Des résidus industriels dans l

Des résidus industriels dans l'alimentation du bétail

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Français
566 pages

Description

D’une façon générale, l’appellation de pulpe s’applique à toute partie charnue des végétaux et même à quelques tissus animaux qu’on a réduits en une pâte peu consistante.

Au point de vue spécial où nous nous plaçons, on entend sous ce nom la matière molle et en partie désorganisée provenant des racines, des tubercules et des fruits que l’industrie a traités pour en extraire les matières sucrées ou amylacées. Histologiquement, les pulpes sont donc constituées par l’écorce ou enveloppe de la partie utilisée, la membrane des cellules et la portion de leur protoplasma épuisée d’une partie de ses hydrates de carbone.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 26 avril 2016
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EAN13 9782346058464
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Langue Français

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Charles Cornevin
Des résidus industriels dans l'alimentation du bétail
PRÉFACE
L’agriculteur trouve dans la plante un admirable ap pareil de réduction et de synthèse soutirant à l’air et au sol des matières q u’il transforme. Le résultat de ce travail est quelquefois un produit dangereux qui, i ntroduit dans l’organisme humain ou animal, y cause des désordres ou en provoque la des truction. Dans un précédent volume de laBibliothèque de l’Enseignement agricole nous avons fait connaître les végétaux doués de cette funeste propriété et qu’il faut éloigner de l’alimentation. Mais à côté de ces plantes, il en est heureusement un très grand nombre qui n’élaborent que des matières utiles : sucres, huile s, gommes, fécules, amidons, gluten. Les unes sont données directement aux anima ux, en Vert ou après dessiccation. Les autres plus riches, quelquefois s électionnées en vue de la production maximum d’un corps spécial, sont prises par l’industrie qui en extrait l’utilité qu’elles ont emmagasinée et restitue les résidus à l’agriculture. Dépouillés seulement d’une de leurs matières consti tuantes primitives, ces résidus conservent les autres. Le volume que nous publions aujourd’hui est consacré à l’étude du rôle qu’ils peuvent et doivent jouer dans l’alim entation du bétail. En effet, si la chimie a fait connaître la composit ion du plus grand nombre d’entre eux, d’autres questions se présentent. L’exploratio n des régions chaudes, le développement du commerce d’importation et les gran ds progrès de la technique industrielle ont fait introduire chez nous des frui ts, inconnus il y a trente ans ou connus seulement des botanistes voyageurs ; quelques indus tries, particulièrement celle de l’extraction des huiles, s’en emparent. Que faut-il penser des résidus ? Sont-ils inoffensifs ? N’ont-ils ni goût ni saveur qui les f assent repousser du bétail ou qui déprécient le lait ou la chair ? Si, par exemple, l e commerce offre à l’agriculteur des tourteaux de Mowra, doivent-ils être réservés à la fumure des terres ou peuvent-ils être distribués aux animaux ? Autant que je l’ai p u, j’ai étudié expérimentalement ces nouveautéstant à mon laboratoire qu’à la ferme d’application de l’école vétérinaire de Lyon, de façon à pouvoir indiquer ce qui est accept able comme alimentaire et ce qui doit être repoussé comme dangereux. Quant aux résidus provenant des plantes indigènes, si leur emploi à l’état frais est suffisamment ancien et généralisé pour qu’aucune su rprise ne soit à craindre, il est pourtant trois points qui préoccupent actuellement la pratique, ce sont : 1° les moyens de conservation de ces aliments ; 2° les accidents qui se montrent quand la conservation a été défectueuse ; 3° les falsificati ons dont ils sont l’objet. Ils ont été examinés. Parmi les procédés de conservation, il en est un, l a dessiccation, qui met l’aliment dans un état physique particulier. Il lui communiqu