Une enfance volée, un combat gagné

Une enfance volée, un combat gagné

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Livres
106 pages

Description

Ceci est tiré d’une histoire vraie, mon histoire:

L’enfer que j’ai vécu durant plus de deux ans à travers la maltraitance infligée par un monstre, devant le regard indifférent d’une mère.

Pourquoi ce livre? D’abord pour évacuer ma douleur qui me pesait jusqu’au plus profond de mon âme. Puis, j’ai mis tout mon cœur, toute ma force en hommage aux autres victimes de maltraitance.

Pour celles et ceux qui manquent de courage pour se battre, pour avancer. Lisez mon histoire, c’est un cadeau que je vous donne afin de vous redonner espoir.


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Informations

Publié par
Date de parution 15 avril 2013
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EAN13 9782362528392
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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M0230-Couv-BAT

Corinne PLANCKE  


Une enfance volée, un combat gagné 

Éditions Mélibée 

 

Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions stric- tement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collec- tive » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 

1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal ». 

 

Une enfance volée, une âme brisée 

D’après une histoire vraie 

 

Je dédie ce livre à toutes les femmes qui se reconnaîtront 

à travers mon histoire, pour leur prouver que, malgré les 

épreuves de la vie et la maltraitance, quelle qu’elle soit, rien n’est impossible. Votre courage et votre volonté de vivre et de vous en sortir feront la différence pour gagner le combat contre vos bourreaux. 

Dites-vous que vous êtes plus fortes qu’eux en faisant de vos malheurs une force pour vous en sortir plus forte et victorieuse. 

Et vous verrez, un jour, le bonheur frappera à votre porte pour ne plus jamais en sortir. 

Bonne lecture à vous et bon courage. 

 

Doux souvenirs d’enfance et l’entrée d’un monstre 

Je me souviens de petits souvenirs de vacances avec ma mère, dont l’été 1986 où j’étais à la plage avec elle. Ma mère avait cette robe rose à pois blancs et noirs, moi avec mon short à fleurs, mon bob blanc et mon épuisette à la main. Nous nous promenions sur une plage et il y avait ce cheval gris, Basile, et son maître qui faisaient un petit spectacle ensemble. 

Basile devait se coucher avec son maître sur le sable avec une couverture et lorsque le réveil sonnait, Basile devait se lever avec son maître. Mais Basile était un drôle de cheval, pas très obéissant, il prenait sa couverture avec sa bouche et se recouchait ! 

Ma mère et moi riions aux éclats en applaudissant chaleureusement le duo complice. Ce seront mes dernières grandes vacances heureuses malgré mes 5 ans. 

Quelque temps plus tard, un homme fut invité par ma mère qui ne m’avait pas annoncé cette nouvelle rencontre. Depuis toujours j’ai vécu seule avec ma mère et lui débarque sans prévenir ! Il rentra dans la cuisine et me dit « bonjour », 

je levai à peine les yeux de mon coloriage et lui répondis poliment. 

Puis après avoir discuté avec ma mère, il revint me voir dans la cuisine : 

— Tu sais, je vais venir habiter avec ta mère maintenant et donc je serai ton papa, me dit-il tout simplement. 

— Ah d’accord, dis-je, pas vraiment intéressée par ce qu’il m’expliquait, ne faisant même pas l’effort de me retourner pour l’écouter. 

J’attendais la version de ma mère. 

— Regarde, il y a de la vaisselle, viens l’essuyer pour ta mère, me dit-il d’un coup. 

— Oui, dis-je en me levant. 

— Tu dois me dire « oui papa » car maintenant ça va être moi qui décide. 

Il ne m’inspirait pas ce bonhomme au corps gras, aux yeux noirs et regard sombre, et cette voix forte était loin d’être rassurante. 

Peu de temps après, il s’installa chez ma mère et mon bonheur s’éteignit, mon cauchemar commençait. 

Ce n’était pas le père bienveillant et aimant que j’aurais aimé avoir. Et je ne comprenais pas pourquoi ma mère s’était mise avec un homme, sans me prévenir. J’étais si bien seule avec elle et ma grand-mère qui habitait à trente minutes à pied. Pourquoi venir troubler ce confortable et tendre cocon familial ? 

