La Revue de Dakar du 09-12-2021
164 pages
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La Revue de Dakar du 09-12-2021 , magazine presse

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Date de parution 09 décembre 2021
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Exrait

LA REVUE DEDAKAR
DOSSIER FEMMES
CHINE-AFRIQUE
LE TOURNANT DE DAKAR
ACCÉLÉRER LE CHANGEMENT POUR UN MONDE PLUS ÉGALITAIRE
Entre progrès et déis
NUMÉRIQUE Les révolutions du Sénégal
N° 2 - Août / Septembre / Novembre 2021 - Prix : 3000 FCFA / 8 euros
Aujourd’huî
Signe de protection Ecrire, Dire, Écouter, Comprendre, Converser, Agir totale
Tél. : 33 839 36 01
2LA REVUE DE DAKAR
www.larevuededakar.com
Amî-e-s des quatre bouts du monde
Le premîer numéro de La Revue de Dakar a été bîen accueîî. A travers e monde, cette pubîcatîon, ambîtîeuse d’être une réérence de a pensée arîcaîne contemporaîne, a enregîstré des dîzaînes de mîîers de vues dans e web: e sîte www. arevuededakar.com, es réseaux socîaux. Mercî, au nom de toute ’équîpe, à toutes es amîes et tous es amîs, maîs aussî à cees et ceux, înconnus, avec quî nous partageons es chemîns de a pensée, quî ont accueîî chaeu-reusement cette revue, et ’ont partagée géné-reusement dans es dîvers espaces du web. Vos mîîers de messages d’encouragement sont un poînt d’appuî précîeux pour poursuîvre cette aventure médîatîque et înteectuee. Voîcî e deuxîème numéro, toujours ambî-tîeux et soucîeux de donner de a résonance à ce quî, sur ce contînent dressé contre es vents du pessîmîsme, germe et porte un utur meîeur. Nous proposons îcî troîs dossîers : es révoutîons du numérîque au Sénéga et en
Aujourd’huî Lettre de Dakar
ParEl Hamidou KASSÉ
Arîque, es pas de géant pour ’égaîté homme-emme et e Forum de a coopératîon sîno-arîcaîne quî se tîent à Dakar es 29 et 30 novembre 2021. Autres audaces : une pro-posîtîon du phîosophe M. E Hady Ba sur a Répubîque des nawés, une autre modaîté du vîvre-ensembe pus juste et égaîtaîre. L’archîtecte Babacar Seck proonge notre îmmersîon dans a capî-tae sénégaaîse tandîs que 'artîste peîntre Ab-douaye DIALLO nous aît aîmer 'Îe de Ngor. Amînata Adara ît e dernîer roman d'Egas quî, uî-même écrîvaîn taentueux, saue, d’un geste qu’écaîre a îttéraîre, son amî Mohamed Mbougar Sarr, Goncourt 2021 pour son roman La plus secrète mémoîre des hommes. Le Pr Ibrahîma Thîoub nous învîte, dans une întervîew au ong cours, à oser aîre ace à notre propre hîstoîre et, s’appuyant sur son ex-pérîence de journaîste économîque, Mamadou Ndîaye dîagnostîque es orces et aîbesses du secteur prîvé. Bonne ecture.
« Le Sénéga vous accueîe (...) comme des hôtes însîgnes et, d’abord, Dakar, quî répond aînsî à sa vocatîon. Car, soc noîr, ancé dans ’océan ertîe,Dakara toujours répondu à ’appe des aîzés, au saut des vîsîteurs de a mer et de ’aîr, pour nouer es dîaogues d’où naîssent es cîvîîsatîons, en tout cas a cuture ».L.S. Senghor
LA REVUE DE DAKAR
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Aujourd’huî
LA REVUE DEDAK AR
LA REVUE LA REVUE DEDAK AR DEDA K A R Num éro 1 - Mai Juin Juillet 2021
D o ssie r O N U F E M M E S ACC É L É R E R L E C H A N G E M E N T P O U R U N M O N D E P LU S É G A L ITA IR E
CHINE-AFRIQUE
MODÈLE SÉNÉGALAIS DE GESTION DE LA COVID19 États et éclats
ESCLAVAGE LUEnTe hOiUstoRirNeANT DE DAKAR au présent
DAKAR Entre progrès VIlle mosaïque et déis N° 2 - Août / Septembre / Novembre 2021 - Prix : 3000 FCFA / 8 euros
N U M E R IQ U E es résolutions du Sénégal
LA REVUE DE DAKAR
Éditée par Afrique Médias Communication 566, avenue Bourguiba Sicap Baobab Dakar-SENEGAL
Tél : +221 338271068 E-mail : contact@larevuededakar.com Site web : www.larevuededakar.com
Coordonnateur Mohamed A. A. CISSE
Directrice de publication Aminata K. DIOUKHANE
Rédacteur en chef Moussa SECK
Conseillers à la rédaction Moustapha SENE, Hamidou KASSE
Atelier Graphique Karim Dimé
