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Manuel des constructions rurales

De
550 pages

La première partie de la science des constructions est la connaissance des matériaux employés à les élever.

Dans toutes les localités on ne trouve pas toujours tous les matériaux dont on aurait besoin, ni les meilleurs d’entre eux. — Quelquefois on manque totalement des uns ou des autres. Ici, les forêts sont éloignées et les bois de construction rares et chers ; là, c’est la pierre de taille dont on ne trouve des carrières qu’à de grandes distances, et dont il faut se passer faute de moyens suffisants ; ailleurs, on manque même totalement de moellons, ainsi que de sable ou de gravier, et leur transport deviendrait onéreux.

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H. Duvinage
Manuel des constructions rurales
AVANT-PROPOS
L’architecture est, après l’agriculture, le premier et le plus utile des arts. Chercher à en tracer l’origine, la marche et les progrès, ce s erait redire ce qui a été écrit ayant nous ; ce serait aussi nous éloigner du but de cet ouvrage. Ce manuel étant essentiellement élémentaire, toute dissertation sci entifique doit en être repoussée, car il ne faut pas oublier qu’il est destiné aux élèves des écoles d’agriculture, ainsi qu’aux propriétaires, et que les uns et les autres doivent y trouver particulièrement des notions premières qui les mettent à même de diriger les différentes constructions qu’ils peuvent avoir à édifier. Ainsi, dépouillant toute p rétention à la science, nous excluons de ce traité les termes scientifiques qui pourraien t ne pas être compris. C’est presque toujours de l’ignorance où l’on est d e ces premiers éléments que résultent les erreurs en constructions, si communes depuis quelque temps, la fausse évaluation des dépenses, les étagements de bâtiment s à peine achevés, et, quelquefois, la ruine des personnes qui se livrent à des entrepreneurs sans expérience, lesquels, ne possédant pas la connaissa nce pratique de leur art, compromettent les intérêts qui leur sont si imprude mment confiés. Cet ouvrage sera utile aux personnes auxquelles il est destiné, en c e que, sans avoir sondé toutes les profondeurs de l’art, elles pourront, en le consult ant, diriger avec succès les ouvriers qu’elles auraient à employer, utiliser des matériau x qui seraient perdus, éviter beaucoup d’erreurs et de doubles emplois, et même, dans certains cas, composer elles-mêmes les plans et l’ensemble des dépendances rurales, au moyen des proportions des différentes parties des constructio ns que nous indiquerons. Tel est le but que nous nous sommes proposé en écri vant ce manuel d’architecture rurale que nous présentons au public avec le désir d’être utile. Nous éprouvons le besoin de déclarer que le présent traité n’est pas un ouvrage entièrement original. Nous avons puisé aux meilleur es sources, notamment dans l’ouvrage de M. de Gasparin, dans le traité de M. d e Fontenay, dans celui de M. le lieutenant-colonel du génie Demanet, etc.
INTRODUCTION
But et moyens de l’architecture. — Divisions de l’ouvrage
L’architecture est née avec l’homme, car il eut tou jours besoin d’abri contre l’inclémence de l’air et les attaques des animaux d urant son sommeil ; lorsque cet abri ne se présentait pas de lui-même, il fallait le cré er. — Dans les flancs des montagnes on se creusa des grottes : on les imita dans la pla ine avec des pierres et de l’argile ; près des forêts, avec des branches, des écorces, du gazon et du feuillage. — L’art de bâtir fut ainsi le premier art pratiqué ; art fécon d, art fondateur de tous les autres. Toutes les constructions font partie du domaine de l’architecture ; mais à mesure que les connaissances humaines se sont étendues, on a dû, successivement, faire des divisions dans un art qu’il n’était plus possib le à un homme, quelle que fût son intelligence, d’embrasser dans tous ses développeme nts. Toute construction rurale doit non-seulement être u tile, mais encore porter le cachet de sa destination. — Pour le bien concevoir, il fau t posséder à la fois des connaissances dans l’art de bâtir et dans les diver ses branches de l’économie rustique, car elle se rattache nécessairement à la grande ou à la petite culture, à l’économie des ménages, à l’éducation des animaux u tiles, en un mot, à un point quelconque de l’industrie agricole. La forme générale d’un bâtiment ne résulte pas seul ement de sa destination, elle dépend aussi de la nature des matériaux à employer, de la connaissance des lois qui régissent la matière et du mode de construction ado pté. — Toutes ces données, et d’autres encore, influent sur le