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L'essentiel du Cameroun numéro 261

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www.essentielcameroun.com -https://www.facebook.com/EssentielCameroun 400Fcfa DU CAMEROUN Directeur de la publication: Antoine WONGO AHANDA Bi hebdomadaire d’information et d’analyseN°261 mercredi 11 septembre 2019 Recépissé de déclaration N° 083/RDPOP/JO5/SAAJP ÉDITION SPÉCIALE CRISE ANGLOPHONE Paul Biya convoque le grand dialogue Qui l’organisera ? Qui le présidera ? Qui y participera ? De quoi parlera-t-on ? Où se tiendra-t-il ? Quand se tiendra-t-il ? Le message du chef de l’Etat à la Nation DOSSIER SPÉCIAL POLITIQUE/ ÉCONOMIE/ MONDE/ SOCIAL Camerounaises, Camerounais, Mes Chers compatriotes, Depuis près de trois ans, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de notre pays sont en proie à une crise, qui met en péril la sécurité et le bien-être despopulations qui y vivent, mais a également de profondes conséquences sur l’ensemble de la communauté nationale. Cette crise, faut-il le rappeler, est née des revendications corporatistes des Avocats et des Enseignants, qui réclamaient la traduction en langue anglaise des Actes Uniformes OHADA et la préservation de la spécificité du système judiciaire et du système éducatif anglo-saxon dans les deux régions. Dès le départ, fidèle à une option qui m’est chère, j’ai instruit l’instauration d’un dialogue entre le Gouvernement et les organisations syndicales en vue de trouver des réponses appropriées à ces revendications.

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Date de parution 11 septembre 2019
Langue Français
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DU CAMEROUN
Directeur de la publication: Antoine WONGO AHANDA Bi hebdomadaire d’information et d’analyseN°261 mercredi 11 septembre 2019 Recépissé de déclaration N° 083/RDPOP/JO5/SAAJP ÉDITION SPÉCIALE CRISE ANGLOPHONE Paul Biya convoque le grand dialogue
Qui l’organisera ?
Qui le présidera ?
Qui y participera ?
De quoi parlera-t-on ?
Où se tiendra-t-il ?
Quand se tiendra-t-il ?
Le message du chef de l’Etat à la Nation
DOSSIER SPÉCIAL POLITIQUE/ ÉCONOMIE/ MONDE/ SOCIAL
Camerounaises, Camerounais, Mes Chers compatriotes, Depuis près de trois ans, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de notre pays sont en proie à une crise, qui met en péril la sécurité et le bien-être des populations qui y vivent, mais a également de profondes conséquences sur l’ensemble de la commu-nauté nationale. Cette crise, faut-il le rappeler, est née des revendications corporatistes des Avocats et des Enseignants, qui réclamaient la tra-duction en langue anglaise des Actes Uniformes OHADA et la préservation de la spécificité du système judiciaire et du système éducatif anglo-saxon dans les deux régions. Dès le départ, fidèle à une option qui m’est chère, j’ai instruit l’instauration d’un dia-logue entre le Gouvernement et les organi-sations syndicales en vue de trouver des réponses appropriées à ces revendications. Les mesures qui ont été prises par le Gouvernement à l’issue de ces concerta-tions, sont allées bien au-delà des revendi-cations de départ. Qu’il me soit permis d’en énumérer quelques-unes : - la traduction en langue anglaise des textes OHADA a été effectuée. Ces textes sont désormais disponibles dans nos deux langues officielles ; - une Section de la Common Law a été créée à la Cour Suprême, afin de connaitre des pourvois formés contre les décisions des juridictions inférieures, dans les affaires relevant de la Common Law ; - au plan de la formation des Magistrats, une Section de la Common Law a été créée à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature. Cette mesure a été accompa-gnée d’un programme de recrutement des Auditeurs de justice et des Greffiers d’ex-pression anglaise ; - par ailleurs, un recrutement spécial d’Enseignants bilingues a été mis en œuvre dans l’Enseignement secondaire ; - au plan judiciaire, un arrêt des poursuites a été ordonné en faveur de certaines per-sonnes interpellées dans le cadre de ces revendications ; - Une Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme a été créée, afin notam-ment d’examiner en profondeur l’ensemble
