//img.uscri.be/pth/1d13c285204d0723a8a7f57fdfcc0be34fb7d2c0
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI

sans DRM

Voyage du général La Fayette aux États-Unis d'Amérique

De
409 pages

Départ du Havre. — Arrivée à New-York. — Voyage à Boston. — Excursion à Portsmouth. — Retour à New-York. — Visite des bords de l’Hudson. — Voyage et entrée à Philadelphie.

Depuis long-temps le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique sollicitait le général Lafayette de venir visiter la république dont il avait protégé le berceau. Les changements survenus depuis quarante ans chez cette nation, qui, dans un aussi court espace de temps, a vu tripler sa population, doubler l’étendue de son territoire, amortir une dette considérable, se développer les arts industriels et mécaniques plus rapidement que dans les états les plus civilisés de l’Europe ; ces changements, disons-nous, devaient être un aussi puissant véhicule pour l’esprit du général, que les témoignages de reconnaissance d’un grand peuple en seraient un pour son cœur : il y avait aussi de la part du gouvernement américain un noble orgueil à les montrer à celui qui pouvait le mieux en apprécier le mérite, et en féconder l’avenir par son approbation.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Voir plus Voir moins
À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèDue nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiDues et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiDues de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
Édités dans la meilleure Dualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Prospectus
Le voyage du général Lafayette aux États-Unis d’Amé rique, en 1824 et 1825, est un des événements les plus remarquables de notre époqu e. Le vétéran de deux révolutions, appelé par le congrès américain, a parcouru toutes les provinces du vaste état qu’il concourut à rendre libre il y a plus de quarante ans. Une population naturellement grave et raisonneuse a cédé tout à co up à l’enthousiasme des souvenirs de la guerre de l’indépendance ; elle s’e st pressée en foule autour de celui qu’elle a proclamé l’hôte de la nation. Lorsque des souverains étrangers visitent en Europe les états voisins, devancés par l e u rincognitoils sont partout accueillis par des fêtes or  même, données et des acclamations qui ne sont pas toujours la véritable expression des sentiments qu’ils inspirent. En Amérique, un simple général visite, o n peut dire officiellement, une nation qui se lève entière sur son passage ; c’est elle qu i fête la bienvenue d’un guerrier dont le nom est déjà historique pour elle. Plus tard le gouvernement, à son tour, accueille le général Lafayette, et cette scène est d’un haut int érêt. Le vénérable guerrier visite les lieux où l’indépendance fut fondée par des combats, où il fit les premiers pas dans la carrière qu’il a parcourue avec tant de gloire, où il versa son sang pour la liberté, à laquelle, depuis, sa vie entière a été consacrée. Selon une belle expression américaine, il a fait un e promenade de cent mille milles au milieu d’amis et de voisins. A aucune autre époq ue un spectacle pareil ne s’offrit aux méditations de l’observateur. L’ovation américa ine ne ressemble à aucun autre voyage, à aucune autre réception, à aucun autre tri omphe. En rassembler les faits en un seul corps d’ouvrage, c’est épargner aux amis de s peuples indépendants, comme à leurs ennemis, de pénibles recherches dans plus d e quatre cents journaux américains qui tous en rendent compte ; c’est prépa rer des matériaux pour l’histoire, puisqu’il n’est pas donné à nous, contemporains, de l’écrire. Si cependant une scrupuleuse exactitude, un amour puissant de la vér ité, la certitude d’avoir puisé à toutes les sources authentiques, peuvent donner que lque confiance, nous devons penser que ce voyage sera considéré comme un morcea u historique du plus grand intérêt. Il ne faut pas le confondre avec une simpl e compilation de pièces ou d’articles de journaux : c’est un corps d’ouvrage. Nous avons recueilli dans des correspondances particulières beaucoup de détails q ui ont échappé même à l’attention si soutenue des journaux américains, et nous osons nous flatter que les conseils que nous avons demandés, le travail auquel nous nous sommes livré, le soin avec lequel l’impression de l’ouvrage a été dirigée , ne sont pas indignes du public auquel nous soumettons cet écrit. LeVoyage du général Lafayette,minéqui avait été publié par parties, vient d’être ter et mis en vente chez L’HUILLIER, éditeur, à Paris, cour de Rohan, n° 3bis,près celle du Commerce ; il forme quatre parties in-8”, orné d u portrait du général, et accompagné d’une carte traçant l’itinéraire exact d e la route qu’a parcourue le général dans les divers états de l’union. Prix, broché, 10 fr. les quatre parties réunies, et 11 fr. 50 c. franc de port par la poste. Les lettres et l’argent doivent être affranchis.