Ont collaboré à ce numéro Boubacar SECK, Abdoulaye DIALLO, Mohamadou El Hady BA, Moussa SECK, Ousmane THIONGANE, Aminata AIDARA, Moustapha Sène, Ousmane THIONGANE, Abdou Rahim KA, Kayar THIAM, Karim SY, Abdoul Aziz BANE, Abdourahmane WADE, Abdou FAYE, Sokhna Aminata Lô MBACKE, Mamadou NDIAYE, Oulimata SARR, Alioune FALL Paloma, Coumba SY, Zahra NDIAYE, Mor Talla GAYE, Oumy SAMBOU, Aminata K. Dioukhané, Moustapha SENE, Hu FUN, Ge LIJUN, Elgas. LA REVUE DE DAKAR
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ESPACES
« Souviens-toi, dakar ! » « L’île de ngor : la ïlle du volcan » Née du feu et de l’eau
AUJOURD’HUI Pour une république des nawlés L’insécurité culturelle des étudiants sénégalais en france Une souffrance tue
NUMÉRIQUE Transformations a l’ere du numerique (Des)clics
Les piliers d’une souveraineté numérique Le sénégal pose les jalons Loi relative à la création et à la promotion de la startup Vers un cadre plus incitatif et sécurisé Datacenter National de Diamniadio Gage de souveraineté digitale, rampe de lancement pour l’innovation Interview YankhobaDIATTARA Ministre de l’Economie Numérique et des Télécommunications Portrait : Oumar DIALLO Le numérique comme cœur de l’entreprenariat Mobile money, une révolution technologique bien africaine Un léger goût d’inachevé Dr khadim BambaDIAGNE « Les banques sont obligées de se moderniser ou elles vont disparaitre » La crise covid-19 Crise ou opportunité pour le numérique au sénégal ? Interview Seydina Moussa NDIAYE Docteur en intelligence artiIcielle Administration de proximité La digitalisation suit son cours Espace Sénégal services de dakar Les usagers saluent la qualité du service Espace Sénégal services de Ziguinchor L’équité numérique en actes Forum ziguinchor Interview Cheikh BAKHOUM Directeur general de l’adie Modernisation de l’Administration des douanes Les systèmes d’information des douanes au cœur de la révolution Le numérique, levain du Promad Dematérialisation du timbre ïscal Un processus de digitalisation pour une meilleure qualité de services Dematérialisation du dépôt desÉtats Financiers « Sen-etaI », le nouveau bébé numérique de la dgid Le Système de Gestion du Foncier (SGF) Un outil de pointe pour la performance et la transparence
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Migration vers etax 4.0 Formation préalable des formateurs, gage d’un déploiement réussi Stratégie d’investissement au sénégal Le privé manque de capitaux AntoineNGOM Président de l’Organisation des Professionnels des Technologies de l’Information et de la Communication (OPTIC)
EN OUVERTURE Edito de Oulimata SARR, Directrice Régionale ONUFEMMES Afrique l’Ouest et du Centre Féminismes africains Quelques pistes vers le futur Les violences basées sur le genre Viol au senegal Un sujet qui fait mâle Mobilisation pour bineta camara, mobilisation pour louise Retour à la place de la nation Violences faites aux femmes Entre «préventions insufIsantes», et «impunité»............80 SoulefGUESSOUM Conseilllère réegionale d’onufemmes sur la gouvernance et la participation politique des femmes Locales 2022 Le caucus des femmes leaders vise 10% des municipalités RokhiatouGASSAMAprésidente du cosef ‘’Nous avons 557 communes avec 14 ou 15 maires femmes au sénégal’’ Dans les parlements, la représentation des femmes s’améliore, mais… MetaBA, cheffe de village Celle qui a brisé le mythe de la chefferie dans le saloum Exposition : le leadership des femmes africaines Une belle réalité historique contée en photos Interview de Madame Salimata DiopDIENG Ministère de la Femme, de la Famille du Genre et de la Protection des Enfants ONUFEMMESetBNPParibas Les raisons d’un partenariat pluriel VNU : Motivés et impliqués, les volontaires, épine dorsale des nations unies sur le terrain Ansd et ONUFEMMES L’histoire d’une relation d’amour Statistiques ONUFEMMES Trois questions à Michele SEROUSSI Specialiste des statistiques genres pour le bureau régional d’onufemmes ONU-FEMMESL’onu-femmes vole au secours des femmes sans «protection sociale»
