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Un merveilleux suicide

De
140 pages

Adam, ancien pompier volontaire, sauve au péril de sa vie la jeune Ève qui se jette devant lui dans un fleuve en crue. Quelques jours après, il rend visite à la jeune femme encore hospitalisée. Elle lui reproche violemment de l’avoir sauvée alors qu’elle désirait en finir avec sa misérable vie et le chasse sans ménagement. Adam va bientôt lui proposer un étrange pacte. Il aura dix jours pour lui redonner le goût de vivre. En cas d’échec, il lui promet de l’aider à se supprimer... L’intrigue se déroule dans le Roussillon. Le lecteur voyagera dans les merveilles naturelles et architecturales de cette belle région. La musique et la peinture auront également une place importante dans ce roman. Notre jeune héros pourra-t-il redonner à la jeune désespérée la capacité d’effacer son lourd passé ?


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Couverture
Copyright
Cet ouvrage a été composér Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-92023-2
© Edilivre, 2015
Dumême auteur
Du même auteur :
• « La prophétie d’Opoul ».Roman fantastique. Éditions Edilivre 2014.
Dédicaces
À Monique, mon épouse qui a su m’aimer depuis près de cinquante ans et qui m’a transmis le « virus » de l’écriture. À mes fils et belles-filles, Jean-Christophe et Jana, Éric-Olivier et Camille. À mes petits-enfants Emily, Philip et Sidonie. À Monique, Charlotte, Christian et Jean-Christophe pour leur travail fastidieux de lecture et relecture. À ma famille. À mes amis. À mes nombreux élèves de nos cours de théâtre durant vingt-deux ans. Aux nombreux lecteurs de mon premier roman et à mes futurs lecteurs auxquels j’espère apporter quelques heures d’évasion dans le royaume de l’imaginaire
Prologue
Chères lectrices et chers lecteurs, L’imagination est certainement une des plus grandes qualités de l’Homme. Elle lui permet d’échapper aux vicissitudes du monde réel. Elle apparait dès le plus jeune âge et l’enfant porte en lui des capacités extraordinaires en ce domaine. En revanche, l’adulte sous prétexte de rationalité et d’expérience s’en détourne malheureusement souvent. La littérature est, parmi les sept arts reconnus, celui qui stimule le plus cette capacité. Cependant, la musique et la peinture possèdent également les mêmes pouvoirs. Il me parait donc utile de conseiller à tous mes lectrices et lecteurs d’écouter les quelques morceaux que joue notre héros pianiste et de voir quelques œuvres des peintres cités dans ce roman. Cela devrait renforcer l’évasion imaginaire procurée par la simple littérature. L’Homme du vingt et unième siècle a la chance de pouvoir réunir tous ces éléments par quelques clics sur son ordinateur ! Alors, profitez-en ! L’auteur vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre I La suicidée du pont de l’Agly
Adam Lepicard, 29 ans, chef d’équipe au conservatoire du littoral marié à 25 ans et divorcé à 27 ans de Ludivine. Ève Barbézieux, presque 24 ans, coiffeuse originaire de Cognac.
