Victor ou l

Victor ou l'accompagnement d'un enfant différent

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Description

Nous sommes à Solstices, en Lozère – marque du temps, des deux saisons du soleil et de la nuit – dans un département de contrastes au climat rigoureux. Solstices est un service d’accompagnement et de soin à caractère familial. C’est une-constellation de dix lieux différents : un système institutionnel démocratique pour une action éducative et thérapeutique au plus près du sujet qui nous parle (enfants ou adolescents psychotiques et pour certains autistes.) J’avais promis à Victor – l’enfant au regard du dedans, « l’autiste », comme ils avaient dit là-bas, dans son hôpital à Paris – de raconter son histoire, d’être sa mémoire. Un récit d’ici en Lozère, au Bleymard... ...Victor nous entraînera dans ses nuits innommables. Nous retraverserons avec lui les eaux miroirs... des origines. Étranges impressions de corps à corps en exil de soi. Comme si une part de nous-mêmes pouvait ignorer l’autre restée dans l’ombre.

Avec le soutien du CNL.


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Publié par
Date de parution 22 août 2001
Nombre de lectures 4
EAN13 9782353714629
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Victor
ou
L’accompagnement
d’un enfant différent

 

Dominique Paulhiac

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Présentation du livre :Nous sommes à Solstices, en Lozère – marque du temps, des deux saisons du soleil et de la nuit – dans un département de contrastes au climat rigoureux. Solstices est un service d’accompagnement et de soin à caractère familial. C’est une-constellation de dix lieux différents : un système institutionnel démocratique pour une action éducative et thérapeutique au plus près du sujet qui nous parle (enfants ou adolescents psychotiques et pour certains autistes.) J’avais promis à Victor – l’enfant au regard du dedans, « l’autiste », comme ils avaient dit là-bas, dans son hôpital à Paris – de raconter son histoire, d’être sa mémoire. Un récit d’ici en Lozère, au Bleymard… …Victor nous entraînera dans ses nuits innommables. Nous retraverserons avec lui les eaux miroirs… des origines. Étranges impressions de corps à corps en exil de soi. Comme si une part de nous-mêmes pouvait ignorer l’autre restée dans l’ombre.

Auteur : Dominique Paulhiacest éducatrice spécialisée et membre pionnier de Solstices avec son compagnon Jean-Claude, sculpteur.

 

Table des matières

Présentation

L’accompagnement

L’écriture

Victor… « L’autre si différent de moi »

Victor… Histoire qui se meurt

« Il y a moi et l’autre… l’autre… »

Écrire pour re-naître

« Parole des uns et les paroles des autres »

Victor

Victor aux trois naissances

Trois naissances pour prendre la parole

À quoi ressemblent les histoires…

À quoi ressemblent les histoires… : à ceux qui les sèment…

Semer… « Sème… é… » … et autres graines… de dialogues…

Naissance… d’une autre… histoire…

Table des matières

 

Présentation

 

Dominique Paulhiac et Jean-Claude, son époux, ont fait partie du groupe des fondateurs de Solstices en Lozère.

Dominique et Jean-Claude ont accueilli dans leur famille de nombreux enfants et adolescents.

Ils ont su les faire participer à leur épanouissement personnel. Jean-Claude est un sculpteur sur métal et sur pierre, reconnu bien au-delà de nos frontières.

Son talent d’écrivain, Dominique le met au service de son expérience et de ses convictions. Elle en témoigne ici avec l’histoire de Victor.

La notion et la mise en œuvre du groupe d’accompagnement sont nées d’une recherche sur l’idée de stratégie : comment aider un enfant, un adolescent, à gagner son propre combat pour se trouver lui-même, le mieux possible.

Cette « tentative », comme l’aurait dit Fernand Deligny, suppose une volonté partagée, un engagement. C’est ce dont ont fait preuve ceux de la première équipe de Solstices, dès les années 1975-76. et d’autres par la suite.

Cette pratique se poursuit aujourd’hui à Solstices mais aussi dans quelques institutions plus classiques. IMPro, IME, Foyers pour polyhandicapés, etc., auxquelles je l’ai proposée.

Dominique a participé au groupe d’accompagnement qui suivait la trace de Victor. Ici, elle a fait partie de ceux qui aidaient le couple accueillant à se situer dans leurs cheminements de compagnons.

En effet, pour le suivi de chaque enfant ou adolescent, il y avait dans le groupe un à deux représentants d’autres lieux d’accueil. C’était pour partager, contribuer, certes, mais cela faisait aussi lien entre tous dans l’ensemble des courants institutionnels.

Outre sa participation, Dominique s’est faite narratrice de cette belle histoire, une histoire comme nous en avons souvent vu se tisser à Solstices.

Ici, le style lumineux de Dominique scintille. Elle nous fait tout à la fois comprendre, sentir, éprouver avec tous nos sens comment et à quelles conditions il est possible d’offrir à l’enfant perdu une chance de s’y retrouver en se trouvant.

Bernard Durey

J’écris pour accompagner ma vie et remercier tous ceux qui, malgré mes ombres et avec mes lumières, la partagent, l’amplifient… de leur présence.

