Velázquez et son temps

Velázquez et son temps

-

Livres
256 pages

Description

Diego Velázquez (Séville, 1599 – Madrid, 1660)
Diego Velázquez était un artiste anticonformiste de l'ère baroque. A l'âge de vingt-quatre ans, Velázquez fit son premier voyage à Madrid avec son professeur, Francisco Pacheco, rencontré à Séville.
Rapidement, il se qualifia comme maître peintre. Le roi Philippe IV remarqua son génie et le nomma peintre de cour en 1627. Peu après, l'artiste se lia d'amitié avec Rubens à Madrid. Il développa une approche plus réaliste de l'art religieux, où les personnages sont représentés de façon naturaliste et non pas idéalisée. Son usage du clair-obscur rappelle les oeuvres du Caravage. Il fit au moins deux voyages à Rome pour acheter de l'art Renaissance et néo-classique pour le roi. A Rome, il adhéra à l'Académie de Saint-Luc en 1650, et fut élu chevalier de l'ordre de Santiago en 1658. Son imposante oeuvre de commande, La Reddition de Breda (vers 1634), montrait la défaite des Hollandais devant les Espagnols, et célébrait le triomphe militaire du règne de Philippe. L'artiste peignit le Pape Innocent X (1650) au cours de son second séjour à Rome, rappelant des oeuvres similaires de Raphaël et de Titien. Ses dernières oeuvres étaient plus spontanées, mais toujours disciplinées. Le point culminant de sa carrière fut le chef-d'oeuvre intitulé Les Ménines (1656), l'un des plus complexes portraits de groupe de l'histoire.
Velázquez est reconnu comme le plus grand peintre espagnol de son siècle. Il influença des peintres majeurs comme Goya et Manet.

