Afrique Magazine du 08-10-2018

Afrique Magazine du 08-10-2018

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ÊTRE
EN AFRIQUE AFRIQUE MAGAZINE
ÊTRE DANS
EN LE MONDE
VENTE
CHAQUE
MOIS
CÔTE D’IVOIRE DOCUMENT
Le pouvoir jeune La France,
ses espions Un dossier spécial de 16 pages
et l’Afrique
MAROC
Jours de Hiloula CINÉMA
à Essaouira Faouzi
Bensaïdi : RENCONTRE
« Je crois Alain Mabanckou :
encore en « Je suis un écrivain
l’humain » tricontinental »
PORTRAITTUNISIE
Akrame Au temps
Benallal : du chacun pour soi
d’Oran à Paris,
le parcours
d’un chef
Brassivoire,
située à Abidjan
et inaugurée
début avril 2017,
a construit cette
année sa deuxième
ligne de production.
LE GRAND DÉBAT
L’AFRIQUE, FUTURE
USINE DU MONDE ?
Le cœur industriel de l’économie mondiale du XXIe siècle pourrait-il battre
de Tanger à Johannesburg ? La prédiction est quasi unanime.
Pourtant, la part du secteur manufacturier diminue depuis des années…
par Jean-Michel Meyer
’Afrique, future usine du monde, en digne héritière donc au tour de l’Afrique d’emprunter la rampe de lancement
de la Chine industrieuse. Le scénario est validé par de l’industrialisation qui lui permettra d’accé lérer son
déveloples plus grands décideurs et bailleurs de la planète. pement. Ce serait oublier un peu vite que l’Afrique est moins
À Paris et à la Banque mondiale, à Moscou et au industrialisée aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a quarante SOYONS L FMI ou encore à Pékin et à la Banque africaine de ans ! Les produits manufacturés représentent plus de 60 %
développement (BAD), tous misent sur le continent pour y de ses importations ; venus de Chine pour l’essentiel, ceux-ci
bâtir le prochain atelier industriel du monde, le prochain ont contribué à asphyxier l’industrie africaine. Conséquence ?
blockbuster planétaire du développement. Alors que lSae lon la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des
Chine est confrontée à la hausse des salaires dans l’industrie, Nations unies, la part du secteur manufacturier dans la
croisles activités manufacturières légères, comme le textile et sance du PIB du continent a reculé, passant de 12 % en 1980
l’habillement, cherchent de nouveaux pays à bas salaires ; à 11 % en 2013. « Le poids de l’industrie stagne », poursuit la
une aubaine pour l’Afrique. La Chine emploie 25 millions CEA dans un rapport de 2016, intitulé « Politique industrielle
de personnes dans des industries dédiées à l’exportation. transformatrice pour l’Afrique ».
Avec l’appui de Pékin, l’Afrique, à l’exemple de l’Éthiopie, a
l’opportunité de capter une partie de ces emplois grâce à ses UNE INDUSTRIALISATION EN DÉCLIN
faibles coûts de main-d’œuvre. Sur le plan international, le continent se situe au plus bas
De fait, 53 chefs d’États africains ont assisté au Forum sur de l’échelle dans la chaîne de valeur mondiale, soit l’ensemble
la coopération sino-africaine (FOCAC), qui s’est tenu à Pékin des activités productives réalisées par les entreprises en
les 3 et 4 septembre 2018. La Chine a promis de débourser diffé rents lieux géographiques. L’Afrique ne représente ainsi
60 milliards de dollars (51,6 milliards d’euros) pour l’Afrique. que 1,9 % de l’industrie manufacturière mondiale. D’après
Les priorités : l’industrialisation et les infrastructures. Cette le groupe de recherche britannique Economist Intelligence
enveloppe profitera sans doute également aux 10 000 entre- Unit, ce chiffre s’élevait à plus de 3 % dans les années 1970…
prises chinoises, selon un décompte de McKinsey, qui opèrent Pendant ce temps, l’Asie a vu sa part dans la valeur ajoutée
sur le continent dans divers domaines (infrastructures, indus- mondiale – valeur ajoutée par une économie lors de la
protrie, ressources naturelles, bâtiment, services, agriculture, duction de biens et de services destinés à l’exportation –
grimtélécoms, etc.). Après l’Europe, les États-Unis et l’Asie, c’est per à 39 % en 2014, en vue d’atteindre les 50 % dans les dix
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Racisme, marginalisation, préjugés…
Il est temps de réaffi rmer la modernité Un nouveau cahier
pour décrypter des mondes noirs. De reprendre le fameux
les enjeux économiques
slogan des années 1960 : « Black is beautiful » !