nombre et la dispo sition des points d’appui, sur les rapports existant entre les pleins et les vides, en tre les supports et les parties supportées, et sur les formes des parties dont la réunion constitue l’édifice. Mais toutes ces conditions matérielles ne détermine nt complètement ni la silhouette de l’ensemble d’un édifice, ni la forme des parties qui le composent. — Elles tracent seulement des limites, et dans ces limites, on conç oit que de toutes les formes auxquelles on peut s’arrêter, il y en a une qui est plus harmonieuse que toutes les autres, qui rend plus complétement la pensée dont c ette construction doit être l’expression, qui, en un mot, se rapproche davantag e, pour chaque système de données, d’un type de perfection. — Or, c’est à ce type que l’architecture doit tâcher d’atteindre ; c’est là son modèle, et c’est au goût qu’il appartient de le préciser et d’établir entre toutes les parties d’un édifice cet te harmonie sans laquelle on ne peut aspirer à plaire. — La loi qui règle ces rapports n e peut être que sentie, et non formulée par des paroles : voilà pourquoi l’archite cture est rangée parmi les beaux-arts. Se prémunir contre les variations atmosphériques du climat que l’on habite, satisfaire aux besoins divers, nés des mœurs, des u sages, des institutions, quelquefois encore de la position sociale, tel est le but que se propose l’architecture ; elle a trois moyens principaux pour y parvenir : lasolidité, distributionet ladécoration. Solidité. —ie. Un édifice seraDans ces moyens sont comptées la sûreté et l’économ solide s’il est bien fondé, si les matériaux que l’ on y emploie sont de bonne qualité, s’ils sont placés où ils doivent l’être ; si les po ints d’appui sont convenablement distribués, de manière à diviser le fardeau en part ies presque égales ; si les
résistances suffisent aux poussées, enfin s’il n’y a point de porte-à-faux. La durée, la sûreté et l’économie sont les résultats nécessaires de la solidité bien comprise. Distribution. — Dansonvenance la distribution nous comprenons la commodité, la c et la salubrité. La distribution est l’art de divis er avec ordre et symétrie un bâtiment public ou particulier, d’examiner si toutes les par ties qui le composent sont de grandeur convenable, si elles sont bien placées, si elles ont les dégagements nécessaires. Il y a convenance si les différentes p ièces sont décorées en raison de la fortune et de la position sociale du propriétaire, et si les accessoires en annoncent suffisamment la destination ; enfin, il y a salubri té si l’édifice est placé dans un lieu sain, si les aires des granges et de l’habitation s ont garanties de l’humidité, si les différentes ouvertures sont disposées de manière à se défendre des grandes chaleurs et des grands froids. Décoration. — La décoration consiste dans la symétrie et la ré gularité. Il faut que toutes les portes et les croisées soient percées de niveau et d’aplomb, que les frises et corniches présentent de grandes lignes, que, aut ant que possible, ce soit une ouverture qui forme le milieu du bâtiment, et non u n trumeau ou une partie pleine quelconque. — La décoration est toute de goût et de tradition : son but est d’imprimer à l’édifice et à chacune de ses parties le caractèr e qui lui convient ; aussi cet objet est entièrement du domaine de l’artiste. — Il révèlera son goût et ses talents par la disposition symétrique des masses et par le choix e t la pureté des détails. Nous n’avons pas besoin de faire observer que la simplic ité est la base première de toute décoration appliquée aux constructions rurales. L’utilité veut que l’on dispose un édifice de telle sorte que rien n’entrave l’entière liberté de son usage et que chaque élément soit mis en son lieu. — Enfin, la beauté, pour être accomplie, demande que la forme soit agré able et élégante par la juste proportion de toutes les parties. Pour bien ordonner un bâtiment, il faut rechercher scrupuleusement cette proportion entre les diverses parties isolées et ensuite entre ces parties et l’ensemble de l’ouvrage. — Jamais une construction ne sera bien c omposée si cette relation est méconnue et s’il n’existe entre ses divers éléments et son ensemble, quelque chose d’analogue à l’harmonie que l’on remarque, par exem ple, d’abord dans les différents membres, ensuite entre les membres et l’ensemble d’ un corps humain bien constitué. L’art des constructions exige la connaissance de trois sujets spéciaux : 1° Celle des matériaux ; 2° Celle de leur mise en œuvre ; 3° Celle de l’objet auquel les bâtiments à élever s ont destinés. Le présent ouvrage sera donc consacré à l’étude de ces trois points.
