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Une traversée de Césarée de Palestine à Putéoles

De
56 pages

Le livre des Actes, complément si admirable des Evangiles, n’est pas seulement un livre de doctrine et d’édification, mais il offre nombre de traits que peut mettre à profit celui qui s’occupe d’histoire et d’archéologie. A l’historien il fournit des concordances ; à l’archéologue, des renseignements précieux. Les chapitres XXVII et XXVIII, notamment, présentent aux personnes familiarisées avec les choses de la marine, et ainsi bien préparées pour l’entendre, le récit d’une traversée de Césarée de Palestine à Putéoles, qui dépasse en intérêt, à cause de l’abondance des détails et de leur exactitude, ce que les anciens nous ont laissé, soit comme œuvre d’imagination, soit comme relation de voyages réels sur mer.

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lire :
ARRaTa
Le tracé des fortifications relev ées.
Bons-Ports.
Prendre par le sud.
Les plus pesantes.
Les agrès du navire sacrifiés.
Abandonner navire et passagers.
Armand Trève
Une traversée de Césarée de Palestine à Putéoles
u temps de saint Paul
UNE TRAVERSÉE DE CÉSARÉE DE PALESTINE A PUTÉOLES
Au temps de saint Paul
Le livre des Actes, complément si admirable des Eva ngiles, n’est pas seulement un livre de doctrine et d’édification, mais il offre n ombre de traits que peut mettre à profit celui qui s’occupe d’histoire et d’archéologie. A l’historien il fournit des concordances ; à l’archéologue, des renseignements précieux. Les chapitres XXVII et XXVIII, notamment, présentent aux personnes familiarisées avec les cho ses de la marine, et ainsi bien préparées pour l’entendre, le récit d’une traversée de Césarée de Palestine à Putéoles, qui dépasse en intérêt, à cause de l’abondance des détails et de leur exactitude, ce que 1 les anciens nous ont laissé, soit comme œuvre d’ima gination , soit comme relation de voyages réels sur mer. Pour ces derniers, et retranchement fait de périples anciens plus ou moins fabuleux, l’on ne trouve d’authentique, et encore longtemps après saint Paul, que le voyage de saint Grégoire de Nazianze, d’Alexandrie à Athènes, marqué par une tempête qui dura vingt jours consécutifs et dont saint Grégoire a donné dans ses poèmes 2 3 une très belle description ; et après lui, l’Itinéraire , malheureusement incomplet, de Q. e Rutilius, poète gaulois de la première moitié du V siècle. Une campagne d’une durée de plus de trois années (de septembre 1853 à novembre 4 1856) dans le Levant , nous a ramené à diverses reprises sur le littoral de la Grèce, de l’Asie Mineure et de la Syrie ; en toutes saisons, nous avons parcouru ces merveilleux archipels des Cyclades et des Sporades, tant de foi s traversés par saint Paul. Nous avons suivi ses traces, d’abord dans le détroit de Messine, puis dans le golfe de Corinthe, à Athènes, à Thessalonique, sur les rives de la Tro ade, à Mytilène, à Chio, Samos, à 5 Mersina, port de Tarse, à Chypre, à Sidon, à Jérusa lem . C’étaient nos propres et ineffaçables impressions que nous ravivions chaque fois que nous relisions les pages de saint Luc, et alors nous est venue la pensée de les confronter avec lesInstructions nautiquesrédigées par le département de la marine, et aussi avec les dispositions de la réglementation maritime des anciens parvenues jusqu ’à nous, et dont quelques-unes vivent encore dans nos codes. L’accord nous est apparu au point que l’on dirait q ue les pilotes des trois navires sur lesquels saint Paul passa successivement pour arriver de Césarée à Putéoles, avaient entre les mains ces instructions nautiques. D’une m anière moins apparente, mais tout aussi réelle, se retrouvent dans le récit de saint Luc les règles et les usages qui sauvegardent les intérêts engagés dans les opératio ns maritimes, intérêts toujours semblables et demandant les mêmes garanties. « L’un iformité est, dit un célèbre 6 jurisconsulte , l’essence du droit maritime ; immuable au milieu des sociétés, il nous est parvenu, après trente siècles, tel qu’on le vit au premier jour ou la navigation établit des relations entre les peuples. Produites en tous temp s par des besoins. semblables, ses règles tiennent de cette circonstance même un carac tère d’universalité. Les Romains empruntèrent leurs lois maritimes des pays tributaires, et les Césars déclarèrent la loi Rhodienne souveraine de la mer. » En même temps que nous examinions à ces deux points de vue spéciaux la relation de saint Luc, nous avons cru devoir jeter, comme s’y r eliant, un coup d’œil sur la marine commerciale au temps de saint Paul, et en particuli er sur leNavis oneraria, Corbita, Frumentariumtre de quelques, qui en était l’instrument, et l’accompagner en ou réminiscences de géographie ancienne. De là, le tit re :Une traversée de Césarée de