Avec en exclusivité, l’interview
N°385 - OCTOBRE 2018
sans tabou de LILIAN THURAM M 01934 - 385 - F: 4,90 E - RD
France 4,90 € – Afrique du Sud 49,95 rands (taxes incl.) – Algérie 320 DA – Allemagne 6,90 € – Autriche 6,90 € – Belgique 6,90 € – Canada 9,99 $C
DOM 6,90 € – Espagne 6,90 € – États-Unis 8,99 $ – Grèce 6,90 € – Italie 6,90 € – Luxembourg 6,90 € – Maroc 39 DH – Pays-Bas 6,90 € – Portugal cont. 6,90 € :HIKLTD=YUY^UY:?a@d@i@p@k"Royaume-Uni 5,50 £ – Suisse 8,90 FS – TOM 990 F CFP – Tunisie 7,50 DT – Zone CFA 3 000 FCFA ISSN 0998-9307X0
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dollars en denrées alimentaires – 100 milliards d’ici à 2030. l’exercice fiscal 2017-2018 les exportations de biens manufac -
Pour briser ce cercle vicieux, la BAD investira 24 milliards turiers avaient atteint 487,5 millions de dollars, soit moins de
de dollars dans l’agriculture et l’agroalimentaire ces dix pro- la moitié de l’objectif fixé à 997,9 millions de dollars. «
L’instachaines années, soit une hausse de 400 % des financements. bilité politique depuis deux ans et des contraintes logistiques
À travers le programme phare « Technologies pour la trans- expliquent ces chiffres », avait commenté le ministre de
l’Information de l’agriculture en Afrique », doté de 700 millions dustrie, Ambachew Mekonnen.
de dollars, la banque veut inciter les entreprises de l’agro- L’Éthiopie suit-elle la bonne vo i? e L’Afrique doit-elle
industrie à s’installer dans les campagnes pour créer des zones inventer son modèle ? Le débat reste ouvert. « Quel modèle
i d t i t de t ti de viv iè . de dév m ’A iq Aujo d’ i, ’ t
agro- n us r elles e ransforma on s cultures r res eloppe ent pour l fr ue? ur hu c es la
ques« L’Afrique doit commencer par traiter l’agriculture comme un tion la plus importante. Je pense que le modèle de dévelop - La mine à ciel ouvert de la Somaïr produit
secteur d’activités commerciales et s’inspirer sans plus tarder pement asiatique qui est passé de l’agriculture à l’industrie entre 2 000 et 2 500 tonnes par an.
des expériences menées ailleurs, comme en Asie du Sud-Est », à haute intensité de main-d’œuvre, pour ensuite passer à la
déclare le président de la BAD. haute technologie n’est plus valable aujourd’hui parce que la
plupart des opportunités seront dans la haute technologie. L’uranium ne trouve plus acheteur
Je suis convaincu que l’Afrique a besoin de sauter une étape
et d’aller directement à la haute technologie », assurait dans La filière nucléaire ne se relève toujours pas de la catastrophe qui a frappé
une interview à L’Économiste du Faso, le 28 août dernier, Hafez la centrale de Fukushima en 2011 et fait les frais des erreurs d’Orano
Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique (ex-Ar p d r p r l g r q tr pr d t r d
depuis le 1er juillet dernier. eva). Un cou u ou e Ni e , ua ième o uc eu mon ial.
par Cédric Gouverneur
L’INDUSTRIE 4.0
C’est une évidence, l’Afrique subsaharienne connaît un hilippe Knoche, directeur a conduit des poids lourds industriels désormais payer à l’employeur leurs
retard considérable en matière d’accès à Internet ainsi que général du groupe nucléaire tels l’Allemagne et, demain, la Corée du consommations d’eau et d’électricité,
dans l’utilisation des technologies numériques et dans l’acqui - français Orano, s’est rendu au Sud, à renoncer à une énergie anxiogène. jadis offertes…
sition des compétences requises : intelligence artificielle, data, Niger fin septembre, où il a Face à cette chute de la demande, diff-i Jusqu’à janvier 2018, Orano était
cloud computing, e-commerce, déploiement de machines P rencontré le président Maha- cile pour Orano de maintenir un outil de connu sous le nom d’Areva : le groupe
intelligentes (robots et imprimantes 3D), etc. madou Issoufou, avant de partir visiter production nigérien coûteux: la mine à nucléaire français s’est rebaptisé afin de
Lors d’un colloque tenu à Washington le 4 juin dernier, sur la mine d’uranium d’Arlit (à 240 kilo- ciel ouvert d’Arlit, d’où sont extraits près faire peau neuve après une série d’erreurs
La Maison du chocolat ivoirien, à Abidjan. le thème « L’industrie 4.0 en Afrique », Paul Maseli, le directeur mètres au nord d’Agadez). Il a déclaré de 2 kilos d’uranium en moyenne par stratégiques commises sous la direction
De leur côté, des États d’Afrique subsaharienne, surtout à de l’Organisation des Nations unies pour le développement à la télévision nigérienne : « Les marchés tonne de minerai, connaît des coûts de d’Anne Lauvergeon – mise en examen
l’est du continent (Kenya, Éthiopie, Rwanda, Tanzanie, etc.), industriel (ONUDI), esquissait un autre modèle : « L’Afrique de l’uranium sont stables, nous avons production plus élevés que celle exploi - depuis. En 2007, Areva avait racheté
développent un modèle industriel. Évoquer l’industriali sation doit trouver sa place dans l’industrie manufacturière en fait pas mal d’efforts dans le monde. tée par le géant français au Kazakhstan, pour 1,7 milliard d’euros la société