CHAPITRE PREMIER
DES MATÉRIAUX
La première partie de la science des constructions est la connaissance des matériaux employés à les élever. Dans toutes les localités on ne trouve pas toujours tous les matériaux dont on aurait besoin, ni les meilleurs d’entre eux. — Quelquefois on manque totalement des uns ou des autres. Ici, les forêts sont éloignées et les b ois de construction rares et chers ; là, c’est la pierre de taille dont on ne trouve des car rières qu’à de grandes distances, et dont il faut se passer faute de moyens suffisants ; ailleurs, on manque même totalement de moellons, ainsi que de sable ou de gr avier, et leur transport deviendrait onéreux. Il faut donc, lorsqu’on veut bâtir, avoir soin de s’informer quels sont les matériaux à portée, de leur prix, de celui des tran sports, de leur fabrication, et s’instruire enfin de la meilleure manière d’employe r les uns et les autres.
SECTION PREMIÈRE
DES PIERRES NATURELLES ET FACTICES ET DES SUBSTANCES PROPRES A LES CIMENTER
ARTICLE PREMIER. —Des Pierres naturelles
Chaque pays produit des matériaux différents dont i l est impossible d’embrasser ici la généralité. — La Belgique est riche en pierres à bâtir, et dans quelques provinces, le mode de construction en maçonnerie de moellons a vec mortier est le plus usité pour les bâtiments ruraux. Les pierres que nous appelons naturelles sont celle s que l’on extrait de la terre et qui, pour être employées, n’ont besoin d’aucune altération dans leur nature. Considérées sous le rapport de la maçonnerie, elles peuvent former quatre classes : 1° Les pierres quartzeuses ou siliceuses ;
id.
id.
id.
argileuses ;
calcaires ;
gypseuses.
§ 1. — Des Pierres quartzeuses Les pierres quartzeuses ont la propriété de donner des étincelles lorsqu’on les frappe avec le briquet ; elles ne font point efferv escence avec les acides, le silex pyromaque ; les granits et les grès, la meulière, l es basaltes et les pouzzolanes peuvent être rangés dans cette catégorie. Le granit est tendre ou dur, suivant le plus ou moi ns de quartz dont il est composé. Les grès sont durs ou tendres. La première espèce s ert au pavage, et on en fait des meules à aiguiser ; les pierres à filtrer se font a vec la deuxième : l’adhérence des
mortiers avec les grès étant difficile, leur emploi dans la construction est rare. On se sert de la pierre meulière pour faire les meu les de moulin, lorsqu’elle a de grandes dimensions ; sous la forme de moellon, elle fournit une excellente maçonnerie.
§ 2. — Des Pierres argileuses Elles ont pour base une terre alumineuse ordinairem ent mélangée avec la silice et l’oxyde de fer. — Elles sont douces au toucher. — S ous le nom de schistes, on désigne les pierres argileuses composées de lames s uperposées, susceptibles d’être divisées, et que l’on emploie comme ardoises, carre aux d’appartements, etc. L’argile, combinaison de silice et d’alumine, et qu e l’on appelle vulgairement terre glaise, est une terre grasse dont quelques variétés ont beaucoup de ténacité. Lorsqu’elle est pure, on s’en sert pour en faire le s parois des bassins, des citernes, pour éviter les infiltrations des eaux ; mêlée avec de certains sables propres à cet usage, on en fait de la brique, de la tuile, des ca rreaux et des poteries. La terre à four est aussi une argile dans laquelle il entre beaucoup de sablon : cette terre, humectée, s’emploie comme mortier dans la co nfection des l’ours, des fourneaux des usines, et en général de toutes les c onstructions qui sont destinées à recevoir une grande impression de feu.
