Fraternité Matin n°16506 - Vendredi 27 Décembre 2019

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Fraternité Matin n°16506 - Vendredi 27 Décembre 2019

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Date de parution 27 décembre 2019
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Vendredi 27 décembre 2019 / N° 16 506 www.fratmat.info / FratMat Mobile #129# (orangeCi) Prix: 300 Fcfa  Cedeao : 450 Fcfa  France: 1,70 € PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALES
Affaire Guillaume Soro
Projet lets sociaux productifs
Gon Coulibaly
lance, aujourd’hui, P.7
la phase d’extension
Les révélations du Procureur L’arsenal saisi après les différentes de la Républiqueperquisitions Ce que dit l’enregistrement s onore P. 2PHOTO : VÉRONIQUE DADIÉ Fêtes de n d’année Le Chef de l’État offre des vivres aux populations du District d’Abidjan P.8 Transport urbain RhdpLa Sotra annonce Brice Kouassi exhorte la desserte à l’intérieur tout Didiévi à épouser des communes Trois mille nouveaux emplois à n 2020P. 10les idéaux de paix P.5
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Vendredi 27 décembre 2019
Atteinte à la sûreté de l’État, détournement de deniers publics : Adou Richard :“ La peine encourue par Soro est l’emprisonnement à vie ”
Le procureur de la République a expliqué, hier, les raisons des poursuites et du mandat d’arrêt international lancé contre le président de Générations et peuples solidaires.
Le procureur de la République, Adou Richard, a présenté aux journalistes des pièces à conviction en sa possession.(Photos : Véronique Dadié)
uillaume Soro risque gros s’il est reconnu coupable. Hier, le procureur AdGou Richard, lors d’une de la République, conférence de presse à la salle des Pas perdus du palais de justice au Plateau, a informé que l’ancien président de l’Assemblée nationale, accusé d’atteinte à la sû-reté de l’État, de détour-nement de deniers pu-blics sera éventuellement condamné à perpétuité si
d’aventure sa culpabilité est établie. «Il y a des charges qui pèsent sur lui. Il lui appartient de venir se défendre. S’il est reconnu coupable, la peine encou-rue par Guillaume Soro est l’emprisonnement à vie», a-t-il expliqué pour situer les journalistes sur la gravité des faits repro-chés au concerné. En effet, selon le procu-reur de la République, l’objectif de ces échanges avec la presse était d’in-former l’opinion publique
sur le coup d’État que Guillaume Soro et ses hommes s’apprêtaient à perpétrer en Côte d’Ivoire. Le magistrat du ministère public chargé de l’action publique, pour étayer ses déclarations, a présenté et fait écouter une bande sonore à l’auditoire où on attendait la voix des per-sonnes qui échangeaient. «Les éléments en pos-session des services de renseignements, notam-ment un enregistrement sonore, établissent claire-
Flagrant délit la question de savoirde poursuites autorisées,public, diffusion de fausses pourquoi l’immunitéde condamnation déïni-nouvelles tendant à jeter de Guillaume Soro arrê-dans un cas de agrance. punis par les articles 28, parlementaire destive. Nous sommes dansle discrédit sur les institu-A députés parmi lesun cas de agrance. Cestions de la République.«personnes prochesCes faits sont prévus etdéputés ont été arrêtés tées n’a pas été observée,Nous n’avons pas à de-du code32, 162, 163, 190 Adou Richard a répon-mander l’autorisation de pénal ; les articles 33, 34, du : «lever d’une Selon l’article 92 immunité quel-60, 63, et 65 de l’ordon-de la Constitution, aucun conque».nance n°2013-660 du 20 membre du Parlement neLe procureur de la Répu-septembre 2013 relative à peut, pendant la duréeblique a, en outre, préciséla prévention et à la lutte des sessions, être pour-que le député Alain Lo-contre la corruption et les suivi ou arrêté en matièrebognon et les 14 autresinfractions assimilées »,criminel sans l’autorisationa-t-il fait savoir.personnes sont arrêtés du Bureau de la Chambrepour les faits d’attentat et dont il est membre. Saufcomplot contre l’autorité K. MAMADOU les cas de agrant délit,de l’État, troubles à l’ordre
ment que le projet devait être mis en œuvre inces-samment», a-t-il dit.  Richard Adou, dans son argumentaire, a aussi dé-claré que le but des tour-nées entreprises par Guil-laume Soro en Europe était de jeter l’anathème et le discrédit sur les ins-titutions en place. « Il s’agissait d’une action concertée dans la me-sure où, aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à l’étran-ger, certaines personnes proches de lui n’hésitaient
pas à ampliïer ce dis-crédit sur les institutions », a-t-il fait savoir. Puis de se persuader : «Ces actes, loin d’être isolés, étaient constitutifs d’un complot qui devait aboutir à une insurrection civile et militaire». Il a aussi indiqué que des armes ont été retrouvées dans les domiciles perqui-sitionnés des personnes qui ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire. Il a également soutenu que le parquet a été saisi
d’une plainte formulée par l’agent judiciaire du trésor contre les «Messieurs Cissé Mory, Koné Kama-raté Souleymane dit Soul To Soul, N’Guessan René, la société civile immobi-lière Ebur, Guillaume Soro et autres pour les faits de détournement de deniers publics, recel de détour-nement de deniers portant sur la somme de 1 milliard 500 millions Fcfa et com-plicité desdits faits».