e une avidité pour l’eau dont il faut se préoccuper parce qu’elle ne serait pas sans dang ers lors de la consommation si l’on ne restait dans des limites imposées par la co nformation même de l’appareil digestif. Ces limites ont été recherchées. Pour la section consacrée aux accidents qui résulte nt de la distribution de résidus mal conservés, un maître en bactériologie, M. Arloi ng, a mis gracieusement à ma disposition le fruit de ses travaux les plus récent s sur la « maladie de la pulpe ». Je le remercie d’avoir enrichi ce livre. Les falsifications dont plusieurs aliments industri els sont l’objet ont toujours pour mobile la substitution d’un produit de moindre vale ur à un autre de prix plus élevé. Parfois le produit substitué est inerte, d’autres f ois il est vénéneux. Je me suis attaché
à dévoiler ces fraudes et parmi les moyens indiqués pour chaque cas particulier, j’insiste sur les services rendus par l’examen micrographique. La première partie de ce livre est consacrée aux ré sidus d’origine végétale, la seconde traite de ceux d’origine animale. Habituell ement destinés à l’alimentation humaine, les produits animaux s’avarient plus rapid ement et plus facilement encore que ceux de provenance végétale ; quelquefois ils s ont altérés du vivant de l’animal, celui-ci étant malade. Doit-on invariablement les t ransformer en engrais et n’existe-t-il pas de circonstances où ils pourraient être donnés au porc, au chien, aux oiseaux de basse-cour ? L’analyse de ces circonstances est fai te ici à l’aide des acquisitions récentes sur la biologie des agents de contagion ; elle permet de se prononcer en connaissance de cause. La grande valeur nutritive d es substances animales explique que nous ayons insisté sur ces points ; c’est la mê me raison qui nous a fait consacrer tout un chapitre à l’emploi de cette catégorie d’al iments dans la nourriture des herbivores, tout étrange et exceptionnel que cela p araisse au premier abord. Il nous a été demandé de plusieurs côtés de donner des exemples de rations dans lesquelles entrent les résidus étudiés. Nous avons beaucoup hésité, parce que nous étant tenu au courant des travaux exécutés en Franc e et à l’étranger dans ce dernier quart de siècle sur l’alimentation rationnelle et l es principes des substitutions alimentaires, nous en avons retiré la conviction qu e malgré l’importance des résultats acquis, l’œuvre n’est pas achevée et le moment non encore venu où la théorie peut établir rigoureusement une ration sans aléa pour la pratique. On a insisté, nous avons cédé, mais en prenant le parti de publier seulement des spécimens de rations expérimentées à la ferme de notre École ou que des agriculteurs avec lesquels nous entretenons de vieilles et amicales relations nous ont communiquées. On voudra donc les considéreruniquement comme des jalons autour desquels l’initiative de chaque praticien devra s’exercer, en groupant tels ou tels aliments suivant les mille circonstances qui influencent les opérations zoo-te chniques. Je ne livre jamais un livre à la publicité sans êtr e assailli d’appréhensions. Le manuscrit de celui-ci a été récemment couronné par la Société d’Encouragement à l’Industrie nationale qui lui a décerné le prix qu’ elle avait attribué pour 1892 aux recherches sur l’alimentation du bétail. Qu’il me s oit permis d’invoquer cette récompense comme un témoignage des soins apportés à ce travail et comme un appel à la faveur du lecteur ! CH. CORNE VIN.
