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Séduit par sa rivale - Un patron insupportable

De
384 pages
Séduit par sa rivale, Brenda Jackson
Gavin est furieux : comment Layla Harris, une jeune universitaire spécialisée en archéologie, a-t-elle osé profiter de son absence pour lancer un chantier de fouilles sur les terres de son ranch ? Croit-elle vraiment qu’elle va y déterrer un trésor et devenir célèbre ? Déterminé à la faire déguerpir au plus vite, en employant la force s’il le faut, Gavin décide de la confronter. Pourtant, une fois face à la jeune femme, aussi belle que réservée, il n’est plus aussi sûr de vouloir qu’elle parte… 
 
Un patron insupportable, Christine Rimmer
Jed Walsh est le pire des goujats ! Certes, Elise doit le reconnaître, le célèbre romancier lui a offert une opportunité formidable en l’embauchant comme secrétaire au moment où elle rencontrait de graves difficultés financières. Mais depuis qu’elle a emménagé chez lui, à Justice Creek, sa vie est un véritable enfer : Jed se permet de la solliciter à toute heure du jour et de la nuit, se montre désagréable envers elle et n’hésite pas à lui rappeler qu’elle a besoin de ce travail. Une chose est sûre, dès qu’elle aura économisé assez d’argent, elle démissionnera pour créer l’entreprise dont elle rêve depuis toujours ! Mieux, elle oubliera cet homme qui l’exaspère… autant qu’il l’attire.
 
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Couverture : Brenda Jackson, Séduit par sa rivale, Harlequin
Page de titre : Brenda Jackson, Séduit par sa rivale, Harlequin

Prologue

— Hé, Vipère, ton portable sonne.

Gavin Blake, alias Vipère pour ses compagnons d’armes, hocha la tête en reposant sa tasse de café sur la table basse de la salle commune. En se levant, il sentit ses muscles lui faire un mal de chien. Leur dernière opération sous couverture avait été extrêmement risquée, mais ils avaient fini par détruire leur cible. Encore une base de l’État islamique en moins.

Plus que deux jours et ils auraient officiellement terminé leur mission. La plupart de ses camarades rentreraient chez eux, en permission. Pour sa part, il avait d’autres idées en tête. Cela faisait beaucoup trop longtemps qu’il n’avait pas partagé le lit d’une femme et il avait bien l’intention de retrouver la jolie serveuse qu’il avait rencontrée dans le Mississippi, quelques mois plus tôt.

Il se dépêcha de monter à l’étage pour rejoindre le dortoir et jeta un coup d’œil sur son téléphone. L’appel qu’il avait manqué provenait de Sherman Lott, l’homme qui vivait dans le ranch à côté du sien. Un sentiment de panique s’empara de lui. Était-il arrivé quelque chose à sa grand-mère ?

Celle-ci vivant seule en son absence, il avait donné son numéro de téléphone à ses plus proches voisins pour qu’ils le contactent en cas d’urgence. Une minute. Caldwell, le responsable des ouvriers agricoles, était forcément sur place. Il l’aurait appelé s’il était arrivé quelque chose. Sauf, peut-être, s’il avait dû se rendre à Saint Louis pour négocier avec l’un de leurs distributeurs de viande…

D’une main mal assurée, Gavin rappela. M. Lott répondit au bout de la deuxième sonnerie.

— Allô ! C’est Gavin. Il est arrivé quelque chose à mamie ?

— Non, Gavin. Votre grand-mère va bien sur le plan physique. Mais je me demande ce qui se passe dans sa tête.

Il fronça les sourcils. Sa grand-mère avait beau approcher de ses soixante-quinze printemps, il ne l’avait jamais vue divaguer. Son esprit était toujours aussi vif et aiguisé. Il lui avait parlé deux semaines plus tôt, elle se portait comme un charme. En apparence, du moins.

— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? demanda-t-il.

— Elle s’est laissé convaincre que le célèbre Jesse James aurait enterré le butin de l’un de ses hold-up sur les terres des Éperons d’argent. Les fouilles devraient commencer dans sa propriété la semaine prochaine.

Gavin dut se retenir de le corriger. Les Éperons d’argent n’étaient pas seulement la propriété de sa grand-mère ; c’était aussi la sienne. Ils en avaient tous les deux hérité. Mais peu importe. Il valait mieux se concentrer sur ce que Lott disait. Sa grand-mère avait donné à quelqu’un la permission de faire des fouilles dans le ranch ?