KANATÉ MAMADOU
Quelques extraits de la bande sonore
« …nous on est là, on est dans la garde du Président, on est dans la garde au Palais, à la mai-son. On est positionné un peu partout… » « …on a les 8400 et puis d’autres jeunes, on a l’ar-mée hein… » « …Hamed a essayé de faire un tour mais les gens vont basculer. Il y aura quelques-uns, les pros IB, qui ne seront pas avec nous… » « …dans ce genre d’ac-tion, c’est la puissance de feu qui rallie tout le monde… » « …on ne va pas com-
mencer là-bas (Bouaké) …mais les gens sont très sereins, c’est nous qui les calmons. On veut que ça tombe dans une période assez intéressante pour que ça ne soit pas du n’importe quoi… » Sur le moment du début de l’action, « on a la télé-commande… C’est pour-quoi ce qui va se faire en amont avec la communi-cation qui va discréditer le régime et tout. Mais je re-tiens que j’ai un délai à ne pas dépasser d’un an… » « …en fait, il faut minimi-ser les coûts humains, le sang et tout ça. Si on doit
s’entretuer, ça va s’enli-ser… » « …à part Zakaria, les COMZONES ne vont pas réagir. Ils essaient de ré-cupérer les COMZONES mais ça ne marche pas. On les a inltrés. Tout ce qu’on dit à un COMZONE, je suis infor-mé. Ils ont réussi à récu-pérer un COMZONE sur les dix… » « …on va regarder la si-tuation. Si elle est favo-rable à une insurrection populaire, tant mieux. Il faut qu’on s’apprête, la situation sera difcile… »
Vendredi 27 décembre 2019
P olitique
Propos liminaires du Procureur de la République
esdames et mes-sieurs de la presse, je tiens à vous M adresser mes sin-cères remercie-ments d’avoir répondu mas-sivement à notre invitation.