Prospectus
Sous un règne dont le premier acte a été l’abolitio n de la censure, la vérité doit se montrer sans crainte. L’abolition de la censure est sans doute la satire la plus sévère de cette mesure ministérielle. Reproduire ce qu’ell e a proscrit, c’est agir dans les intentions de celui qui l’a rejetée. Lorsque arrivè rent en France les premières nouvelles du débarquement du général LAFAYETTE en A mérique, elle imposa silence aux journaux, et beaucoup de leurs colonnes vides a uraient pu porter le nom du vétéran des deux révolutions. Depuis ce jour, beauc oup d’événements se sont passés dans les États-Unis. Le général français a parcouru triomphalement une partie de la terre qu’il a concouru à rendre libre, il y a plus de quarante ans. Une population naturellement grave et raisonneuse a cédé tout-à-co up à l’enthousiasme des souvenirs de la guerre de l’indépendance ; elle se presse en foule autour d’un hôte digne d’elle. Lorsque des souverains étrangers visi tent en Europe les états voisins, devancés par leurincognitomême, ils sont partout accueillis par des fêtes or données et des acclamations qui ne sont pas toujours la vér itable expression des sentiments qu’ils inspirent. En Amérique, un simple général vi site, on peut dire officiellement, une nation qui se lève entière sur son passage. Le chef de l’état est peut-être retiré à la campagne ; les ministres achèvent peut-être leurs c omptes-rendus ; le congrès n’est point assemblé : c’est donc la nation seule qui fêt e la bienvenue d’un guerrier dont le nom est déjà historique pour elle. Plus tard le gou vernement, à son tour, accueillera le général Lafayette, et cette scène sera d’un haut in térêt. A aucune autre époque un spectacle pareil ne s’offr it aux méditations de l’observateur. L’ovation américaine ne ressemble à aucun autre voyage, à aucune autre réception, à aucun autre triomphe. En rassemb ler les faits en un seul corps d’ouvrage sera épargner aux amis des peuples indépe ndants, comme à leurs ennemis, de pénibles recherches dans plus de quatre cents journaux américains qui tous en rendent compte ; ce sera préparer des matér iaux pour l’histoire, puisqu’il n’est pas donné à nous, contemporains, de l’écrire. Si ce pendant une scrupuleuse exactitude, un amour puissant de la vérité, la cert itude d’avoir puisé à toutes les sources authentiques, peuvent donner quelque confia nce, nous devons penser que ce voyage sera considéré comme un morceau historique d u plus grand intérêt. Il ne faut pas le confondre avec une simple compilation de piè ces ou d’articles de journaux : c’est un corps d’ouvrage. Nous avons recueilli dans des correspondances particulières beaucoup de détails qui ont échappé même à l’attent ion si soutenue des journaux américains, et nous osons nous flatter que les cons eils que nous avons demandés, le travail auquel nous nous sommes livré, le soin avec lequel l’impression de l’ouvrage est dirigée, ne sont pas indignes du public auquel nous soumettons cet écrit. L eVoyage du général Lafayettetrois ou quatre parties in-8°, dont la formera première, ornée de son portrait lithographié avec s oin, vient de paraître chez L’HUILLIER, éditeur, rue Dauphine, n° 36. Prix, bro chée, 3 fr., et 3 fr. 5o c., franc de port, par la poste. Les suivantes paraîtront au fur et à mesure de l’arrivée des détails. Les personnes qui désireront les recevoir aussitôt leur mise en vente sont priées de se faire inscrire, dès à présent, à l’adresse ci-de ssus. Les lettres et l’argent doivent être affranchis.
