu de ce fait, que la littérature jaillit comme de source de la psychologie exacte et de la saine morale ; qu e le beau littéraire est étroitement lié au vrai de la nature, au vrai de l’âme et des c hoses, mais encore au bien pour lequel les choses et l’âme ont été faites par Dieu.
Slough (Angleterre), en la fêle de saint Ignace de Loyola, 31 juillet 1885.
LIVRE PREMIER
L’AME ET LES CHOSES MESURE DE LA PAROLE LITTÉRAIRE
CHAPITRE PREMIER
L’action puissante. — Concours des facultés de l’âme
I
La Parole signe de race. — Instrument d’action sociale. — Conditions générales de cette action : puissance et ordre. — Définition de la parole littéraire.
La parole est chose humaine par excellence, vrai si gne de race et bien propre à caractériser l’homme. « C’est avec une sublime rais on que les Hébreux l’ont appelé 1 âme parlante. » Et Homère ne fait-il pas dela voixl’attribut singulier de l’espèce ? La parole est une et double comme l’homme lui-même, co mme lui corporelle et 2 spirituelle, corporelle par le son, parl’air battu, spirituelle par la pensée qui s’y incarne ; en tout, image et résumé de notre nature. En outre, elle est le premier lien social. Avec moi ns d’emphase et plus d’à-propos, le docteur Pancrace aurait toute raison de dire : « Ou i, la parole estanimi index et speculum,e ; c’est un miroir quile truchement du cœur, c’est l’image de l’âm  c’est 3 nous présente naïvement les secrets les plus arcane s de nos individus . » Notons au moins qu’elle est l’instrument du commerce des espr its et de leur action réciproque. Ainsi l’art de parler sera l’art d’agir sur l’homme par la parole. Mais il est trop évident que cette action ne saurai t être quelconque. La notion même d’art y répugne et suppose des qualités déterminées . Aussi bien toute action veut être complète, aller jusqu’au bout d’elle-même, atteindre au but et ne le point dépasser. Atteindre au but, c’est œuvre de puissance ; mesure r l’action sur le but, c’est affaire d’ordre. Puissance et ordre seront donc les attribu ts de toute action, de l’action de la parole entre autres. Manifestement la parole doit ambitionner de se rend re efficace ; elle doit tendre à saisir l’âme et à la dominer de toutes parts. Je co nçois d’ailleurs qu’une action puisse être forte, puissante, victorieuse, tout en étant p ar quelque côté anormale, illégitime, funeste. Une certaine puissance peut se retrouver j usque dans le désordre qui en est l’abus. Il se peut que la parole règne noblement et doucement sur mon âme ; il se peut aussi qu’elle la violente, qu’elle la bouleverse, q u’elle rompe l’équilibre voulu par la raison et par Dieu même. Je le conçois tout d’abord , et combien d’ouvrages modernes sont là pour me le prouver d’expérience ! Par aille urs, le désordre est toujours le désordre, le faux, le mal, la ruine de la nature et du plan divin. Bien qu’il se rencontre parfois avec une certaine puissance, il la comprome t toujours dans la mesure même où il existe et la diminue pour ainsi dire de tout lui-même. Dès lors je vois clairement que l’action de la paro le doit être puissante, mais d’une puissance légitime, réglée, ordonnée. Dès lors auss i l’art littéraire a trouvé sa définition : il est en soi l’art d’exercer sur l’ho mme par la parole une action puissante et ordonnée. On entrevoit ce qu’il sera dans l’artiste ; mais que l’on veuille bien nous permettre de n’y arriver que pas à pas. Quant à la définition présente, elle est incontesta ble ; elle est féconde aussi dans son apparente banalité ; car nous en verrons bientô t sortir les deux lois fondamentales. Mais encore elle s’autorise et s’écl aire de sa conformité même avec une foule de notions transcendantes où puissance et ordre figurent comme éléments essentiels. Qu’est-ce que la vertu ? L’ordre dans l’amour,ordo amoris, dit saint Augustin ; et
l’amour c’est la puissance, l’activité, l’élan, la vie. Qu’est-ce que la beauté ? La plénitude dans l’ordre ,integritas ordinis,quelque dit part saint Thomas ; la plénitude, le plein déploiem ent de la puissance, mais l’ordre toujours. Qu’est-ce que le talent, le génie ? Ce qu’est la ve rtu en morale, une puissance qui se déploie dans la règle. Qu’est-ce que l’inspiration artistique ? Un état co mplexe, contradictoire en apparence, où les facultés sont comme emportées et en plein vol, mais tout ensemble et sous peine de ne rien produire, gouvernées, ordo nnées par la raison et la volonté souveraines. Cicéron a défini l’éloquence, la sagesse parlant av ec opulence,copiose loquens sapientia. L’opulence de la parole suppose toute puissance dé ployée ; mais c’est la sagesse qui parle ; donc l’ordre préside à ce déplo iement. Saint Augustin met l’art de l’orateur à rendre la vérité lumineuse, agréable, é mouvante, «... ut veritas pateat... 4 placeat... moveatela sinon la. » Lumière, couleur, chaleur, qu’est-ce que tout c plénitude d’action de la parole humaine. Mais à la vérité seule tous ces avantages, et la notion d’ordre reparaît avec celle de puissance : tant il est vrai qu’elles se retrouvent partout comme les conditions nécessaires de la gran deur et de la beauté.
