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Tropical

De
116 pages

Qu’ont en commun les Aztèques, Dagobert Ier, Charles Pathé, Madame Soleil et Louis XIV ? Qu’est-ce qui rapproche les rayons X, le nougat, le catch et les dentistes ?

La réponse : les fêtes foraines.

Si elles sont populaires, chez les petits comme chez les grands, elles demeurent un univers à part. Un mystère difficile à percer, qui charrie ses légendes autant que ses préjugés. Si chacun connaît la grande roue, les montagnes russes ou la barbe à papa, que sait-on de l’histoire de ces attractions ? Que connaît-on de la vie des familles qui les manipulent au quotidien ?

Tropical : L’histoire folle du monde forain raconte les petites histoires qui ont nourri, des siècles durant, la légende de la fête. Un voyage dans le temps à la découverte des premiers saltimbanques, des fêtes millénaires, des manèges les plus spectaculaires. Nous y découvrirons que le British Museum de Londres tire son origine des cabinets de curiosités des foires, nous apprendrons comment Dagobert Ier fut l’un des instigateurs des fêtes foraines en France, nous saurons comment le cinéma, mais aussi les rayons X ou la bicyclette, ont été popularisés auprès du grand public dans des attractions à succès. L’origine de la barbe à papa, les dessous des entre-sorts ou encore les « trucs » des bateleurs vous seront révélés dans cette balade historique inédite, au fil des mots de la foire. Une véritable plongée historique dans le monde merveilleux - et fou - des fêtes foraines, un décryptage étonnant d’une culture à part entière.