Ne pouvant déterminer à l’avance l’étendue de chaque partie à paraître, le prix n’a pu en être fixé.
Lafayette
Alexandre Lardier, Charles-Ogé Barbaroux, Charles J. Ingersoll
Voyage du général La Fayette aux États-Unis d'Amérique
En 1824 et 1825
INTRODUCTION
Après quarante-trois ans d’absence, un simple génér al va visiter une nation pour l’indépendance de laquelle il fut un des premiers à s’armer. Des hommes qui ne connaîtraient point cette nation se figureraient qu ’elle doit le voir passer au milieu d’elle sans en être émue. En effet, pour nous, Euro péens, il est d’habitude que les princes seuls attirent la curiosité et les hommages ; nous ignorons que là où il n’y a pas de princes, les hommes qui ont rendu de grands services les remplacent. Accoutumé à n’estimer les hommes que parce qu’ils v alent, ou par le bien qu’ils ont fait, le peuple américain accueille triomphalement le vieux guerrier qui répandit son sang pour lui. A son aspect, tous les souvenirs de la révolution se réveillent, et chacun croit encore assister à ce grand drame qui, depuis un demi-siècle, fait l’entretien de toutes les familles. Nourris de ces idées, et fiers du gouvernement qu’ils doivent à leur inébranlable constance et à leur valeur, les Améric ains saluent avec joie un des plus anciens défenseurs de ce gouvernement ; mais, pour la première fois peut-être depuis q u ’ i l existe, ce peuple raisonneur se livre sans ré serve aux transports de l’enthousiasme. C’est un spectacle imposant et neuf que celui de la fièvre de reconnaissance de dix millions d’hommes pour des se rvices rendus il y a quarante ans. Les journaux anglais citent le retour de Louis XVII I à Paris, en 1814, et les premiers voyages de Monsieur, aujourd’hui Charles X, dans le midi de la France, comme offrant quelque ressemblance avec celui du général Lafayett e en Amérique : c’est lui donner sa véritable couleur de nationalité ; mais la Franc e voyait tout son avenir dans ces princes, et l’Amérique n’attend rien de Lafayette. Nous entreprenons de retracer le tableau que présen tent ces peuples depuis que le général a mis le pied sur le sol à l’affranchisseme nt duquel il a si puissamment concouru : mais nous ne remplirions qu’imparfaiteme nt le but que nous nous proposons si nous ne rappelions auparavant en peu d e mots par quels travaux, par quels services le général français obtint un amour si durable de la part d’une grande nation. L’époque dont nous parlons ici est, dans le siècle passé, la plus remarquable de celles qui ont précédé la révolution française. Elle comprend des événements qui paraissent avoir réagi sur la destinée du monde ent ier. Les hommes qui ont figuré parmi les principaux acteurs de ces grandes scènes ont acquis pour nous la stature héroïque, et l’on se fait difficilement à l’idée qu e l’un d’eux soit notre contemporain, et qu’il recueille aujourd’hui la récompense de ses travaux d’alors. Après la paix de 1763, l’Angleterre, qui venait de dépouiller la France de presque toutes ses possessions d’Amérique, n’eut pas l’art de consolider sa grandeur nouvelle. Elle répondit par des taxes et des prohibitions à l ’espoir, hautement manifesté par ses colonies de l’Amérique du nord, d’obtenir pour leur commerce de nouvelles franchises. Ces mesures injustes aigrirent les colons : ils s’u nirent pour anéantir le monopole anglais, en prohibant eux-mêmes, d’un commun accord , l’introduction sur leur territoire de certaines marchandises. Au même moment le parlem ent rendait un bill établissant un droit de timbre sur tous les actes passés en Amé rique. Les colons, en leur qualité de citoyens anglais, se croyaient le droit de n’êtr e soumis à des subsides que par leurs assemblées provinciales, puisqu’ils n’étaient point légalement représentés dans le parlement. Ils refusèrent de se soumettre à l’im pôt ; ils formèrent des ligues de ville à ville, et des mouvements populaires eurent lieu s ur plusieurs points pour détruire le papier timbré venu d’Angleterre. Le bill du timbre fut révoqué. Tout paraissait devoir