Lyon, 12 juillet 1892.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Quelle que soit la spéculation zootechnique à laque lle on s’adonne, qu’on utilise dans une entreprise industrielle le travail des ani maux, ou qu’on se livre à la production du lait et de ses dérivés, à celle de la viande grasse, de la laine ou des jeunes, qu’on soit éleveur ou engraisseur, moutonni er ou homme de cheval, le problème de l’alimentation de la machine animale, p our l’entretenir et lui faire produire ce que l’on en attend, est le principal et le premi er qui se pose aux intéressés. Il est complexe, car il ne s’agit pas seulement de nourrir les animaux domestiques de façon que leur organisme ne subisse aucune détér ioration autre que celle que le temps inexorable amène avec lui passé un certain âg e, ni même de les amener à produire intensivement, à donner des produits maxim a dans le minimum de temps. Il faut que cette production intensive soit lucrative, que les produits aient été fabriqués au taux le plus bas afin que l’écart entre le prix de revient et le prix de vente soit aussi grand que possible puisque de là découle le bénéfic e de l’opération. Avec l’alimentation dite normale, c’est-à-dire cons tituée par les fourrages et les grains habituellement distribués en nature aux anim aux de la ferme il n’en est pas toujours ainsi, le bénéfice est trop souvent maigre et parfois absent. Pour ne citer qu’un exemple, je rappellerai ici — certain de n’êt re pas démenti — que l’engraissement à l’étable avec des fourrages est u ne opération qui trois fois sur quatre laisse à peine le fumier comme bénéfice. Ce n’est pas rien assurément, mais c’est trop peu. Une telle situation n’est pourtant point sans remèd es, les données scientifiques permettent de la modifier. Il ne s’agit pas, nous n ous empressons de le dire une fois pour toutes, de diminuer, dans le sens absolu du mo t, les rations habituelles des animaux, ce serait l’économie la plus mal placée et la plus fausse qui se puisse faire ; nous cherchons à les améliorer et l’économie que no us préconisons porte sur leur coût. Lorsqu’on parle de l’alimentation naturelle, normal e, des animaux domestiques, on envisage celle à laquelle ils seraient livrés, s’il s vivaient dans la condition de liberté. On vise l’herbe sèche ou verte pour les herbivores, les racines, les tubercules et les fruits pour le porc, les grains et les semences pou r les oiseaux granivores. On oublie que la domestication les a considérablement modifié s, on perd particulièrement de vue que l’organisme cherche avant tout à vivre et qu’il s’adapte à des conditions fort diverses. Au milieu des exemples que nous en pourri ons citer, qu’on nous laisse rapporter le suivant, parce qu’il est récent et qu’ il porte sur un animal, le cheval, que beaucoup regardent comme un de ceux dont on peut le moins varier l’alimentation. Il a été recueilli non dans un laboratoire, mais par l’e xplorateur Nansen lors de son expédition au Groënland : « Le poney que nous avions embarqué en Islande étai t devenu pour nous un embarras ; la provision de foin avait été épuisée. Nous lui donnâmes alors de la viande fraîche de phoque, il la mangea. Après cela, on essaya de la viande sèche, puis des guillemots et du goëmon, il avala tout ». Cet exemple, auquel on voudra bien ne donner que la signification que nous lui accordons nous-même, c’est-à-dire la facile adaptat ion d’un organisme qui ne veut pas périr à une alimentation aussi éloignée que pos sible de celle qualifiée de normale, est fait pour rassurer les timides. Il nous sert de transition pour rappeler qu’il est toute une catégorie de substances
qui peuvent être et qui sont d’ailleurs distribuées aux animaux domestiques, avec grand profit. La plupart dérivent, il est vrai, des matières premières fournies par la culture, mais elles ont subi diverses modifications ; elles sont connues sous le nom de résidus industriels. La fabrication du sucre, de l’alcool et des liquide s alcooliques, de la bière, de la fécule et de l’amidon, l’extraction de l’huile, l’i ndustrie de la meunerie, de la laiterie, de la stéarinerie, de la triperie, des conserves alime ntaires, etc., utilisent des matières qu’elles demandent à l’agriculture. Après extractio n de produits commerciaux qui payent plus ou moins complètement ces matières, il reste des résidus dont la valeur alimentaire n’est jamais négligeable et parfois éle vée ; leur prix, en raison de leur origine, doit rester abordable.