Sosso, pour des femmes fortes et le « made in sénégal » au top
Buy from women
Acheter auprès des femmes, aïn d’assurer leur autonomie
Au mali : “buy from women” Crée de nouveaux modèles de leaders
Sénégal : « buy from women » Met en exergue le riz
« Autonomisation des femmes grâce à une
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agriculture résiliente au changement climatique en afrique de l’ouest et en afrique centrale » Sénégal : autonomisation des femmes par l’agriculture Le paf – agrifed à la rescousse Feuille de route pour la relance et la transformation économique Impact du covid-19 Les femmes très touchées Anta Germaine GAYE - Plasticienne «Le fait d’être une femme m’a beaucoup servi» 10 Actions d’onufemmes qui déconstruisent les stéréotypes liés au genre Construire la paix par le partenariat et l’inclusivité Les femmes, la paix et la securite Quelques faits et chiffres Diago ndiaye, presidente du repsfeco senegal Profession : fédératrice Le repsfeco, en quelques points Un réseau de femmes, pour les femmes, partenaire d’ONUFEMMES dans le cadre de son programme agenda femmes paix et sécurité 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre Focus sur les féminicides Generation egalite Pour les droits des femmes et un futur égalitaire Orangez le monde Unité pour que cessent les violences faites aux femmes
EVÉNEMENT Après Beijing, Dakar pour la mise sur orbite MamadouNDIAYE Ambassadeur du sénégal en chine Coopération sino-africaine Un rôle indispensable Une coopération pragmatique Le Tournant de Dakar Xiao han, Ambassadeur de chine au sénégal Chine - Afrique Genese et enjeux d’une cooparation sud-sud Organisation Sous le sceau de l’inclusion et de la mobilisation des forces vives de nation Sénégal-Chine Une amitié en actes
LIRE, ÉCOUTER, VOIR Mâle noir Arracher la liberté d’être soi Mohamed Mbougar SARR en un souvenir
HISTOIRE Interview duPr Boubacar THIOUB Les historiens ne sont pas des memorialistes Le coup de cœur de kciss L’art-thérapeute
LA REVUE DE DAKAR
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Espaces
« Souviens-toi, Dakar ! »
Je suîs aîé à Daka à ’âge de cîn ans. Ma mèe m’a conIé à mon gand-pèe, péet de a Répubîue, pou ue j’aîe toutes mes chances dans a îe. Aujoud’huî, je pense au Im « Vas, îs et deîens » de Radu Mîhaîeanu et j’îmagîne es sentîments contadîctoîes de déchîement et d’espéance uî ont dû se bouscue dans sa tête. e peuraîs devant a maî- Pace centrae, poîtîque et admî- vîes, se sont étîrés e ong de ’axe son grand-paternee en a nîstratîve, on y ît a résîdence gé- prîncîpa. garçJon de mon âge. Ee uî dît avec mînîstère des Afaîres Étrangères voyant partîr quand j’en- nérae (actue paaîs présîdentîe), Cette morphoogîe urbaîne tends ma tante appeer un a résîdence du gouverneur (actue sîmpe en damîer épousant es contîngences géographîques, entre cette autorîté des înstîtutrîces : seon certaînes hypothèses). De mer ïes et acs, a permîs, durant Pîerre, voîcî Boubacar, vous a- ce centre rayonne es grandes per- pusîeurs décennîes, d’érîger des ez devenîr des amîs ! cées quî débouchent sur des équî- bâtîments de grande quaîté. Des Pîerre m’a serré a maîn et est pements embématîques (maîrîe, bees paces sont dessînées comme retourné poursuîvre ses actîvîtés de hôpîtaux, buîdîng admînîstratî, ont été conçus des îmmeubes em-petît Dakaroîs déjà sûr de uî quand trîbuna, marchés, îeux de oîsîrs …) bématîques tes que ’Immeube î a trébuché et est tombé. J’aî rî. Ce premîer noyau, Le Pateau, des Eaux ou des « Aumettes », es Voîà mes premîères mînutes est compété, dans une voonté sé- mînîstères, es marchés Kerme de vîe dans cette vîe : des armes grégatîve avec a peste du début du et Sandaga. La magnîfique et bîen et des rîres, un petît garçon