rentrer dans un calme pro-tond , lorsque les besoin s du ministère firent imaginer de remplacer la taxe supprimée par une autre sur les c ouleurs, le verre et le thé importés en Amérique. Les assemblées provinciales protestère nt avec énergie contre cette nouvelle vexation. Le ministère résolut de vaincre l’obstination des colons par des mesures de rigueur. Ils s’armèrent sous différents prétextes et se liguèrent entre eux. Leurs assemblées prirent la part la plus active à l eur opposition aux prétentions de la métropole, qui, voulant éviter les dangers qu’elle prévoyait, supprima une partie de l’impôt : elle ne le laissa subsister que sur le th é. Cependant des scènes violentes avaient eu lieu à Boston, et dans quelques autres v illes, entre les habitants et les troupes anglaises. La suppression d’une partie de l ’impôt eût peut-être satisfait les colons, et ils n’eussent pas mis beaucoup d’ardeur à repousser ce qui en restait, si la présence des troupes et leur conduite violente n’eû t entretenu l’irritation. Les Américains décidèrent donc en assemblée de ne pas r ecevoir le thé dans leurs ports, et lorsque les premiers navires qui en étaient char gés voulurent le débarquer, le peuple de Boston le jeta à la mer. A Philadelphie, et dans d’autres villes, on refusa de le recevoir. Le gouvernement voulut sévir ; il mit le port de Boston en interdit. Mais les colons s’unissaient toujours davantage dans l’intér êt de leur commune résistance, et l’assemblée de Virginie décréta qu’un congrès des d éputés de tous les états serait réuni chaque année pour délibérer sur les affaires publiques. Ce congrès s’assembla pour la première fois à Philadelphie, en septembre 1774. Jamais peut-être un spectacle aussi grand ne s’était offert à l’attenti on des hommes ; une nation ignorée jusqu’alors s’emparait tout-à-coup des rênes de son gouvernement ! Ce premier congrès fit. la fameuseDéclaration de droits,proclama l’union des colonies pour la et défense de leurs priviléges. Les marchandises angla ises cessèrent d’être admises dans la plupart des ports américains. La conduite d es colons appela l’attention de l’Europe. Le fameux lord Chatham sollicita le gouve rnement anglais de céder enfin à leurs justes réclamations, et de prévenir une ruptu re à laquelle devait prendre part toute l’Europe, jalouse de la prospérité de la Gran de-Bretagne. Les ministres n’écoutèrent que leur orgueil. Des forces considéra bles furent dirigées sur l’Amérique ; et les colons de leur côté, prévoyant que la lutte allait s’engager, firent des amas d’armes, et se préparèrent à la résistance. Boston était le point où les premiers coups devaient être portés. Le général anglais Gages voul ut faire enlever un dépôt d’armes à dix-huit milles de cette ville. Les Américains reçu rent les troupes royales à coups de fusil. Une action s’engagea, par suite de laquelle les Anglais furent concentrés dans Boston, et entourés de tous côtés par les volontair es américains. Ce premier combat amena le siége de Boston et d’autres combats. Le co ngrès se réunit une seconde fois à Philadelphie, et son premier soin fut d’élire un généralissime. Il fallait un homme capable, pour conduire la guerre avec vigueur contr e un ennemi habile et abondamment fourni de toutes les munitions ; un hom me modéré, pour ne pas éloigner toute idée d’accommodement avec la métropo le. Washington fut élu : les Américains se portèrent en foule sous ses drapeaux. Les gouverneurs anglais des diverses provinces se trouvèrent bientôt réduits à une complète impuissance. Boston fut repris, une grande expédition tentée sur le Can ada, et l’indépendance des colonies américaines proclamée par le congrès. Elles formère nt une république fédérative, sous le nom des treize États-Unis d’Amérique. Pendant que ce grand acte du congrès retentissait e n Europe, et occupait tous les cabinets, l’armée américaine, composée de milices l evées à la hâte et mal organisées, était battue à Brooklyn et dans plusieu rs autres rencontres ; Washington recevait une dictature qui devait sauver la cause a méricaine, et Franklin s’efforçait
