Notice sur la fabrication des alcools

Notice sur la fabrication des alcools

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Français
30 pages

Description

Pendant long-temps le commerce n’a connu comme alcool à haut titre que l’alcool Montpellier, appelé aussi 3/6 ou esprit de vin. L’industrie, qui employait peu d’alcool, achetait les 3/6 de marcs, qui ont toujours été vendus au dessous du cours des 3/6 bons goûts.

En Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Angle terre, on rectifiait dès long-temps à haut titre les alcools de grains et de pommes de terre pour les besoins des arts, mais l’on s’occupait peu des moyens d’affiner ces produits, ou plutôt on ne connaissait pas ces moyens.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 04 mars 2016
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EAN13 9782346049516
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Auguste-Pierre Dubrunfaut
Notice sur la fabrication des alcools
Dits alcools fins, fins fécule, fins betterave, ou autres
NOTICE SUR LA FABRICATION DES ALCOOLS DITS ALCOOLS FINS, FINS FÉCULE, FINS BETTERAVE, OU AUTRES
Pendant long-temps le commerce n’a connu comme alco ol à haut titre que l’alcool Montpellier, appelé aussi 3/6 ou esprit de vin. L’i ndustrie, qui employait peu d’alcool, achetait les 3/6 de marcs, qui ont toujours été ven dus au dessous du cours des 3/6 bons goûts. En Allemagne, en Belgique, en Hollande, en Angle te rre, on rectifiait dès long-temps à haut titre les alcools de grains et de pommes de terre pour les besoins des arts, mais l’on s’occupait peu des moyens d’affiner ces p roduits, ou plutôt on ne connaissait pas ces moyens. L’emploi de l’appareil de distillation continue de Cellier Blumenthal et Ch. Derosne, appareil qui parut pour la première fois en 1818 ou 1819, fut l’un des premiers qui permit d’observer que, lorsque l’on y traite de l’a lcool pour en relever le titre, on obtient aux diverses époques de l’opération des produits de qualités différentes. On avait reconnu, en effet, qu’en rectifiant dans ces appare ils des eaux-de-vie de fécule, les produits qui coulent au commencement et à la fin de la rectification sont fortement sapides et odorants, et que ceux qui coulent au mil ieu de la rectification sont plus ou moins dépourvus de goût et d’odeur. On ne sait à qu i est due cette première observation, qui est restée pendant fort long-temps un secret d’atelier, et qui a été révélée pour la première fois par Ch. Derosne. De 1818 à 1830, il y eut dans Paris et dans les env irons un certain nombre d’établissements qui opérèrent la saccharification sulfurique et la distillation des fécules de pommes de terre. Les alcools qui sortaie nt de ces établissements, rectifiés par les appareils Derosne, conduits même avec peu d e soins, servaient aux opérations des arts ; cependant l’affinage, qui en était assez facile, avait déjà permis leur emploi dans la fabrication des liqueurs, et su rtout dans celle des absinthes, qui n’exige pas une grande finesse. Pendant la même période il a existé aussi dans le n ord de la France quelques établissements qui distillaient les mélasses de bet teraves, et les produits de ces établissements n’ont jamais, que l’on sache, eu d’a utre emploi que d’alimenter les quelques opérations des arts qui, comme les vernis, ne réclamaient dans l’alcool qu’un haut titre. Vers 1831 je repris de M. Fessart, cultivateur prop riétaire à la ménagerie de Versailles, une distillerie qui avait été créée par cet agriculteur distingué comme une annexe de sa culture pour distiller des fécules de pommes de terre ou des grains. A cette époque les fécules étant abondantes et à ba s prix (20 fr. les 100 kil.), et l’alcool valant à peu près 80 fr. l’hectol., il pou vait y avoir profit à fabriquer l’alcool de fécule, et j’organisai cette fabrication sur une éc helle qui me permit d’arriver en peu de temps à une production de 4 pipes par jour. Au moment où je fis cette entreprise, les alcools i ndustriels étaient rares sur la place de Paris, et les premiers produits que je pus livre r au commerce furent vendus à un prix très supérieur au 3/6 Montpellier, parcequ’on me tint compte non seulement de la finesse, mais du titre, qui s’élevait de 93 à 94°. Ces produits, convenablement fractionnés, avaient u ne saveur franche, et l’examen que j’en fis me donna la certitude qu’ils n’étaient que de l’alcool pur. Cependant une fabrication quotidienne de 4 pipes en présence de f aibles débouchés ne tarda pas à me mettre sur les bras trois à quatre cents pipes a lcool fin dont je ne pouvais trouver
l’écoulement, car il se trouvait toujours sur la pl ace de Paris quelques alcools mauvais goût de mélasses ou de grains qui, comme les miens, cherchaient emploi dans les consommations des arts.