— Il doit y avoir erreur, monsieur Lott. Vous connaissez ma grand-mère aussi bien que moi. Jamais elle n’autoriserait un homme à…

— En l’occurrence, il s’agit d’une femme. Une universitaire qui se fait appeler Dr Harris.

Gavin prit une profonde inspiration. Qui était cette Dr Harris ? Et comment avait-elle pu convaincre sa grand-mère d’autoriser l’exécution de fouilles sur les terres des Blake ?

Il passa une main nerveuse sur son visage. En fin de compte, sa petite escale dans le Mississippi était compromise. Dommage.

— Gavin ?

La voix de son interlocuteur le ramena à la réalité.

— Oui, monsieur Lott, je suis là.

— J’ai hésité à vous appeler, je me doutais que vous faisiez de grandes choses pour notre pays. Mais il me semblait important de vous prévenir.

— Et je vous en remercie. Ne vous faites pas de souci : il était prévu que je rentre dans deux jours.

Après avoir raccroché, il marmonna un juron et composa le numéro de Caldwell Andrews, le responsable des ouvriers agricoles. Celui-ci répondit au bout de la troisième sonnerie.

— Caldwell ? Qu’est-ce qui se passe aux Éperons d’argent ? Sherman Lott vient de m’appeler, il croit que mamie est devenue zinzin. Elle aurait autorisé une universitaire à faire des fouilles dans le ranch.

L’employé grommela quelque chose dans sa barbe avant de répondre :

— Lott n’aurait pas dû t’appeler, Gavin. Ta grand-mère va bien. Elle apprécie cette dame. Elle a lu l’intégralité de ses recherches et les trouve très intéressantes.

Gavin leva les yeux au ciel. Il n’allait pas s’y mettre, lui aussi.

— Écoute, Caldwell, tu sais très bien qu’il n’y a pas de trésor caché aux Éperons d’argent. Tu te souviens ? Quand j’avais une dizaine d’années, un géologue avait dit à papa qu’on avait du pétrole sur les terres. Des fouilles ont été entreprises. Ils ont retourné toute la terre. Au final, pas une goutte de pétrole.

— Je m’en souviens très bien. Mais Mme Mel a dû se dire que quelques petits trous ne pourraient pas faire de mal, vu que la zone de recherches est très limitée. C’est à plusieurs kilomètres de la maison et très loin de l’endroit où on met les vaches. Dans le pâturage sud.

— Le pâturage sud ?

— Ouais. Personne ne va jamais là-bas.

Personne, sauf moi. Gavin se rembrunit. Tout le monde considérait cette zone comme inutilisable : terre calcaire, végétation rare et irrigation impossible. Mais c’était toujours là qu’il trouvait refuge quand il avait besoin d’être seul. Pourquoi ? Difficile à dire. Ce lieu lui remontait le moral, voilà tout. C’était là qu’il se rendait, enfant, lorsque sa mère lui manquait. Et c’était aussi là qu’il s’était rendu en apprenant la mort de son père, tué au Moyen-Orient.

La voix de Caldwell le ramena au temps présent :

— Ne t’inquiète pas, Gavin, ta grand-mère a la situation bien en main.

Ah oui, vraiment ?

— J’en jugerai par moi-même à mon retour, dans deux jours. Mais ne parle pas de ça à mamie. Je voudrais lui faire une surprise.

Après avoir raccroché, il passa de nouveau la main sur son visage. Allons, du calme.

— Vipère ? Tout va bien ? lança une voix derrière lui.

En se retournant, il constata que quatre personnes le regardaient d’un air inquiet. Ses compagnons d’armes. Brisbane Westmoreland, surnommé Bane ; Thurston McRoy, dit Mac ; Laramie Cooper, alias Coop ; et David Holloway, Flipper pour les intimes. Tous les cinq avaient été formés ensemble au combat. Plus que des compagnons, ils étaient comme des frères. Ils avaient bien souvent risqué leur vie pour se sauver les uns les autres, ils ne manquaient jamais une occasion de se soutenir et de s’épauler, à la ville comme sur le terrain.

— Vipère ? insista Mac.

— C’est ma grand-mère, répondit-il enfin.

