Tristylya

Tristylya

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60 pages

Description

Tristylya, fille unique élevée par sa mère et qui appartient à la petite bourgeoisie de Port-au-Prince, n’est pas sans rappeler Zulma, la malheureuse fiancée d’Épaminondas Labasterre. Elle partage son temps entre l’atelier de couture de Mme Céleste Bonaventure, l’église de Sainte-Anne — où officie l’abbé Poncho — et la maison familiale. Elle mène une existence paisible, égayée par les impertinences de son amie Désinette, jusqu’à ce que le jeune Alcibiade Scipion, de retour de Paris la tête farcie de « science sociale », jette sur elle son dévolu.


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Date de parution 04 avril 2014
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EAN13 9789997050007
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Tristylya avait raconté son aventure à ces demoiselles. Toutes, elles lui avaient conseillé la résistance. — Toi, épouser un ferblantier ! Nous sommes nées, ma chère, pour être, à défaut de soie, dans le coton. C’est encore moelleux, mais pas soudées au fer-blanc ! Tout, entends-tu, tout plutôt que ça ! Désinette, en tête, s’était montrée la plus décidée : — Alcibiade a raison, déclarait-elle. L’union libre, il n’y a que ça quand surtout les parents veulent faire le malheur de leurs enfants. Elle brisera l’esclavage de la jeune fille et la rendra l’égale du jeune homme. Nous avons pour devoir d’inaugurer ce mouvement. Au lieu de pleurnicher comme tu fais, tu devrais être glorieuse d’avoir été choisie pour en être l’initiatrice dans ton pays. Tu pleures quand tu devrais être si fière... Ah ! que je voudrais être à ta place ! — Qu’est-ce que tu aurais fait ? — Ah ! Ne m’en parle pas, ma chère !... Ce que j’aurais fait ? J’aurais plaqué ma mère avec ses idées rétrogrades, et j’aurais arboré le drapeau de l’union libre ! N’avons-nous pas droit à l’amour ? Tu aimes Alcibiade, n’est-ce pas ? Il faut aller à lui. Il n’y a pas une autre vérité en dehors de celle-là. Le droit à l’amour, et conséquemment le droit de l’amour, voilà le mot d’ordre... — Cependant, le mariage est un sacrement... — Non, c’est une mode qui passe. Nos mères portaient le mouchoir en tignon. Nous, nous portons le chapeau avec des plumes. C’est exactement la même chose : l’union libre remplace le mariage, qui n’est plus qu’une vieille chanson. Partant pour l’adultère, les vieux libertins fredonnent, pour se donner l’illusion qu’ils vont commettre une action pleine de périls. Ce prétendu fruit défendu monte leur imagination !