II
L’homme sur lequel agit la parole. dualisme. — Conséquences littéraires.
Premier
aspect
:
unité,
Nous savons le rôle de la parole et par là même nou s en connaissons quelque peu les deux lois premières. Entendons-les mieux et d’u ne façon moins abstraite. Etudions l’homme sur lequel nous devons agir. C’est ici la b ase véritable. Tout ce qui s’appuie là logiquement a force de loi en littérature ; tout le reste est arbitraire et de nulle valeur. Tout d’abord l’homme nous présente ce caractère : u nité dans le dualisme, union substantielle et personnelle de deux substances pou rtant diverses, un esprit et un corps. Et cette union est naturelle aussi. Rien de violent ni de forcé. Ce n’est point, comme Platon l’imagine, le poids d’une faute antéri eure qui retient l’âme dans cette prison de boue ; l’homme n’est pas, quoi qu’en ait dit Lamartine,
... Un Dieu tombé qui se souvient des cieux.
Gardons-nous également d’établir du corps à l’âme u n rapport de pur accident, un 5 rapport qui ne dépasse pas en intimité celui du ser viteur au maître , du cheval au cavalier, dela bêteàl’autre,comme dit plaisamment Xavier de Maistre. Philamint e est superbe en ses dédains.
Le corps, cette guenille !
Mais le bon sens répond par la bouche de Chrysale :
6 Ouais, mon corps est moi-même... .
J’entends bien qu’il ne soit pas chez moi le tout n i le principal. Je sais de plus que, dans l’ordre moral et par suite du péché originel, j’ai à me distinguer de lui, à m’en séparer, à le combattre.
O Dieu ! la guerre cruelle ! 7 Je sens deux hommes en moi .
Mais dans l’ordre purement physique ou métaphysique — peu importe — l’unité reparaît. Unité mystérieuse et incontestable, expli quant seule le mode de nos opérations humaines, comme par ailleurs le mode de nos opérations la prouve elle-même invinciblement. Unité, harmonie que je ne puis perdre de vue sans compromettre avec la vérité psychologique la vérité littéraire. 8 Un médecin philosophe disait énergiquement : « L’homme n’est ni ange ni bête, il est homme : ne soyons ni moralistes ni vétérinaires ; soyons médecins. » Ainsi faudrait-il dire à l’écrivain : l’homme n’est point tout esprit : ne soyez donc pas un logicien pur, un géomètre de style. Par-dessus tout , l’homme n’est point tout chair : ne soyez donc pas sensualiste, matérialiste, réaliste, naturaliste. Que votre langage se fasse esprit et corps comme l’homme qui doit l’ente ndre : esprit par la lumière sereine de la pensée, corps par l’image vive mais diaphane qui ne parle au sens que pour avertir l’esprit. A le bien prendre, ce livre ne di ra pas autre chose et ce n’est point sa 9 faute s’il y a déjà là de quoi condamner bien des a uteurs .
III
L’homme mieux connu. — Ses facultés : intelligence — imagination — volonté — sensibilité. — Leurs exigences constantes, simultanées. — Première loi fondamentale : déploiement constant et simultané des facultés chez l’écrivain.
Un second et plus profond regard nous découvre dans l’homme des puissances diverses capables d’opérations distinctes, d’objets différents. Or, ces puissances ou facultés n’étant, à le bien prendre, que les modes variés de l’activité d’un sujet unique, on voit que leur classification a quelque chose de fondé et quelque chose d’arbitraire. L’analyse moderne tend à les multiplier outre mesur e ; l’ancienne philosophie, plus sobre, s’oppose d’instinct à ces multiplications su perflues. Sans entrer dans une discussion hors de propos, nous suivrons de préfére nce l’ancienne philosophie, et nous ne distinguerons les facultés que là où se ren contre une différence essentielle, soit entre les objets, soit dans la manière de les atteindre. L’homme est esprit et, à ce titre, en possession de deux facultés essentielles : d’une intelligence par où il voit le vrai immédiatement o u médiatement, dans la réalité présente ou dans une représentation qui est un souv enir ; d’une volonté par où il tend au bien et s’écarte du mal. L’homme est un corps vivant et, comme tel, doué des cinq sens qui mettent l’animal en rapport avec le monde matériel. L’homme est esprit et corps, et de l’union de ces d eux éléments procèdent en lui deux facultés nouvelles que j’appellerai mixtes, à raison de leur situation mitoyenne entre les sens et les puissances de l’esprit pur. C’est l’imagination, dont la fonction propre est de représenter les objets sensibles absents, et, par une extension immédiate, les objet s immatériels sous des images sensibles. Nous ne la confondrons pas, comme on le fait assez souvent dans le langage, avec la puissance d’invention ou de créati on intellectuelle, puissance qui n’est point une faculté spéciale, mais un résultat du concours de toutes les facultés supérieures. C’est la sensibilité, puissance ou impuissance de l ’âme humaine, disposition