§ 3. — Des Pierres Calcaires Les pierres calcaires sont composées de chaux et d’ acide carbonique. Ordinairement mélangées d’alumine, de silice, de ma gnésie et des oxydes de fer et de manganèse, elles font effervescence avec les acides ; soumises à l’action du feu, elles fournissent les chaux de différentes espèces. Les calcaires se divisent dans notre pays en trois principales espèces : les calcaires compacts, gris, noirs ou bleus, les petits granits et le calcaire grossier ou de Maestricht. — Un grand nombre de carrières des bord s de la Meuse et de Tournai sont ouvertes dans le calcaire de la première catégorie. La seconde espèce fournit constamment une des meill eures pierres à bâtir connues : elle a une taille facile ; elle joint à u ne grande résistance à l’écrasement une certaine élasticité et une inaltérabilité complète à l’air et à la gelée. Le calcaire petit granit est un peu moins commun qu e l’autre espèce ; mais on le trouve cependant dans un grand nombre d’endroits : on l’exploite aux carrières de Soignies, des Ecaussines, d’Arquesnes, de Feluy, et c. Le calcaire grossier ou de Maestricht ou craie tufau, est exploité dans les fa meuses carrières de Saint-Pierre, dans celles des environs de Mons et dans celles qui avoisinent Landen. Enfin on exploite dans la Flandre orientale, à Bael eghem, et dans le Brabant, à Vilvorde et à Goberthange, un calcaire siliceux don t on fait des pierres de taille de petit appareil et des moellons.
§ 4. — Pierres gypseuses Les pierres gypseuses sont composées d’acide sulfur ique uni à la chaux comme base essentielle, ne font point effervescence avec les acides et ne donnent point d’étincelles lorsqu’on les frappe avec le briquet. Les pierres de cette classe sont peu employées dans les constructions ; elles ont l’inco nvénient d’être légèrement solubles dans l’eau.
ART. II. —Des Pierres factices
§ 5. — Des Briques La brique est une terre argileuse, mélangée de sabl e, jetée au moule, séchée au
soleil, et ensuite presque toujours cuite au feu. — On divise les briques enbriques cruesséchées au soleil, ou briques cuitesdurcies au feu, ou briques ordinaires, briques réfractaires, briques pleinesetbriques creusés. Les premières ne sont que très-rarement employées d ans notre pays : on en fait particulièrement usage dans les pays méridionaux. Les briques réfractaires servent à la construction des fourneaux et des appareils qui ont à supporter une très-haute température. Les briques creuses sont réservées pour les ouvrage s légers. — La bonne qualité des briques dépend : 1° du choix et de la préparati on des terres ; 2° du moulage ; 3° de la dessiccation ; 4° de la cuisson. La terre à briques ne doit être ni trop argileuse, ni trop sablonneuse : trop argileuse elle a le désavantage de donner une pâte qui se déf orme et se gerce par la dessiccation, et surtout par la cuisson ; trop sabl onneuse, elle offre l’inconvénient de donner des produits poreux, absorbants, friables et sans consistance. — Il faut choisir un juste milieu entre ces qualités. Si la terre est trop maigre, on peut y ajouter de l’argile ou de la terre plus grasse ; si le contrai re a lieu, on y ajoute du sable ou de la terre plus sablonneuse. — On doit veiller à ce que la terre ne contienne pas de petits cailloux susceptibles d’altérer l’homogénéité de la pâte, ni de corps susceptibles de se décomposer à la température de la cuisson : des pyrites ou du calcaire. Cette dernière substance est surtout très-dangereuse, en ce qu’ell e se réduit en grumeaux de chaux, qui, absorbant par la suite l’humidité de l’air, se gonflent et font éclater les briques qui les contiennent. On donne généralement aux briques la forme d’un par allélipipède rectangle ayant en longueur deux fois sa largeur et trois ou quatre fois sa hauteur. — Bien que cette forme soit généralement adoptée, on en emploie enco re d’autres pour la construction des voûtes et des maçonneries circulaires d’un peti t rayon, comme celles des puits, des colonnes, etc. : on fait usage de briques en fo rme de coin, qui se prêtent mieux au travail. On en fait aussi pour la confection des mo ulures, qui présentent la forme de cavet, de quart de rond, de tores, etc. Toutes ces formes s’obtiennent par le moulage. Une bonne brique doit être parfaitement moulée, à a rêtes vives, sans ébréchures ; elle doit rendre un son clair quand on la frappe av ec un corps dur, avoir le grain fin, serré et homogène dans la cassure, ne renfermer auc un élément décomposable à l’air et susceptible de la dégrader après sa mise en œuvr e ; elle doit pouvoir résister à l’action de la gelée et des intempéries.
TABLEAUindiquant les dimensions et la qualité des briques fabriquées en Belgique.