Cette année-là, le printemps tardait à venir. La pluie tombait de façon continue depuis une semaine et le vent marin n’en finissait pas d’amener de lourds nuages au-dessus de la plaine du Roussillon. Le fleuve côtier l’Agly gonflé par ses affluents le Maury et le Verdouble charriait des flots boueux qui ne pouvaient s’évacuer facilement vers la Méditerranée. En effet, la force du vent soufflant en tempête avait fait monter le niveau de l’eau de la mer. Le préfet des Pyrénées Orientales avait ordonné le matin même la fermeture des vannes du barrage de Caramany. Il fallait réduire le débit déferlant de la rivière qui menaçait de rompre ses digues et d’inonder une zone commerciale ainsi que de nouveaux lotissements de la plaine de la Salanque. En début d’après-midi, un homme à la silhouette sportive vêtu d’un ciré jaune acheté en Bretagne quelques années plus tôt ferma soigneusement sa porte d’entrée. Il se dirigea vers le fleuve en passant par le centre de la petite ville de Rivesaltes qu’il habitait depuis deux ans déjà. Il longea les rives de l’Agly, sous une pluie battante. Il avait gardé sa tête nue et ses cheveux bruns ruisselaient, mais ce contact froid et humide le ressourçait et chassait pour un temps des souvenirs douloureux. Il traversa lentement le pont. Arrivé au milieu, il s’accouda au parapet et contempla le spectacle toujours renouvelé des flots en furie. Dix minutes plus tard, une voix le sortit de sa méditation. – Monsieur ! Pouvez-vous veiller sur ma valise ? Il se retourna vivement. Une jeune femme de taille moyenne vêtue d’un épais manteau gris se tenait devant lui. Il remarqua ses cheveux courts et mouillés et son visage fin, mais barré d’un grand nez disproportionné. Elle déposa à ses pieds une grosse valise rouge à roulettes et sans attendre la réponse, elle se mit à courir, enjamba le parapet et se jeta dans le vide avant d’être happée par les flots boueux… L’homme au ciré jaune n’hésita pas une seconde. Son passé de pompier volontaire lui revint instantanément. Il se débarrassa de ses chaussures et de son ciré et plongea aussitôt. Le contact avec l’eau froide le galvanisa. Les bras de la jeune femme apparurent quelques secondes dans un tourbillon à cinquante mètres devant lui. Il nagea le plus vite possible et plongea en vain cinq fois. Le sixième plongeon fut le bon. Il sortit d’abord un bras puis la tête de la jeune désespérée qui, inanimée, n’offrit aucune résistance. Il se laissa porter par les flots furieux et évita de justesse un tronc d’arbre poussé par le courant puissant et rapide. Il se rapprocha progressivement de la rive qu’il atteignit à plus de trois cents mètres en aval du pont. Il hissa péniblement sur le bord le corps inerte, chercha vainement un pouls carotidien, dégagea au mieux les voies respiratoires et commença un massage cardiaque. Quelques minutes plus tard, il fut relayé par les pompiers de Rivesaltes appelés par un automobiliste témoin de la scène. Épuisé par le sauvetage et transi de froid, il perdit connaissance. Quand il rouvrit les yeux, il se trouvait dans une chambre d’hôpital. Il remua précautionneusement son bras droit et s’aperçut qu’une perfusion coulait lentement dans sa veine. Sa mémoire revint progressivement ainsi que des bribes de conversations lointaines : « réveillez-vous », « attention au choc électrique »… Quelques minutes plus tard, une femme médecin entra dans sa chambre en arborant un large sourire. – « Le héros est réveillé ! Rassurez-vous, tout va pour le mieux ! Juste une petite hypothermie ! Tout ira bien après une bonne nuit de sommeil ! » Le jeune homme reprenait lentement ses esprits. Il trouva la force d’interroger le praticien : – Comment se porte la noyée ?
– Elle vit, grâce à vous, mais elle est hospitalisée en Réanimation et le pronostic vital reste engagé. Elle a eu beaucoup de chance de rencontrer un sauveteur courageux qui a risqué sa vie pour la sauver… La sonnerie du portable interrompit la conversation et le médecin quitta précipitamment la pièce. Peu de temps après, la secrétaire du service apporta le ciré jaune et les chaussures laissés sur le pont avant le sauvetage. L’automobiliste qui avait prévenu les pompiers avait aussi pris soin de récupérer les vêtements et la grosse valise rouge. Notre héros, affublé d’une espèce de chemise de nuit fournie par l’hôpital pendant qu’il était inconscient, s’informa de la destination de son pantalon et de sa veste. La secrétaire passa quelques appels et revint quelques minutes plus tard avec un grand sac-poubelle. – Je ne pense pas que vous pourrez vous rhabiller tout de suite, car tout est détrempé, s’exclama-t-elle en souriant. Il remercia puis retrouva dans une de ses poches son Smartphone mouillé et hors d’usage. Il emprunta alors celui de son voisin de chambre et téléphona deux fois pour se faire apporter des vêtements de rechange. Après une nuit réparatrice, le jeune héros reçut la visite de la correspondante du quotidien régional « l’Indépendant ». La journaliste le félicita pour son acte courageux et lui posa plusieurs questions concernant ce sauvetage au péril de sa vie. Il répondit simplement qu’en voyant la jeune femme emportée par le courant, il n’avait pas eu le temps de réfléchir et que son passé de pompier volontaire l’avait formé à ce genre de situation. Il ajouta qu’il souhaitait ardemment que la noyée recouvre rapidement la santé sans séquelles. La journaliste compléta son reportage par quelques photos et laissa la place à l’équipe médicale. Tous les examens se révélaient normaux et aucun obstacle ne s’opposait à la sortie de l’hôpital prévue après le déjeuner. Avant son départ, il s’enquit de l’état de la jeune femme. L’infirmière le rassura en lui apprenant qu’elle allait prochainement quitter le service de réanimation, car l’assistance respiratoire ne serait bientôt plus nécessaire.