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NAjohgm,eNdoAmbodoMuo-dAoz,iz,FrRaondcioslpNhgTuaénlgé,a,MMearctheideusNBaetlheahneakëal, ANnjnoegt,tNeoOmliongMao,dBo,élFisraencHiisolN,gNuaétlhé,alNieathAahlaiendAah,aNndaadège NRyeelemcetcukre: Lionel Owona Relectu W bmarset:erLi:oJneealn-OFwraoncais Ahanda CAMERMEDIAS S.A.R.LWebmaster: Jean-Francis Ahanda Co mercial et Marketing: Roger Ngonda Yusi Directeur de la publication :Commercial et Marketing: Roger Ngonda Yusi Directeur de lapublication :Souti n technique: Thomas Aurélie Ndas bou Antoine Wongo Ahandaet Boris Manda Nkodo Antoine Wongo AhandaSoutien technique: Thomas Aurélien Ndassibou, Boris Coordonnateur de la Rédaction : Coordonnateur de laRédaction :MSatnadgaiaiNreksod:oeMteArcliecdeeTsBcelleeBhealkla, Alice Thècle Balla, IMMEUBLE SOCIETE GENERALE CAMEROUNChCrihsrtiostpohpeheMvMovnodnodoStDaégsiiariéresT:réRsosreMBberotuillneé,MSbanmgi,ratAornuauHdaEmvaindao,u,CaRmoilsle Carrefour des carreauxRdéadcatcetueruerneCnhCehfeIfnfInorfomramtiaotinosngségnénraélreasle:s :OlBiveiratilAleyisMsbiang B.P : 1260 YaoundéAbArabhrahmaNmdjNadnjanMaoMdodoCoCnocneceptpitoinonGrGarpahpihqiuque:e: Contact : 655 76 80 94RdéadcatcetueruerneCnhCehfeEfnEqnuqêtueêsteestedtosdosisesriser:s :LaLuaruernetntAABBAAHH©©CCRREEATAITVIVEETTHIHNINKK(+(+33377863019525327)5) essentielducameroun@yahoo.comBlaBilsaeisNenNanagngMPicrhoedlucMtiboillna:Eric Azegue www.camermedias.comChrCohnrioqniuqeuersur:s :PIromdpurectsisosnio:nE:riScOAPzEeCgAueMImpresssion : 000 exemplaires AlpAlhpohnosnesAeteAbteabNadNoduomuomu,ouB,arBtahrothAomAumguguTirage4: SOPECAM Rdéacdtaicotnio:n:ChCahrlaerlsesNwNawnaoncohci,hi,ReRneénéNNooëlëlAAttananggaanna,a,TiDriasgtreib:u4ti0o0n0:eExriecmApzleaigrueesArnaud Joseph Etoundi, Marc Mounga, Aboubakar Yero,Dhisttrpisb:/u/tiwown:w.EfraiceAbzoeogku.ceo, Jmo/sEespshenNtikeolCmaemdoeroun Arnaud Joseph Etoundi, Marc Mounga, Aboubakar Yero, Ahmed Abdou-Aziz, Rodolph Tanga, Mathieu Nathanaëlhttps://www.facebook.com/EssentielCameroun N°261 mercredi 11 septembre 2019 - L’ESSENTIEL DU CAMEROUN
des sources de frustrations de nos compa-triotes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Par la suite, des décisions ont été prises pour accélérer le processus de décentralisa-tion, avec en prime la création d’un Ministère dédié. Les prochaines élections régionales serviront à parachever ce pro-cessus, en permettant à nos compatriotes, sur l’ensemble du territoire national, de participer pleinement à la gestion de leurs affaires au niveau local. Mes Chers compatriotes, Malgré ces efforts du Gouvernement, des mouvements radicaux, principalement ins-pirés de l’étranger, ont récupéré et dévoyé les revendications corporatistes. Ils ont ainsi ourdi un projet sécessionniste avec pour but, la partition de notre pays. A cette fin, ils ont constitué et financé des groupes armés qui ont causé un lourd préjudice aux populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le monde entier a été témoin des atrocités commises par ces groupes armés : mutila-tions, décapitations, assassinats des élé-ments des Forces de Défense et de Sécurité, des autorités administratives et des civils sans défense, destructions des infrastruc-tures et édifices publics, incendie des écoles, des hôpitaux, etc. Je voudrais saisir la présente occasion, pour réitérer mes condoléances les plus sincères et celles de la Nation tout entière à tous ceux qui ont perdu des êtres chers dans le cadre de cette crise. J’adresse également un message de réconfort aux blessés et à toutes les autres victimes à divers titres. Je leur donne l’assurance qu’ils peuvent compter sur la solidarité du Gouvernement de la République et sur celle de la Nation tout entière. Mes Chers compatriotes, Les exactions des groupes armés ont poussé des milliers de nos compatriotes à se réfu-gier dans les autres régions du pays, voire, pour certains, dans des pays voisins où ils sont réduits à la précarité. Face à ces actes intolérables, les Forces de Défense et de Sécurité ont pris des mesures énergiques, souvent au péril de leur vie, pour assurer leur devoir de protection des citoyens et de leurs biens. A l’heure actuelle, ces mesures commen-
ment créé un Centre de coordination de l’action humanitaire chargé de mettre ledit plan en œuvre. Je voudrais à cet égard, dire merci aux partenaires internationaux qui nous accompagnent dans cette initiative. Mes Chers compatriotes, Pour expliquer cette crise, il a souvent été évoqué un sentiment de marginalisation qu’éprouveraient les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Je voudrais à cet égard redire à nos compatriotes de ces régions, mais également à ceux des huit autres régions du Cameroun, que la mar-ginalisation, l’exclusion ou la stigmatisa-tion n’ont jamais inspiré l’action des diffé-rents Gouvernements que j’ai formés depuis mon accession à la Magistrature suprême de notre pays. Certes, aucune œuvre humaine n’est parfaite et dans un pays en développement tel que le nôtre, confronté à de multiples défis et ne dispo-sant que de ressources limitées, de nom-breux besoins restent encore insatisfaits, dans toutes les régions. Fort du soutien massif que vous m’avez accordé lors de la dernière élection prési-dentielle, je continuerai à œuvrer sans relâche, avec toutes les filles et tous les fils de notre pays, à relever les multiples défis auxquels nous sommes confrontés pour améliorer le bien-être de nos populations, notamment en matière d’infrastructures, d’approvisionnement en eau et en électri-cité, de couverture sanitaire et d’emploi des
