Les procédés d'élaboration et de transformation des métaux, céramiques et plastiques

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Cet ouvrage sur Les procédés d'élaboration et de transformation des métaux, céramiques et plastiques, analyse l'ensemble des matériaux et leurs procédés de mise en œuvre industrielle, pour la réalisation de produits facilitant notre vie au quotidien.
Il permet, à travers de nombreuses illustrations, une meilleure compréhension du monde de l'industrie et de ses technologies. Les procédés d'élaboration et de transformation des métaux, céramiques et plastiques présente de façon exhaustive :
une description des différents matériaux existants, les filières spécifiques d'élaboration des produits de base, l'ensemble des procédés utilisés dans les industries de transformation, les traitements améliorant la propriété des matériaux, les systèmes d'assemblage.
Le spécialiste, quel que soit son secteur industriel, pourra mieux comprendre et transposer les techniques en usage dans d'autres environnements et ainsi appréhender les développements à venir.
Introduction. Chapitre 1. Les métaux. Chapitre 2. Les céramiques. Chapitre 3. Les autres matériaux de grande consommation. Chapitre 4. Les textiles. Chapitre 5. Les élastomères. Chapitre 6. Les matériaux de synthèse. Chapitre 7. Les composites. Chapitre 8. Les nanomatériaux et nanotechnologies. Chapitre 9. Prospective. Glossaire. Index.

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Date de parution 09 avril 2010
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EAN13 9782746240865
Langue Français

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Les procédés d’élaboration et de transformation des métaux,
céramiques et plastiques





















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Hermès-Lavoisier. Quelques illustrations, signalées, proviennent de la revue
« Usine Nouvelle». Les photos prises sur internet sont libres de droit.














© LAVOISIER, 2010
LAVOISIER
11, rue Lavoisier
75008 Paris

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www.lavoisier.fr

ISBN 978-2-7462-2523-7



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Printed and bound in England by Antony Rowe Ltd, Chippenham, April 2010.