Chapitre II t r  hpita
Le lendemain matin en allant acheter son journal, il rencontra dans la rue commerçante de nombreux inconnus qui le félicitaient chaudement pour son acte héroïque. Sa surprise lui fit presser le pas jusqu’à la boutique du marchand de journaux. En devanture il vit une affichette du quotidien régional l’Indépendant : « Rivesaltes : un jeune héros, ancien pompier volontaire, a sauvé au péril de sa vie une jeune désespérée emportée par les flots furieux de l’Agly ». Il entra et aussitôt les clients présents le reconnurent et le congratulèrent chaleureusement. Il acheta le journal et eut la surprise de lire un article dithyrambique sur son acte courageux avec en prime sa photographie en grand format. Lui, habituellement si réservé, comprit que pendant quelques jours il ne pourrait plus se promener incognito ! Les deux jours suivants, il s’enquit à nouveau de la santé de la jeune femme et le troisième jour la secrétaire du service lui annonça que les visites étaient enfin autorisées. En début d’après-midi, il gara sa voiture sur le parking du centre hospitalier de Perpignan. Quelques minutes plus tard, il frappa à la porte de la chambre à deux lits où la jeune femme avait été transférée après son séjour en réanimation et entra. Une femme d’âge mûr occupait le lit de droite et fixait avec fascination l’écran du petit poste de télévision qui diffusait un épisode des « Feux de l’amour ». Il se dirigea vers le lit de gauche. La jeune femme qu’il avait sauvée des eaux dormait, mais son sommeil paraissait agité, tourmenté et assurément peu paisible. Des soubresauts parcouraient ses bras et ses mains. Il remarqua la pâleur de son visage et ses cheveux coupés courts en bataille. Il pensa que malgré son grand nez elle pourrait être plus jolie avec une chevelure un peu plus longue et un discret maquillage. À la fois attendri et fier de lui, il contempla celle qui lui devait la vie. Ses illusions ne durèrent que quelques minutes, car sa protégée ouvrit les yeux et après quelques secondes l’invectiva telle une furie : – Ah, je vous reconnais ! J’ai vu votre photo dans le journal ! Vous devez être fier de vous ! Sombre idiot ! Le jeune sauveteur regardait avec stupéfaction les joues de la jeune femme devenir rouge écarlate et tenta timidement : – Mademoiselle, je viens m’enquérir de votre santé et permettez-moi de vous offrir cette boîte de chocolats et ce bouquet de roses… Son interlocutrice explosa alors : – « Sinistre imbécile ! Sans vous, j’aurais déjà trouvé le repos éternel, mais à cause de vous je me retrouve à nouveau en enfer ! » Elle lui arracha des mains la boîte et l’envoya au bout de la chambre en hurlant : – Sortez ! Hors de ma vue et ne revenez jamais plus ! Fichez le camp ! Plus vite ! Plus vite… Dépité et abasourdi, notre héros, pâle comme un linge, sortit comme s’il avait pris un coup de massue sur le crâne. Une infirmière, alertée par le bruit, avait assisté à la fin de l’altercation. Elle essaya de le consoler en affirmant que tout le service pensait que la jeune noyée se comportait étrangement et refusait tout contact humain. Peut-être portait-elle un lourd secret qui expliquait son agressivité. Le jeune homme la remercia de sa sollicitude et lui offrit le bouquet qu’il tenait encore à la main. De retour chez lui il éprouva le besoin d’aller s’allonger. Il lui fallait faire le point après le choc causé par l’attitude de la jeune femme qu’il avait sauvée, quand même pensait-il, au péril de sa propre vie. Il se remémora son enfance heureuse dans la ville d’Amiens, capitale de la Picardie. Ses parents tenaient une librairie dans le centre-ville et, très tôt, il se plongea dans la lecture. Son esprit imaginatif en fut considérablement renforcé. À l’âge de sept ans, il commença son apprentissage musical et, très rapidement, se révéla exceptionnellement doué pour le piano. Après avoir obtenu son baccalauréat SVT au lycée Thuillier il s’inscrivit à une