canade l’Éthiopie revient à se souvenir de la détermination de empruntant une double voie. D’une part, en renforçant ses Nos concurrents canadiens ont égal-e dans un contexte sécuritaire plombé par dienne UraMin, propriétaire de mines du
Meles Zenawi, qui en fut le Premier ministre de 1995 à 2012. positions dans les fabrications à haute valeur ajoutée dans les ment réduit leur production de manière le terrorisme. La Somaïr et la Cominak, Sénégal jusqu’en Afrique du Sud, qui se
’ ’ t i
L’homme était fasciné par la réussite des pays de l’Asie de secteurs les moins automatisés, comme le textile, lalime-n significative (près de 20 %), et les prix filiales nigériennes d Orano, ont dû pro - sont outes révélées nexploitables. Même
l’Est et, plus précisément, par celle de la Corée du Sud et de taire, les boissons, le tabac, les métaux, le bois et le papier. de l’uranium ont pu se stabiliser.» Cette céder à de brutales restructurations. La déconvenue avec le gisement nigérien
Taïwan, qui ont, de façon autoritaire, conduit avec succès une D’autre part, tout en développant ses capacités industrielles, déclaration d’un optimisme des plus Somaïr (société des mines de l’Aïr, déte- d’Imouramen (au sud d’Arlit), acquis en
politique de rattrapage industriel sur l’Occident. elle doit se préparer à l’avenir du numérique en investissant mesurés indique que la sortie du tunnel nue pour plus de deux tiers par 2009 pour 900 millions d’euros,
Dès 2011, Addis-Abeba a calqué ce modèle, l’idée étant dans Internet, les technologies numériques et les compétences n’est toujours pas en vue… Orano et pour un tiers valeur largement surest -i
de conci ier le dy amisme du marché et une action cib ée iées au développement et à ’innovation. » Une mauvaise nouve e pour le Niger, par a Société du patri mée. Enfin, les chantiers
l n l l l ll l -
de l’État pour développer les infrastructures, les services de La révolution numérique pourrait en effet conduire à relo - qui est le quatrième producteur mondial moine des mines du 20$ des deux réacteurs
base et un environnement des affaires favorable à l’essor du caliser certaines productions. D’après une étude du think tank d’uranium et fournit un tiers de la pro- Niger) a ainsi licen- nouvelle génération
secteur privé. En 2016, le gouvernement a défini 14 secteurs londonien Overseas Development Institute (ODI), les robots duction d’Orano. Depuis l’accident su-r cié l’an dernier Cours moyen EPR, en construction
clés (construction, tourisme, médicaments, transformation (financement et exploitation compris) dans l’industrie du venu à la centrale nucléaire japonaise un cinquième de la livre d’oxyde en France et en
Finde produits agricoles, floriculture, cuir, textile, habillement, meuble aux États-Unis reviendront moins cher que les sal-a de Fukushima en mars 2011, le cours de de son person- lande, accumulent
d’uranium, contre
etc.) destinés à attirer dans 22 parcs industriels les investis- riés d’une usine du Kenya de cette même industrie d’ici 2033 l’uranium est tombé de 70 à 20 dollars nel et 500 sous- 70 $ en 2011 les retards. Le Niger
sements directs étrangers (IDE). Toutefois, le secteur manu- (et entre 2038 et 2042 pour l’Éthiopie). Le temps est donc la livre, contre 135 en 2007. La raison ? traitants. Signe des pâtit donc aussi des
facturier peine à décoller. En août dernier, le rapport annuel compté pour former des scientifiques, des techniciens et des Une crise durable de surproduction. La temps, les salariés et 135 $ en 2007. déboires de son
princidu ministère de l’Industrie éthiopien révélait qu’au cours de ingénieurs africains. perte de confiance de l’opinion publique subsistants doivent pal client.
96 AFRIQUE MAGAZINE I 38 5 – OCTOB RE 201 8 AFRIQUE MAGAZINE I 38 5 – O C T O B R E 2 0 1 8 97
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N  3 85 - AFR IQ U E MAG A ZI N E - OC TO B R E 20 1 8
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CEbase.indd 2base.indd 2 03/10/18 17:1103/10/18 17:11ÉDITO
par Zyad Limam
PARLONS DAM’
epuis le mois de mai dernier, parution papier. La conjoncture économique très
nos lecteurs algériens n’ont difficile de la presse et de la distribution, les mutations
plus le choix de pouvoir nous technologiques, les transformations du marché
lire. En tous les cas pas dans publicitaire rendent pratiquement impossible, pour un
notre version papier, « print » éditeur indépendant, tout investissement majeur dans
(y compris les hors-séries le domaine du print. Nous aurons fait 21 parutions d’AMB, D  éventuels). Nous ne sommes 21 parutions dont nous pouvons être particulièrement
plus autorisés à être importés, et donc distribués. fiers ! Nous avons amené un style, un regard sur les
Aucun exemplaire. Zéro. Pas d’explications particulières mutations économiques du continent. Nous avons donné
pour ce qui s’apparente, en gros, à une interdiction. la parole à de nombreux acteurs de ces mutations.