Le lundi 23 décembre der-nier, j’indiquais dans un communiqué que les Ser-vices de renseignements avaient été informés de ce que Monsieur Soro Kigba-fory Guillaume et certains de ses soutiens projetaient d’attenter à l’autorité de l’Etat et à l’intégrité du terri-toire national. Les Services de renseignements ont donc entrepris d’accentuer la vigilance vis-à-vis de Monsieur Soro Kigbafory Guillaume et de ses sou-tiens. Monsieur Soro Kigbafory Guillaume a entrepris des tournées dans certains pays d’Europe, où il ne se privait pas de jeter l’anathème et le discrédit sur les institutions en place. Il s’agissait d’une action concertée dans la mesure où, aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à l’étran-ger, certaines personnes proches de lui n’hésitaient pas à amplifier ce discrédit . Ces actes, loin d’être iso-lés, étaient constitutifs d’un complot qui devait aboutir à une insurrection civile et militaire. Les éléments en posses-sion des Services de ren-seignements, notamment un enregistrement sonore que je vous ferai écouter, établissent clairement que le projet devait être mis en œuvre incessamment. De cet enregistrement, il res-sort, entre autres, les pro-pos ci-après :
• « …nous on est là, on est dans la garde du Président, on est dans la garde au Pa-lais, à la maison. On est po-sitionné un peu partout… »
• « …on a les 8400 et puis d’autres jeunes, on a l’ar-mée hein… »
• « …Hamed a essayé de faire un tour mais les gens vont basculer. Il y aura quelques-uns, les pros IB, qui ne seront pas avec nous… »
• « …dans ce genre d’ac-tion, c’est la puissance de feu qui rallie tout le monde… »
Le procureur de la République brandit une photographie des armes et munitions retrouvées dans des domiciles. (PH: VÉRONIQUE DADIÉ)
• « …on ne va pas commen-cer là-bas (Bouaké) …mais les gens sont très sereins, c’est nous qui les calmons. On veut que ça tombe dans une période assez intéres-sante pour que ça ne soit pas du n’importe quoi… »
• Sur le moment du début de l’action, « on a la télécom-mande…C’est pourquoi ce qui va se faire en amont avec la communication qui va discréditer le régime et tout. Mais je retiens que j’ai un délai à ne pas dépasser d’un an… »
• « …en fait, il faut minimi-ser les coûts humains, le sang et tout ça. Si on doit s’entretuer, ça va s’enli-ser… »
• « …à part Zakaria, les COMZONES ne vont pas réagir. Ils essaient de ré-cupérer les COMZONES mais ça ne marche pas. On les a infiltrés. Tout ce qu’on dit à un COMZONE, je suis informé. Ils ont réussi à ré-cupérer un COMZONE sur les dix… »
• « …on va regarder la si-tuation. Si elle est favo-rable à une insurrection populaire, tant mieux. Il faut qu’on s’apprête, la situation difficile… » Dans le but de mettre en œuvre leur funeste dessein,
certains soutiens de Mon-sieur Soro Kigbafory Guil-laume, dont des parlemen-taires, sous le prétexte que l’avion de ce dernier aurait été dérouté par les autorités aéroportuaires, diffusaient de fausses nouvelles et appelaient à l’insurrection populaire. Vu la gravité des faits, et en raison de la flagrance de ceux-ci, j’ai immédiatement ordonné à la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) de procéder à la re-cherche et à l’arrestation de tous les mis en cause. Par ailleurs, je voudrais porter à votre connais-sance que le vendredi 20 décembre 2019, le Parquet a été saisi d’une plainte for-mulée par l’Agent Judiciaire du Trésor (AJT) contre Messieurs Cissé Mory, Koné Kamaraté Souley-mane, N’Guessan N. Réné, la Société Civile Immobi-lière ÉBUR (SCI EBUR), Soro K. Guillaume et autres pour les faits de détourne-ment de deniers publics, re-cel de détournement de de-niers publics portant sur la somme de un milliard cinq cents millions de francs CFA (1.500.000.000 F CFA) et complicité desdits faits. A l’appui de sa plainte, l’AJT expliquait avoir découvert un relevé du Trésor public duquel il résultait que la somme indiquée plus haut