— Qu’est-ce qui lui est arrivé, à Mme Mel ? demanda Flipper en s’approchant.

Ils l’avaient tous, à un moment ou à un autre, accompagné chez lui. Chacun d’eux la connaissait.

— Elle est malade ? demanda Bane.

— Non, répondit Gavin en secouant la tête. Mais mon voisin vient de m’appeler pour me dire qu’elle avait autorisé une universitaire à faire des fouilles sur notre propriété. Apparemment, cette prof a réussi à la convaincre que Jesse James aurait enterré l’un de ses butins aux Éperons d’argent.

Sur le visage de ses amis, l’inquiétude laissa place au soulagement. Puis à un air vaguement amusé.

— C’est tout ? demanda Coop en souriant.

— C’est suffisant. Personne n’a le droit de fouiller les Éperons d’argent.

— Apparemment, ce n’est pas l’avis de ta grand-mère.

— Je m’en moque. Et je vais leur faire savoir, à mamie et à cette prof.

— Tu as parlé à Caldwell ? s’enquit Flipper.

Gavin hocha la tête avant de répondre :

— Oui, mais quoi que puisse dire ma grand-mère, il est toujours de son avis. À cause de toutes ces idioties, il va falloir que je rentre directement à la maison, sans faire escale dans le Mississippi, comme prévu. Moi qui comptais passer un bon petit moment de détente…

Mac sourit.

— Mais si Jesse James avait vraiment enterré l’un de ses butins dans ton ranch ? Si mes souvenirs sont bons, lui et sa bande ont dévalisé pas mal de banques dans la région du Missouri.

L’air grave, Gavin se tourna vers ses amis.

— Il n’y a pas de trésor caché aux Éperons d’argent. Personne ne réussira à me convaincre du contraire.

- 1 -

Avec un sourire, Layla Harris prit un biscuit.

— Je suis désolée de vous déranger, madame Melody.

Elle avait dit cela par politesse. En réalité, elle ne connaissait pas de meilleure pâtissière que Melody Blake. Quelle joie de voir que la vieille dame aimait partager avec elle les douceurs qu’elle préparait. Notamment quand les douceurs en question étaient accompagnées d’un délicieux verre de lait provenant directement des vaches du ranch.

— Tu ne me déranges pas du tout. Et puis j’apprécie ta compagnie. Je passe beaucoup de temps seule, tu sais ?

Les Éperons d’argent étaient situés à une bonne demi-heure de route de la ville. Mais la vieille dame avait tout de même quelques voisins qui venaient régulièrement prendre de ses nouvelles.

Les deux cents hectares de terre des Éperons d’argent et la demeure familiale des Blake avaient quelque chose d’unique. Layla s’était sentie comme à la maison dès le moment où elle avait passé le portail du ranch. Le corps de ferme était immense mais chaleureux, avec son grand porche sous lequel avait été installée une balancelle.

Mme Melody, une ancienne bibliothécaire, lui avait expliqué que la solitude ne lui pesait pas. Elle y était habituée et s’occupait en lisant et en cuisinant. C’était en effet dans la spacieuse cuisine qu’elle passait le plus clair de ses journées.

Au moment d’accepter ce projet de fouilles, elle l’avait également gentiment invitée à séjourner dans le corps de ferme, mais Layla avait préféré la maison du gardien, toute proche de la demeure familiale. C’était plus facile pour aller et venir sans déranger la vieille dame.

D’après Mme Melody, les Éperons d’argent avaient toujours été un ranch prospère. Ils avaient survécu aux périodes difficiles, notamment celle de la guerre du Vietnam. À cette époque, la plupart des hommes, y compris son mari, avaient dû déserter les lieux pour partir au combat. Quand son fils petit-fils, Gavin, s’était engagé dans les marines, il avait confié la gestion du ranch à un chef d’équipe doué et expérimenté qui s’était très bien occupé des affaires. Mme Melody avait également expliqué que le petit-fils en question reprenait très volontiers son rôle de rancher de retour de mission.

Layla avait rencontré Caldwell Andrews, le chef d’équipe. C’était visiblement un homme agréable et capable. De même que les ouvriers agricoles qui travaillaient pour lui. Tous semblaient courageux et dévoués à leur travail ainsi qu’à la famille Blake.

