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SEP'a ma faute, c'est la sienne...

De
229 pages
Après son premier ouvrage « Semailles Et Pagaille » paru en décembre 2006, où l'auteur nous a fait découvrir son parcours hors du commun de jeune fille de la ville (Paris) devenue femme des champs en épousant un agriculteur Auvergnat il y a 28 ans,mère de 4 enfants, puis l'annonce de sa maladie « la Sclérose en plaques » alors qu'elle n'a que 40 ans, son combat perpétuel contre ce mal qui la ronge depuis plus de six ans, elle poursuit dans ce livre ses écrits intimistes, en vous livrant ses secrets et son expérience journalière contre la maladie à laquelle elle engage une lutte acharnée en se noyant dans une multitude d'activités essentiellement culturelles mais surtout par l'écriture !
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2 Titre

SEP'a ma faute,
c'est la sienne...

3Titre
Laurence Pourieux
SEP'a ma faute,
c'est la sienne...

Écrits intimes
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9480-2 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748194807 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9481-0 (livre numérique)
ISBN14 (livre numérique)

6





À Christine, Vanessa, Janine, Arnauld, Jacqueline,
Agnès, Bernadette, Laurence et tous les autres malades
de la SEP que je connais ou ne connais pas !

À ma maman Denise, brutalement décédée le 18 février
2007 qui restera dans mon cœur malgré mes
souffrances… 8 Prologue

PROLOGUE
Avec l’encre de mon cœur… pour exister !

Pourquoi écrire ce deuxième livre ?
Simplement pour continuer de parler de ma
SEP (Sclérose en plaques), de sa sordide
évolution, et surtout me faire du bien
moralement.
Le plus important étant le fait que j’ai de plus
en plus de mal à écrire au stylo ou à
l’ordinateur, je veux donc laisser trace de ma
vie, de mes souffrances, mon témoignage sur ce
mal incurable encore de nos jours, avant d’en
devenir incapable.
Je vois l’échéance fatale arriver très
rapidement…

Dehors un soleil radieux, mais il fait froid.
Je regarde par une des fenêtres de mon
séjour baigné de lumière, le virus de l’écriture
me reprend !
Je suis seule dans mon fauteuil roulant, les
idées mijotent doucement dans ma tête !
9 SEP’a ma faute, c’est la sienne…
Depuis huit jours, j’envoie mon premier
manuscrit « Semailles Et Pagaille » à différentes
maisons d’éditions, par l’intermédiaire
d’Internet, ne pouvant me rendre au bureau de
poste inaccessible et trop loin de chez moi ! de
plus je veux garder cette parution discrète
auprès de mes enfants et mon mari, n’étant pas
sûre d’être éditée je ne souhaite pas divulguer
mon secret !
J’ai dû réaliser des mises en pages différentes
pour chaque éditeur, quel travail !
Mais si le but final d’être éditée est atteint,
quelle immense joie et quelle fierté !

Je vais continuer mes recherches d’éditeurs
pendant l’attente des réponses de mes premiers
envois, cela m’occupe bien, j’en oublie la
maladie…
Et pourtant j’ai bien cru avoir une nouvelle
poussée ; la cause ? Une banale otite !
Le médecin m’a mise sous antibiotiques, je
vais mieux maintenant, mais le traitement m’a
bien fatiguée ; il m’avait également vaccinée
contre la grippe (tous les ans je le fais, je ne
peux pas prendre le risque d’attraper ce virus
qui peut être dangereux dans mon cas !) et mon
rappel de DTP, ce n’était pas la grande forme…

10 Prologue
J’ai décidé d’écrire le plus régulièrement
possible mon journal ; en ferais-je un autre
livre ?
Je ne le sais pas encore, mais écrire me
procure le plus grand bien, je continue donc !

11 Mon journal de bord

MON JOURNAL DE BORD
Dimanche 5 novembre 2006
Grand repas de famille pour fêter les vingt
ans de notre numéro trois « Rémi ».
Mes enfants sont tous là ; l’aînée est
accompagnée de son ami Sébastien, sont
également présents deux copains de Rémi qui
nous ont bien aidés pour les ensilages à la ferme
cet été, et la copine de Rémi avec sa maman.
Nous avons demandé au patron du
restaurant où travaille Nathalie si elle pouvait
avoir son dimanche pour être avec nous mais
surtout pour m’aider à dresser la table et finir de
préparer le repas, il a accepté !
J’ai préparé beaucoup de plats la veille, en
prenant mon temps…
Nous avons terminé avec Nathalie ce
dimanche matin.