avait été transférée sur le compte de Maître René N’GUESSAN, notaire en résidence à Abidjan, pour l’acquisition d’un bien im-mobilier en 2007. Le 26 septembre 2019, ayant constaté que ledit bien immobilier n’avait ja-mais intégré le patrimoine immobilier de l’Etat, et que bien au contraire, le gérant de la SCI EBUR tentait de procéder à son immatricula-tion dans les registres de la conservation de la propriété foncière et du domaine, une réquisition était adressée à l’officier public, qui confes-sait avoir conclu avec les fonds publics reçus, la ces-sion projetée au profit de la CSI EBUR, d’un terrain ur-bain bâti sis à Abidjan-Mar-cory, quartier résidentiel. Les investigations effec-tuées révélaient en outre que la SCI EBUR, acqué-reuse du bien immobilier litigieux, avait été créée par deux associés, à savoir Messieurs CISSE Mory et KONE KAMARATE Souley-mane, le dernier cité étant l’ancien directeur du proto-cole de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Monsieur Guillaume KIG-BAFORI SORO. Enfin, il était découvert que ledit terrain urbain bâti abrite une villa, habitée en réalité par Monsieur SORO KIGBAFORI GUILLAUME,
lequel, depuis de nom-breuses années, jouissait dudit bien immobilier acquis intégralement avec des de-niers publics par l’entremise d’une société prête-nom au détriment de l’Etat de Côte d’Ivoire. Au regard de ce qui pré-cède, une information judi-ciaire a été immédiatement ouverte contre :
• Monsieur SORO K. Guil-laume, pour présomptions graves de tentative d’at-teinte contre l’autorité de l’Etat et l’intégrité du ter-ritoire national et complot contre l’autorité de l’Etat, de recel de détournement de deniers publics et de blan-chiment de capitaux;
• Tous autres, pour pré-somptions graves de ten-tative d’atteinte contre l’au-torité de l’Etat et l’intégrité du territoire national et de complot contre l’autorité de l’Etat ;
• Messieurs CISSE Mory, KONE KAMARATE Sou-leymane, N’GUESSAN N. René et la SCI EBUR et tous autres, pour présomp-tions graves de détourne-ment de deniers publics portant sur la somme de 1.500.000.000 de francs CFA et complicité desdits faits ;
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• Messieurs Alain LOBO-GNON et 14 autres pour les faits d’attentat et complot contre l’autorité de l’Etat, troubles à l’ordre public, dif-fusion de fausses nouvelles tendant à jeter le discrédit sur les institutions de la Ré-publique. Ces faits sont prévus et punis par les articles 28, 32, 162, 163, 190 du Code Pénal ; les article 33, 34, 60, 63 et 65 de l’ordon-nance n°2013-660 du 20 septembre 2013 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées ; les articles 7, 99, 113, 117 et 118 de la loi n° 2016-992 du 14 novembre 2016 relative à la lutte contre le blanchi-ment de capitaux et le fi-nancement du terrorisme. Un mandat d’arrêt interna-tional a été requis contre Monsieur SORO Kigbafori Guillaume et des mandats de dépôt ont été requis contre les autres mis en cause.
Une mission confiée par le Juge d’instruction aux en-quêteurs à l’effet de procé-der à des perquisitions et saisies a permis la décou-verte de : • 16 téléphones • 09 puces téléphoniques • 01 lot de matériel de com-munication radio • 05 gilets pare-balles et 01 kevlar • 04 treillis • 03 mitrailleuses de 12,7 mm • 06 caissettes de munitions de 12/7 • 04 RPG 7 • 13 roquettes • 03 cache-flammes • 04 missiles antichars • 59 paquets de munitions AK • 19 chargeurs de kalachni-kov AK 47 • 14 kalachnikovs AK 47 • 02 caissettes de munitions de FM • 01 seau rempli de muni-tions AK47
Mesdames et messieurs de la presse, je voudrais, pour terminer, vous inviter à écouter attentivement cet enregistrement sonore.Fait à Abidjan, le 26 décembre 2019  Le Procureur de la RépubliqueADOU Richard Christophe