débar- XXème comme prétexte, par un nommée mosquée Massaîkou Djî-quant de a capîtae du mourîdîsme deuxîème quartîer, « Indîgène » nane vîent s’însérer en 2019 dans et un natî de a presqu’ïe quî aaît pour e coonîsateur ou « popu- cette partîtîon comme son aïnée a bîentôt s’înscrîre au catéchîsme à aîre » pour a îtote, a Médîna. Ce Grande mosquée carénée de ze-’égîse du quartîer. « quartîer îndîgène » est séparé du îges et couverte de tuîes vertes Dans cette anecdote person- premîer par ’avenue E Hadjî Ma- construîte en 1964 par es Maâems nee, î y a déjà es promesses de îck Sy vérîtabe cordon sanîtaîre. (maïtres artîsans), cadeau du cette cîté : paradoxes et dîversîtés, Le confinement étaît déjà de rî- royaume chérîfien. La cathédrae de îndîvîduaîté et soîdarîté, mîxîté gueur. ’archîtecte Chares Wuflef (1929), pour subîmer ’atérîté. Puîs d’autres quartîers résîden- magré son corps de béton armé, ses Maîs Dakar n’est pas née à a fin tîes avec eurs équîpements sont cochers mînarets et son aube vîrgî-des années 70. Fondée en 1857, avec venus poursuîvre a croîssance de a nae, revendîque une sororîté avec a orce des baonnettes, par Émîe vîe : Centenaîre, Gîbratar, Fann, a déjà archîtecture-antôme que Pînet-Laprade après a prîse du HLM, Grand-Dakar, Lîberté, Sa- ut e marché Sandaga grâce à eurs terrîtoîre par e Capîtaîne Léopod cré-Cœur pour ne cîter que ceux-à. réérences d’archîtecture souda-Protêt. Ce quî étaît, jusqu’aors, un La vîe devînt aors une créa- no-sahéîenne. Une évîdence pour ensembe équîîbré de terrîtoîres ture de ’artîste Soy Cîssé, tapîe à a une vîe et un pays fiers de eur to-ébous s’ébauchaît désormaîs en poînte du Cap Manue quî étendant érance et de eur désîr d’exemparî-vîe sous a houette de ce « che ses grîfes et ouvrant sa gueue pour té en matîère de convîvence. de génîe ». Ee devîent, en 1902, a prendre es pus beaux morceaux du Toutes ces archîtectures sont capîtae de ’Arîque Occîdentae pays. traîtées pour gérer a umîère Françaîse (AOF). Et dès 1907, sous Enfin pour désengorger e avec maestrîa par des systèmes de e commandement du gouverneur gouot d’étrangement de cette bacons-tampons, de brîse-soeîs coonîa Ernest Roume, ee dîspose presqu’ïe des nouvees parcees ou de chapeau en béton typîques d’un pan d’aménagement urbaîn ont été assaînîes et d’autres quar- de ces vîes banches écrasées de très eicace. Seon e modèe de a tîers, aujourd’huî devenus des soeî.
LA REVUE DE DAKAR
Toute cette éerîe urbaîne ne devraît-ee pas se vîvre et être conservée comme a récote îssue du champ de bataîe pour a îberté, un « butîn de guerre » comme dîsaît Kateb Yacîne à propos de a angue rançaîse ? C’est à, sur ce butîn de guerre, derrîère a Chambre des députés, dans ce ycée quî èche es roches basatîques de ’océan Atan-tîque que j’aî flîrté, adoescent, avec es jeunes fies quî réquentaîent es écoes et înstîtutîons catho-îques aentours. C’est à, sur cette anse, que ’on grîaît du poîsson raîs ofert par des pêcheurs quî re-venaîent de eur moîsson ou encore qu’îs nous apprenaîent à nager. « Dakar ne dort pas » annonçaît fièrement e sogan dans es années 2010, comme es Indîens proca-maîent « Sweet Indîa » ou es Brî-tannîques « Rue, Brîtannîa ! » On îgnore sî cette absence de sommeî est due à sa « movîda », son mouvement ou à ses tourments. La vîe ne dort pas maîs ee s’est en-dormîe sur ces aurîers et reste ou-bîeuse de son hîstoîre et hérîtage. Les dépouîes opîmes de ce passé coonîa et es promesses de a jeune
Boubacar Seck Boubacar Seck est architecte et enseignant. Il a été un élu du Conseil de l’Ordre des Architectes de la Nouvelle Aquitaine et a co-présidé le Conseil de Développement Durable de Bordeaux Métropole. Il travaille également comme décorateur de cinéma. Engagé dans plusieurs mouvements de luttes pour l’égalité, il exerce son métier en France et dans plusieurs pays d’Afrique notamment au Sénégal, Maroc, Tchad et Bénin.