§ I. —idusAvantages économiques résultant de l’emploi des rés industriels
Depuis longtemps, dans les pays où les industries p récitées se sont implantées, on utilise ces résidus pour alimenter le bétail. Avec la facilité des communications, surtout si les tarifs de transport s’abaissent, cet emploi doit se généraliser. Plusieurs motifs militent en faveur de cette généralisation : En raison de leur prix, les résidus doivent faire r essortir le prix des rations alimentaires à un taux inférieur à celui qu’elles a tteignent quand les fourrages sont seuls employés. Ils permettent de se soustraire, en partie tout au moins, aux fluctuations du prix des denrées alimentaires dites normales, les foins et l es avoines en particulier, qui elles-mêmes sont sous la dépendance de l’abondance ou de la disette des récoltes. C’est là un avantage énorme qui en entraîne un autre, celui de pouvoir conserver un cheptel à peu près constant en jeunes bêtes. L’élévation du p rix des fourrages, résultat de leur rareté, amène une dépréciation des animaux ; craign ant d’être pris au dépourvu, la majorité des possesseurs d’animaux en vend le plus possible et le grand nombre de têtes de bétail jetées simultanément sur le marché en abaisse le prix. Il est clair que si l’on assure l’alimentation du cheptel, en ce temps de disette fourragère, par une distribution de rations composées non exclusivement avec des fourrages, on gagne à retarder le moment de la vente et à attendre des co urs plus élevés. En toutes choses, chaque fois qu’on peut choisir son heure, il n’y fa ut pas manquer. D’autres avantages découlent de la conservation d’u n effectif en bétail à peu près constant : le fumier est produit en quantité suffis ante, les bâtiments ne restent point inoccupés, on n’a pas à congédier temporairement un e partie du personnel d’écurie pour le rappeler ultérieurement. L’emploi des aliments industriels donne plus de lib erté à l’agriculteur pour ses combinaisons culturales et ses assolements. S’il ar rive que certaines cultures de céréales ou de plantes industrielles soient excepti onnellement avantageuses, il doit pouvoir y consacrer une grande étendue de ses terre s sans avoir trop à se préoccuper de ses soles fourragères. Les formules invariables ne doivent pas exister dans les opérations agricoles, celles-ci sont sous la dépend ance des circonstances économiques. Une seule chose est formelle et jamais négligeable, c’est la restitution au sol, sous forme d’engrais, des principes soustra its par l’enlèvement des récoltes. Or l’entretien d’un cheptel à effectif peu variable y pourvoit. Les résidus industriels permettent d’élever sur un domaine plus d’espèces simultanément. Par exemple, si à leur aide, on entr etient une nombreuse étable de
vaches laitières, on pourra avoir une porcherie bie n peuplée dont les sujets seront nourris avec les déchets de l’industrie laitière. O n abaisse ainsi par contrecoup le prix de la ration d’une espèce autre que celle pour laqu elle les acquisitions d’aliments industriels sont faites et par cette association d’ animaux de sortes différentes, on se met mieux en mesure de résister à la dépréciation d es cours, car en général les diverses espèces animales ne baissent pas simultané ment de prix sur le marché. Enfin leur usage a pour conséquence d’accélérer le renouvellement du capital-bétail. Avec l’appoint que les tourteaux apportent dans les rations d’engraissement, il est possible de conduire plus vivement cette opérat ion et de l’étendre à un plus grand nombre de têtes. Faisant passer plus rapidement les animaux à la boucherie, on est obligé d’accélérer la production et nul n’ignore qu e la circulation et le renouvellement d’un capital sont les moyens d’en accroître le rend ement. Si les avantages que retire le producteur par l’int roduction des aliments industriels dans les rations de ses animaux ressortent avec évi dence, il est sûr aussi que le consommateur y trouve son profit, car le prix de la viande n’est plus aussi étroitement lié au cours des fourrages et l’appoint que les déc hets apportent dans l’alimentation du bétail n’est nullement négligeable. En un mot, la n ourriture dont il s’agit ne fait pas qu’affranchir, au moins partiellement, le taux de l ’argent placé dans les spéculations animales d’une corrélation trop étroite avec le pri x des fourrages, elle dégage en même temps le prix de la viande de cette même solid arité. On devine bien que les conditions les plus favorabl es pour l’obtention de déchets sont celles où l’agriculteur est doublé d’un indust riel. Quand l’usine est à côté de la ferme, qu’elle transforme les produits du domaine, les résidus qui restent peuvent être donnés aux meilleures conditions économiques aux be stiaux de la ferme même. Les conditions s’en rapprochent quand, sans posséder lu i-même une usine, l’agriculteur conduit ses productions végétales à l’établissement voisin, reçoit le prix de la matière qui en est extraite et ramène les résidus de la fab rication chez lui. Il y trouve un double bénéfice. Il procure à son bé tail des aliments dont le prix est faible en général, relativement à leur valeur et il restitue à la terre, après les avoir fait