P olitique 4 Vendredi 27 décembre 2019 L’intégralité des échanges avec les journalistes Dans l’enregistrement sonorenous avons la possibilité d’agird’État, nous sommes sûrs que qu’il y a des éléments quifaire est tellement grave qu’il fautexécutons nous-mêmes des que nous venons d’écouter, leparce que notre compétence estla personne prendra la clé des prouvent qu’en 2002, lamandats d’arrêt et je ne sais pasque les Ivoiriens soient informés nombre de 8400 est apparu.limitée à notre territoire natiochamps. Dans l’audio, il a été -déstabilisation était partagée.pourquoi, la réciproque ne seralà-dessus. Ce n’est pas tous les Nous savons tous que pourdit : « On doit éviter un bain de nal. Quand l’avion est détournéEst-ce que le procureur vapas observée dans ce cas.jours qu’on parle de puissance de la première fois que noussang. On a la puissance de feu ». au Ghana, nous n’avons pas las’auto-saisir et enquêter aïnfeu, de verser le sang. Vous avez avons entendu ce nombre,Il est certain que ce ne sont paspossibilité d’obliger les autori-de faire la lumière sur cette Parmi les personnes appré-écouté l’enregistrement sonore et c’était suite à la mutinerie deles civils qui utilisent la puissancetés ghanéennes à extrader ceshendées, il y a des députés.affaire ? à voir de plus près, le processus janvier 2017. Laquelle a aboutide feu ; on est bien d’accord quepersonnes. Lorsque le mandat Je ne pourrais pas répondreQue fait l’État de leur immuni-se diviserait en deux parties. La à la découverte d’armes au do-forcément ce sont des militaires.d’arrêt international a été délivrémaintenant parce que comme jeté parlementaire ?première était de parcourir tous micile de Monsieur KamaratéNous ne pourrons pas donner deet transmis à Interpol, c’est à ce l’ai indiqué, le dossier se trouveL’article 92 de la Constitution estles pays pour jeter le discrédit sur Souleymane dit Soul To Soul,moment que nous mettons en jeunoms maintenant, mais les en- actuellement chez le juge d’ins-assez éloquente en matière deles institutions à travers tous les alors directeur de protocolequêtes permettront par la suite,la coopération pénale internatio-truction, qui va investiguer. A l’is-poursuite contre les députés sur-canaux de diffusion possible. La de Monsieur Soro Kigbaforiavec le dossier du juge d’instruc-nale. C’est ce qui va nous per-sue de ces enquêtes, le parquettout lorsque les faits sont commisseconde était d’appuyer sur une Guillaume. Les faits ont-ils untion qui est en train d’être diligensi toutefois la personne va décider de saisir la juridiction- mettre, dans le cas de agrance. Selontélécommande pour cracher du lien avec le présent mandatté, de pouvoir les identier tous.est appréhendée, de faire jouerje n’iraicompétente. A ce stade, l’article 92 : « Un membre du par-feu et tuer des gens. Et je pense d’arrêt international lancéles accords de coopération anpas plus loin.lement ne peut, pendant la duréequ’à partir du moment où on parle contre Guillaume Soro ?Pourquoi l’État de Côteque la personne soit ramenée endes sessions, être poursuivi oud’effusion de sang, tout doit être Les services de renseignements,d’Ivoire n’a pas rassuré Guil-Côte d’Ivoire.Où, quand et comment a étéarrêté en matière criminelle etsu. dans le cadre de leur mission,fait la captation de la bandeLe mis en cause a fait l’objet laume Soro, laissé son avion correctionnelle qu’avec l’autori-Quant aux sanctions encourues, ont pu intercepter les audios. Ilssonore par les services de rense poser et mettre ensuite le d’un dossier similaire au -sation du Bureau de la Chambrene serait-ce que l’attentat contre ont également pu trouver desgrappin sur lui ?Burkina Faso. Il a été enten-seignements ?dont il est membre. Sauf le cas del’autorité de l’État, c’est l’empri-personnes qui s’apprêtaient àÉvidemment, tout le monde sa-du effectivement dans desC’est un secret que je ne peuxagrant délit de poursuite autori-sonnement à vie. Parce qu’en la porter un coup aux institutionsvait qu’il devait venir. D’ailleurs,écoutes téléphoniques, lorsdévoiler parce que je ne fais passée et de condamnation dénitivematière, c’est la peine sanction-de la République. J’ai égalementplusieurs dates avaient été don-du procès du putsch manqué.partie des services de renseigne-». Nous sommes donc dans unnant l’infraction la plus gravement indiqué qu’à ce stade de mon nées mais elles n’avaient pasIl a été relevé que les écoutesments. Ce qu’il faut savoir, c’estcas de agrant délit, donc nousréprimée qui est appliquée. Et ça, propos, nous n’avons pas tous été respectées. Ce