Répubîque sont dîapîdées par am-nésîe. Le pan d’aménagement ur-baîn de Mîche Écochard, secondé par Deecourt et Lecouvreur, n’a pas été entîèrement mîs en œuvre. I a au attendre presque trente ans, en 1994, pour voîr naïtre un nouveau pan. Enfin, ce n’est qu’au début des années 2000 que e Pan Dîrecteur Horîzon 2025 est porté par e Présîdent d’aors. Depuîs pas grand chose de vîsîonnaîre sî ce n’est des tentatîves de dubasatîon de a capîtae et ses envîrons. Seuement, ’humaîn va pus vîte que ’urbaîn. Et a vîe s’est re-trouvée arguée, débordée, conges-tîonnée et essoulée. Ee se noîe à a moîndre averse. L’archîtecte Jean-Chares Ta dresse un tabeau hîdeux de a capîtae : « La vîe de Dakar n’a pus d’âme. Ee onc-tîonne en sursîs, rémîssant tous es jours des rumeurs de a grande catastrophe à venîr. » La vîe énerve par son urba-nîsme de brîcoage et de spécuatîon même sî ee peut être douce et atta-chante. « Dakar est une emme mé-taphorîquement parant, tu ’aîmes comme pas possîbe maîs tu ne a supporte pas ! » dît agacée ’écrî-vaîne Fatoumata Ly. Et sî c’étaît un homme quî jouît d’une bee réputa-tîon à ’extérîeur et vîoente sa du-cînée une oîs es voets du araîre reermés ? Une vîe est une carte du tendre, une géographîe des souvenîr. L’anecdote întîme, es souvenîrs des premîers baîsers et a baade hîs-torîque rapîde reatés pus haut ne sont nî une suppîque nostagîque nî une apoogîe de a conserva-tîon. Devenu archîtecte, je saîs bîen qu’une vîe doît évouer, muter, se transormer. Choîsîr certaîns pans de son Hîstoîre, en enouîr d’autres.
Espaces
Maîs ee ne doît subîr des exérèses qu’après une anamnèse, cette hîs-toîre du patîent quî aît aîre un bon dîagnostîc puîs une bonne ordon-nance. On ’appee aussî mémoîre. Ce quî est înquîétant au-jourd’huî, c’est que nous avons presque tous, comme des amoureux contrarîés et désespérés, abandon-né ’ambîtîon d’esquîsser un desseîn pour cette vîe, un rêve, ouî un rêve. Maîs pour rêver, î aut peut-être paroîs dormîr. Et pour dormîr, î aut peut-être s’apaîser. Dakar est un îeu paradoxae : une vîe à a oîs rîche et paupé-rîsée; champîonne du monde des règements et reîne de a vîoatîon des textes régementaîres ou de ’es-quîve. «Les rues sont droîtes alors que nous avons un temps cîrculaîre. Forcément, nous devenons schîzo-phrénîques.» rajoute Jean-Chares Ta. Dakar soufre, rît de tout et surtout d’ee-même. A ’îmage de a Joconde de Leonard da Vîncî, on ne saît pas sî cette moue est due à une rage de dent ou un sourîre esquîssé. Ou comme es armes rîeuses d’un petît garçon de 5 ans. Pourtant, Dakar reste dans ’în-conscîent coectî ce rêve voîre ce antasme des grands voyageurs comme e sont queques vîes de a panète tees que Zanzîbar, Samar-cande, Pondîchéry, Venîse, Mar-rakech, Rîo de Janeîro, Ispahan… Ee reste cette dîgue rouge, ce cîe beu, cette page banche ébouîssante dont paraît Baîse Cendrars. Ouî a vîe ne dort pas. Ses nuîts sont tourmentées. Ees sont égaement aîmentées par ’espoîr et a joîe de vîvre de ses habîtants. Comme dît e proverbe turc, ses «nuîts sont enceîntes et nul ne connaït le jour quî naïtra.»