Les procédés d’élaboration

et de transformation

des métaux, céramiques
et plastiques









Maurice Reyne











TABLE DES MATIÈRES
Introduction .................................... 11
I.1. Données de base ............................. 12
Chapitre 1. Les métaux ............................ 17
1.1. Les ferreux ................................ 17
1.1.1. Le fer (Fe) .............................. 17
1.1.2. La fonte ............................... 17
1.1.3. Les aciers 18
1.2. Les non ferreux ............................. 20
1.2.1. L’aluminium (Al) ......................... 20
1.2.2. Le cuivre (Cu) ........................... 22
1.2.3. Le zinc (Zn) ............................ 22
1.2.4. L’étain (Sn) 22
1.2.5. Le plomb (Pb) 23
1.3. Les autres métaux 23
1.3.1. Les alliages courants ....................... 23
1.3.2. Les métaux précieux 24
1.3.3. Les terres rares et métalloïdes ................. 25
1.3.4. Les alliages de fonction ..................... 27
1.4. L’élaboration des métaux 29
1.4.1. La sidérurgie ............................ 29
1.4.2. La métallurgie des non ferreux ................ 32
1.5. La transformation des métaux .................... 34
1.5.1. La fonderie ............................. 35
6 Elaboration et transformation des matériaux
1.5.2. Le frittage (métallurgie des poudres) ............ 44
1.5.3. Le forgeage ............................. 47
1.5.4. Le formage 54
1.5.5. Le frettage .............................. 62
1.5.6. Coupe de pièces épaisses .................... 63
1.5.7. Les fabrications spécifiques .................. 65
1.5.8. L’usinage 68
1.5.9. Les traitements ........................... 78
1.5.10. Les assemblages ......................... 84
1.6. Exemples des matériaux et techniques utilisés
en construction automobile......................... 97
1.6.1. Les matériaux utilisés ...................... 97
1.6.2. Les techniques et produits constitutifs ........... 100
1.6.3. La réalisation automatisée de la coque portante ..... 101
1.6.4. Le traitement de la tôlerie ................... 102
1.6.5. Le recyclage de l’acier ..................... 103
1.7. Les composites à matrice métalliques (CMM) ......... 103
1.7.1. Les matériaux de base ...................... 104
1.7.2. Les procédés de transformation ................ 104
Chapitre 2. Les céramiques ......................... 107
2.1. Les céramiques traditionnelles et techniques .......... 107
2.2. L’intérêt et les limites des céramiques .............. 108
2.3. Les procédés de transformation des céramiques ........ 111
2.3.1. Les traitements de surface ................... 114
2.4. Les applications des céramiques fonctionnelles ........ 115
2.5. Un exemple d’utilisation des céramiques en électronique . 117
2.6. Les composites à matrice céramique (CMC) .......... 120
2.6.1. Les matériaux de base ...................... 121
2.6.2. Les procédés de transformation ................ 122
2.7. Le verre ................................... 122
2.7.1. La typologie ............................ 122
2.7.2. Les procédés de transformation des verres ........ 123
2.8. Le carbone ................................. 129
2.8.1. Les composites carbone-carbone (CCC) .......... 130
2.9. Le ciment et le béton .......................... 132
Table des matières 7
2.9.1. L’élaboration ............................ 133
2.9.2. Les applications .......................... 133
Chapitre 3. Les autres matériaux de grande consommation .. 137
3.1. Le bois ................................... 137
3.2. Le papier .................................. 140
3.2.1. Les impressions en continu .................. 142
3.3. Le carton 144
3.3.1. Le carton ondulé ......................... 144
3.4. Le liège 147
3.5. Le cuir 147
Chapitre 4. Les textiles ............................. 149
4.1. La typologie ................................ 149
4.2. L’élaboration ............................... 150
4.3. Les procédés de transformation ................... 151
4.3.1. Le tissage (chaîne et trame) .................. 151
4.3.2. Le tricotage (mailles) ...................... 152
4.3.3. L’assemblage ............................ 153
4.3.4. Le découpage ........................... 153
4.3.5. Les non-tissés (ou feutre) .................... 154
4.3.6. Fibres ................................. 154
4.3.7. Les armures tissées à fibres longues ............ 156
4.3.8. Les armures non tissées (dites « mat ») .......... 156
Chapitre 5. Les élastomères ......................... 157
5.1. Les caoutchoucs vulcanisants .................... 157
5.2. Les élastomères thermoplastiques ................. 159
Chapitre 6. Les matériaux de synthèse ................. 163
6.1. Les matières plastiques ........................ 163
6.1.1. Les thermoplastiques (TP)
et les thermodurcissables (TD) .................... 164
6.1.2. Les symboles distinctifs 166 8 Elaboration et transformation des matériaux
6.1.3. Les facteurs de développement ................ 166
6.1.4. Les propriétés spécifiques ................... 167
6.1.5. Les applications essentielles .................. 168
6.2. L’élaboration des plastiques ..................... 170
6.2.1. La classification des plastiques ................ 172
6.3. Les procédés de transformation des plastiques ......... 174
6.3.1. Avec un polymère thermoplastique ............. 175
6.3.2. Avec des poudres ou résines thermodurcissables .... 177
6.3.3. Pour réaliser des alvéolaires (mousses) .......... 178
6.4. Les assemblages des plastiques ................... 178
6.4.1. Les indémontables ........................ 179
6.4.2. Les dém......................... 184
6.5. Les traitements des plastiques .................... 185
6.5.1. Les dépôts de plastiques sur métal (plastage) ...... 185
6.5.2. Les dépôts métalliques sur plastiques ............ 187
6.6. Les impressions sur plastiques ................... 189
6.6.1. Les impressions localisées 191
6.6.2. Les décorations de surface 195
6.6.3. Le recyclage ............................ 199
6.6.4. Les grandes applications des plastiques et concurrence
avec les autres matériaux ........................ 202
Chapitre 7. Les composites .......................... 205
7.1. Les composites de synthèse (à matrice plastique) ....... 205
7.1.1. La définition des composites ................. 206
7.1.2. Le système « composites » ................... 207
7.1.3. La classification des composites ............... 209
7.1.4. Applications essentielles des composites ......... 212
7.2. La transformation des composites 213
7.2.1. Les composites thermodurcissables (CTD) ........ 213
7.2.2. Les comoplastiques (CTP) .......... 217
7.3. La découpe des composites...................... 220
7.3.1. Procédé mécanique ........................ 220
7.3.2. Le jet d’eau HP .......................... 221
7.3.3. Le laser ................................ 222



