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Yves d'Evreux

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JE ne sais si le nom du Père Yves d’Evreux est connu de beaucoup de monde en Normandie ; il ne me répugnerait guère d’en douter. Pour mon compte, j’avoue que je l’ai ignoré pendant longtemps. Le Voyage du révérend capucin dans le nord du Brésil n’a été réimprimé d’ailleurs qu’en 1864, tout juste deux siècles et demi après la mission aventureuse qu’on lui avait confiée. Un seul exemplaire de l’édition primitive de son livre, que la politique sous Louis XIII crut devoir faire supprimer, échappé par hasard à la destruction, dormait d’un sommeil tranquille sur un des rayons de la Bibliothèque nationale, lorsqu’en 1835 un jeune voyageur, avide de recherches, l’y découvrit, M.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIXe, les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.

Armand Semelaigne

Yves d'Evreux

Essai de colonisation au Brésil chez les Tapinambos, de 1612 à 1614

A M. FERDINAND DENIS

Administrateur Honoraire

DE LA BIBLIOTHÈQUE SAINTE-GENEVIÈVE

A PARIS

YVES D’ÉVREUX

JE ne sais si le nom du Père Yves d’Evreux est connu de beaucoup de monde en Normandie ; il ne me répugnerait guère d’en douter. Pour mon compte, j’avoue que je l’ai ignoré pendant longtemps. Le Voyage1 du révérend capucin dans le nord du Brésil n’a été réimprimé d’ailleurs qu’en 1864, tout juste deux siècles et demi après la mission aventureuse qu’on lui avait confiée. Un seul exemplaire de l’édition primitive de son livre, que la politique sous Louis XIII crut devoir faire supprimer, échappé par hasard à la destruction, dormait d’un sommeil tranquille sur un des rayons de la Bibliothèque nationale, lorsqu’en 1835 un jeune voyageur, avide de recherches, l’y découvrit, M. Ferdinand Denis, depuis conservateur à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Dire la surprise et la joie de l’honorable savant à la vue de son heureuse trouvaille serait difficile. La relation du P. Yves forme, en effet, comme le complément naturel de celle du P. Claude d’Abbeville, autre zélé missionnaire, le collaborateur du P. Yves durant quelques mois et son compagnon d’apostolat dans ces lointaines contrées. Tous deux appartenaient au même ordre, celui des Capucins, dont le couvent, alors célèbre, fondé en 1575 par Catherine de Médicis, occupait rue Saint-Honoré, vis-à-vis du jardin des Tuileries, un emplacement considérable. Véritable Thébaïde, ses murs confinaient à l’enceinte de la ville. Des hommes ayant joué un certain rôle dans la société par leur élégance, leur savoir ou leurs richesses, étaient venus déjà y chercher un abri, afin de pouvoir y consacrer avec plus d’efficacité leur existence au soulagement des pauvres ou aux travaux élevés de la prédication. Yves d’Evreux, né dans des conditions plus modestes et préparé, au contraire, dès l’enfance pour la vie cénobitique, aurait acquis de bonne heure, suivant ses biographes, une réputation exceptionnelle et méritée dans la chaire. Mais, moins brillant encore que solide par les qualités de son esprit, on le regardait surtout comme propre à l’action dans les circonstances décisives ou périlleuses. Une occasion se présentant, le provincial de l’ordre le choisit avec trois autres moines2 pour aller évangéliser les sauvages.

Quelque temps après, tous quatre étaient en rade de Cancale, où un hardi marin, l’amiral de Razilly, appareillait pour l’Amérique du Sud.

*
**

Au commencement du XVIIe siècle, la période enthousiaste des explorations maritimes, si éclatante au début, n’avait pas encore pris fin. L’espoir était toujours sans bornes. Si Jacques Cartier, en découvrant le Canada, avait doté son pays d’un vaste territoire qu’on appela la Nouvelle-France, territoire qui, depuis Louis XV, appartient à d’autres, mais dont les habitants nous regrettent, une France équinoxiale, dans les rêves de l’imagination ne paraissait pas, comme établissement, au-dessus de nos forces. De là l’expédition dont il s’agit, sagement conçue et organisée avec l’approbation officielle du gouvernement. Un lieutenant général du roi, Daniel de La Tousche, seigneur de La Ravardière, l’âme et l’inspirateur de l’entreprise, avait obtenu effectivement de Henri IV, vers 1605, des lettres patentes à ce sujet. Des banquiers s’entremirent pour la réunion des fonds nécessaires. Quant à l’appui moral, il résidait tout entier, ainsi qu’on le verra, dans le dévouement et le cœur des religieux.