jour-là, nousétaient fabriquées et manipu-que chaque partenaire a la pos-n’avons pas à demander l’auto-c’est le juge qui va l’appliquer à les éléments. C’est pour cela que savions que l’avion quittait lelées. Ce dossier ne va-t-il passibilité, en fonction des élémentsrisation de la levée d’une quel-l’issue du procès. nous avons ouvert une informa-Bourget pour Abidjan. Un plan deconnaître le même sort quedont il dispose, de capter desconque immunité comme le dit tion judiciaire qui a permis au vol avait été déterminé. Les au-celui du Burkina Faso et leéléments. Il appartient au pro-l’article.Le mandat d’arrêt n’est-il pas juge d’instruction de donner unetorités aéroportuaires ivoiriennesparquet qui poursuit pour-cureur de les analyser pour voirPouvons-nous savoir où lesPuisque vousprécipité ? mission aux enquêteurs dans leavaient été avisées. Elles avaientrait recourir à une expertiseleur crédibilité. Ce, an d’ouvrirarmes que vous présentezdites que l’enquête est en cadre de la poursuite de leurs in-donné leur accord pour l’atterris-acoustique pour asseoir ouune enquête qui aboutira à unesur les images ont-elles étécours ? vestigations. Je ne voudrais passage de l’avion.légitimer l’accusation ?information judiciaire et à un ju-saisies ?Dès le départ, nous n’avons pas anticiper au risque de me trom-C‘est au dernier moment évidem- Pour le moment, le dossier faitgement éventuel. Ce qu’il fautJ’ai indiqué que lorsque nouslancé de mandat. C’est lorsque per. Mais sachez que c’est à l’is-ment que l’avion n’a pu atterrir l’objet d’une information judi-savoir, c’est que chaque jour queavons eu les informations et quenous nous sommes rendus sue de toutes les investigationsen Côte d’Ivoire. Nous le savonsDieu fait, les services de rensei-ciaire, les mis en cause ont éga- nous attendions l’atterrissage decompte que l’avion de Guillaume qu’on saura si les liens sont évi-parce que le Dg de l’Anac l’alement des avocats. En tant quegnements de Côte d’Ivoire sontl’avion de Guillaume Soro, nousSoro avait été détourné à desti-dents. Est-ce que les personnes également indiqué sur le Pla- procureur, je les accuse. Il appar-au travail. Et lorsqu’ils détiennentavons donné mandat aux servicesnation d’un autre pays, et que qui étaient dans les 8400 sonttient à ceux qui veulent se déteau de la télévision nationale à - des éléments probants, ils nousde renseignements et aux ofciersnous savons que nos forces de toutes impliquées ? Quelles sont 20 heures, le 23 décembre. En fendre de demander une exper-les mettent à disposition pour quede police judiciaire d’interpellerl’ordre n’ont pas pouvoir d’agir les ramications ? Je ne pourraitise graphologique ou phonique.tout cas, toutes les autorisations nous décidions ou non d’ouvrirtous ceux dont nous avons l’as-sur un autre territoire, que nous vous en dire plus. Les enquêtesDans tous les cas, cette exper-ivoiriennes avaient été obtenues. des enquêtes judiciaires.surance qu’ils ont participé à ceavons émis le mandat sous l’au-nous permettront d’avoir plusÉvidemment, ce ne sont pas lestise sera faite à leur demande,complot. Une commission roga-torité du juge d’instruction. Je d’éléments de réponse.autorités ivoiriennes qui pilotentnous n’avons pas de problème.Les avocats de Soro Guil-toire a donc été donnée à ces of-voudrais dire que ce n’est pas l’avion. A un moment, l’engin a L’écoute téléphonique qui a étélaume disent n’avoir pas euciers de police judiciaire pour fairede façon anticipée, autrement, la En écoutant la bande sonore,pris une autre destination. On nefaite au Burkina Faso ne peutconnaissance du mandatdes perquisitions dans les domi-personne qui a eu l’information nous avons l’impression d’en-pouvait pas inuer sur la destina-même pas nous intéresser parced’arrêt international.ciles des personnes soupçonnéesqu’elle est poursuivie ne va pas tendre la voix de l’ex-présidenttion d’un avion. Je crois que c’est que cela s’est déroulé dans unJe ne sais comment répondrepour rassembler les preuves et lesse rendre. de l’Assemblée nationale.autre pays et nous n’étions pas à cette question. Parce