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TROPICAL
L’histoire folle du monde forain
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REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier tous les forains – sans qui cet ouvrage n’aurait pu exister – et plus particulièrement Chriss Campion, Maxime Frechon, James Franchitto, Marcel Campion, Robins Miret, Dune Bournet, Sam Frechon, Tom Cohen, Fiona Champ, Raymond Robba, Davidson Tilmant, Kevin Miret, Cindy Lavignas, Alexandre Charneux, Steven Frechon, Victoria Cohen, Germain Frechon, Greg Clesse, Réjane Papin, Maxime Pasquier, Philippe Campion, Charlotte Bourez, Wesley Charneux, Tiphaine Gratepanche, Calypso Bournet, Marvin Chevalier, Anthony Nami, Alexandre Lecreux-Bournet, Kimberley Profit, Yentl Campion, Boris Lapere, John Chevalier, Amahé Danion, Serge Schmidt, Gladys Toquard, Kevin Ravoire, Fred Miret, Karl Vancraeyenest, Indana Vaissiere, Geoffrey de Vries, Karl Morel, Margaux Hoffmann, Nano Toquard, Sacha Lesage, Harry Buquet, Jordan Clesse, Maud Camors, Megane Danion, Philippe Guichet, Harry Toquard, Jean-Luc Marsault, Jeames Dragonne, Anthony Dragonne, Carl Peillex, Elodie Frechon, Estelle Bouvier, Fiona Roose, Frantz Vancraeyenest, Gautier Menude, Lara Jacquier, Louis Joubert, Lucie Campion, Madison Lesourd, Marvin Genel, Maverick Lesourd, Priscillia Clesse, Swanny Lapoumeroulie et Gladys Vancraeyenest.
Je tiens à remercier Benjamin Hoffman d’avoir réalisé la photographie utilisée en couverture.
Je tiens à remercier Sébastien Coueille de m’avoir aidé à créer LGM éditions et encouragé à publier cet ouvrage.
INTRODUCTION
Il y a un monde entre les beaux quartiers du XVIe et les champs de foire. Un monde que je franchissais, chaque soir, après mes cours au lycée de La Tour. Direction porte de la Muette en septembre, les pelouses de Reuilly en mai, les Tuileries l’été. La Fête à Neu-Neu, la Foire du Trône, la Fête des Tuileries étaient mes deuxièmes maisons. Je menais une double vie. Adieu Louis de Gouyon Matignon et la noblesse à particule ; bienvenue à Louis-le-Gadjo qui crie « Premières vitesses, premières sensations !!! Vous en voulez encore ???» depuis la caisse du X-Factor. Louis qui joue de la guitare, aussi, avec les familles de forains, à la fin d’une journée à faire rêver les enfants – petits et grands. D’ailleurs, c’est la guitare qui fut ma clé d’entrée vers cet autre monde, lumineux, excentrique, et profondément humain.
Amoureux de la musique de Django, je demandais à quelques Manouches de m’apprendre leur art. Chriss Campion, àLa Chope des Puces, devint, après quelques soirées de « gratte », mon alter ego manouche. Et, de fil en aiguille, je me retrouvai à jouer dans les caravanes, à passer mes soirées entre trains fantômes et coasters, baignant dans l’odeur du nougat et des chichis. Bientôt, mes week-ends, comme des fugues joyeuses, m’amènent d’un bout à l’autre de la France. Au rythme de la guitare et des convois de mes nouveaux amis. Moi, le petit noble solitaire, j’apprends le métier des forains. J’observe, je participe. À mesure que passent les saisons, que reviennent les fêtes. Rouen, Paris, Bordeaux, Pau, Perpignan…
Je veux aujourd’hui partager mon bonheur, le bonheur que distillent en arrière-plan les fêtes foraines. Raconter leurs histoires. Ouvrir les esprits et les yeux sur leurs richesses, mais aussi faire comprendre les difficultés croissantes auxquelles font face mes amis. Partout où ils passent, ils apportent de la joie, des étincelles et des rires, mais ils sont aussi des mal-aimés. « Ça fait du bruit, ça amène des racailles…» entendent-ils plus que de raison… Jadis bien ancrées au cœur des villes et des villages – sur la « place centrale » –, les fêtes sont désormais reléguées en périphérie. Les mairies les gardent à distance. Voici le combat d’aujourd’hui : sécuriser des emplacements, la bonne tenue de fêtes ancestrales, et la vitalité d’une profession menacée. Plus qu’une simple corporation, une véritable culture. C’est cela, surtout, que je souhaite démontrer : les forains ne sont pas seulement des commerçants, mais aussi, et surtout les protagonistes d’une culture à part entière, d’un mode de vie à chérir et à protéger. Les fêtes foraines – comme le théâtre ou le cirque – sont un héritage à préserver. Elles ont une histoire formidable qui a toujours su s’adapter aux bouleversements du monde. Une histoire digne d’un tour en montagnes russes, avec des hauts et des bas, des rires et des frissons. Alors, «en piste» !
A
Abbé Nollet Jean Antoine Nollet, dit l’abbé Nollet, était une rock star de l’électricité. Non pas que ce physicien du XVIIIe siècle maniait la guitare, mais il savait épater les mondains et les badauds au sein même de son cabinet. Là, ce scientifique de haut vol, titulaire de la chaire de physique expérimentale du Collège de Navarre, régalait ses fidèles d’expériences sur la conduction de l’électricité. La foudre, la lumière… Rien ne semblait plus impossible au cours de ses shows, réalisés par la suite tant dans les universités que sur les fêtes foraines. Et grande nouveauté pour l’époque : c’est en français et non plus en latin que l’homme de science éveille les consciences – et fait frémir les plus sensibles. Le clou de sa démonstration, s’il en est, consistait en l’électrisation d’un corps humain… de quoi provoquer des étincelles et faire dresser les cheveux sur la tête du cobaye ! Preuve de son succès, pas moins de 300 gardes du roi ont participé à cette expérience spectaculaire.
Avec les prouesses de l’abbé Nollet – rigoureusement scientifiques –, c’est la science qui se démocratise. Le cabinet de physique de l’abbé, mort le 24 avril 1770, est aujourd’hui reproduit à Paris, au Conservatoire national des arts et métiers.
Art forain À première vue, fêtes foraines et musées n’ont pas grand-chose en commun. Pourtant, la mise en scène des enseignes et des attractions, la chorégraphie des spectacles, les vannes d’un bateleur ou les engrenages d’un grand 8 requièrent le même souci du détail, la même inspiration, une technicité et un art dignes des célèbres œuvres exposées dans les grands musées. Affublés du qualificatif de « forains », ce sont des artistes à part entière – et souvent de vrais maîtres – qui sont en charge du décorum. Des peintres, des sculpteurs, des architectes : toute une corporation de metteurs en scène de la magie, de designers du bonheur et de la fête.
Au lieu d’une simple toile sur un chevalet, les artistes forains travaillent tout-terrain. Ici, les cibles d’un tir forain, là, le panorama d’un manège, plus loin, la devanture d’un marchand de nougat. Art populaire, c’est sûr. Mais art à part entière. Ils mettent en avant les émotions, les sens, le dépaysement. Des motifs colorés qui évoquent aussi bien des contrées exotiques, des scènes mythologiques, ou des allégories champêtres. À chacun son style, mais jamais sans saveur. Plus ou moins naïf, réaliste, utilitaire ou pompeux. Les animaux, souvent, sont les modèles favoris des artistes forains. Si bien que les différentes « écoles » nationales s’opposent notamment par leur façon de représenter les bestiaux. Pour les Français, un style réaliste et classique, parfois patriote, dans la lignée de la superstar Bayol, le roi des animaux de la ferme. Des traits plus nobles et ornementaux chez les Allemands, menés par Frederich Heyn. Un style baroque chez les Belges – au premier rang desquels figure Alexandre Devos. Une approche plus stylisée, voire fantastique, du côté des Britanniques et de leur chef de file Orton & Spooner.
Surtout, l’art forain est un art vivant. Toujours en évolution. Toujours le nez au vent, prêt à humer les influences de la pop-culture pour un ravalement de façade des plus beaux tourniquets et des manèges à sensation. Une patine nostalgique ou un vernis luxueux et le chaland est comme hypnotisé, déjà happé par l’attraction avant même d’avoir acheté son ticket d’entrée. Certaines des œuvres les plus impressionnantes ont connu une deuxième vie dans les musées, comme la statue du célèbre sculpteur belge Alexandre Devos (début du XXe siècle) :Triomphe, 3,5 mètres de haut, mi-ange mi-femme. D’abord établie à titre d’ornement d’une chenille, elle a ensuite été exhibée dans des expositions du monde entier, jusqu’au Japon !
Auto-tamponneuses Il y a le grincement des roues sur le parquet métallique, l’odeur de caoutchouc et les étincelles. Et puis les cris des pilotes, vite étouffés par des rires. Depuis la fin des années 1920, les auto-tamponneuses figurent parmi les attractions les plus emblématiques des fêtes foraines. Une
dose d’adrénaline et d’excitation, au volant de ces bolides cerclés de bourrelets amortisseurs. Seul ou à deux, en couple ou entre copains, c’est l’une des attractions les plus populaires.
On en attribue la paternité à Gaston Reverchon, ancien ouvrier chez Renault puis spécialiste en carrosserie d’autos de luxe, qui décida d’habiller des plateformes de bois en leur donnant l’aspect de puissants bolides. Ses premiers « auto-scooters » sortent de ses ateliers en 1929, avec un look copiant les plus belles cylindrées américaines. Le génie Reverchon se n’arrête pas en si bon chemin, puisqu’il invente, en 1939, le Télécombat, un manège de petits avions militaires, puis...