préparation de BTS agricole de gestion et maitrise de l’eau. Son diplôme en poche, il fut tout naturellement recruté par le parc du Marquenterre dans la baie de Somme où il avait effectué plusieurs stages. La même année, il obtint un premier prix de piano au conservatoire à rayonnement régional d’Amiens. Un premier drame survint dans sa vie : le suicide de son père qui se savait victime d’une maladie neurologique incurable. Sa mère, inconsolable, ne lui survécut que de quelques mois… Puis après quelques amourettes sans importance, il trouva le grand amour à l’âge de vingt-quatre ans. En tant que pompier volontaire, il participait à des démonstrations de prévention des incendies dans les écoles. Lors de l’une de ces séances, il croisa le regard de Ludivine et le coup de foudre les frappa tous les deux. Cette jeune professeure des écoles, dotée d’un physique agréable et d’une intelligence remarquable, lui plut dès le premier contact et cela fut réciproque. Huit jours plus tard, ils vivaient ensemble. Six mois après, ils se marièrent à la mairie de leur petite ville située entre Amiens et Le Crotoy. Leur première année de mariage se révéla heureuse. Une seule ombre à ce tableau de bonheur chagrinait un peu le jeune marié. Malgré ses efforts, il n’avait pas réussi à faire aimer la musique classique à sa compagne. Deux mois après leur premier anniversaire de mariage, Ludivine sembla devenir plus distante et prétexta de fréquentes migraines pour espacer les contacts avec son mari. Un mercredi après-midi, il regagna leur domicile plus tôt que d’habitude et découvrit dans le lit conjugal son épouse et son amant, le directeur de l’école. Les deux amants partirent ensemble et il ne revit sa femme que lors de la séance de conciliation chez le juge pour la procédure de divorce. Le pauvre mari ressentait l’immense chagrin de la perte de son amour, mais ce qui le torturait le plus était l’absence de toute explication que Ludivine refusait obstinément de lui donner. Une fois divorcé, il demanda et obtint un poste au Conservatoire du littoral du Languedoc-Roussillon à Perpignan. Il emménagea dans un deux pièces de location à Rivesaltes. Un évènement imprévu allait bouleverser son avenir financier. Depuis son divorce, il avait pris l’habitude d’acheter chaque semaine un billet de la loterie Euro Millions et se trouva brusquement en janvier de l’année précédente à la tête d’une fortune colossale de quarante-sept millions d’euros. Avec sagesse, il garda soigneusement l’anonymat et ne changea pas son train de vie. Quand deux mois plus tard il se porta acquéreur d’anciens chais viticoles pour en faire un loft de plus de cinq cents mètres carrés habitables il confia à ses amis qu’il avait fait un héritage inattendu. En juillet, il obtint un congé sabbatique d’un an et se consacra à la surveillance des travaux d’aménagement qui avancèrent bien vite sous la supervision d’un architecte de talent passionné par le projet. Il acheta un piano à queue grand concert et se remit avec passion à l’étude de ses compositeurs favoris. La musique classique le sortit de sa longue phase de dépression. Le jeune millionnaire reprenait goût à la vie, mais semblait détester la gent féminine. Tellement déçu par son expérience avec Ludivine, il ne pensait plus ni vouloir et ni pouvoir s’attacher durablement. Après avoir déroulé le film de son existence, il revint lentement à la réalité présente. L’attitude agressive de celle qu’il avait sauvée le choquait profondément, mais lui donnait également à réfléchir. Peut-on se suicider pour des motifs valables ? Il avait pourtant bien compris quelques années plus tôt le geste de désespoir de son père qui, probablement, ne supportait pas les douleurs et la déchéance physique promises par sa maladie incurable. Il pensait aussi que sa mère s’était volontairement laissée mourir, après la disparition de son conjoint pour lequel elle éprouvait un amour fusionnel. Il se sentit brusquement responsable du destin de la jeune femme et espéra qu’un jour il pourrait lui venir en aide bien que, en toute logique, elle ne le recontacterait plus…