cent à porter leurs fruits avec l’améliora-tion de la sécurité et la reprise progressive des activités économiques dans les deux régions. Mes Chers compatriotes, Depuis la survenance de cette crise, je n’ai ménagé aucun effort, avec l’aide de Camerounaises et de Camerounais de bonne volonté, pour rechercher les voies et moyens d’une résolution pacifique de celle-ci. Dans un souci d’apaisement, j’ai même décidé de l’arrêt des poursuites judiciaires pendantes devant les tribunaux militaires contre 289 personnes arrêtées pour des délits commis dans le cadre de cette crise. Dans le même ordre d’idées, j’ai adressé une offre de paix aux membres des groupes armés, en les invitant à déposer les armes et à bénéficier d’un processus de réintégration dans la société. A cet effet, un Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration a été créé. Les Centres Régionaux de Désarmement accueillent progressivement de nombreux ex-combattants qui acceptent volontairement de déposer les armes. Nous allons continuer à déployer les efforts nécessaires pour que ce processus soit plei-nement opérationnel. Au plan humanitaire, j’ai décidé du lance-ment d’un vaste plan d’assistance à nos compatriotes éprouvés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. J’ai égale-
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jeunes. Mes Chers compatriotes, Le 4 janvier dernier, j’ai procédé à un important remanie-ment ministériel, avec notamment la nomination d’un nouveau Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Le choix de ces responsables a, comme à l’accoutumée, été principalement guidé par leurs qualités humaines et pro-fessionnelles, leurs compétences et leur expérience. Je vou-drais néanmoins souligner que, fidèle à la politique d’équi-libre régional que je n’ai cessé de promouvoir, j’ai choisi un Premier Ministre originaire de la région du Sud-Ouest. Son prédécesseur, qui a quant à lui passé près de dix ans à ce poste clé, était originaire de la région du Nord-Ouest. De fait, depuis le 9 avril 1992, les Premiers Ministres, Chefs du Gouvernement, ont été choisis parmi les ressor-tissants de ces deux régions. Malgré cela, certains continueront à parler de marginali-sation des populations de ces régions. En fait, il y a lieu de reconnaitre, au plan général, que la nature humaine est ainsi faite qu’il n’y aura jamais assez de postes de respon-sabilité pour satisfaire toutes les régions, tous les départe-ments, les arrondissements, les villes, villages, familles et citoyens de notre pays. Chaque choix continuera de provo-quer de la joie lorsque l’on sera distingué et de la tristesse lorsqu’on ne le sera pas. Il est cependant indispensable que nos mentalités évoluent sur ce point. S’il est nécessaire de tenir compte de l’équili-bre régional dans des pays neufs, à la structuration socio-logique diverse tel que le nôtre, il est indispensable de rap-peler que les Ministres et autres responsables ne sont pas nommés seulement pour servir leurs régions, leurs villages ou leurs familles, mais l’ensemble de la communauté natio-nale. Ils doivent être au service de l’intérêt général et non des intérêts particuliers. C’est pourquoi, depuis mon accession au pouvoir, je n’ai cessé et je ne cesserai de mener, avec acharnement, la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics et de promouvoir la bonne gouvernance. Mes Chers compatriotes, Depuis la survenance de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, jamais le terme dialogue n’a été autant évoqué, prononcé, voire galvaudé. A l’interne comme à l’international, chacun y est allé de ses propositions et de ses suggestions. Certaines d’entre elles réalistes, d’autres nettement moins. Les conseils ont afflué. Certains avisés, d’autres intéressés. D’aucuns se sont même risqués à des injonctions. Des initiatives multiples et diverses ont également fleuri. La plupart du fait de personnes de bonne foi, de pays ou d’organisations véritablement soucieux du devenir de notre pays et du bien-être de nos populations. Qu’il me soit permis de les remercier pour leurs efforts et leurs témoi-gnages