Table des matières 9
7.4. Les assemblages des composites .................. 222
7.4.1. L’aspect de surface ........................ 223
7.4.2. Le recyclage ............................ 223
7.4.3. Les grandes applications des composites ......... 224
7.5. Exemple d’emploi des composites dans la construction
aéronautique .................................. 224
Chapitre 8. Les nanomatériaux et nanotechnologies ........ 229
8.1. Données générales ........................... 230
8.2. La préparation des nanomatériaux ................. 232
8.3. Les procédés de fabrication de nano-objets
ou de nanomatériaux.............................. 233
8.4. Les applications déjà existantes ................... 233
Chapitre 9. Prospective ............................ 237
Glossaire ...................................... 241
Index ......................................... 245




INTRODUCTION
Ce livre analyse l’ensemble des matériaux et leurs procédés de
mise en œuvre industrielle qui permettent de réaliser les produits qui
facilitent notre vie.
Nous avons privilégié le qualitatif au quantitatif en donnant un
minimum de chiffrage, ainsi sont exclues les caractéristiques
physicochimiques ou les statistiques de marchés, qui font l’objet d’ouvrages
spécialisés (à l’exception de celles qui sont données dans un but de
comparaison).
En revanche, l’abondance d’illustrations permet une compréhension
facile du monde de l’industrie de ses technologies et dans son ensemble.
C’est en quelque sorte une réponse à la question :
« Quels sont les matériaux utilisés, par quels moyens et dans quel
but » ?
Nous verrons successivement, de façon quasi exhaustive :
– une description des différents matériaux, avec leurs propriétés
qualitatives courantes et leurs applications essentielles ;
– leur filière spécifique d’élaboration des produits de base qui
concerne l’industrie lourde, dite « de processus », aujourd’hui
caractérisée par une fabrication automatisée en continu ; 12 Elaboration et transformation des matériaux
– l’ensemble des procédés pratiqués par les industries de
transformation, qui restent semi-manuels, mais qui sont de plus en
plus automatisés ;
– les traitements permettant d’améliorer ou de mieux conserver en
l’état les pièces ou composants réalisées ;
– les systèmes d’assemblage assurant leurs montages mécaniques
pour constituer des produits ;
– les techniques d’anoblissement (impressions et décorations)
améliorant leurs aspects ;
avec un exemple de réalisation complète pour trois domaines
essentiels :
– l’automobile pour les métaux ;
– l’électronique pour les céramiques ;
– l’aéronautique pour les composites ;
ainsi qu’une vue prospective du développement industriel à venir.
Il est difficile d’être exhaustif, dans un milieu aussi vaste, mais les
informations et documents réunis, résultent de l’analyse de plusieurs
centaines d’entreprises, tous matériaux et tous domaines réunis.
Le lecteur, même bien informé dans un secteur industriel donné,
pourra mieux comprendre, voire transposer, les techniques en usage
dans d’autres environnements, et appréhender les développements à
venir.
I.1. Données de base
La plupart des matériaux sont d’origine minérale (tous les métaux),
d’autres nous viennent du monde végétal (bois, papier), voire animal
(cuir, laine), avec aujourd’hui la floraison des matériaux organiques
de synthèse. Introduction 13
En fait, ces derniers restent proches du règne animal puisqu’ils sont
composés des mêmes éléments que ceux de notre corps : C-H-0 (mais
avec une structure macromoléculaire différente). Et, depuis la fin du
e
XX siècle, en volumes physiques, la production et la consommation
de ces matériaux de synthèse a dépassé celle des métaux.
Les applications des métaux et des matériaux de synthèse touchent
toutes les activités industrielles. D’autres matériaux, par contre, ont
des usages spécifiques restreints, par exemple :
Matériaux Usages essentiels
Papier ~ 50 % impression, ~ 50 % emballage
Verre ~ 60 % conditionnement, ~ 30 % bâtiment (vitrage),
~ 10 % optique
Caoutchouc ~ 60 % automobile (pneumatiques)
Ciment ~ en totalité bâtiment et travaux publics
Tableau I.1.
Le classement des éléments chimiques (table de Mendeleïev)
constitue une bonne base de départ pour l’étude des matériaux, car on
y retrouve toutes les bases constitutives de ceux-ci.
Dans le tableau périodique des éléments qui suit, la diagonale
partant du bore (B) et allant jusqu'au polonium (Po) sépare les
éléments métalliques (en bas à gauche) des éléments non métalliques
(en haut à droite). Les éléments encadrés autour de cette ligne étant
des métalloïdes : B, Si, Ge, As, Se,Te, Po. Ceux de la colonne VII A
représente les halogènes. Les éléments en bas de ligne (ombrés) des 2
tableaux sont artificiels :
– on trouve à droite des éléments naturellement gazeux : N, O, F,
Cl, et les suivants : He, Ne, Ar, Kr, Xe, Rn, constituant les gaz rares.
Et, à gauche le gaz spécifique hydrogène H ;
– certains éléments sont liquides (à l’ambiance) : Br, Hg. 14 Elaboration et transformation des matériaux