Informations

Publié par
Date de parution 24 octobre 2016
Nombre de visites sur la page 0
EAN13 9781780428505
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Velázquez et son t emps
Carl Justi
Texte : Carl Justi Traduction : Karin Py
Mise en page : Baseline Co Ltd 61A-63A Vo Van Tan Street ème 4 étage District 3, Hô Chi Minh-Ville Vietnam
© Parkstone Press International, New York, USA © Confidential Concepts, worldwide, USA
Tous droits d’adaptation et de reproduction réservés pour tous pays. Sauf mention contraire, le copyright des œuvres reproduites se trouve chez les photographes qui en sont les auteurs. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.
ISBN: 978-1-78042-850-5
Note de l'éditeur Par respect pour le travail originel de l'auteur, le texte n'a pas été réactualisé dans ses propos, notamment en ce qui concerne les changements d'attribution et les datations des œuvres.
VELÁZQUEZ et son temps
SOMMAIRE
Introduction
I. Ses Débuts
Le Paysage artistique de son enfance
Velázquez et la cour
II. Une Carrière f lorissa nte
L'Interlude italien et son séjour au Buen Retiro
Velázquez portraitiste
III. La Maturité
L'Adieu à l'Italie et son retour en Espagne
Les Œuvres de la maturité
Ses Derniers Jours
Biographie
Liste d'illustrations
7
11
11
35
87
87
125
173
173
199
247
251
254
Introduction
e usqu’à la fin du XVIII siècle, le nom de Diego Velázquez n’était encore que très rarement mentionné dans les pays d’Europe de l’ouest et moins encore en Allemagne. Le registre Jdans les contrées les plus occidentales du continent, au cœur des palais de Madrid et du des grands peintres semblait depuis longtemps complet, et l’on ne soupçonnait pas que Buen Retiro, reposaient en secret les lettres de créance d’un artiste pleinement autorisé à s’inscrire parmi les plus grands maîtres de la peinture. C’est grâce au peintre allemand Raphaël Mengs que Velázquez prit sa place dans l’histoire de l’art. Il décrivait les œuvres de Velázquez comme des parangons du « style naturel », le trouvant supérieur à ceux qu’il avait jusqu’ici considérés comme des chefs de file en la matière, Titien, Rembrandt et Gerrit Dou. En 1776, il écrivit à Antonio Ponz, le cicérone de l’art espagnol : « Les meilleurs exemples de style naturel sont les œuvres de Diego Velázquez. Sa maîtrise de l’ombre et de la lumière, ses jeux d’effets aériens incarnent bien les traits les plus fondamentaux de ce style, car à travers eux c’est la vérité qui s’exprime. » Velázquez fait partie de ces individus qui ne supportent aucune comparaison. Toute tentative de décrire une personne telle que lui en une seule phrase ne peut aboutir qu’à des platitudes ou de la surenchère. De fait, le peintre de cour de Charles III le considérait comme le premier naturaliste. Pour Waagen, qui découvrit ses œuvres sur le tard, il incarnait le réalisme de l’école espagnole dans toute sa subjectivité mais aussi dans sa plus grande perfection.
Piété et mysticisme, définis comme les caractéristiques dominantes et spécifiques de l’art espagnol, s’appliquent aussi bien à ses thèmes qu’à la stricte religiosité de ses représentants. L’Espagne a bien son Murillo solitaire, dont la dimension spirituelle n’a rien à envier à celle de peintres pieux comme Guido, Carlo Dolce et Sassoferrato ; mais ce qui place Velázquez bien au-dessus d’eux, c’est sa façon heureuse d’enrichir les thèmes les plus traditionnels, des types nationaux simples, de la couleur locale et des jeux de lumière, guidé par son naturalisme et son caractère enfantin et enjoué. Ce qui fascine les étrangers dans la peinture religieuse espagnole, ce n’est pas tant la richesse du sentiment ou la profondeur du symbolisme qu’une certaine touche de gravité, de simplicité et de complète honnêteté. Ces artistes ne songeaient pas à utiliser les sujets religieux comme des prétextes à l’introduction de séduisants motifs d’une autre sorte ; cependant, avec un naturel tout médiéval, ils n’hésitaient jamais à e transposer leurs pieuses thématiques dans un environnement espagnol. Au XV siècle, les peintres de retables des écoles provinciales, influencés par les Flamands, trahissaient déjà des tendances similaires, même dans le cadre étroit de l’art « gothique ». Mais la propagation de l’esprit italien mit bientôt fin à ces prémices d’une authentique école nationale. Durant un siècle entier, les Espagnols se vouèrent à l’idéalisme, ne produisant malheureusement que des œuvres dénuées d’intérêt. Puis ils adoptèrent la démarche opposée mais utilisèrent alors des capacités artistiques très différentes.
Ainsi, le réalisme provoqua la libération de l’individualité, désignant donc la nature comme véritable source d’inspiration et accordant au talent un statut indépendant. Mais ce sont précisément ces maîtres espagnols, à l’âme pure, voire austère, qui s’imposèrent dans le monde sans avoir jamais quitté leur patrie, fondant ainsi le concept d’une école espagnole. Parmi les membres de ce groupe, Velázquez était le plus méthodique, possédant les meilleures aptitudes techniques et l’œil le plus fidèle. Tout ce qu’il a réalisé, de ses portraits et de ses paysages à ses scènes de chasse, peut servir d'étalon à la médiocrité conventionnelle des autres. Le médium à travers lequel il regardait la Nature, pour utiliser une illustration physique, absorbait peut-être moins de particules de couleur que celui des autres artistes. En effet, un instant comparées à Velázquez, les couleurs du Titien semblent ordinaires, celles de Rembrandt irréelles et celles de Rubens teintées d’un soupçon de maniérisme apprêté. S’il confère moins de substance à ses sujets que tout autre peintre, il en retire certainement plus. Personne n’a pris plus à cœur la maxime de Dürer pour qui « en vérité, l’art est renfermé dans la nature, celui qui peut l’en extraire avec discernement le possède ». Tout ce que Velázquez voyait, il le transposait sur la toile par des méthodes toujours variées, voire improvisées, qui sont souvent une énigme pour les peintres. Il impressionne les techniciens du pinceau, surtout dans la manifestation visible de ces méthodes ; il demeure pour eux le plus ingénieux des