LA REVUE DE DAKAR
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LA REVUE DE DAKAR
’ÎLE DE NGOR/LA FILLE DU VOLCAN »
NÉE DU FEU ET DE L’EAU
« Nue pat aîeus, je ne pouaîs ente chez moî en toîs mînutes en pîogue.Nue pat aîeus, je ne me sentîaîs aussî tanuîe à mache a nuît dans e noî.Nue pat aîeus, je ne seaîs autant en hamonîe aec a natue et ses ééments. que dîeu potège cette e de ngo. Amîne. Mecî à « a Ie du vocan « de m’aoî accueîîe et pîse sous son aîe bîenveîante ! » Fance GALL
Prononcé e nom magîque Ie de nGor, aît surgîr du passé a vîsîon dîurne des sortîes de casses organîsées par des ado-escents, pour décompresser oîn des parents et éducateurs. Oubîée par es hîstorîens, géographes, archéoogues, et anthropoogues, ’ïe de nGor a soufert pendant pus d’un mî-îon d’années d’un épaîs sîence. Nous étîons au quater-naîre, î y’a queques quatre mîîons d’années. Ce ut aussî une pérîode de mer beaucoup pus basse que de nos jours, et ’homme pouvaît marcher de a poînte des Amadîes jusqu’au sîte réservé à a « fie du vocan », pour apprécîer cette spen-deur de a matîère presque éternee, afranchîe de tout ’înstabe de a vîe, a spendeur géoogîque d’avant notre arrî-vée au Cap-Vert. La terre avaît trembé, beaucoup trembé, des fissures s’étaîent ouvertes et î y’a un mîîon cînq cent mîe ans a
ave încandescente avaît jaîî en ce Fînîstère ouest arîcaîn, des bombes vocanîques avaîent été projetées, au oîn, et puîs es ééments s’étaîent ca-més, a sérénîté étaît revenue. Un ong et proond sommeî avaît suîvî, et e soule des mamees a aît de ce ragment de ave, une ïe. L’ïe de ngor, « a fie du vo-can » a trouvé sa source au creux de ton ventre (MER/MÈRE), ee est descendue au pus proond de ton royaume pour ramasser, assember queques roches nées du soule du vocan des mamees, mîe oîs ca-ressées, rouées, retournées, avant de recevoîr ’autorîsatîon de montrer sa bee robe noîre dépouîée de toute antaîsîe. La remontée du nîveau marîn, es phénomènes érosîs ont taîé e basate dans ses partîes racturées, donc ragîes, aîssant a mer souve-raîne autorîser ses vagues à assaîîr es rochers abrupts et eurs mouve-ments à ébraner a terre, pour îsoer es ïes de Yof, de Ngor et réduîre a poînte des Amadîes, de ngor et des mamees.
I n’en demeure pas moîns que nGor a trouvé son chemînement sîn-guîer. L’actîon quotîdîenne des nGo-roîs et des membres de ’Assocîatîon des Amîs de ’ïe de nGor a aît de ce bout de terre un havre de paîx, où a dîscrétîon et e bon goût se aîssent découvrîr à chaque coîn de rue. Le dîaogue constant entre ’ïe et e contînent a de quoî aîre échec à ’a-térîté, comme c’est souvent e cas en de pareîes cîrconstances, et donner naîssance à une vérîtabe usîon.
PROMENADE D’HISTOIRE Du vîage de nGor, à son com-pément dans a mer ’ïe de nGor, de a pace de a grande mosquée, aux dîférents autes, de ’embarcadère à a somptueuse vîa sur ’ïe de nGor, tous es îngrédîents sont réunîs pour donner tout son sens à a réflexîon du Proesseur Cheîkh Anta DIOP sur a renaîssance arîcaîne : « on s’aperçoît qu’î y’a d’une part, une partîe de a tradîtîon quî est restée întacte et quî contînue à vîvoter à ’abrî de toute înfluence moderne, d’autre part une tradîtîon atérée par une contamî-natîon européenne. » Espace quî na-guère recevaît de grands érudîts pour des retraîtes spîrîtuees, avaît aussî reçu Ndîaga Issa dît Serîgne Kokî. Nous étîons en 1830, dans e Wao, une troupe commandée par e capîtaîne Brou, Gouverneur du Sé-néga, venaît de mettre en déroute un groupe de prédîcateurs musumans. L’un d’eux Ndîaga Issa dît Serîgne Kokî bîen que bessé réussît à se réu-gîer à nGor auprès des ébous. I étaît caché sur ’ïe de nGor, exactement à où se trouve e PÉNC 1.9. Les rançaîs par a voîx de Hesse Commandant de ’ïe de Gorée de-mandèrent aux ébous de e eur î-vrer, îs reusèrent catégorîquement, car cea auraît été une înamîe de eur îvrer un homme quî s’est mîs sous eur protectîon.
1914/1928. I se décara à Dakar et dans e Sé-néga pusîeurs épîdémîes de peste, e îeutenant-gouverneur du Sénéga sîgne une ettre cîrcuaîre adressée à toutes es autorîtés admînîstratîves et coutumîères, aîsant obîgatîon de dé-caratîon de tout cas suspect de peste.