’obtenir de Louis XVI des secours indispensables au succès de la lutte. Le gouvernement français n’avouait pas encore sa jo ie de voir la puissance anglaise blessée au cœur. Il refusait aux Américains même un appui indirect. Ce fut alors qu’un jeune homme d’une naissance illustre, allié depuis peu à une des premières familles de France, plein de courage et d’enthousiasme, s’ar racha des bras de sa jeune épouse, et partit pour aller combattre dans leurs r angs. C’était Lafayette. Il avait imploré les envoyés d’Amérique pour obtenir d’eux u n vaisseau qui le portât vers l’armée républicaine. Franklin avait eu la générosi té de vouloir le détourner d’un projet qui paraissait téméraire, au moment où les insurgés étaient battus de toute part. Ce refus avait rendu les instances du jeune Lafayette plus vives. Mais, sachant les envoyés sans ressources pécuniaires, il fréta lui-m ême un vaisseau, et comptant pour rien les oppositions de la cour, il partit, et abor da à Georges-Town dans l’été de 1777. Il apportait avec lui des dépêches importantes et d es armes. Son arrivée produisit une vive sensation en Amérique. « Le congrès, dit l’his torien de la guerre de l’indépendance, le congrès n’omit aucune des démons trations qui devaient persuader au jeune Français et au peuple des colonies dans qu elle estime il tenait sa personne, et combien il lui savait gré des périls qu’il avait courus, et qu’il allait courir encore, pour être venu offrir son bras à une cause qui paraissai t désespérée. Touché de cet accueil, Lafayette demanda la permission de ne serv ir d’abord qu’en qualité de volontaire et à ses propres dépens. Cette générosit é charma les Américains. Le congrès rendit un décret portant que le marquis de Lafayette, guidé par l’amour de la liberté, pour laquelle combattaient les Etats-Unis, ayant abandonné sa famille, ses parents, ses amis, et voulant consacrer sa vie à la défense de l’Amérique, sans en recevoir aucun émolument, ses services étaient acce ptés ; mais que, d’après les égards dus à sa famille et à lui-même, il était con venable qu’il fût revêtu du grade de major-général dans l’armée des États-Unis. Le jeune Lafayette s’étant rendu au camp, fut accueilli avec honneur par Washington. Bientôt s’établit entre eux celle amitié qui subsista jusqu’à la mort de cet homme illustre. » L’armée américaine était alors dans le New-Jersey, attendant que celle des Anglais eût décelé par quelque grand mouvement le plan du m inistère britannique. Il ne tarda pas à être connu. Le général Howe, commandant, les forces anglaises, débarqua dans le Maryland et attaqua Washington près de Philadelp hie. Les Américains, malgré des efforts inouïs et les bonnes dispositions prises pa r le général en chef, furent contraints de céder à l’impétuosité des troupes anglaises, et Lafayette fut blessé à la jambe, tandis qu’il s’efforçait par ses paroles et son exe mple de rallier les fuyards. Ainsi il assistait au premier combat livré après son arrivée ; dès ce premier combat il montrait le sang-froid et l’intrépidité d’un guerrier consom mé, et scellait de son sang son union avec les Américains. De ce jour il obtint l’estime des soldats de l’indé pendance et celle de Washington, esprit circonspect et méthodique qui n’aventurait p as son amitié, mais qui ne relirait jamais une confiance qu’il n’avait donnée qu’à bon droit. La bataille qui venait d’être livrée sur la Brandiw ine amena la prise par les Anglais de Philadelphie, capitale de la confédération. Les Américains eurent beaucoup à souffrir des succès de l’armée anglaise, et leur ca use parut de nouveau désespérée. Lafayette ne montra jamais plus de constance et d’a ctivité qu’à cette malheureuse époque. Washington voulut-il tenter un coup de main sur Burlington, il adjoignit Lafayette au général américain Green. Songea-t-on à former de nouveau l’armée du nord, Lafayette fut désigné pour commander l’entrep rise hasardeuse à laquelle on la destinait. La misère accabla-t-elle les soldats cit oyens de l’Amérique au camp de