que,pour cela que l’avion n’a pas pu indices. Mais en Côte d’Ivoire, il y aatterrir.comme je l’ai indiqué plus haut,là-bas pour savoir exactement C’est dans ce cadre que nousQuel est le nombre exact des des artistes qui savent imiterce sont les services de policecomment on a pu les produire. avons vu certaines personnespersonnes arrêtées ? les hommes politiques. CetteDans vos propos, vous avezMais, je peux vous assurer queivoirienne et ceux de l’extérieur,s’empresser d’aller déménagerJe pense que nous avons dépas-bande audio n’est-elle pas unindiqué que le Trésor publicce que nous avons en notre pos-en l’occurrence Interpol, qui sontdes armes dans des domiciles.sé une quinzaine. Mais comme je montage ?a porté plainte pour unesession, ce sont nos serviceshabilités à exécuter des mandatsC’est dans ces conditions quel’ai dit, en attendant les résultats Je peux vous rassurer que sihistoire qui date de 2007.de renseignements qui ont prisd’arrêt internationaux et non lesnous avons pu appréhender cesdes enquêtes, rien ne prouve que c’était un montage, nous l’au-Pourquoi avoir attendu donctoutes les précautions et il est loi-avocats qui ne peuvent mêmearmes en question. Malheureu-toutes ces personnes sont cou-rions rendue plus audible. Noussi longtemps ? N’est-ce paspas initier des recours contre dessible aux avocats de contester et sement, ces personnes avaientpables. Elles sont donc présu-aurions utilisé les artistes qu’ille désamour entre le Pré-demander une contre expertisemandats d’arrêt internationaux.pris la clé des champs. Mais nousmées parce que la juridiction n’a faut et nous aurions même pusident Alassane Ouattara etpour s’assurer de l’authenticité.Dans un tel schéma, il est loisibleavons pris dans un domicile trèspas encore statué pour certier faire un lm. Aujourd’hui, nousSoro Guillaume qui provoqueaux avocats de pouvoir prendrevoisin, des armes déjà retrouvées.leur culpabilité. Pour l’instant le avons la possibilité de maquillertout cela ?Vous avez relevé dans vosconnaissance avec le dossier quiJuste parce que nous avons infor-travail est donc au niveau des en-des personnes et de faire un lm.En ce qui concerne la corruption,propos liminaires qu’un man-se trouve au cabinet d’instruction.mé de la perquisition de certainsquêteurs et du juge d’instruction. L’élément qu’on vous a donné,les détournements de deniers pu-dat d’arrêt international a étéA ce jour, je ne sais pas si sesdomiciles, nous avons vu des c’est ce qui a été intercepté parblics, il faut dire que les faits sontémis. Avez-vous la positionavocats l’ont fait mais ce qui estpersonnes faire des mouvementsCe qui est reproché à Soro les services de renseignements.poursuivis à la date où ils ont étégéographique du mis en causesûr, un mandat d’arrêt internatio-dans certaines maisons, le tempsGuillaume et ses proches D’ailleurs, les personnes mises découverts. C’est en 2007 queaujourd’hui ? Pouvez-vousnal que j’ai cosigné a été délivréque nous n’arrivions, pour partirest-il assimilable à un acte en cause ont la possibilité deces faits se sont passés. C’estnous dire, à ce stade de voset ventilé pour son exécution.avec des éléments. Nous avonsterroriste ? commettre des avocats et c’est à cette date que les fonds sontenquêtes, où le mis en causeQue ceux qui ne l’ont pas encoresuivi et le temps que nous n’arri-La loi qui prévoit l’attribution des la procédure judiciaire qui est en sortis des fonds publics pour ac-réside et des assurances dansvu, cherchent donc à prendrevions sur les lieux, nous avons vuinfractions assimilées et qui parle cours. Le doyen des juges d’insun bien immobilier pour le- quérir le pays où il réside quant àattache avec le cabinet d’instruc-que ces personnes ont déverséde blanchiment de capitaux éga-truction a la possibilité, sur réqui-compte de l’État de Côte d’Ivoire.l’exécution du mandat qui ation et les autorités compétentesdes armes que nous avons saisis.lement parle en même temps sition des avocats, de faire exper- Par la suite, ne voyant pas dansété lancé contre lui ?pour le voir.Nous sommes en train de les ana-de nancement