1.Autoportrait, vers 1640. Huile sur toile, 45,8 x 38 cm. Musée des Beaux-Arts de San Pio V, Valence.
7
2.Le Comte-duc dÊOlivares, vers 1625. Huile sur toile, 209 x 110 cm. Collection Varez-Fisa.
8
artistes, capable de tirer profit des moyens les plus maigres, alors qu’en vérité il ne s’agissait souvent pour lui que d’une manière d’arriver à ses fins. Ainsi s’explique l’attrait indéfectible des œuvres de Velázquez : leur charme réaliste résidant à la fois dans leur aspect extérieur et intérieur, dans la clarté des teints et dans la révélation des volontés, dans le souffle, la palpitation de l’instant et dans la profondeur des caractères. Comparé aux coloristes des écoles vénitienne et néerlandaise, Velázquez semble même parfois prosaïque et naïf ; non vraiment, le profane ne pouvait trouver moins attrayant. Pourtant, chacune de ses œuvres révèle un aspect nouveau et particulier, aussi bien sur le plan de l’invention que de la technique. Les époques de Cervantès et de Murillo donnèrent naissance en Espagne à des formes uniques adaptées aux matériaux, aux circonstances et aux idées de leur temps. Le nom de Velázquez apparaît imprimé pour la première fois dans lesDialogos de la Pinturade Vincenzo Carducho (1633), où il est fait mention des tableaux du palais royal de Madrid. Mais les premiers comptes-rendus dignes de foi sur sa vie, nous les devons à l’œuvre de son beau-père (Pacheco) dansArte de la Pintura(Séville, 1649).
La description que nous donnons ici de son premier voyage en Italie semblerait provenir de lettres écrites à cette époque. Soixante-quatre ans après sa mort, Palomino publie une biographie rédigée dans sonMuseo Pictorico(1724). En effet, dès 1678, ce biographe des peintres en fonction à Madrid avait, en sa qualité de peintre de cour depuis 1688, pu voir dans les palais tout ce que Velázquez avait laissé derrière lui. LeMuseofut notre unique source d’informations concernant Velázquez et ses compagnons en dehors d’Espagne. Le récit de la vie de Velázquez qu’il contenait fut traduit en anglais en 1739, en français en 1749 et en allemand (Dresde) en 1781. La biographie D’Argenville (1745) est un simple résumé de ce récit. Antonio Ponz introduisit quelques descriptions de peintures dans sonVoyage artistique e (Madrid, 1772). Mais c’est au XIX siècle que le nom de Velázquez put enfin prendre une place éminente et clairement définie au sein de la grande communauté artistique.
Le coup d’envoi fut donné par l’Angleterre, grâce à l’amour des voyages de ses citoyens et à e une prédilection pour l’école espagnole, qui dès le XVIII siècle fut présentée dans les collections privées. Nous devons la première biographie lisible à Sir William Stirling-Maxwell, un baronnet écossais, né en 1818 et décédé en 1878. Elle parut pour la première fois dans les Annales des artistes d’Espagne(Londres, 1848) et par la suite, dans une édition séparée. Bien qu’aujourd’hui considéré comme quelque peu optimiste, Richard Ford (1796), compagnon enjoué de tous les voyageurs en Espagne, connaissait son sujet encore mieux que Sir William. SonGuide de l’Espagne, publié pour la première fois en 1845, n’a pas d’égal ; c’est l’œuvre d’un homme versé aussi bien en littérature ancienne que moderne, relevée d’une pointe d’humour, de sarcasme et de sympathie, inspirée par une réelle connaissance du peuple et imprégnée de l’atmosphère authentique du pays.
Son article sur Velázquez dans laPenny Cyclopaediaest également le meilleur écrit en langue anglaise. Mais c’est à Don Gregorio Cruzada Villaamil (1832 - 1885) que nous devons le plus : il réédita les livres extrêmement rares de Carducho et de Pacheco si importants pour l’étude de la peinture espagnole de cette période. Il publia en 1874 des documents attestant l’ascendance noble de Velázquez que conservaient les archives de l’Ordre à Uclès. Un livre e publié à la fin du XIX siècle par Charles B. Curtis de New York constitue un autre témoignage remarquable sur l’œuvre de Velázquez. C’est, de toute évidence, un travail fait avec amour et le fruit de vingt années de recherches. Celui-ci propose une description ordonnée de tout ce qui a pu être attribué à Velázquez, l’histoire des tableaux et leurs prix ; il procède également à un inventaire de toutes les reproductions, dont Curtis lui-même possède apparemment la collection la plus complète. Bien que l’étude des archives et autres documents ne soit pour nous que de simples interludes au milieu de notre propre travail consacré aux œuvres elles-mêmes, aux lois et aux techniques de l’art, ici, ces intervalles se sont parfois considérablement prolongés. C’est pourquoi, pour ne mentionner qu’un seul point, nous avons dû réaliser des copies autographes des inventaires des palais royaux, qui nous permettent de tirer des conclusions sur le talent déployé par Velázquez dans la classification des collections. Les archives de Venise, Naples, Florence, Modène et d’ailleurs en Italie contiennent, outre des lettres se référant au maître, de nombreuses informations venant souvent éclairer de façon surprenante les personnes et les circonstances mentionnées dans sa biographie. L’histoire d’un artiste est, par dessus tout, l’histoire de ses œuvres et celle-ci pourra être aisément reconstituée même en l’absence de preuves tangibles.
9