d’amitié. Il y a toutefois lieu de remarquer que la prolifération de ces initiatives s’est parfois malheureusement appuyée sur des idées simplistes et fausses, procédant de la propagande sécessionniste. Il en est ainsi de la prétendue marginalisa-tion des Anglophones, de la persécution de la minorité anglophone par la majorité francophone, du refus du dia-logue par notre Gouvernement au bénéfice d’une solution militaire à la crise ou encore des accusations ridicules de génocide. S’agissant du dialogue lui-même, la question s’est toujours posée de savoir, Avec qui ? Les nouvelles technologies de l’information et de la com-munication et notamment les réseaux sociaux ont mal-heureusement favorisé l’apparition de leaders autoprocla-més, d’extrémistes de tout bord essayant d’asseoir leur notoriété par le biais d’injures, de menaces, d’appels à la haine, à la violence et au meurtre. Or, tuer des gendarmes ou des civils, kidnapper, mutiler, molester, incendier, détruire des infrastructures publiques, empêcher les enfants d’aller à l’école ou les populations de vaquer tranquillement à leurs occupations n’a jamais été, dans aucun pays au monde, source de légitimité pour
représenter ou s’exprimer au nom des populations juste-ment victimes de ces exactions. En démocratie, seule l’élection confère une telle légitimité. Mes Chers compatriotes, Les nombreuses consultations que je n’ai cessé de mener au sujet de cette crise, m’ont permis de prendre la mesure de l’ardent désir des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de retrouver le cours normal de leurs vies, de pouvoir de nouveau, en toute sécurité, exer-cer leurs activités économiques et sociales, de voir les réfu-giés et les personnes déplacées revenir et les enfants retrou-ver le chemin de l’école. La récente tournée du Premier Ministre dans les deux régions a permis de confirmer ce sentiment. J’ai la ferme conviction, à cet égard, que le moment est venu de mobiliser toutes les forces positives et construc-tives de notre pays, à l’intérieur comme dans la diaspora, pour que ce désir devienne une réalité. C’est pourquoi, j’ai décidé de convoquer, dès la fin du mois en cours, un grand dialogue national qui nous permettra, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des popu-lations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation. Le dialogue dont il est question, concernera principalement la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mais il est évident qu’en cela même il touchera à des questions d’intérêt national, telles que l’unité natio-nale, l’intégration nationale, le vivre-ensemble, il ne sau-rait intéresser uniquement les populations de ces deux régions. Il aura donc vocation à réunir, sans exclusive, les filles et les fils de notre cher et beau pays, le Cameroun, autour de valeurs qui nous sont chères : la paix, la sécurité, la concorde nationale et le progrès. Il s’articulera également autour de thèmes susceptibles d’apporter des réponses aux préoccupations des popula-tions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi qu’à celles des autres régions de notre pays : le bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le déve-loppement des zones touchées par le conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentralisation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc. Présidé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, ce dialogue réunira une palette diverse de personnalités : parlementaires, hommes politiques, leaders d’opinion, intellectuels, opérateurs économiques, autorités tradition-nelles, autorités religieuses, membres de la diaspora, etc. Seront également invités des représentants des Forces de Défense et de Sécurité, des groupes armés et des victimes. Tout le monde ne pourra, et c’est compréhensible, prendre effectivement part à ce dialogue, mais chacun aura l’occa-sion d’y contribuer. En amont de la tenue effective du dialogue, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, mènera de larges consultations, afin de recueillir les avis les plus divers, qui serviront de sources d’inspiration pour la conduite des débats. Des Délégations seront également envoyées dans les prochains jours à la rencontre de la diaspora, afin de lui permettre d’apporter sa contribution à ces réflexions sur la résolution de la crise. Je voudrais à cet égard en appeler au patriotisme et au sens des responsabilités de tous nos compatriotes de l’intérieur comme de la diaspora pour que chacun, où qu’il se trouve, saisisse cette opportunité historique pour contribuer à conduire notre pays sur les chemins de la paix, de la concorde, de la sécurité et du progrès. Mes Chers compatriotes, La propagande des sécessionnistes a voulu présenter les décisions de justice récemment rendues à l’encontre d’un certain nombre de nos compatriotes, dans le contexte de cette crise, comme un obstacle au dialogue envisagé. Il n’en est rien. Je voudrais d’ailleurs en profiter pour pré-
