Voix et estime de soi chez les enfants ayant un vécu d'abus sexuels

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La Voix est au coeur de cette recherche-action qui vise à restaurer l'estime de soi d'enfants placés sous aide contrainte suite à des abus sexuels. Après l'articulation des propos analytiques, comportementalistes et la mise en place du cadre méthodologique, trois cas cliniques vous illustreront les possibilités de renouer avec les facultés d'apprentissage, de reconstruire des compétences affectives et cognitives, d'habiter son corps plus positivement.

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Date de parution 01 mars 2010
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EAN13 9782296932630
Langue Français

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REMERCIEMENTS J’exprime ici ma gratitude aux professeurs de la faculté de psychologie de Louvain-la-Neuve. Plus particulièrement, je remercie Jean Florence dem’avoir soutenueavec autant d’humanité que de rigueur dans tous les méandres de ce projet osé et Robert Steichen pour l’horizon infini qu’il m’a ouvert sur l’autre.Merci à Patrick DeNeuter de m’avoir interpellée sur le fantasme qui se niche, discret mais prompt à se réveiller dans les souterrains de ma démarche et à Eric Baruffol pour ses précieux conseils méthodologiques.  Merci à Valérie Lheureux, Anne-Rose Delmotte. Yorgos Lambropoulos et Pascale Anceaux qui ont accepté de former le chercheur collectif.  Ma reconnaissance se porte versl’équipe éducative qui a accueilli positivement cette expérience et vers tous ces enfantsqui sont venus habiter l’atelier vocal et l’habiller de leur mouvance.  Merci àSara, Charles et Estelle pour l’esprit critique, l’amour inconditionnel etla lumière !
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INTRODUCTION A l’aube de ma vie, la musique et le chant m’habitaient déjà.Dans le grenier de mon enfance, j’écoutais les notes du piano quand des élèves venaient prendre leurs leçons deux étages plus bas. Mais surtout, tandis que je me cachais pour lire ou pour écrire, je percevais la voix de ma mère, douce musique qui me parvenait en sourdine comme lors de mon premier voyage en son sein. Ainsi, je n’avais jamais peur même lorsque le vent soufflait si fort dans les interstices des vieilles planches fendues. Quelquefois les souris dansaient une sarabande tandis que moi je restais là dans une sécurité absolue environnée par une matrice d’harmoniques maternelles diffuses mais tellement présentes.  Mon parcoursd’infirmière puis de pédagogue fit allianceavec l’art du chant. Combien de fois n’ai-je pas constaté le pouvoir des sons au chevet de tous ces malades côtoyés en tant que professionnelle de la santé. Mélopée flûtée à l’oreille du mourant, résurgence de souvenirs avec le dément, possibilité de symboliser émergeant pour le psychotique et de nombreux moments de joie vécus à l’hôpital. En dehors de mon approche paramédicale, j’ai pu monter différents spectacles avec des groupes de jeunes et donner des cours dans un centre culturel autour d’un 9
projet très original. En effet, il s’agissait de composer des chansons avec etpour l’élève en fonction de sa voix et de ce qu’il amenait de lui. Ces expériences généraient immanquablement des élans créatifs, l’expression d’émotions diverses voire permettaient de formuler l’inaudible. Une jeune fille y a déposé les mots qu’elle aurait tant voulu avoir le courage de dire à son père, une autre y a lâchéle fardeau du suicide d’un proche.La voix chantée peut offrir une aire de transition entre le soi et le 1 dire. A l’image de l’espace transitionnel de Winnicott, l’écho chanté, comme un double de soi, dépose là un son qui est mis au-dehors. Ainsi, une souffrance même intense pourrait être révélée sans que la personne ne s'y noie parce qu'elle est tenue à une certaine distance.  Etant auteur-compositeur-interprète depuis plus de vingt ans, je connais bien la scène. A maintes reprises au-delà des apparences et de la timidité, j’ai pudécouvrir le pouvoir libérateur et révélateur de la voix. Lorsqu’elle peut s’écouler sans entraves, elle offre une amarre à tous ces bateaux qui voguent à la dérive dans nos inconscients parce qu’elle leurconfère une portée symbolique.  Le drame de celui qui souffre estqu’il esttantôt plongé dans les abîmes de son affectivité sans qu'il puisse en démêler le faisceau enchevêtré tantôt submergé par elle sans qu'il puisse la reconnaître et la nommer. Parfois encore il a posé sur elle un couvercle de fer la refoulant au plus loin lui donnant ainsi le pouvoir de rejaillir sur sa vie ou sur son corps sous la forme d'un symptôme ou d'un comportement invalidants. L'artiste parvient à la symboliser dans son œuvre créatrice et l'homme de 1 D.W. WINNICOTT, 1975,Jeu et réalité,Paris : Gallimard. 10