Mon repas est réussi, tous ont l’air heureux,
nous rions et nous amusons !
13 SEP’a ma faute, c’est la sienne…
J’avais même préparé avec mon ordinateur
une rétrospective en photos de l’enfance et de
l’adolescence de Rémi, je la lui ai remise, il était
bien content, cela lui fera un souvenir…

Ce soir je tombe de fatigue ; ils sont tous
partis vers dix-huit heures, seule Nathalie est
encore à la maison, mais les deux filles ont tout
bien rangé… je n’ai plus rien à faire !
Je suis contente la journée a été réussie !
Lundi 6 novembre 2006
Nathalie part au CFA à Limoges avec son
père à 8 heures, pour la semaine ; elle n’a cours
qu’à dix heures, ils vont donc passer avant à
l’agence de voyage pour réserver notre semaine
de vacances en Espagne à Salou ; cela fait trois
ans que nous allons là-bas, l’hôtel est bien
accessible et nous pouvons faire de longues
promenades en bord de mer, c’est très bien
aménagé.
Cette année nous irons en décembre avant
les fêtes, car Nathalie sera en congés le
restaurant étant fermé du quatre décembre au
huit janvier, elle n’a pas eu de vacances depuis
qu’elle a commencé son travail il y a plus d’un
an et demi ! Un changement d’air lui fera le plus
grand bien !
14 Mon journal de bord
D’habitude nous partons fin janvier début
février, toujours en hiver car des mois de mars à
novembre mon mari n’a guère de temps pour
prendre des vacances !
Vu mon état de santé nous ne partons pas à
la neige, nous ne prenons pas l’avion ni le train,
il ne reste que la voiture donc l’Espagne qui
n’est pas trop loin, mon mari étant le seul
conducteur !
Les seuls voyages « lointains » que nous
ayons pu faire sont la Tunisie à Nabeul pour
nos vingt ans de mariage en 1999 (en février,
nous avons même eu droit à de la neige sur
Tunis !).
En 2001 nous sommes allés à Djerba avec
Nathalie, elle était bien contente, j’étais déjà
malade mais je marchais relativement bien…
juste très fatiguée !
L’année qui a suivi nous voulions découvrir
le Maroc que beaucoup de monde nous vantait,
le voyage promotionnel que nous avions
sélectionné étant complet quand nous sommes
descendus sur Limoges à l’agence de voyages,
nous avons choisi de partir en Crète !
Nous avons été déçus ! Il a fait un temps
exécrable et il n’y avait que peu d’animations à
l’hôtel ; de plus je marchais, à cette époque,
avec deux béquilles ce qui limitait mes
déplacements !
15 SEP’a ma faute, c’est la sienne…
Ce fut le dernier voyage par avion ; nous
partons depuis en Espagne…

J’ai réussi hier soir à envoyer mon manuscrit
par Internet, à deux éditeurs, je n’ai plus qu’à
attendre…

Dans le journal local d’hier, j’ai pu lire que le
chanteur Michel Sardou sera en concert au
zénith de Limoges le quatorze décembre 2007 !
Ce matin j’ai donc téléphoné et j’ai réservé
deux places, je vais enfin pouvoir assister au
concert que j’avais raté à l’Olympia il y a trente
ans ! (j’ai raconté cette aventure dans mon
premier ouvrage !)
Deux places, je ne peux y aller seule, je
verrais bien le moment venu qui
m’accompagnera !
Je suis heureuse ; cela m’a donné bon moral
pour la journée ; il n’y a plus qu’à espérer
qu’aucun élément perturbateur ne vienne
m’empêcher d’aller à ce concert !

Il fait toujours très beau ; ma maison est
inondée de soleil…
Cet après-midi je dois travailler à la
comptabilité du GAEC, c’est moins drôle mais
il faut le faire le comptable vient le quatorze
novembre !
À bientôt mon cher journal…
16 Mon journal de bord
La maladie toujours présente depuis plus de
six ans, insidieuse, continue ses ravages…
La tête me tourne au moindre mouvement, la
jambe gauche est de plus en plus « lourde à
porter », la main droite se permet par moments
de « disparaître », engourdissements,
fourmillements, nerfs qui bougent tout seuls…
le néant !
J’oublie les mots, je mélange les lettres, je me
trompe en rédigeant les chèques, j’oublie où je
range mes affaires, je perds de plus en plus la
boule…
A chaque repas, alignés devant moi, les
cachets que je dois prendre : de quatre à six par
repas, suivant si j’ai attrapé une « cochonnerie »
en plus ou pas (genre otite, bronchite, infection
urinaire…) et dire qu’avant la maladie je ne
prenais aucun médicament !

J’écris d’abord sur un petit carnet, le soir
souvent quand je me couche, le lendemain j’ai
bien du mal à relire mon texte afin de le taper à
l’ordinateur, j’écris de plus en plus mal !
Les journées étant bien remplies (enfin
suffisamment pour mon état) que le soir je suis
si fatiguée, je me retrouve au lit à vingt heures
trente, les idées surgissent et noircissent le
carnet jusqu’à ce que je m’endorme !