On évoque un problème de devises. On a du mal Nous avions des lecteurs motivés, des partenaires, des
à y croire. Un grand pays comme l’Algérie, puissance annonceurs. Je remercie très, très chaleureusement
africaine, puissance pétrolière, avec une vocation tous ceux qui ont participé à cette belle aventure.
diplomatique continentale, serait mis en danger par Ce n’est pas pour autant la fin de notre ambition
des importations culturelles qui représentent epsilon AMB. Nous avons des acquis, une expérience. Et la sphère
dans sa balance commerciale… « éco-business-développement » est au centre des enjeux
De fait, aujourd’hui, l’Algérie est le seul grand africains. Notre ambition de nous investir dans les
pays francophone au monde où AM, Afrique Magazine, questions économiques, l’entrepreneuriat, les débats
n’est pas disponible. L’un des rares pays africains où sur le développement reste intacte. Nous serons donc
les restrictions sur la presse sont encore d’actualité toujours présents, actifs et créatifs.
– nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à faire Première étape, la mise en place d’un cahier business
l’objet de mesure d’interdiction ou de limitation dans notre titre amiral, Afrique Magazine. Vous trouverez
drastique. À l’époque d’Internet, des réseaux sociaux, en page 92 la première édition. C’est un redémarrage
de la digitalisation… Au moment aussi où la société et nous comptons bien monter en puissance, en qualité,
civile, la jeunesse, les élites du pays cherchent à s’ouvrir offrir, à chaque parution d’AM, un magazine dans
plus encore sur le monde. C’est déprimant. Les Algériens le magazine. Avec notre regard et notre style particulier.
sont des citoyens. À eux de décider ce qu’ils veulent Deuxième étape, la réalisation d’un ou deux grands
lire. Ou pas. Étonnamment, la mesure ne concerne pas hors-séries par an, thématiques, avec un angle original,
notre seconde publication, AMB, Afrique Méditerranée un projet rédactionnel que l’on souhaite hors normes, à la
Business. Ce qui me donne l’occasion de refaire une fois durable et accroché aux grands enjeux du continent.
mise au point toujours utile : AM et AMB sont des titres Ces projets doivent évidemment s’inscrire dans
de presse édités par l’entreprise AM International, l’évolution des modes de lecture, les exigences des
une société indépendante dont le signataire de ces lignes nouvelles générations, la digitalisation des médias.
est l’actionnaire majoritaire. Il n’y a ni grand groupe Pour toute entreprise de presse traditionnelle, et en
derrière nous, ni intérêts cachés. particulier pour toute entreprise de presse indépendante,
Cela nous amène à parler justement d’AMB, c’est un formidable défi, un saut impératif dans un
notre publication économique née il y a un peu inconnu exigeant et prometteur. Nous allons y consacrer
plus de cinq ans. Le dernier numéro est sorti en une bonne partie de notre énergie et de nos moyens.
décembre 2017-janvier 2018. Malgré notre enthousiasme Dès à présent, Afriquemagazine.com vous attend.
et notre volonté, nous n’avons pas pu maintenir sa Bonne lecture donc, qu’elle soit print ou digitale ! ■
AFRIQUE MAGAZINE I 3 8 5 – O C T O B R E 2 0 1 8 3
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p. 46
p. 38
SOMMAIRE
Octobre n° 385
ÊTRE
EN AFRIQUE AFRIQUE MAGAZINE
ÊTRE DANS EN
LE MONDE
VENTE
CHAQUE
MOIS
ligandébuta situnencoet Bré e édeniaensa s s avrilatà producsruiudvAgieot bu uxii2cetrirdée,0 je ètia 1t7mn one , e .
LE GRAND DÉBAT
UL’AFSINRIQE D UEU M, FUTUREON eDE ?