passer par le tube digestif de ses animaux, une par tie des éléments qu’il avait exportés en vendant des grains, des tubercules, des racines. Qu’on remarque bien que ce sont précisément les éléments les plus impor tants, ceux qui ne sont pas ou sont très exceptionnellement rendus à la terre et à la plante par l’atmosphère, qu’il ramène à la ferme. Un cultivateur vend son blé à un e fabrique d’amidon voisine ; il exporte de ce fait des matières azotées, des substa nces ternaires et des sels. S’arrange-t-il avec le fabricant pour que celui-ci lui restitue la drèche après extraction de l’amidon, il retrouve dans les deux parties prin cipales de cette drèche, son et gluten, les matières quaternaires et les phosphates que le blé a empruntés au sol sur lequel il a végété, il pourra les lui restituer. Et cette restitution a une autre importance que celle des matières ternaires, puisque celles-ci et particulièrement l’amidon sont fournies par l’atmosphère aux plantes qui en opèren t l’élaboration en soustrayant le carbone, l’oxygène et souvent l’hydrogène à l’air. Il est une autre sorte de considérations qui a son importance. S’il est vrai que plusieurs résidus, à leur sortie de l’usine, sont e ncombrants et d’un transport onéreux, par contre il en est qui sont des aliments concentr és dans l’acception rigoureuse du mot. Les touraillons, les glutens des amidonneries, les tourteaux, les poudres de viandes, sont d’un charroi facile et d’une haute va leur alimentaire. Ce sont de véritables biscuits que l’industrie fournit à l’ali mentation animale ; ils peuvent rendre de signalés services aux grandes administrations et pe ut-être à la plus importante de
toutes, à la Guerre. La proximité de sucreries, de brasseries, d’huileri es est donc une bonne condition pour l’agriculteur ; celle d’un grand centre n’est pas moins favorable. Un agriculteur d’esprit souple peut y trouver à des conditions ava ntageuses, outre les résidus de l’une quelconque des industries que toute ville pos sède toujours, des matières alimentaires primitivement destinées à l’homme et q ui, sans être malsaines, ne sont plus présentables pour lui. Les balayures des fabri ques et des magasins de pâtes alimentaires, les aliments salis ou détériorés, les rognures sont à utiliser, sans parler des résidus de cuisine, des eaux grasses, des débri s d’abattoir qu’on peut trouver à bon compte. Le choix des aliments dépend des circon stances ; rien ne peut suppléer à l’initiative du chef de maison qui doit être consta mment au courant des mercuriales et rechercher pour ses animaux les sources les moins c oûteuses. Parmi ces sources, une mention doit être faite aux produits exotiques. D’année en année, ils abordent plus nombreux dans les ports eu ropéens. Généralement manufacturés en Europe, ils y laissent soit pour l’ alimentation du bétail, soit pour la fumure des terres, des résidus de valeur : quand il s ont été transformés aux lieux de production, les déchets ont parfois assez de prix p our nous être expédiés. La série des graines oléagineuses exotiques qui laissent des tourteaux, se place au premier rang, mais il est bien d’autres produits tels que l es fruits à sucre et à alcool, les poudres de viande, les débris de pêcheries qui sont utilisés. Il est vrai que toutes les espèces animales domesti ques ne se prêtent pas aussi bien les unes que les autres aux tentatives d’alime ntation dont nous parlons. Les omnivores, le porc parmi les mammifères et le canar d dans la basse-cour, sont ceux qui s’y prêtent le plus largement, viennent ensuite les grands et petits ruminants, puis les équidés en dernière ligne.
§ II. —Les résidus peuvent entrer dans la constitution de bonnes rations alimentaires
Les avantages économiques des déchets industriels a cceptés, reste la question capitale : peuvent-ils constituer de bonnes rations alimentaires ? Pour y répondre, il faut d’abord rappeler ce qui es t la base de la physiologie de l’alimentation, à savoir que la nutrition animale e stindirecte.principes des Les aliments, introduits dans le tube digestif, au cont act des liquides que sécrètent ses glandes annexes ou propres, et sous l’attaque de fe rments divers s’émulsionnent, se dissolvent, se transforment, puis quand ils ont été dépouillés de leurs caractères physiques et de leur constitution chimique première , ils sont déversés dans le sang par l’intermédiaire duquel l’animal se fabrique à l ui-même des muscles, de la graisse, du lait, des phanères, etc. Puisque la nutrition animale est indirecte, il en d écoule que deux conditions suffisantes pour qu’une alimentation puisse être qu alifiée de bonne, sont que les. aliments soient acceptés des animaux et qu’ils mett ent à leur disposition la quantité nécessaire des principes multiples destinés à se tr ansformer dans le tube digestif avant d’être distribués à l’organisme. Ces principes sont : 1° Les matièresazotéesprotéiques, 2° les matières ou amylacées etsucrées, 3° les matièresgrasses,la 4° cellulose,très voisine de l’amidon mais chimiquement différente quant à la digestibilité. Chaque groupe de ces principes est uni à une proportion desubstances minéralesdont le rôle physiologique est important.