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ciser que le respect de la règle de droit et la lutte contre l’impunité constituent les piliers de la consolidation de l’Etat de droit, à laquelle nous aspirons tous. Fouler aux pieds la règle de droit et assurer l’impunité à certains citoyens, aboutiraient à préparer le lit de l’anarchie. Il est donc fondamental, à ce stade, de dissiper les rumeurs selon lesquelles, l’on peut tranquillement piller, violer, incendier, kidnapper, mutiler, assassiner, dans l’espoir qu’un éventuel dialogue permettra d’effacer tous ces crimes et assurera l’impunité à leurs auteurs. Une telle façon de penser ne peut qu’encourager la perpé-tuation des violences dans les régions en crise et même en susciter dans les régions où il n’y en a pas, ainsi que nous l’enseigne l’expérience vécue par plusieurs pays dans le monde. Il est toutefois vrai que dans le cadre d’un dialogue, d’un processus de paix ou de réconciliation nationale, il puisse être envisagé l’éventualité d’un pardon, dans certaines conditions. Il est tout également vrai qu’aux termes de notre Constitution, le Chef de l’Etat est habilité à user d’un droit de grâce. C’est d’ailleurs fort de cette habilitation que j’ai adressé, lors de ma récente prestation de serment, une offre de paix aux membres des groupes armés. Je voudrais solennellement réitérer en ce jour cette offre. Ceux qui volontairement déposent les armes et se mettent à la disposition des centres de DDR, n’ont rien à craindre. Leurs camarades qui s’y trouvent déjà peuvent en témoi-gner. En revanche, ceux qui persisteront à commettre des actes criminels et à violer les lois de la République, feront face à nos Forces de Défense et de Sécurité et subiront toute la rigueur de ces mêmes lois. Il en est de même des promo-teurs de la haine et de la violence qui, confortablement et impunément installés dans des pays étrangers, continuent à inciter au meurtre et aux destructions. Qu’ils sachent qu’ils devront tôt ou tard rendre des comptes à la Justice. J’en appelle justement aux pays qui abritent ces extré-mistes. S’ils se soucient réellement de la situation des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qu’ils agis-sent contre ces criminels. La plupart n’ont plus la natio-nalité camerounaise, mais ils passent leur temps à collec-ter des fonds pour perpétrer des actes terroristes au Cameroun, à commanditer des incendies, des kidnappings et des assassinats et à lancer des mots d’ordre pour empê-cher les enfants d’aller à l’école et les citoyens de vaquer tranquillement à leurs occupations. Mes Chers compatriotes, La communauté nationale tout entière fonde de grands espoirs sur les assises que je viens d’annoncer. Elle espère y voir l’opportunité pour nos frères et sœurs du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de tourner cette page particulière-ment douloureuse, d’oublier leurs souffrances et de retrou-ver une vie normale. Elle espère également voir notre pays poursuivre résolument sa marche vers le progrès, grâce à une réflexion féconde sur les voies et moyens de créer les conditions d’une exploitation optimale des ressources naturelles et du formidable potentiel humain que recèle notre pays. Nous devons donc tous œuvrer à leur succès. Mes Chers compatriotes, Au fil du temps, nous avons su tirer parti de notre formi-dable diversité linguistique et culturelle, du talent de nos filles et de nos fils, de nos efforts et de nos sacrifices méri-toires, pour bâtir un pays solide et une Nation forte. Ensemble nous avons relevé de nombreux défis et remporté d’innombrables victoires. Nous avons prouvé que lorsque nous sommes unis, il n’y a pas de difficulté que nous ne puissions surmonter, d’obstacle que nous ne puissions franchir. Nous l’avons prouvé hier. Nous le prouverons encore aujourd’hui et demain. L’avenir de nos compa-triotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se trouve au sein de notre République. Le Cameroun restera un et indivisible. Vive le Cameroun
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Cameroun, terre de dialogue
«Dès le départ, fidèle à une option qui m’est chère , j’ai instruit l’instauration d’un dialogue entre le Gouvernement et les organisations syndicales en vue de trouver des réponses appropriées à ces revendications.»