Figure I.1. Table de Mendeleïev Introduction 15
eLa table de Mendeleïev, établie au XIX siècle, ne comptait que 63
éléments, elle en comporte 112 actuellement (avec les artificiels),
mais il reste des trous qui seront probablement comblés dans le futur.
Ces éléments sont classés en plusieurs groupes possédant des
propriétés voisines à partir de leur numéro atomique (nombre de
protons de l’élément). On distingue ainsi :
– les métaux :
- alcalins et alcalino-terreux,
- actinides, qui sont radioactifs,
- lanthanides dits « terres rares » (mais abondants dans la nature).
Ils sont généralement solides (à l’exception du mercure), ductiles,
malléables, et bons conducteurs de la chaleur et de l’électricité ;
– les non-métaux : ils sont, au contraire, de mauvais conducteurs et
ne sont ni ductiles, ni malléables (ils sont à la base des atomes des
êtres vivants, à l’exception du silicium qui est un organo-élément). Ce
groupe comporte également les halogènes et les gaz rares (ou gaz
inertes)
– les métalloïdes : ils se situent à la frontière des précédents dans le
tableau, et sont donc des éléments intermédiaires : semi-métalliques et
semi-conducteurs. CHAPITRE 1
Les métaux
1.1. Les ferreux
Ces métaux tiennent toujours une large place dans l’industrie et
surtout, ils progressent encore, sinon en masse du moins en qualité.
1.1.1. Le fer (Fe)
Cet élément de base, n’est pratiquement pas utilisé à l’état de métal
pur, mais employé sous forme de fonte, issue directement du
hautfourneau : fer + coke, puis d’acier par décarburation dans un
convertisseur à oxygène, en sidérurgie.
1.1.2. La fonte
Elle se caractérise par son excellente coulabilité. On distingue
plusieurs types de fontes :
– grise : qui permet un amortissement des vibrations, une résistance
à l’usure, et une bonne aptitude à l’usinage ;
– blanche : présentant une excellente tenue à l’usure, mais fragile ; 18 Elaboration et transformation des matériaux
– malléable : à la fois tenace et ductile ;
– à graphite sphéroïdal (dite GS), d’une grande ductilité, que l'on
sait mouler en parois minces avec des reprises réduites, et de bonnes
propriétés mécaniques qui lui ont permis de reprendre des parts de
marchés à l'acier (exemples : vilebrequin et arbre à cames de moteur).
1.1.3. Les aciers
L’acier est un alliage fer-carbone. Il existe de nombreuses classes
d’acier qui se différencient par leur teneur en carbone :
– aciers non alliés, d’usage courant, caractérisés par leur teneur en
carbone :
- doux (C < 0,3 %),
- mi-dur (0,3 < C < 0,6 %),
- dur (C > 0,6 %) ;
– aciers alliés, différentiés par leur fonction de base (éléments
alliés) :
- trempabilité (Bo, Cr, Mn, Mo),
- tenue en température (Tg,Va),
- résistance au fluage (Mo),
- dureté (Mn, Mo, Tg, Va),
- anticorrosion (Cr, Ni),
- aptitude à l’usinage (S) ;
– aciers rapides à base de molydene et vanadium, pour outils de
coupe.
Les aciers demeurent encore irremplaçables sous leur triple aspect :
tenue au choc-température et coût, mais ils sont soumis à la
compétition des matériaux de synthèse et s'orientent vers des emplois
spécifiques tels que :
– aciers à haute limite élastique (HLE) apportant à la fois, une
bonne rigidité, une amélioration de la tenue à la fatigue. Ils permettent
un allègement des structures (un gain d’environ 10 % par rapport à Les métaux 19
l'acier ordinaire). Ceci, en conservant une bonne aptitude à
l'emboutissage. D'où, une large utilisation en tôle de carrosserie pour
l’automobile (en épaisseur de 0,6 à 0,8 mm) ;
– aciers cryogéniques, peu fragiles au froid profond (- 200 °C),
utilisés dans le conditionnement des gaz liquéfiés ou pour des produits
utilisés en zones polaires ;
– aciers à inclusions contrôlées, qui facilitent l'usinage, avec des
nuances prétraitées de caractéristiques élevées (Rt > 800 MPa). Ces
types d'acier sont également utilisés dans les fabrications de