Le 5 octobre 1914, Baîse DIAGNE député suggéra que ’on compète ’arrêté reatî aux mesures prophy-actîques par a mentîon : « peste par obîgatîon pour toute personne sans dîstînctîon de race de se aîre vaccî-ner. » Le 8 octobre 1914 e Gouverneur généra estîma qu’î étaît înutîe de décréter a vaccînatîon obîgatoîre pour es européens. Face à ’attîtude du Gouverneur généra, et compte tenu de a rumeur quî se répandaît chez es ébous au endemaîn de a vîctoîre aux éectîons de maî 1914 de Baîse DIAGNE, dîsant que cette décaratîon d’épîdémîe, aînsî que es mesures édîctées pour tenter d’en-rayer a propagatîon n’étaît qu’une vengeance înventée par e partî hos-tîe au nouve éu: es ouvrîers du chantîer des Mamees reusèrent de se aîre vaccîner. Les nGoroîs se so-îdarîsèrent et s’opposèrent aussî au projet de déménagement du vîage suggéré par e Gouverneur généra, magré es mesures annoncées d’aîde à a reconstructîon du vîage à a fin de ’épîdémîe. Les rançaîs prîrent des mesures de rétorsîon tendant à es réduîre à a amîne. Pour s’assurer une autosui-sance aîmentaîre, es nGoroîs firent preuve d’une îngénîosîté quî eur per-mît d’éaborer et de conjuguer adap-tatîons et înnovatîons, au poînt de transormer ’ïe de nGor quî paraîs-saît înaccessîbe, en zone de pâturage et de maraïchage. Is savaîent que ’écume de mer est constîtuée essentîeement de débrîs organîques de a couche de surace, dont une partîe se répand sur es pages et e reste étant porté par e vent sous a orme d’embruns quî se déposent sur ’ïe et enrîchît es pâ-turages du aît d’une haute teneur en azote et en potassîum. L’ïe de ngor jusque à, étaît re-couverte d’arbustes épars, ne recevaît que es chasseurs de tortues et avaît une réputatîon conuse de sacraîté.
23/25 septembre 1940.« L’Europe étaît secouée par a tragédîe de a 2ème guerre mondîae. Les dakaroîs s’en souvîennent , a vîe étaît sous es eux des canons d’une puîssante armada ranco-brî-
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tannîque. La paroe étaît restée aux canons pendant 3 jours. Les sénéga-aîs quî ont vécu ces événements se souvîennent encore de ’exode de a popuatîon vers ’întérîeur du pays, après es bombardements du Port, du Pateau, de Rebeuss, de a Médîna etc… . La popuatîon quî ne pouvaît re-joîndre ’întérîeur du pays, s’étaît îns-taée sur e sîte ayant accueîî quînze ans après ’hôte Mérîdîen-nGor et sur ’ïe de nGor. Pendant pusîeurs semaînes es nGoroîs, épargnés par es eux des canons, prîrent en charge eurs rères perdus et réugîés. Is étaîent généreux, vraîment bons, ne demandaîent jamaîs à ceux quî sont nus, où sont passés vos vête-ments ? Aux sans-abrî qu’est î arrîvé à votre maîson.
LA TRAVERSÉE.À vraî dîre, c’est vers es années 1920 que ’ïe de nGor enregîstra ses premîères navettes vîage/ïe. Vers 1930 Mame Aîeu NDIAYE et M. Tamat WADE efectuèrent es premîères traversées, peu de temps après, d’autres notabes, parmî es-ques Cheîkh Ehaj Mbaye SECK, Ehaj Djîbrî THIANDOUM mouîè-rent eurs embarcatîons. L’aventure pour un grand nombre a été de courte durée.
1932. Cheîkh Ehaj Mbaye SECK, père de Cheîkh Ehaj Lîbasse SECK, on-dateur de a « pîrogue beue », et E-haj Djîbrî THIANDOUM, tuteur de Ehaj Maîber SAMBA, ondateur de a « pîrogue verte », sans avoîr a prétentîon de mettre fin aux dîicu-tés rencontrées par es popuatîons s’étaîent résoument engagés à ar-racher e peupe de nGor, au destîn dramatîque quî restaît e ot de a pupart des autres communautés. Is avaîent învestî à orce de bras, a dî-ficîe épreuve d’assurer à a rame a « traversée de ce fiet d’eau saée »: pour tous ceux quî vouaîent vîsîter ce quî étaît un désert de roche basa-tîque, afectant on ne saît pourquoî, nî pour ques yeux, des ormes très recherchées, quî sans doute, sont à îmmuabes depuîs des sîèces, dans e même sîence et es mêmes spen-deurs de umîère.