Palestine à Putéoles, au temps de saint Paul. Aux exégètes, aux érudits ce travail n’apportera aucune donnée nouvelle ; mais à ceux qui, comme nous, se complaisent dans l’étude des origines chrétiennes, peut-être sera-t-il agréable de se faire pendant quelques instants les compagnons de voyage du grand Apôtre et de saint Luc, son impérissable annaliste. Le livre des Actes nous fait connaître les circonst ances qui déterminèrent le Procurateur de Judée, Festus, à faire conduire saint Paul à Rome. Retenu depuis deux 7 années à Césarée par son prédécesseur Félix, sur de vagues accusations des principaux des Juifs de Jérusalem, saint Paul, providentiellement inspiré, avait récusé la juridiction de Festus, bien qu’il eût montré, à son égard, des dispositions favorables, et 8 avait demandé à comparaître devant le tribunal de l ’empereur . Il usait d’un privilège attaché à sa qualité de citoyen romain, et Festus, statuant en ces mots d’un laconisme 9 tout antique, s’était dessaisi : « Tu en as appelé à César, tu iras devant César . » Pour arriver à Rome, la voie de mer était la plus p rompte et la moins coûteuse ; le Procurateur décida qu’on la prendrait ; et, à cet e ffet, saint Paul fut remis au centurion Julius, qui avait déjà mission de conduire à Rome d’autres prisonniers, fauteurs, on peut le présumer, des troubles par lesquels les Juifs pr éludaient aux soulèvements qui, à quelques années de là, devaient amener la destruction de Jérusalem. Le convoi de prisonniers et l’escorte de soldats ch argée de leur garde devaient 10 s’embarquer à Césarée. Création toute récente d’Hér ode l’Ascalonite , Césarée, aujourdhui Kaïsarieh, était après Jérusalem la plus belle ville de la Judée et le seul port 11 sûr de la Palestine . Aussi vaste que le Pirée, assure Flavius Josèphe, il pouvait recevoir les plus grands vaisseaux du temps ; les P rocurateurs romains en avaient fait leur résidence, c’était le port d’arrivée et d’embarquement de la Judée dans ses relations 12 avec les ports de l’Asie Mineure, l’Egypte et l’Italie . A défaut de navire en partance directe pour l’Italie, le centurion Julius prit passage sur un navire d’Adrumète,
1 Ainsi : Homère,Odyssée, ch. XII, — Virgile,Enéide,I, — Lucain, liv. Pharsale, ch. v, — Ovide,Métamorphoses,XI, — Stace, liv. Thébaïde, liv. V, —Sylves, liv. III, sil. II, — Valerius Flaccus,Argonautes,— Juvénal, satire XII, décrivent des tempêtes dont il y a peu de chose à tirer, si ce n’est de ce dernier, pour l’histoire de la navigation.
2Traduits par Le Franc de Pompignan, Paris, 1779.
3Collection Nisard.
4 Nous étions à cette époque aide-commissaire du bri ck de guerre leMercure, successivement commandé par MM. les capitaines de f régate, marquis Gicquel des Touches, actuellement vice-amiral, ancien ministre de la marine, et le comte Béral de Sédaiges, décédé capitaine de vaisseau.
5tard à Saint-Pierre de Rome et à la splendide basilique de Saint-Paul-hors-les- Plus Murs.
6Pardessus.
7Ch. xxv, v. 18-19.
8Néron.
9Act. Ch. xxv, v. 12.
10Bâtie 25 ans avant J.-C.Ant. jud.,ch. XIII.
11Césarée resta florissante jusqu’à l’époque des Croisades : prise et reprise en 1265 et en 1291 par le Sultan d’Egypte et détruite de fond en comble, il n’en reste qu’un monceau de ruines exproitées comme carrière par les Arabes. Le tracé des fortifications relevé par saint Louis subsiste assez bien conservé ; mais, des travaux à la mer, qui coûtèrent de si grandes sommes à Hérode, à peine si l’on en disting ue quelques vestiges. Aujourd’hui, comme avant Hérode, la côte, jusqu’à l’Egypte, n’a d’autre port que Jaffa, qui ne peut recevoir que des barques, et tout navire qui mouill e devant Jaffa, doit rester en appareillage, sous peine d’être surpris parles vents du large et jeté sur une côte que bat incessamment une houle redoutable.
12Josèphe,Ant. jud. ;ch. XIII. Les Actes en fournissent divers exemples : ch. VIII, v. 40, ch. XVIII, v. 22.