Alphonse Ateba Ndoumou
u Cameroun, la parole présiden-tielle est d’or parce que rare ; et sociAaux en leurs différentes modalités, la malgré l’avènement des réseaux parole présidentielle a conservé sa magie incomparable, pour apaiser, sou-lager, orienter, fixer le cap, en saison ordinaire, autant qu’en situation excep-tionnelle. Et le chef de l’Etat ne s’y est pas dérobé, ce mardi soir, dans une parole que les Camerounais ont bu au goulot, à la bonne franquette, parce qu’elle définissait, par le miel et le lait, le cadre de l’assomption d’une nouvelle écologie de la concorde nationale. Ouf et merci M. le président, car, il en était
plus que temps, dans un pays qui com-mençait à se consumer sous mille bra-siers, le cri noyé par le vacarme ! Qu’elle est désormais lointaine, notre image d’Epinal d’ilot d’élection et de prédilection de la joie. Pays de paix tou-ché à sa frime, le Cameroun ploie, depuis quelques temps, sous différentes poches d’incertitudes, de violence et d’éclatement systémiques qui sonnent toutes comme la fin de l’Histoire. Un crépuscule de cendre dont le NOSO se veut l’épicentre, sous l’écume épaisse d’un torrent de sang presque à huis clos ; la dernière rentrée scolaire, mi-figue, mi-raisin, et les milliers de déplacés qu’elle continue de déverser dans des zones déjà en équilibre précaire, est venue encore souligner l’indispensable nécessité du sursaut suprême. Fidèle à
sa vocation d’avant-garde, la religion de Paul Biya sur la situation était demeurée inébranlable depuis le commencement, dialogue ! Il y a ensuite les événements post-prési-dentiels 2018, depuis lors mués en une chasse à l’homme moyenâgeuse, pour remplacer la force de l’expérience par l’expérience d’une force aveugle, hai-neuse, ravageuse, immorale, sur fond de tribalisme exacerbé. Certains Camerounais commençaient à sentir comme l’abandon du père… Eh bien, le père est venu ce mardi prôner la République, une, indivisible, et exi-geante sur le respect de la loi pour tous, par tous. Et Paul Biya, en bon pater familias, n’a pas oublié ces autres Camerounais des quatre coins du pays, tous solidaires
dans les mêmes souffrances, et qui font semblant de rire, en fait pour cacher qu’ils n’ont plus les larmes nécessaires à arroser leur désespoir sédimenté par la précarité, le rationnement de l’énergie, la rareté de l’argent et différentes autres frustrations, comme en témoignent la noria des memoranda communautaires énonçant çà et là un mal-être itinérant. Tous attendaient depuis longtemps la réponse du chef de l’Etat. Paul Biya, homme de parole ne s’y est pas dérobé. Rendez-vous est pris pour cette fin du mois, autour du Premier ministre, avec tous, pour tous, par tous, pour le bien de tous. Cela s’appellera le grand dialogue national. Il était temps. Merci papa !
SÉCURITÉ «Face à ces actes intolérables, les Forces de Défense et de Sécurité ont pris des mesures énergiques, souvent au péril de leur vie, pour assurer leur devoir de protection des citoyens et de leurs biens. A l’heure actuelle, ces mesures commencent à porter leurs fruits avec l’amélioration de la sécurité et la reprise progressive des activités économiques dans les deux régions.» Les forces de défense paient le prix fort Selon une estimation d’Amnesty International en décembre 2018, plus de 300 membres de forces défense et de sécurité ont perdu la vie depuis l’éclatement de cette crise. Pas suffisant pour éprouver la bravoure d’une armée toujours debout et toujours combattante. Christophe Mvondoqui s’est installée depuis 2016 dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun. Elle s'est par la suite transformée fin 2017 en conflit armé. ans les régions du Nord-ouest et Des affrontements entre l’armée came-D du Sud-ouest, l’armée est au font rounaise et séparatistes, se réclamant du contre les combattants sécession- mouvement sécessionnistes anglo-nistes. Sans véritablement faire la guerre phone, organisés en groupes épars dans contre des compatriotes qui ont pris des la forêt équatoriale, s'y produisent qua-armes pour terroriser leurs propres siment tous les jours. Selon des sources frères et sœurs, l’armée riposte aux concordantes, aux séparatistes armés, se attaques, repousse leurs assauts, mène sont ajoutés des bandes armées qui des opérations de libération des otages rackettent les populations et les entre-et neutralise en cas d’attaques contre les prises. En réaction, les autorités, qui qua-éléments des forces de défense et les lifient ces séparatistes de« terroristes », populations désarmées notamment les ont procédé depuis début 2018 à un femmes et les enfants. important déploiement de forces de Paul Biya, chef des armées sait reconnaî- sécurité pour« rétablir l'ordre ». Comme tre les efforts et les prouesses de ses ne cesse de le clamer le gouvernement, forces. A l’occasion de la cérémonie de l’armée camerounaise n’est pas en triomphe de la 36e promotion de de guerre dans les régions du Nord-ouest l’Ecole Militaire Interarmées (EMIA), le et du Sud-ouest, il s’agit d’un maintien fitent du non recours à la violence prôné fronts dans l’Extrême-Nord, au Nord-chef de l’Etat disait :« Grâce à la bravourede l’ordre, dit« renforcé », face aux par le chef de l’Etat. Pour cela, Paul Biya ouest, au Sud-ouest, dans l’Adamaoua de