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Is devenaîent aînsî es créateurs du nouveau mîrace nGoroîs, ceuî d’une communauté quî suscîte et autorîse des destîns personnes. Is n’înventèrent pas eur actîvîté, maîs a açonnent îbrement. La « pîrogue beue » et a « pîrogue verte » ont écrît, es pus bees pages de ’hîstoîre de a traversée de ce fi-et d’eau saée, et es noms de Cheîkh Ehaj Lîbasse SECK et Ehadj Maî-ber SAMBA comme naguère Cheîkh Ehaj Mbaye SECK et Ehaj Djîbrî THIANDOUM resteront toujours at-tachés à ’ïe de nGor. Ces deux compagnîes ont assu-ré es navettes vîage/ïe de nGor de 1932 à 1994. Suîte à ’avènement d’un drame, es responsabes des deux compa-gnîes avaîent décîdé de usîonner en créant e Regroupement des Trans-porteurs de ’Ie de Ngor ,(RTIN). L’ïe et e contînent ne ont presqu’un tant a vase des pîrogues du RTIN est permanente au grand bonheur des habîtants, et des vîsîteurs d’un jour. Nu besoîn îcî de subîr e mou-vement penduaîre d’une chaoupe pour aer à a rencontre du bonheur. C’est dans sa robe noîre de basate, dépouîée de toute antaîsîe, qu’ee exprîme au mîeux sa pureté, son éan et sa orce. On s’y sent dans un monde à part, îsoé, en contact dîrect avec es orces de a nature, e vent, e soeî, a mer. La mer y est tîède, ’aîr raîs ba-ayé par es aîzés, et e soeî écatant dans un cîe sans nuage. N’est î pas merveîeux de connaïtre, chaque matîn, au réveî, dans a spendeur du matîn vîerge ’însoucîante îvresse de seuement respîrer, de seuement vîvre, d’étendre ses bras, s’étîrer demî-nu dans ’aîr pur, de marcher pîeds nus sur e sabe mouîé, de s’as-soupîr sous un cocotîer ace à a mer, bercé par e bruît des vagues, es mur-mures de ’eau, e chant des oîseaux et rejoîndre au crépuscue ’espanade KOCC BARMA pour contemper e coucher du soeî, aîre ace aux étoîes, tendre ’oreîe au sîence et ne rîen entendre pour mîeux savou-rer Vîctor Hugo: « La nuît, j’écoute, Tout uît, Tout passe, ’Espace eface e temps. »
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es orientales 1829, les Djinns) ✁✭ Une promenade sur es rochers, au nîveau des marées, permet d’ob-server certaîns d’entre eux entîère-ment creusés de cavîtés arrondîes de dîférentes taîes : ce sont des ro-chers de doérîte, habîtat prééré des deux oursîns es pus connus, tous deux sont hérîssés de pîquants ongs et fins à reflets vîoacés chez « Arba-cîa », pus court, moîns eiés et re-flets bruns verdâtres chez « Echîno-metra. »
L’ÎLE DE NGOR/LA FILLE DU VOLCAN, AU CŒUR D’UNE TRADITION.L’ïe de nGor où ’hymne du vî-age, représente e oyer à partîr duque prennent naîssance, et vers eque convergent es reatîons com-pexes avec ’unîvers des « TUURS » ou « RAB » « Génîe ou Esprît ». Entre e XIéme et e XIIIéme sîèce, es é-bous avaîent côtoyé e ong du fleuve Sénéga es pêcheurs « tyubao » et avaîent vécu côte à côte avec es sé-rères « nones » entre e XIV éme et e XV éme sîèces. De ce dernîer voî-sînage, î résuta des îens sentîmen-taux, des aîances et des croîsements quî ont permîs à des ééments sérères de se ondre avec eux, et de aîsser une empreînte proonde sur eurs mœurs et coutumes. Cee tradîtîonnee à a base de conceptîons reatîves à a mer ou du rîtue de a puîe, a croyance en un « génîe » « rab ou tuur » à quî on aît une ofrande.
Le « rab ou tuur » est un « génîe » désîreux de vîvre auprès des hommes et peut emprunter des ormes anî-maes ou humaînes. I est consîdéré comme e jumeau de ’ancêtre, et est maïtre des eaux, de a nature et du so. La rontîère entre « tuur et rab » n’est pas hermétîque : un tuur est un rab, et un rab honoré avec assîduî-té peut accéder au statut de tuur. La prîncîpae dîférence résîde dans e degré de notorîété, d’ancîenneté et de quaîté de ’aîance.
LE MYTHE FONDATEUR.
« L’aeu a mîs au monde un en-ant de sexe mascuîn ou émînîn « AND » (e pacenta ) , e compagnon s’est transormé en serpent. Ceuî-cî s’est întroduît dans e creux du bao-bab ou s’est caché dans e grenîer. Une caamîté s’est abattue sur e vîage et e serpent a ofert : eau,écondîté, bonheur, chance…. en contrepar-tîe d’une nourrîture rîtuee. » Les hommes acceptent e pacte, et e « tuur » s’attache au îeu et eur dît: « venez partager notre terre, maîs souvenez-vous que ’aîr nous est précîeux, qu’à tous es êtres qu’î aît vîvre, î aut partager son esprît, e vent quî a donné son premîer soule à notre aeu, reçoît aussî son dernîer soupîr. Et e vent doît aussî donner à nos enants ’esprît de a vîe, sî nous vous aîssons partager notre terre, vous devez a conserver comme un îeu à part et sacré. » Sur ’ïe de nGor, es « tuur » ou «
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