17 SEP’a ma faute, c’est la sienne…
Aujourd’hui sept novembre j’ai reçu mes
billets pour le concert de Michel Sardou de
décembre 2007, je suis bien contente !
L’après-midi fut ordinaire, je me suis avancée
dans la paperasse et la comptabilité…
Demain c’est un grand jour !
Notre groupe d’agricultrices se retrouve à
Limoges pour une deuxième rencontre avec un
groupe de femmes de la ville, plus exactement
de femmes participant à un atelier d’écriture,
originaires de différents pays (Inde, Algérie,
Maroc, Afrique…) ou Françaises de milieu
défavorisé, toutes issues de quartiers dits
« difficiles » sur Limoges !
Nous avions eu une première rencontre en
juin 2006 chez Charlotte, une des
Artsgricultrices, installée avec son mari en
élevage bovins limousins.
La journée avait été extraordinaire, il avait
fait très beau, nous étions donc installées
dehors, chacune avait amené un plat, la
spécialité de son pays ; nous avions partagé le
repas, goûté des plats exotiques que nous ne
connaissions pas, et les écrits des différents
ateliers d’écriture ainsi que ceux tirés de notre
livre.
Nous avions fait découvrir la campagne à ces
femmes jamais sorties de leur quartier, ni de
leur immeuble !
18 Mon journal de bord
Ce jour-là une petite fille d’environ cinq ans a
découvert ce qu’étaient une mouche et une
vache !

L’ambiance un peu crispée au début, surtout
de leur part elles étaient intimidées, s’est vite
détendue et nous sommes toutes reparties dans
l’espoir de nous revoir !

C’est chose faite, demain nous allons « à la
ville » dans leur quartier, partager couscous,
desserts et toujours notre écriture !
Nous aurons encore chaud au cœur !
Je n’oublie jamais mon appareil photo ou
mon caméscope lors de nos différentes
rencontres agriculturelles, cela nous laisse des
souvenirs merveilleux…
Demain, toutes ethnies confondues, sans
heurts, nous allons vivre un moment de joie, de
partage !

Pourquoi la société actuelle ne peut-elle le
reproduire à grande échelle ?
Pourquoi tant de haine entre les différents
peuples ?
C’est si beau d’être ensembles sans
distinctions de couleur de peau, de langage,
valide ou invalide !

19 SEP’a ma faute, c’est la sienne…
Mais ma main me gène, il se fait tard, mon
journal à très bientôt pour d’autres
confidences…
Samedi 11 novembre 2006
Triste journée, gris, crachin, nous étions
habitués au soleil d’automne…

Notre journée rencontre « clafoutis -
artsgricultrices » s’est très bien passée, le
couscous était délicieux et les desserts très
variés et copieux, sans oublier les fromages au
lait de vache de Véronique qui est entrain de
démarrer un atelier sur sa ferme : fabrication de
fromages de vaches avec vente directe à la
ferme et sur les marchés !
Puis nous avons lu nos textes respectifs écrits
pour l’occasion, au mur étaient affichés
plusieurs textes écrits par leur association lors
des ateliers d’écriture…
Nous avons ensuite visionné le DVD de la
rencontre d’été de chez Charlotte…
Une belle journée qui m’a mis du baume au
cœur !
La télévision était là aussi pour filmer notre
rencontre, nous y sommes habituées
maintenant…

20 Mon journal de bord
Ma SEP continue sa progression et ses
ravages ; faire « pipi » la nuit au lit comme un
bébé, j’en pleure… je n’ai même plus le temps
d’arriver sur mon siège de chambre !
Jusqu’où ira-t-elle ? Jusqu’où va-t-elle me
détruire ?
Une fois de plus mon stylo et mon
ordinateur deviennent mes confidents, les
journées sont si longues seule, les hommes
étant au travail, je me sens devenue un
parasite…
Et voilà que je recommence à broyer du noir,
ma dépression reprend le dessus comme tous
les hivers !
Verrais-je un jour le bout du tunnel ?
Une petite voix me dit : « Allons Laurence,
remue-toi, tu n’es pas encore grabataire, clouée
au lit ni sous terre, ton mari et tes enfants ont
encore besoin de toi, même si tu n’es pas au
TOP ! »
Demain matin je serai « debout, levée »
comme d’habitude, pour eux !

Mais voilà mon film du soir qui commence,
je vais poser le stylo jusqu’aux prochaines
confidences…
21 SEP’a ma faute, c’est la sienne…
Dimanche 12 novembre 2006
Alain veut aller voir un tracteur d’occasion au
sud du département, nous irons donc dans
l’après-midi.
C’est Guillaume qui récupérera Nathalie au
restaurant car elle termine sa journée vers seize
heures… et sera avec moi jusqu’à mardi seize
heures.
Mardi justement j’ai de nouveau le comptable
mais tout est en ordre cela devrait bien se
passer.
Le jeudi seize novembre toutes les femmes
du GVAF de Châteauponsac viennent l’après-
midi à la maison : je vais leur apprendre la
technique du collage de serviettes !
Enfin une semaine où je ne serai pas seule et
où je serai utile !

Quant à Alain il part du dimanche dix-neuf
au mardi vingt et un, en voyage d’études à
Bruxelles rencontrer les commissaires
européens à l’agriculture, avec le groupe de
formation de Limoges, j’aurais bien aimé
l’accompagner mais le voyage s’effectue en train
(accessibilité ? ? ?) et nous ne savons même
pas si les bâtiments de la commission
Européenne sont accessibles…
(ils ne le sont pas ! Confirmation après le
voyage de visu par mon mari !)
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