parLe cœur iPdoure Jea Tatannn’-AMicgfrter ique, helnladusà , MefpuJtaoutyrrriheet r eaudsnneli de l’une secdsu burmondeéconomteur g , ? emnL adainuf ige mondiprne édihéac rituritciètireon er ale du ddieonc smt aqiuXXnue touuasI r dsi deiècle un le’Apufranique ipours imedd’eem .s pr r auannéeitnte-ir l lab raasmpt…tre e d e lancement
L bâdbléotvecir kloppbule steeÀ FdlpremeeMr s o pPalI ca nt lhopurCaiu lss ahi( gnnBeiet n rétnAane acaDotà iied)nrr,le se diel da touuà r séBtdciPérisaundi deunque kmeiuursn sidssetée. et r event iLmondeteà llopp b ssludaillca uér eniB aele meaamondurslernque io , cno dtà ent. eseMot li, anAavfer ple alsniorlcclt ianaou ds prié pnèooe patet uque cehdr.r ea ay iun ldpdSont iaanneeee d melon s lsu’ci! endoss nttLntrliueaim. ras s CitlpCbué ripreosio aérsmoleteià das rmtuaaaaiontiisiuion ttsphy jos sion ous um; qubrxveadlieiei né’hlnr ucur uuonomlfi ’uaii s pnncedqu’dt repuumet ersique Ceéu tlrhs le ivtie rne ria te aene pprfdorpque ’aciuéoclsrau’céte irénlnl a’ ’AlAeléte’ie.t ff rsnt rCresiiioque que r el nsntpy oslun éiea eq(s délCsue,t dquaEcvemoieencA ulop) 6e rx0 an-?decn- s%i te s
Cdul’lelA’opphae nvhs ece inbpac oe iaell’rluertaemtsisbaupvot pninctéeniuinonetis é ne t,dfs d rmpee oc odahnaPcuerctnaéérnuptek es fi hlaà n,’Aenrcdl tfa ueul’rts ihAn rquee aièdfriuenrpaisq e. dss unrueLe,to sdie alégèuvt er àis dCe eae sl’s hraeuecilxnas, edxeme is érdpeecepismaoém lydameepsps l me oindloie àesà s l’bl’gille nÉar’25 eâcdstxh upe teisasoomtà xprrlaitiitseeliaiell,res,tione si ao n ets; . à CsNtUNE raEaa1nctA n1 % ionsfore dadINDs u nemun sPIn au2ieUtB nr0s, ic S1dra3Te lu app. RIALp cpa« ooorLnure trtt i pdndlIS’AoueeidAn fs2rt eTs 0icque a 1ION dt6reue e, c»lir ’n.uimndtléEN ita, uunpaslé utDÉrfs« aise PocaCtsnutlLt iartdINiegique e ne r 1da»2, i % nndpso lueuan s rctsr1ruioi98eit lsle-0la
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Un nouveau cahier
pour décrypter
les enjeux économiques
MAROC
CHANGEMENT Jours de Hiloula
SOYONS BLACKS ! à Essaouira
Il est temps de
DOCUMENT
réaffi rmer la force
La France, ses
des mondes noirs
espions et l’Afrique
RENCONTRE
Le campus de l’université
Alain Mabanckou : Félix-Houphouët-Boigny,
à Abidjan.
« Je suis un écrivain
tricontinental »
TUNISIE
Au temps du CÔTE 3 ÉDITO
chacun pour soi TEMPS FORTS D’IVOIRE Parlons d’AMLE DÉFI JEUNE 20 Tunisie : Personnages Près de 80 % des Ivoiriens ont moins de 35 ans. Politique, éducation,
emploi, formation, innovation… Les enjeux sont immenses. par Zyad Limam
N°385 - OCTOBRE 2018 Un dossier spécial de 16 pages
M 01934 - 385 - F: 4,90 E - RD
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AM385 COUV C.IVOIRE 2.indd 1 04/10/2018 00:05
ÊTRE
EN AFRIQUE AFRIQUE MAGAZINE
ÊTRE DANS par Frida Dahmani et Zyad Limam
LE MONDE EN
VENTE ON EN PARLE
CHAQUE
MOIS 28 Soyons blacks ! 8 Livres: Dany Laferrière,
par Zyad Limam, Venance Konan et Astrid Krivian par-delà les apparencesPOKER
par Catherine FayeÀ LA TUNISIENNE 32 Lilian Thuram : « Il faut sortir Des élections générales doivent avoir lieu d’ici f n 2019. La course est ouverte.
Portraits de personnalités en quête d’avenir dans un pays en urgence de changement.
MAROC CÔTE D’IVOIRE 10 Écrans : L’enfant, des schémas de domination »
Jours de Hiloula Le pouvoir jeune
à Essaouira
Un dossier spécial de 16 pages
Youssef
INTERVIEW Chahed DOCUMENT
Béji Caïd Faouzi Bensaïdi : Essebsi La France, envers et contre tout
« Il faut croire ses espions par Astrid Krivian
en l’humain » et l’Afrique