 

À Jean-Claude, mon compagnon de route, pour la force de son amour et de sa créativité…

À Soisik, Julien, Quentin, nos enfants…

Pour le ravissement des élans de leur vie, qui ont inspiré les nôtres…

À Bernard et tous mes amis…

Pour être dans ma vie aussi. Ils se reconnaîtront, sur le chemin, entre les lignes…

Le temps d’une nuit blanche…

Une Présence

 

Pour un moment, un mot.

Pour un instant seulement, un geste.

J’ai pris rendez-vous avec moi,

rendez-vous avec nous, avec vous…

J’ai souvent des rendez-vous avec le doute,

et, dans ces moments-là,

je me dépêche d’agir, de penser,

ou pour éviter le vide,

contourner l’inconnu, combler la peur.

J’observe alors que mon esprit s’agite,

mon corps perd pied.

Alors les mots servent à me cacher

plutôt qu’à me dire, mon corps s’absente.

Et, dans ses moments là,

il s’oublie, reste sans voix.

Alors je voudrais être muette,

faire silence… laisser une place.

Et, simplement… pour un instant…,

ouvrir les yeux, les oreilles et le cœur,

Pour un moment…

pour un instant, seulement…

Être là.

 

Il y a des moments où je voudrais être tortue,

trimbaler mon univers sur mes épaules,

pouvoir m’y réfugier,

comme dans une huître hermétique,

rivée sur son rocher.

Mais…, dans ces moments… là,

mon abri est sans fenêtre, sans lumière.

Ma voix sans écho, raisonne en vain,

et je n’ai faim de rien.

Alors…, je voudrais être ailleurs,

sans savoir vraiment où.

Peu importe le lieu, mais près d’un être cher,

qui puisse m’entendre sans que j’aie à parler !

Écouter mes silences…

mes larmes ou mes pensées,

sans qu’elles soient justifiées,

ni même qu’elles se comprennent.

 

Il y a des moments… où je doute d’exister…

Et, quand je me questionne,

personne ne me répond.

 

Alors, parfois

je me regarde à la dérobée, dans les yeux des autres.

Je m’écoute à travers leurs paroles,

et je nous reconnais,

dans nos histoires, nos gestes, nos mots.

C’est autant d’éclairages sur mes ombres endormies.

Dans ces moments-là,

c’est moi que je rencontre, par l’autre qui se révèle.

Alors, j’ai rendez-vous avec moi,

avec nous, avec vous.

Il y a des moments où l’autre me réveille

en me parlant de lui.

Et je partage ses bonheurs,

ses blessures et ses doutes.

Alors, mon corps entend des parcelles de lui-même,

et mes larmes se colorent d’un instant de lumière.

Il y a des moments qui s’animent et renaissent

d’une présence solidaire.

Alors, j’accepte…

j’accepte de regarder la nuit,

car j’y vois aussi ce qui luit.

Tout ceci pour vous dire merci,

car les barreaux du doute

prennent des tons pastel.

 

Il y aura encore des nuits sans étoile,

et des jours sans soleil.

Mais je lutterai moins longtemps, moins souvent.

 

N’y a-t-il pas un plus et un moins

pour que la lumière soit ?

Un instant seulement où l’aube laissera monter

la légèreté de l’air, avec l’élan d’un nouveau matin.

Il y aura toujours un printemps

pour réveiller l’hiver,

Mais un hiver aussi pour recueillir,

dans les nuits froides de la terre,

la semence de demain.

Dans la nuit la plus sombre, le cristal sait,

au cœur de la matière

qu’il fait danser toutes les couleurs de la lumière

par un simple rayon qui peut le traverser.

Dans un instant,

un instant seulement…

D’arc-en-ciel.

 

Si je pleure parfois, c’est aussi de bonheur…

Le bonheur d’entendre la plume

crisser sur la page blanche

et courir dans la joie vers les mots

encore en silence à l’intérieur,

Au-dedans de moi-même.

 

Une partie de ce que nous retenons par peur,

c’est souvent le meilleur de nous-mêmes :

 

Notre désir de vivre, d’aimer et de créer.

 

Chaque fois que j’aurai mal à l’oreille…

Dorénavant je m’écouterai. je vous écouterai.

Après cette nuit blanche, j’écris face au soleil d’un matin d’émotion. Ses rayons me transpercent, je les laisse caresser mon âme d’une chaleur irradiante.

Blanches…

seront toutes les nuits qui pourront me faire écrire et ainsi noircir les feuilles vierges de mon inspiration…

Pour un moment,pour un instantseulement…Une présence…

C’est maintenant, le bon moment…

Encore une foismercicar c’est aussi, à cause de toi, à cause de vous…

Qu’aujourd’hui, qu’à l’instant…, j’écris…

Devant ma fenêtre, un oiseau s’est posé,…

le jour se lève sur l’envol d’une plume…

L’accompagnement

 

Accompagner, c’est « Aller quelque part avec quelqu’un – conduire une personne – être joint à… », nous dit le Petit Robert.