du terrorisme. tiser et de rechercher avec qui lale patrimoine de l’État ce bien Au moment où nous avons émislyser avec la police scientiqueC’est en fait, le titre de la loi. personne s’entretenait. On sait acheté en 2007 que le gérant le mandat d’arrêt international, laLes Chefs d’État vont-ilspour savoir à qui elles appar-Nous avons pour l’instant parlé que la personne est un sachant,de la SCI Ebur a tenté d’immatrise trouvait au Ghana- personne exécuter le mandat d’arrêttiennent et quelle est leur prove-de blanchiment de capitaux et de c’est un habitué, je ne pourrai culer à la conservation foncière, car l’avion venait d’atterrir dansinternational dans le cadre denance. Parce que vous savez biennancement de terrorisme parce pas vous en dire plus. Je ne peuxque l’agent judiciaire du trésor,le pays. Par la suite, nous sa-la coopération internationale ?que les armes sont marquées etque c’est ce que le titre de loi pas vous donner l’identité parce habilité à agir, a saisi le parquetvons que la personne a pris laUn État ne peut pas obliger unsont ici des pièces à convictiondit mais nous n’avons pas parlé que je ne l’ai pas. Ce sont les d’une plainte. Cette plainte est destination d’un pays européen. autre à exécuter un mandat d’ar-que nous allons examiner.d’acte terroriste. enquêtes qui vont permettre detotalement recevable.Comme je l’ai indiqué, les autori-rêt. Mais dans le cadre de la coo-solutionner tout cela. tés ivoiriennes sont compétentes pération internationale, chaquePourquoi vous vous empres-Des suspects ont été arrêtés La date du retour de Sorosur l’ensemble du territoire natio-État se doit, lorsqu’un criminel oudécoupuis des armes ont été sez d’animer une conférence -Dans vos propos liminaires, Guillaume à Abidjan étaitnal. Dès lors que nous sommesun délinquant se trouve sur sonvertes. Qu’est-ce quide presse alors que l’enquête à aucun moment le nom d’un connue. Pourquoi n’avez-voussol, de pouvoir collaborer. Nousen dehors du territoire national, n’est pas encore terminée ? rattachent ces éléments des militaire n’a été cité, parce pas anticipé son arrestationnous ne pouvons que faire jouer avons donc émis le mandat quepersonnes interpellées ?Et quelles sont les sanctions que techniquement il est difï-car l’enregistrement existait ?la coopération pénale internatio- nous avons accompagné de laencourues si vous parlezJe l’ai indiqué dans une pre-cile pour des civils de menerC’est ce que j’ai indiqué tout àCommission rogatoire interna-nale. Nous avons saisi les ser- d’affaire grave ?mière réponse que tout ce qui un coup d’État. Des militairesl’heure. Si la loi pénale qui a été vices d’Interpol. Lorsqu’un paystionale qui explique les circons-Lorsqu’on tarde à donner uneest saisi lors d’une perquisition sont-ils cités ? violée par un infracteur et queest aflié, Interpol permet d’éditertances des faits. information, on nous reprocheest appelé pièce à conviction. Les enquêtes ne font que com-des notices en cas d’émission Nous sommes sûrs que la percelui-ci n’est pas sur le territoire, -d’avoir trop tardé. Lorsque nousC’est à l’issue des enquêtes mencer. Nous avons certains il ne rentrera jamais au pays sid’un mandat d’arrêt. sonne ou l’État qui estime queCela permet nous empressons de répondrequ’on peut les attribuer aux per-éléments que nous ne pouvonsvous lui dites que vous allez l’ar-d’interpeller la personne.aux interrogations, on dit queces faits sont assez probants, sonnes interpellées pas mettre sur la place publique.rêter. Sauf s’il décide de prendrepermette à la personne concer- nous sommes trop pressés. Évidemment, si vous dites àun risque incroyable. Il faut at-Affoussiata Bamba Lamine anée d’aller s’expliquer devant lesDans ce cas, quel est le meilleur PROPOS RETRANSCRITS PARquelqu’un que son nom esttendre que la personne arrive suraussi prononcé une confé-juridictions de son État. Dans lemoment pour parler ? Ce qu’il HERVÉ ADOU ET cité dans une tentative de couple territoire et à ce moment-là,rence. Elle a même afïrmécadre de la coopération, nousc’est que cette affaut savoir, -KANATÉ MAMADOU