nos forces de défense et de sécurité, laattaques perpétrées par les séparatistes avait déjà indiqué :« Si l’appel à déposerest parée et attend que des ordres pour menace du Boko Haram a été sensiblementarmés contre les forces de défense et les les armes que j’ai lancé aux entrepreneurs deentrer en action, car véritablement à la réduite dans la région de l’Extrême-nord. Lespopulations civiles. guerre reste sans réponse, les forces dehauteur des défis sécuritaires de l’heure. récentes attaques de ce groupe terroristeSelon certaines sources, plus de 300 élé-défense et de sécurité recevront instructionEn attendant cette intervention musclée révèlent cependant la nécessité de maintenirments des forces de défense et sécurité de les neutraliser. Je suis bien conscient enpour mettre un terme à cette« sale guerre un niveau élevé de vigilance. »camerounaises ont perdu la vie dans ce effet de la désolation que ces insurgés infli- »qui n’a que trop duré, les affronte-Dans son discours de fin d’année 2018, conflit ainsi qu’environ un millier de gent aux populations de ces régions. Cettements sont quasi-quotidiens dans les Paul Biya a fait remarquer que l’armée civiles et causé le déplacement de situation ne peut plus durer. »régions anglophones du Cameroun, n’est pas dépassée par les événements 437.000 personnes, selon des chiffres de Des informations qui indiquent que l’ar- avec leur cortège de morts et de blessés. dans les régions du Nord-ouest et du l'Organisation des Nations Unies. mée républicaine présente sur divers Une crise socio-politique sans précédent Sud-ouest, mais les bandes armées pro-44 N°261 mercredi 11 septembre 2019 - L’ESSENTIEL DU CAMEROUN
DOSSIER SPÉCIAL POLITIQUE/ ÉCONOMIE/ MONDE/ SOCIAL CRISE ANGLOPHONE «Il (dialogue) s’articulera également autour de thèmes susceptibles d’apporter des réponses aux préoccupations des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi qu’à celles des autres régions de notre pays : le bilin-guisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le développement des zones touchées par le conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentrali-sation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc. » Le grand dialogue national est enfin-là ! En réponse aux nombreux appels pour un dialogue en vue de résoudre la crise qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le chef de l’État vient d’annoncer la tenue avant la fin de ce mois, des assises d’un dialogue national autour de thèmes susceptibles de ramener la paix dans cette partie du pays. Dominique Beling NkoumbaOuest et du Sud-Ouest. Ce sera donc belgieuses, membres de la diaspora, etc. Serontnera principalement la situation dans les et bien une affaire entre les seuls fils etégalement invités des représentants des Forcesrégions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mais filles du Cameroun, réunisde Défense et de Sécurité, des groupes armés etil est évident qu’en cela même il touchera à des « dans le cadre de notre Constitution »autour d’un objectifdes victimes ». Et pour donner plus de force àquestions d’intérêt national, telles que l’unité : discuter sur les voies et moyens afin denationale, l’intégration nationale, le vivre- la volonté de faire participer la majorité des elle une réponse tant attendue, l’of-trouver des solutions sur les questionsCamerounais d’ici et d’ailleurs, le chef de l’Étatensemble, il ne saurait intéresser uniquement fre de dialogue de Paul Biya pour doTmanière spécifique, selon le chef de l’État,nc enfin-là. Lors de son allocution à la envoyées dans les prochains jours à la rencon-d’intérêt national.les populations de ces deux régions ». Deannonce des délégations qui seront « également résoudre la crise anglophone est 2. Qui en sera le médiateur ?il va s’articulertre de la diaspora, afin de lui permettre d’ap-« autour de thèmes suscepti- Nation hier, le Chef de l’État a annoncé la Présidé par le Premier ministre, chef duporter sa contribution à ces réflexions sur lables d’apporter des réponses aux préoccupa- tenue d’un grand dialogue national, qu’il gouvernement. Le choix présidentiel portétions des populations du Nord-Ouest et du résolution de la crise ». Ouverture et invite destine selon ses propres mots à« examiner sur Joseph Dion Ngute, originaire de laSud-Ouest, ainsi qu’à celles des autres régionsdu dialogue donc, à l’endroit de tous. les voies et moyens de répondre aux aspirations région du Sud-Ouest, est consécutif à lade notre pays : le bilinguisme, la diversité cul-profondes des populations du Nord-Ouest et tournée qu’il a effectuée en début d’année,turelle et la cohésion sociale, la reconstruction5. Quand se tiendra-t-il ? du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres dans les deux régions anglophones avecet le développement des zones touchées par leLe chef de l’État l’a annoncé pour avant la composantes de notre Nation »l’idée. Dans un succès qui a eu un grand écho. Pourconflit, le retour des réfugiés et des personnesfin du mois de septembre. Ainsi, de de Paul Biya, il est attendu au sortir de ces présider ces assises, le Premier ministre,déplacées, le système éducatif et judiciaire, lamanière probable, le Cameroun dès les assises, que le Cameroun tourne définiti-chef du Gouvernementdécentralisation