Alors, pour moi, tout avait changé, je ne jouais presque plus le week-end, je devais me tenir à carreau. La télé n’était que pour lui et ma mère, mais c’est lui qui décidait de tout jusqu’au programme télévisé. Le week-end, je devais « faire la fée du logis » afin d’être une fille bien sage. Ma grand-mère se disputait plusieurs fois avec ma mère à ce sujet afin de la faire réagir face au comportement violent de mon beau-père. 

« Ma petite fille qui était si pleine de vie s’était éteinte peu à peu », dira-t-elle plus tard. 

« Seigneur je n’ai pas la force face à lui, mais comment cette enfant pourra-t-elle évoluer normalement plus tard si personne ne l’aide correctement à se reconstruire ? » Voilà quelques notes laissées par ma grand-mère que j’ai retrouvées après son décès. 

Ma mère semblait avoir reçu « un lavage de cerveau » de la part de mon bourreau, elle lui obéissait bêtement alors qu’elle était chez elle, ripostait si peu, comme terrifiée par l’autorité de cet homme, à en oublier son devoir de mère, celui de me protéger quoi qu’il arrive. Et ça, ma grand-mère le concevait encore moins. 

Bref, j’étais devenue la bête noire de mon beau-père, jamais assez bien pour lui, ainsi que « la Cosette » de la famille. 

Un jour, alors que j’écoutais La belle et le Clochard dans ma chambre avec le livre d’images racontant l’histoire, il est venu dans ma chambre et me dit de but en blanc : 

— Ta mère et moi on va se marier et tu ne porteras plus le nom de ta grand-mère, tu auras le même nom de famille que moi. D’accord ? 

Bah oui, puisque de toute façon il avait déjà tout décidé 

pour moi, je n’avais pas mon mot à dire. 

Pourtant, au fond de moi, je n’avais pas envie de changer de nom de famille et je n’aimais pas sa manière de vouloir toujours tout contrôler, mais ma mère ne disait rien, alors j’obéissais sans rien dire, peu m’importait d’être heureuse ou pas, je voulais exister à ses yeux. Être la fille qu’il allait finir par aimer, adorer après tous mes efforts. 

Avant leur mariage, ils eurent un enfant, un fils dont je m’occupais parfois du haut de mes 7 ans, afin d’être « une grande fille ». Quand j’y repense je me dis que c’était 

irresponsable de la part de mes parents et que ma mère devait être folle pour se laisser manipuler ainsi. La peur qu’elle ressentait l’empêchait-elle de se plaindre à la police ou de demander de l’aide à un proche ? Non vraiment, avec la meilleure volonté du monde, je ne comprenais pas. Pourquoi ne réagissait-elle pas ? ! 

Et voilà, les jours, les semaines, les mois passèrent dans une routine sombre sans que personne ne fasse quoi que ce soit, même mon oncle, qui était plus ou moins au courant de l’histoire, ne réagissait pas. 

« Mamy ne voulait pas que je lui mette mon poing dans la gueule », me dira-il un jour. 

Et alors, il ne pouvait pas désobéir pour une fois ? Il s’agissait de la vie de sa filleule quand même ! 

Le lieu où j’étais bien ? L’école Sophie B. à Châtenay- Malabry où j’avais mes amis : Jérôme L., Marc, Marie… C’était ma bouffée d’oxygène. Je regrette que mon placement m’ait séparée d’eux. Je les ai connus alors que j’étais en primaire et on allait me retirer de l’école deux ans après mon arrivée. C’était injuste, je payerai les bêtises de mes parents en me séparant de mes amis, surtout de mon meilleur ami Jérôme, que j’adorais avec sa bonne humeur et ses blagues. Majeure, j’ai bien tenté de le retrouver mais en vain, j’avais trop de soucis et manquais de courage. 

J’avais l’habitude, cela faisait plusieurs week-ends depuis un an. Je me levai comme d’habitude vers 7 h 30 ce matin-là. J’allais prendre mon petit déjeuner dans la cuisine et trouvai le mot de ma mère, aide-soignante, partie travailler ainsi que mon beau-père : « Bonjour ma fille, tu feras notre lit, la poussière du salon, la vaisselle, sans oublier de passer le balai dans l’appartement et la serpillière ; ta gamelle est dans le frigo. Bisous, maman. » 

Du haut de mes 7 ans, je n’étais pas emballée par ce programme ; mais si je n’étais pas sage, j’allais être punie par mon beau-père. 