Les tissus animaux étant constitués par des agrégat s de matières azotées, sucrées, grasses, unies à des matières minérales, analogues mais non identiques à celles qui existent dans les plantes et la nutrition étant ind irecte, il en résulte que pour que celle-ci puisse s’exécuter il faut 1° que les principes a limentaires offerts soient digestibles et assimilables, 2° que ces principes soient associ és suivant certaines proportions et non isolés. La nécessité de la digestibilité ou assimilabilité est évidente par elle-même. Il n’est pas besoin de démonstration pour convaincre l’espri t que ce n’est point ce qui est ingéré, mais ce qui est digéré qui sert à la nutrit ion. Or la digestibilité est sous la dépendance de l’état physique des principes élément aires ou, si l’on veut, de la gangue qui les emprisonne et liée à la solubilité d e ces principes. Il est de la protéine insoluble qui ne fait que traverser le tube digesti f et qui est rejetée sous forme d’excréments ; la cellulose âgée est inassimilable. L’analyse chimique des aliments ne peut renseigner sur leur digestibilité ; les carex, par exemple, constituent d’après l’analyse de Mayer, des foins de forte teneur en pr otéine et pourtant ces fourrages sont de médiocres aliments, parce que leur protéine est peu assimilable, que sa gangue est à tissu dense et ne la livre pas facilem ent à l’attaque des sucs digestifs. Diverses manœuvres augmentent la digestibilité des aliments : la division, la cuisson, la fermentation sont les principales et le s plus usitées dans la technique alimentaire du bétail. La division, de quelque faço n qu’elle s’effectue, fragmentant les aliments en brise, en déchire la gangue. La cuisson les ramollit, elle facilite la désagrégation des fibres, elle volatilise des princ ipes qui parfois sont nuisibles à la santé, et elle amène des transformations utiles, te lles que celles de l’amidon insoluble en dextrine. La fermentation agit d’une façon qui à certains égards, se rapproche de la cuisson : ramollissement de la gangue, désagrégatio n et surtout transformation de principes insolubles et assez difficiles à attaquer en principes plus solubles et plus assimilables par conséquent ; c’est le résultat de l’action de certains microbes, bienfaisants ceux-là. Les divers composés organiques cités plus haut doiv ent être associés, d’abord parce que donnés seuls, ils sont incapables de nour rir le sujet qui les reçoit, ainsi que Magendie l’a démontré le premier dans des expérienc es inoubliables et que l’ont confirmé après lui divers autres expérimentateurs. On ne pourrait pas plus entretenir la vie d’un animal en le nourrissant de sucre pur, qu’ en l’alimentant exclusivement avec de la caséine ou qu’en lui distribuant seulement de la graisse.A fortiori n’en pourrait-on rien retirer comme machine destinée à fournir de s produits marchands. La nécessité de l’association s’impose encore parce qu’elle augmente la digestibilité de chaque sorte d’aliments ce qui, économiquement, est un avantage énorme. De la fécule donnée seule est digérée en quantité moindre que si on l’associe à de la protéine et il y a déjà longtemps que Crusius a pro uvé que les graisses influencent la digestibilité des matières azotées. Mais si cette association est nécessaire, elle doit se faire suivant certaines règles. Ainsi, nous venons de dire que la graisse agit sur la digestibilité de la protéine, mais son action est favorable quand sa proportion ne dép asse pas la moitié de la quantité de celle-ci, au delà elle est nulle ou même défavor able, d’après Hofmeister, Wolf et G. Kühn. Le mieux pour prendre une idée exacte des proportio ns suivant lesquelles les diverses sortes de principes organiques doivent êtr e associés pour constituer une bonne alimentation aux herbivores domestiques, est de les suivre dans le foin des prairies naturelles. D’après les tables de Th. Von Gohren, sa composition chimique