Théorie du vêtement

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Français
172 pages
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Description

Le but de ce modèle d'analyse est d'intégrer pleinement le vêtement dans une science humaine. Le phénomène vestimentaire est en effet ou trop adulé dans les discours sur la mode et la couture, ou trop négligé comme un art appliqué, secondaire et futile. Pour les utilisateurs que nous sommes, il s'agit ici de développer ce que peuvent être les véritables techniques de manipulation du vêtement, leurs efficacités sociales, leurs effets, leurs styles et même leurs pathologies, les plaisirs qu'on en a, les valeurs qu'on y met : tout ce qui nourrit cette théorie du vêtement.

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Date de parution 01 février 2014
Nombre de lectures 30
EAN13 9782336335940
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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P i e r r e - Y v e s B a l ut
d u d u v ê t e m e n t v ê t e m e n t
Théorie du vêtement
Pierre-Yves Balut
Théorie du vêtement
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02439-4 EAN : 9782343024394
THÉORÈMES VESTIMENTAIRES PROLOGUE p. 23 1. Très généralement, les problématiques d’analyses vestimentaires confondent, dans l’analyse du produit, le point de vue du producteur, quel qu’il soit, et celui de l’utilisateur, sauf à le considérer comme acheteur-consommateur : l’enjeu est donc d’inventer l’analyse propre du vêtement pour l’utilisateurp. 26IVÊTURE 2. Contrairement à l’évidence et à l’idée commune, les techniques vestimentaires ne sauraient être celles permettant la production de vêtements. D’une part, parce que ces techniques ne sont pas spécifiques et servent à bien d’autres choses. D’autre part, parce que bien d’autres techniques, plus rares ou plus curieuses, sont utilisées pour ce faire  p. 273. Le fait, souvent négligé, de se vêtir constitue seul la technique vestimentaire proprement dite qui consiste à savoir « manipuler » l’outil par les diverses parties du corps. Comme il s’agit à la fois de l’enfiler et de le porter, on pourrait parler du «passe-port» vestimentaire. C’est même dans cette particularité de manipulation que se définit le vêtement comme n’étant pas du logement ou du traitement du corpsp. 28 4. Le premier ensemble de gestes de vêture consiste donc à rentrer dedans, à enfiler, à passer, à mettrep. 31
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5. Passer est une chose, porter se révèle parfois une autre affaire, impliquant à la fois la démarche, comme façon d’« agir avec », et le maintien, comme façon d’« être avec » p. 336. Il est donc assurément du corps dans cette manœuvre technique caractéristique du vêtement. Ce n’est cependant ni étonnant, ni exceptionnel : toute technique est analyse du geste, de l’activité et donc du corpsp. 367. Toutes ces manipulations vestimentaires ont pour fins pratiques de produire de la représentation par ce qu’on appellera latexture, de l’activité, par l’armure, de l’être, par l’investiture, du vouloir enfin par lacensure, en le faisant soit empiriquement, soit magiquementp. 378. Ce « passe et port » n’a pas que ces efficacités pratiques. La technique s’autoproduit dans laparure, comme esthétique de l’enfilage par la disposition, et dans l’allure, comme esthétique du portp. 389. Les essayages, les « sosies » naguère et les défilés maintenant, sont les moyens de vérifier, par soi-même ou par personne interposée, les difficultés aussi bien que les effets pratiques de l’enfilage et du port et ceux esthétiques de la parure et de l’allurep. 4110. Le jeu de l’acteur est lui aussi, pour une part importante, la réalisation, et d’une activité, d’une gestique, et d’une manipulation des vêtements en sorte de « faire comme » le personnage du rôlep. 42
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IITEXTURE 11. Même si ce n’est pas aussi essentiel et incontournable qu’on le pense communément, le vêtement souvent produit des effets de sensations, principalement visuelles ou tactiles, et d’autres encorep. 4312. Une production de l’apparence est cependant spécifique au vêtement qui modèle, dessine les formes du corps et qu’on peut appeler la silhouette, pour laquelle s’emploie toute une panoplie de postichesp. 4513. Dans l’indicateur se trouvent expressément construits et l’indice, qui est précisément fabriqué, et le sens alors convenu, partagé par un groupe, quel qu’il soit : l’indicateur est produit pour informerp. 4714. Le vêtement peut comporter aussi de l’image et de l’écriture. Mais en partie ou totalement, il peut être lui-même une imagep. 49 15. Tout particulièrement dans le vêtement, l’image parfois importe moins en elle-même qu’en tant que moyen que le vêtement recompose, en sorte de faire un effet abstrait d’esthématopée p. 52IIIVESTIGNOMONIE 16. Tout trait du vêtement, repérable, peut « faire penser à ». Cette imagination à son propos n’a pas à se confondre avec
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