Cependant, il était de bonne heure et comme tous les enfants de mon âge, je voulais regarder la télé, avec mon programme préféré : Géorgie, Gwendoline, le Roi Léo, Princesse Sarah… étaient mes dessins animés préférés, suivis plus tard par Sailor Moon. 

Vers 10 h 30, je commençai mon ménage, après avoir pris soin d’éteindre la télé manuellement, pour pas que mon beau-père remarque le point rouge laissé sur la télé commande. 

Puis je mangeai seule dans la cuisine vers 12 heures, avant de me laver et de terminer mon ménage avant l’arrivée de mon beau-père. Celui-ci arriva vers 15 heures de son travail, et fit l’inspection du ménage. Puis arrivé dans le salon, il m’appela alors que je jouais tranquillement dans ma chambre. 

— Corinne ! Viens ici tout de suite ! cria-t-il. Je m’exécutai sans broncher. 

— Oui papa, bredouillai-je. 

— T’as regardé la télé ? me demanda-t-il d’un air cynique, vautré sur le canapé comme un porc. 

— Non, lui répondis-je. 

— Tu sais, je connais les gens qui travaillent dans l’électricité et ils te surveillent pour voir si tu regardes la télé ou pas, après je les appelle et ils me disent tout. Alors t’as regardé la télé, oui ou non ? 

— Oui, je finis par avouer en baissant la tête honteusement. 

— Dans ce cas, va chercher la cuillère en bois, je vais t’apprendre à mentir. 

Je m’exécutai, pressée d’en finir. De retour au salon, mon beau-père m’ordonna de baisser mon pantalon et ma culotte, et de me tourner dos à lui. Là-dessus, il m’infligea quinze coups de cuillère en bois vaillamment sur les fesses. Puis il m’ordonna de retourner dans ma chambre. Les fesses couvertes d’hématomes par les coups, j’arrivai dans ma chambre en retenant mes larmes par peur de représailles. Ma mère, qui arriva peu de temps après, craignant sûrement son mari, ne fit rien pour riposter contre la correction infligée à sa fille. Elle alla juste la féliciter pour son ménage. Ce soir- là, je mangeai encore seule dans la cuisine pendant que mes parents mangeaient copieusement devant la télé dans le salon. Moi, je devais encore une fois me contenter d’un bol de carottes râpées et d’un yaourt, et de l’eau. 

Les viols 

Quelques mois plus tard, je me retrouvai seule avec mon beau-père, loin de m’imager le calvaire qui m’attendait. J’avais fait le ménage habituel, et étais restée sage. 

Mon beau-père m’appela dans le début de l’après-midi, alors qu’il se trouvait allongé sur le clic-clac du salon. 

— Corinne ! appela-t-il d’une fois calme. 

Comme je n’avais rien à me reprocher, j’allais le rejoindre sans crainte dans le salon. 

— Alors, t’as été sage aujourd’hui. Pour te récompenser tu veux faire un câlin à ton papa ? 

— Oui papa, je lui répondis, contente d’avoir enfin une marque d’affection venant de mon beau-père. 

Une fois sur le clic-clac avec mon beau-père, celui-ci dit : 

— On va faire un truc ensemble, ça sera notre petit secret ; si tu parles, papa devra aller en prison par ta faute. Alors dis rien et laisse-toi faire ; maintenant, prends le sexe de papa et caresse-le entre tes mains. 

Je ne comprenais pas vraiment, je ne trouvais pas ça 

« normal » mais j’avais peur de lui et je craignais sa réaction si je ne lui obéissais pas, alors je m’exécutai sans broncher. 

— Voilà, c’est bien, continue comme ça, tu fais ça bien. Puis d’un geste il me retourna, et je me retrouvai sur le ventre, la tête dans l’oreiller. Puis il me viola violemment par- 

derrière. Après avoir fini, il dit : 

— N’oublie pas, ça sera notre petit secret entre nous. 