Quant à Mme Melody, elle lui rappelait beaucoup sa propre grand-mère. C’étaient deux femmes indépendantes, très en forme pour leur âge et encore très actives. Au détail près que mamie Candace n’était pas une très bonne pâtissière, son talent à elle étant plutôt la couture.

— J’ai fait des biscuits aux pépites de chocolat cette fois, dit Mme Melody. Ce sont les préférés de Gavin.

À l’évocation du petit-fils de la vieille dame, Layla sentit un frisson parcourir tout son corps. Gavin Blake était vraiment beau garçon. Oh ! elle ne l’avait jamais rencontré en personne, mais elle avait vu suffisamment de photos de lui pour se faire une idée de son physique. Sa grand-mère en avait affiché littéralement partout dans la maison.

Et d’après ce qu’elle avait pu en voir sur ces clichés, il était très beau et très bien bâti. Quelle femme n’aurait pas éprouvé une forme d’attirance en jetant un coup d’œil à ces photos ?

Pour sa part, elle avait étudié attentivement l’une de celles où il apparaissait en gros plan. Avec ces fossettes encadrant son sourire, ce nez fin et droit, cette mâchoire virile et ces lèvres pleines, son visage anguleux correspondait plutôt bien à son métier de guerrier. C’était aussi un séducteur, semblait-il. Elle tenait l’information des gens du cru qu’elle avait rencontrés dans le café où elle déjeunait parfois.

D’après une serveuse très bavarde dont le regard s’illuminait chaque fois qu’elle parlait de lui, Gavin avait été un champion de l’équipe de football locale. Au vu du contexte familial, personne n’avait été surpris qu’il décide d’intégrer une école militaire. Son père était mort en héros à la guerre du Golfe, mais les habitants du pays semblaient savoir très peu de chose sur sa mère. On disait qu’elle était très belle et un peu plus jeune que son mari, qu’elle avait épousé une semaine à peine après avoir fait sa connaissance à New York. Apparemment, elle n’avait jamais réussi à s’adapter à la vie au ranch et à son statut d’épouse de militaire. Un beau jour, elle était partie pour ne jamais revenir.

— Votre petit-fils et moi, nous avons un point commun, dit-elle à Mme Melody. Les biscuits aux pépites de chocolat sont également mes préférés.

Mais c’était sans doute leur seul point commun. Contrairement à lui, elle ne s’était jamais beaucoup intéressée au sexe opposé. Elle avait passé la plus grande partie de sa vie à étudier. Ce qui lui avait permis d’obtenir un doctorat d’histoire et d’archéologie et de devenir la plus jeune enseignante de l’université de Seattle, à vingt-six ans. Un petit exploit qui avait exigé de nombreux sacrifices qui avaient pénalisé sa vie sociale et ses relations avec les hommes. Les plus contrariés par ces choix de vie avaient été ses parents. Eux qui ne rêvaient que de la voir mariée et mère de famille. Elle était fille unique, et ils ne cachaient pas leur désir de devenir grands-parents.

Ils n’avaient, par ailleurs, jamais caché leur désapprobation quant à ses choix de carrière. Étant tous deux neurochirurgiens, ils avaient toujours espéré qu’elle marche sur leurs traces en intégrant la sphère médicale. Et ils avaient été très attristés qu’elle en décide autrement. Comment pouvait-on préférer creuser des trous au fait de sauver des vies ? Hélas pour eux, elle n’avait jamais eu ce genre de vocation, alors que l’histoire était une discipline très importante à ses yeux. Comprendre le passé permettait de ne pas faire les mêmes erreurs dans le présent.

La voix de Mme Melody la ramena doucement à la réalité :

— Alors, Layla ? Quels sont tes projets pour aujourd’hui ?

Layla ne put s’empêcher de sourire. Elle aimait l’attitude de cette femme. Quand elle s’était présentée chez les Blake une semaine plus tôt, c’était avec une pointe d’appréhension. Elle ne pensait pas que la vieille dame croirait son histoire de trésor caché. Le cynisme de ses collègues l’avait presque préparée à être immédiatement rejetée. Mais Mme Melody l’avait écoutée et lui avait posé des questions pertinentes. Elle lui avait ensuite demandé deux jours pour lire ses travaux, ce qui avait amené d’autres questions. Finalement, elle avait accepté, à la seule condition d’être régulièrement informée de l’avancée des fouilles.

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