GOURMANDISES situ et Br éiaens aà suivAgoubirirdée, je a n
liganndébuta ncoeé eden ss avrilatproductr udiet u 2cetx0iè1tim7one , e. Akrame LLE ’AFGRAND RIQ DÉB UEAT , FUTURE
UdLe cœur ie TSangIer Nndusà JotriE Dheannel de l’ sburéconomg U M? La ie mondiprédictOioan le du esNt qXXuasIeD si iècle unanE pourime?. r ait-il battre par Jean-Marie ChazeauBenallal, parPo Jeaurtannd’l-AeMicesf r ptliquea, l heluChinlsa g, Mefpruaneta uindyrresdet du r udu séstriciine deeusecursdseu. emondLett beur scailléen,e ariemursno ad deinufgsetne l vaa phéaclildanréiturit èpiètaerre. er ddpdieoe menc lm’indantiuunue . tousCtrei ars ldeidsreaa leti’Aion t poufriuquque blis iei lur ddi u’epneme rps prmeteu annéeunvtteria te r d lque ’aac rcasémpl… ’Aléfre reidque r eso lan encdést evemoime lopnn t-s
d’Oran à Paris, LlebCbâd lévhs oticiner kacleob le eputistpsvteemÀ F iprcotéMr os PanenI cfhrooprmtai u ls anai(nnéttBenet ée nuAacfD aàaotà ie)c rrla,le te ielua thaà orr ièusBdPéuiraunds enque sekms iu n iddssenlégèteéet rsvei mondesatà lrlopp esulals, da irur eiBe aclmeseamondole dnque m, coantme nà n. ste l’Moi,ani Anle fenrle dlsiorccutao tests prpoiu nxroie te,uet ique cle rhd eaay iuetn lsNSdiaont ananee adnc lon s tsuic! eone oss tLntdrls ieauimruas iPIlpnCbué iprosieoB érmos, etdà da mlutuaaaion iisu cpatsphyojos sion ntsrum ; tir xdvenadieuené’hnnr cusuuonomlt ef’aii s ca nctdqu’deurteeuuc rr sique Ceuétmlrhléslie iae , ne rnaepane puprforpfsiauéosclcasrau’étt enirulnn t a’Arlete’diiee.t f esrnt Cr s ii1oque dale 2nntpy % snluéiesa q(s llCeue,a ndquaE cc eencA1r uoi9) 6e rx8s0 a-?de-0cn % ite s
Audl’lf’aopphaenvi ecbe blep oriaels l’luraemtcsbaupoonpnûeniuitnneté s ie t,dds d epeec odam hPcuercaaér nptekisnih ln,-’Aendrd ’fœuel’rts iAn uquee dfvrierndpaiqe . .unru Le,tosie a uvt ràidCe eael’sh eucixnedxeme s édpeepimaémlyeepsps l oidloie àeà s bl’glÉar’25 eâcstxh pe isaoomà prlaiitselaielres,tion sion a s; . UNE à trCEan1A 1 % Ssudafor INrnele mn sDUS plau2trina0 n1rca 3TReippn. p te« oIorLALISure nrt atpld’AoeionAid f2riTs 0aq 1IdluO, 6e ele , N »li’.ncindotEN inttuuislé ntDÉCLINer« ine Pot sstleiat gsique ine tue », iandpuo uplusrutsrsui ebit lalelsa
le parcours du chef elle6prLanvee0s ics smillio3 Deproploppse et c iorféharari4 ie anoiitdté, tssprion 5s eds3 pte: ofeecs, sidlhi’tiomsnoeendellfrbrs lon a ars-udae ssf’taÉt ru(r2nic5ina0as1a t1 dél,s iid68ne sao . atcmillifuoLr(ion tmpte iaFe c Oa aégCiCnret hdas Adisne lont Celee d me)Mc’s e, a uquainnKsrprosit fi irnsssomaa)’tsue sé pestx oyairt s , urucu 1tequ0 dF ntleo0’ui Au rop0r dfuà e0 riém s. èPéqberuosenCkuuentei.rrrtn te s te e-r PUdique de dle eenfns lfgi’é tdér, r1accaoucehe,ne 9 ntttpci cl% vs ehle i eiltéfdd tideufeas reee nm x rprsslep’ ’géliécandsolhe, ecdog lvhuuc’rAaasrcistaîthe t ne riipheà ivee apde iquebrs l vmuis vuratéaadn ss. alene ualnLuf3 % i pas’iArque éc amondfetrrus dati dque rEièpacnaonomirs inear lene s le lmonds le, aarss venost prit néaelInlniée’eaetusts lenreerepr1ns al. le9te ijmbleDg7oie0’suaane…tiprnés cee sèi es n
92tétsru ielér le , corcmeosnss, touietcnercn.e)t . sda An npras tèuds irveel’lEulres sdr, oobâpmeat, iimenle es s nt(Éti, na fstresa-rsUvticnruiescs t, et uraegls’Ar, iiscnieu dl, utucs-’rees,t mondpduer ctà ion i3a9le de % – bieevnan leu2s 0et 1rde 4 , ajesouAFenr RtévvIicuQe e UepaEsd deM’ar AtsGteutAne iinZndIéNséEr à c e onomIl le’e38xs p550 o–ie Ort% CatlorTion daOs BREnd– s eg le20rlias m 18dpr-ixo - AFRIQUE MAGAZINE I 3 8 5 – O C TO B R E 2 0 1 8 93 38Inspirations:
RENCONTRE
Alain
Mabanckou :
Un nouveau cahier 12 Musique : Djazia Satour,
« Je suis Rached
Ghannouchi pour décrypter
un écrivain les enjeux économiques
tricontinental » Jours de pèlerinage
Mehdi
N°385 - OCTOBRE 2018
Jomaa le retour aux sources? M 01934 - 385 - F: 4,90 E - RD
France 4,90 € – Afrique du Sud 49,95 rands (taxes incl.) – Algérie 320 DA – Allemagne 6,90 € – Autriche 6,90 € – Belgique 6,90 € – Canada 9,99 $C
DOM 6,90 € – Espagne 6,90 € – États-Unis 8,99 $ – Grèce 6,90 € – Italie 6,90 € – Luxembourg 6,90 € – Maroc 39 DH – Pays-Bas 6,90 € – Portugal cont. 6,90 € :HIKLTD=YUY^UY:?a@d@i@p@k"
Royaume-Uni 5,50 £ – Suisse 8,90 FS – TOM 990 F CFP – Tunisie 7,50 DT – Zone CFA 3 000 FCFA ISSN 0998-9307X0 à Essaouira
AM385 COUV Tunisie.indd 1 03/10/18 20:57 par Sophie Rosemont
ÊTRE
EN AFRIQUE AFRIQUE MAGAZINE par Julie Chaudier
ÊTRE DANS
LE MONDE EN
VENTE 14 Agenda : Le meilleur
CHAQUE
MOIS 46Alain Mabanckou : « Je suis de la culture
un écrivain tricontinental » par Catherine Faye
CÔTE D’IVOIRE DOCUMENT
Le pouvoir jeune La France,
Un dossier spécial de 16 pages ses espions
et l’Afrique par Fouzia Marouf
MAROC
Jours de Hiloula CINÉMA
à Essaouira Faouzi
Bensaïdi : 16 CE QUE J’AI APPRIS
RENCONTRE « Je crois Alain Mabanckou : encore en « Je suis un écrivain l’humain » 72 Faouzi Bensaïdi : tricontinental »
PORTRAIT Rebecca Ayoko
TUNISIE Akrame Au temps Benallal : du chacun pour soi d’Oran à Paris, « Je crois en l’humain »le parcours par Fouzia Marouf d’un chef
ligneanndéa situcoet Brébut eédenia enss s avrilaatà productsr uiudvAgit eoubu i2rcetirxdée,0ije èa 1tim7n one , e.
LE GRAND DÉBAT
UL’AFSINRIQE DUUE ,MONDE FUTURE e ?
parPdLe oure Jea cœur Tatannn’-AMicgfrt, er iqueihelnladà , MefupuJstaoutriyrrheetr el audsnneiune d secedsu l’ burmondéconomteur g e,? emnL adainuf gieprne mondiédihéacrittciuriètireon er ale ddieodnc smt u aq iuXXnue touuasI r dsi deiècle un le’Apufanrique is pourimedd’eem.s prr auannéeitnte-ir l lba raasmpt…tr e e d e lancement par Astrid KrivianSOYONS Ldb âétveirlopp le peÀ FdlermeeMos pPaclI a hnt louarCiu iss nh( gB aeiet nrnAane tcDeoà ild)nri,ee s dlr da touu ià sénBtciPérsdai dueunque kmesiurstn sirseie. et e ent lLmond dteà b ussluac ma illér niBaeole aaurslenrnque dio , ceo dà ,ent lesMot leiane pavfr pasnirlccolt iaanodciu éphn èoae patet uiendr.r e ay u ont dpaidnne eed smes lu’ci! endossnttLnt imruei. ras sCitplbué ripreosi aérsolteeià ads rtuaaaaitoisiuion ttphyns jos ouum ;qu vbrxadlieeiei n’nhlr uur uulfi ’usaii pn dncequ’dt repuumet Chinerseéu tlrslie v te rria te aeene pprfd rque ’acioéclursa’céteiéne lnla ’Alé’teei.t fs rnt Crseiieoque r l nnspy tosliun éea eqs ldé,sue ct dquaveemoie ncu lop6xe r-ci0an?n - s% te
dulebl’CAhalenvhs o ee icnbcpkac eiaebll lu’erutaemsistbapsvontepu icotéeninr nei s ne t,fds ropmpecl odaanhaPéunéttercnéernuk sfi ah làan’Aienc dr,la tfeeurlt ’s haiA rqueièdfduirendruis eque. ses nuL osdda ,légèuvt eérà sveiCeea saslhrlopp’ eueilaxns, dxeie érmedepcmeesiapoé mydlmee santps me nldoie à. seà l’bliA’nlle aÉt’25 edlsorx huptesaists opieomxrrlaitite,lique aillres, tione iona ets; . là trSCNsaaeE aan1nclon tA 1 % ionse dafodls raunemu n sPInC au2ieotriB n0ms, 1drcma3leuapp. pi cpas« oosorLntuiron e rtt i pdnld’Aoueeéid n fcs2rionomt es 0qca 1dtu6eure ee, »clir ique ’.nuimntléidta, uunpaslé putorfs« aiuse Pocart snultlt ’iaArtdiegifque ene rr i1que da»2, i % nndpso( luCeuan sE rctsAr1ruioi9) eit8ls dele-0la s