— Oui papa. 

— Maintenant, va te laver pour que tu sois propre avant que maman arrive, me conseilla-t-il. 

J’obéis bien que ce câlin me paressait anormal, et du haut de mes 7 ans, je comptais malgré tout en parler à ma mère dès que celle-ci rentrerait. 

En effet, une demi-heure plus tard, ma mère rentra de son travail et vint m’embrasser. 

— Alors, t’as passé une bonne journée, ma puce ? me demanda-t-elle en m’embrassant sur la joue. 

— Oui maman, lui répondis-je l’air songeur. 

Celle-ci remarqua que j’avais l’air contrarié et décida de m’emmener faire un tour au parc. 

— Viens, on va faire un tour au parc, tu veux ? me proposa-t-elle. 

— D’accord maman, répondis-je, bien contente de sortir afin de pouvoir raconter mon secret à ma mère. 

Sitôt dehors, après avoir fait quelques mètres, je me jetai 

à l’eau. 

— Tu sais, papa m’a fait l’amour comme à toi, lui dis-je de but en blanc. 

— Pardon ? J’ai pas compris. 

Je lui répétai la phrase et là ma mère me dit simplement : 

— Bon, on verra ça plus tard, dit-elle gênée. 

Sur le coup, loin d’imaginer la gravité de ce câlin, je me dis que ça devait être comme ça dans les autres familles. 

Depuis ce jour, les viols feront malheureusement partie du quotidien, ajoutés aux actes de maltraitance commis par mon beau-père, sans que ma propre mère ne lève le petit doigt. De plus, mon bourreau était devenu menaçant, je cite le rapport de signalement d’enfant en danger du conseil général du Plessis-Robinson le 6 août 1991, dossier recueilli 

à la D.D.A.S.S. (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) : « Si tu dis quelque chose, je vais te tuer. Ou je te plante un couteau ou je t’étrangle ou je te mets la tête dans un sac. » 

Ma mère m’emmena jouer au parc, comme si de rien n’était, comme pour se voiler la face et faire la sourde oreille. 

Au parc, elle rencontra son amie Mme B, nourrice, et qui m’avait pris sous son aile ; à plusieurs reprises, elle avait constaté les hématomes sur mon corps et en avait fait part à ma mère. Mais celle-ci n’avait rien fait d’autre que d’approuver ses dires et de laisser les choses telles quelles. Arrivée à sa hauteur, ma mère salua son amie : 

— Bonjour Ève ! Comment vas-tu ? 

— Bien et toi, et ta fille ça va ? s’inquiéta-t-elle, en me voyant arriver sur les talons de ma mère. 

— Oui oui, ça va, s’empressa-t-elle de dire comme pour vite oublier ce que je lui avais dit dix minutes plus tôt. 

Les deux femmes continuèrent à discuter de choses et d’autres pendant que j’allais jouer avec Antoine, le fils d’Ève. Celui-ci avait beaucoup sympathisé avec moi ; étant plus ou moins au courant des mauvais traitements que m’infligeait mon beau-père, il ne manquait pas d’occasions pour me venger en lui faisant des vacheries. Par exemple : du poivre dans son café lorsque celui-ci venait chez sa mère pour me récupérer. 

— Salut, ça va ? ! s’écria-t-il en me voyant courir vers lui. 

— Ça va, on joue ? m’empressai-je de lui dire afin de ne pas trop montrer mon mal-être… 

— Ok, viens, on va aller aux jeux, me dit-il en me prenant par la main. 

J’adorais ce garçon, mais le destin va nous séparer, plus tard, je le reverrai, je vais tomber sous son charme et longuement amoureuse sans prendre mon courage à deux mains pour lui dire franchement tout ça, à cause de mon manque de confiance en moi et en ne me trouvant pas 

« assez bien » pour lui. Mais ses yeux verts, son corps athlétique et ses cheveux bruns, son caractère fort resteront toujours dans ma mémoire. 

Le week-end suivant, ma mère et moi sommes parties toutes les deux voir ma grand-mère à Clamart, où nous allions passer l’après-midi. 

Arrivée sur place, je fis la bise à...