roulements à billes et des fils pour pneumatiques à carcasse radiale (Rt
= environ 4 000 MPa) ;
– aciers inoxydables féritiques contribuant, en particulier, à la plus
grande longévité des pots d'échappement de voitures.
L'acier a également accru sa demande en s'associant à d'autres
matériaux pour pallier ses faiblesses ou obtenir de nouvelles fonctions,
ainsi :
– l’acier zingué : il accroît la résistance à la corrosion des tôles
minces soumises aux intempéries, d'où son utilisation devenue
massive en carrosserie automobile, permettant aux constructeurs
d'afficher des durées de garanties de cinq ans ;
– le fer-blanc au chrome (TFS) : il a remplacé le fer-blanc à l'étain.
Cette substitution est surtout à caractère économique, l'étain étant
devenu un matériau trop spéculatif. Le TFS représente actuellement
environ 20 % du métal utilisé dans la fabrication des boîtes de
conserves ;
– la tôle sandwich acier-polypropylène-acier : elle permet une
atténuation des bruits en tôlerie.
Mais l'évolution des aciers se caractérise aussi par la multiplication
des alliages nouveaux :
– les alliages amorphes (Fe-Nd-B ) : on peut conserver la structure
atomique, à l'état liquide, d'un alliage en le refroidissant à très grande
vitesse, ceci lui confère de bonnes caractéristiques magnétiques 20 Elaboration et transformation des matériaux
permettant la réalisation de tôles de transformateurs à pertes réduites
ou, de poudres magnétisées pour aimants moulés (avec des liants
plastiques), ou encore de têtes d'enregistrement magnétique ;
– les supers alliages (base Ni ou Co) : la solidification orientée (à
partir d'un germe que l'on développe) permet de réaliser une structure
monocristalline qui accroît la tenue à la fatigue et au fluage, ceci par
suppression des joints de grains, sous des températures voisines de
1 000 °C. D'où leur utilisation dans les ailettes de réacteurs (*) et les
chambres de combustion de moteur d'avion.
(*) Les aubes de turbines subissent des amplitudes de déformations
cycliques de 1 % en traction-compression entre 600 et 1 100 °C.
Principaux marchés de l’acier : bâtiment et construction
métallique, chaudronnerie, construction de machines, automobile,
emballage métallique, construction navale…
1.2. Les non ferreux
Issus de la métallurgie, ces métaux sont plus rares. Par ailleurs
étant cotés en bourse, ils font parfois l’objet de spéculations.
1.2.1. L’aluminium (Al)
C’est le plus léger des métaux de structure et il concurrence le
cuivre en ce qui concerne la conductivité électrique et thermique. Il est
amagnétique, malléable, ductile, facile à usiner et à mouler. Il possède
également une excellente résistance à la corrosion et une grande
longévité.
Il est oxydable à l'air, une couche d’alumine (quelques microns)
peut se former très rapidement empêchant ainsi la corrosion
(autoprotection).
A la différence de la plupart des métaux, il est utilisable même s'il
est oxydé en surface. Du reste, sans cette couche d'oxyde, qui Les métaux 21
constitue un excellent isolant, il serait impropre à la plupart de ses
applications. Il est, par ailleurs, possible d'augmenter artificiellement
l'épaisseur de cette couche par anodisation, ce qui permet à la fois
d'accroître la protection et de colorer la strate d'oxyde.
C’est le métal le plus utilisé après l’acier. Ses principaux usages
sont :
– transports (structures aéronautiques, navales, ferroviaires,
radiateurs d’automobile) ;
– emballage (boîtes, canettes, aérosols, papier d’aluminium) ;
– construction (cadres de portes et fenêtres) ;
– fils et câbles électriques (sa conductivité est d’environ 60 % de
celle du cuivre, mais il est plus léger et moins cher) ;
– divers (ustensiles de cuisine, dépôts sur disques CD : Al très pur
environ 99,99 %).
Ce développement concerne également les alliages :
– pour corroyage (Mg, Mn), forgeage et laminage, dont le plus