et le développement local, la« mènera de larges prochains jours va commencer à vibrer au vement cette triste page de son histoire. Et consultations, afin de recueillir les avis les plus démobilisation et la réinsertion des ex-combat-rythme de la tenue de ces assises qui fon-au sujet de la tenue de ces assises, le pro-divers, qui serviront de sources d’inspiration tants, le rôle de la diaspora dans le développe-dent tant d’attentes… pos présidentiel en a non seulement pour la conduite des débats ». Une grandement du pays, etc. » dressé le contenu, mais également défini responsabilité en somme, pour un premier6. Où se tiendra-t-il ? ses modalités. Revue des détails de cette ministre vers qui désormais tous les4. Qui y prendra part ?De manière probable, à Yaoundé, le siège offre de dialogue. regards seront tournés. L’option prise par Paul Biya est de faire de des institutions du Cameroun, même si le ces assises, une concertation nationale propos présidentiel ne le précise pas. On 1. Qui va l’organiser ? 3. De quoi parlera-t-on?se souvient des supputations au sujet duélargie à tous les représentants des L’État du Cameroun et personne d’autre. Selon Paul Biya, ce dialogue« aura donclieu de ces assises faisant de Buea ou decouches socio-politiques du Cameroun. Par cette précision, le chef de l’État a dis-vocation à réunir, sans exclusive, les filles et lesDans le propos présidentiel, ce dialogue Bamenda, le lieu le plus indiqué. En don-sipé de nombreuses rumeurs faisant état fils de notre cher et beau pays, le Cameroun,réunira« une palette diverse de personnalitésnant à ce dialogue une dimension natio-de l’implication des États amis du autour de valeurs qui nous sont chères : la paix, : parlementaires, hommes politiques, leadersnale, le chef de l’État réitère par ce fait-Cameroun dans un dialogue censé rame-la sécurité, la concorde nationale et le progrès d’opinion, intellectuels, opérateurs écono-même, Yaoundé comme étant bel et bien ner la paix dans les régions du Nord-». Et le contenu de sa thématiquemiques, autorités traditionnelles, autorités reli-« concer- le siège et le cœur du Cameroun.
FORME DE L’ETAT « Des décisions ont été prises pour accélérer le processus de décentralisation, avec en prime la création d’un ministère dédié. Les prochaines élections régionales serviront à parachever ce processus, en permettant à nos compatriotes, sur l’ensemble du territoire national, de participer pleinement à la gestion de leurs affaires au niveau local .» La décentralisation au centre des préoccupations
Depuis quelques années, des décisions importantes ont été prises par les pouvoirs publics pour accélérer le processus, avec pour objectif de donner une véritable dynamique au développement des potentialités locales. Abraham NdjanaLa dynamique de développement des pertinence et l’efficacité de la gestion de toutes les mesures appropriées pour le res-proximité. potentialités locales va donc se poursuivre, pect de l’unité nationale et la sauvegarde En effet, alors que la décentralisation a été en rapport avec les textes sur la décentrali- de l’intégrité du territoire. De même qu’il inscrite dans la Constitution de janvier sation : la loi d’orientation de la décentrali- lui revient de veiller au développement 1996, et après la promulgation des textes de sation, la loi fixant les règles applicables harmonieux de toutes les collectivités terri-ans son discours à la nation du 10 2004, le processus a été effectivement lancé aux communes et la loi fixant les règles toriales décentralisées sur la base de la soli-Daccélérer le processus de décentralisation, tive aux compétences. déséquilibres naturels, d’une collectivité à septembre 2019, le président de la en 2010. « Des décisions ont été prises pour applicables aux régions, ainsi que celle rela- darité nationale, tout en tenant compte des République est resté dans sa logique de l’Etat unitaire : « Le Cameroun avec en prime la création d’un ministère Le mode de décentralisation mis en œuvre une autre. restera un et indivisible ». Paul Biya a par dédié. Les prochaines élections régionales devrait donc permettre à chaque groupe de Comme on peut le constater, la décentrali-ailleurs annoncé la tenue des élections serviront à parachever ce processus, en per- faire des choix de stratégie de lutte contre sation et le développement local sont ins-régionales, avec toutes les prérogatives y mettant à nos compatriotes, sur l’ensemble la pauvreté, dans une approche participa- crits à l’ordre du jour des thèmes qui se afférentes, ceci en rapport avec les textes du territoire national, de participer pleine- tive, en tenant compte de ses propres spé- seront débattus dans le cadre du grand dia-portant sur la décentralisation. De ce fait, la ment à la gestion de leurs affaires au niveau cificités, de son environnement, de son logue national annoncé par le président décentralisation aboutie consacre évidem-local », a déclaré le président de la potentiel, de sa culture et de ses contraintes. Paul Biya, dans son discours de mardi der-ment la gestion des affaires locales par des République dans son discours. Mais en même temps, l’Etat central prend nier. responsables et élus locaux et reconnaît la 5 N°261 mercredi 11 septembre 2019 - L’ESSENTIEL DU CAMEROUN