utilisé est le « Duralumin » (Al-Cu) ;
– de fonderie (Cu-Zn-Si), dont le plus connu reste le « Zamak »
(Al-Ma-Zn), en fonderie sous pression : très concurrencé aujourd’hui
par les technopolymères plastiques.
L’aluminium-lithium (Al-Li) : il a permis à la fois d'accroître la
rigidité et réduire la densité des alliages d'aluminium. L'application
type concerne les structures d'avion avec un gain de poids possible de
10 à 15 %. Toutefois dans ce domaine l'Al-Li entre en concurrence
avec les composites plastiques de hautes performances.
L’aluminium-zinc : à formage superplastique (SPF), il devient
pâteux par échauffement. On rejoint ici le thermoformage des
thermoplastiques avec des caractéristiques améliorées mais une durée
de mise en forme nettement plus longue (qui limite l'utilisation aux
faibles séries : type aérospatial). 22 Elaboration et transformation des matériaux
1.2.2. Le cuivre (Cu)
Il possède une excellente conductibilité électrique et thermique
(supérieure à celle de l’aluminium), associée à une bonne tenue à
l’eau, et à une facilité de mise en œuvre (matriçage, usinabilité,
soudabilité par brasure), facilitant les usages types suivants :
– électricité, électronique et énergie, pour environ 50 % de l’emploi
(câbles et fils électriques, moteurs et alternateurs) ;
– canalisations, robinetterie, échangeurs, serrurerie, douilles de
munitions, monnaie, etc.
Il existe toute une gamme d’alliages :
– laiton (Cu-Zn), matériau le plus utilisé en décolletage ;
– bronze (Cu-Sn), très employé en sculpture et fabrication de
cloches ;
– cupro-nikel (Cu-Ni) ;
– cupro-aluminium (Cu-Al) ;
– maillechort (Cu-Ni-Zn).
1.2.3. Le zinc (Zn)
Sa protection de surface, par formation d’oxyde qui est utilisée en
galvanisation (environ 50 % de l’emploi) constitue sa qualité
essentielle. La galvanisation est très présente en carrosserie
automobile, électroménager et toiture de bâtiment (revêtements
électrolytiques et métallisation). Elle est également employée comme
protection cathodique (marine, pipe-lines).
1.2.4. L’étain (Sn)
Ses qualités essentielles sont la protection contre la corrosion d’eau
douce et salée utilisée pour la fabrication des boîtes de conserves
métalliques (fer-blanc) et l’étamage, la soudure, la brasure, les
coussinets (antifriction : dit « régule »), la monnaie. Les métaux 23
1.2.5. Le plomb (Pb)
Ses caractéristiques principales sont : densité et ductilité élevées,
protection contre les bruits, vibrations, rayonnement, inertie chimique
et faible température de fusion, avec comme applications courantes les
plaques d’accumulateurs classiques (environ 70 % des utilisations),
les garnitures de freins, les plombs de chasse et de pêche ou la
soudure.
Ce matériau, hors protection (en particulier contre les radiations),
est en déclin en raison de la toxicité du produit (inhalation,
poussières).
1.3. Les autres métaux
1.3.1. Les alliages courants
L’alliage de titane (Ti) : Tu-Al, Tu-Zn
3Ces alliages allient à une relative faible densité (environ 5 kg/dm ),
une bonne résistance à l'usure, la corrosion et l’érosion. Ils ont une
bonne tenue à une température avoisinant les 600 °C, toutefois leur
usinage reste difficile.
Ils sont très utilisés en aéronautique, surtout en pièces forgées où ils
ont supplanté les alliages inoxydables (réacteurs, trains d'atterrissage,
éléments de cellule), mais aussi dans le dessalement de l'eau de mer,
les coques de sous-marins, les échangeurs nucléaires où l'on apprécie
leur tenue à la corrosion. Ils sont utilisés également dans la réalisation
de prothèses médicales (biocompatibilité).
L’alliage de magnésium (Mg)
Ce matériau présente un excellent compromis résistance-densité
avec une bonne tenue au fluage et à l’eau de mer. Il peut être
facilement moulé sous pression. Cependant, il reste très sensible à la
corrosion (c'est le plus électronégatif des métaux), il faut donc le
protéger.