lle6flL’aaoppe0s ics bmillio3 Dlepropoe s et riorftcéarauor4 inaiûtdté, titsstion 5s s é ed3 dpte: edce sidle h ’imomnoencllfadabrs arspte-iudane sf’-tÉt rd(rr2ic5 i’œa0ua1at1nl,us ii68. ne e sva atmillirfpaLre(ion i.aFcr OataCie iCnret hds Adisnont e Cle de )c’s e,e a uquais nsrpreosifi mrsssoma)’tep sé pstloaoiirt surucu te s dF ntlgeo’uAur rrâc dfuà eriém s. e Péqbuoà sCkuuesei.rren t sste e r dle que dUNE di eef s l’fgé Sécrr1acuoueh,r IN9 % ntteple ilvs elDUSeipl lté ddaideuaes en n x Trprislen’ RlagéictendoIhe cALISdogrhuucnrasratctîathe nrioniphiveAee dTiquebrs ameIl Oi,vrat le aéanN s. lanueclnuLfioEN as’irAntque éc mfetirus noiDÉCLINque rEenièpancdonomit riaer sne l eemond le,s isors tesue t prite Inl’niéaenatsutleree eprsemplnl. lte iuDgsie’sba abnelipreans c sesè i es n
ptestérunverieléirs l, ceeloppos rc mceo hsnssi, te noinetcuopreirsescnof.e)t. sdi, t selAaennsrpraa ot èdnuss ai ruvenlnel’sEursl d edéco sdro, ooubâmpmte eaintp, iégtmelee ea ds slnt ee(Ét imeMnf, a csrtnKesat -risUnvtaricsnuueyiex ctss , 1, uret q0 uae0igl so’0Ar, piin0 scèrenieudel, untustcr-t’re ees-,t monddPpUueennr cittdà , ion aci3ne a9tle dc c h% ee – ibief tefvren e anmleu2ssp ’0et és1lr,ed4 l ve, a’Aa jesouisent ireà tévv apicue l ve uepass ud ded s’ar etas teu3 ptne ii% nandérdastér d à ce onomnlale’es n xs lesp l50 s oaie ar vnt% atnéloralion dae esus nrd– 1 ase9g jle7roli0aus m …tdpré-ie xo -
92 AFRIQUE MAGAZINE I 3 8 5 – O C TO B R E 2 0 1 8 AFRIQUE MAGAZINE I 3 8 5 – O C TO B R E 2 0 1 8 93 19C ’EST COMMENT ?BLA CKS !
Racisme, marginalisation, préjugés…
Il est temps de réaffi rmer la modernité Un nouveau cahier
pour décrypter 82 Akrame Benallal,
des mondes noirs. De reprendre le fameux
les enjeux économiques À étudier !
slogan des années 1960 : « Black is beautiful » !
Avec en exclusivité, l’interview
N°385 - OCTOBRE 2018
sans tabou de LILIAN THURAM
M 01934 - 385 - F: 4,90 E - RD
France 4,90 € – Afrique du Sud 49,95 rands (taxes incl.) – Algérie 320 DA – Allemagne 6,90 € – Autriche 6,90 € – Belgique 6,90 € – Canada 9,99 $C le portrait du chef
DOM 6,90 € – Espagne 6,90 € – États-Unis 8,99 $ – Grèce 6,90 € – Italie 6,90 € – Luxembourg 6,90 € – Maroc 39 DH – Pays-Bas 6,90 € – Portugal cont. 6,90 € par Emmanuelle Pontié
Royaume-Uni 5,50 £ – Suisse 8,90 FS – TOM 990 F CFP – Tunisie 7,50 DT – Zone CFA 3 000 FCFA ISSN 0998-9307X0 :HIKLTD=YUY^UY:?a@d@i@p@k"
AM385 COUV INTER.indd 1 03/10/18 21:56 par Loraine Adam PHOTOS DE COUVERTURE : 78LE DOCUMENT
CÔTE D’IVOIRE : 86 Portfolio : Visa pour l’image, CAMILLE MILLERAND En Afrique, les Gaulois
TUNISIE : MIGUEL MEDINA/ regards sur la violence du monde de l’ombre
AFP - NICOLAS FAUQUÉ/
par Catherine Faye par Zyad Limam et Jessica BinoisIMAGESDETUNISIE -
JEANCHRISTOPHE MARMARA/
FIGAROPHOTO - VINCENT 92 Cahier Afrique Méditerranée Business : 11 V4 INGT QUESTIONS À…
FOURNIER/JEUNE AFRIQUE/RÉA L’Afrique, future usine du monde ? Germaine Kobo
LILIAN THURAM :
AMANDA ROUGIER POUR AM par Loraine Adam par Jean-Michel Meyer et Cédric Gouverneur
6 AFRIQUE MAGAZINE I 3 8 5 – O C T O B R E 2 0 1 8
AM385 sommaire.indd 6AM385 sommaire.indd 6 04/10/2018 01:3604/10/2018 01:36

lLa ex-Aèrevtrare lne uden é coaireu np edur re en 2le0e 1toN1 iujoet ur,irts lpatsfradèies e rretro teps u he dr moqui ndfr l. pé


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rAuefstruinr esue’ac dero bellteonmcet mné o dm eeneurs errt il nrr t cepa oes’mlesnel neroeccrAuu saltl uerrs c pldoum n o-esn d deneultvete isuooen mme s énrt-t taque oi m e. r Ad paf onnuét v rre ese vAtj ou de dth uuir d’euest l’i d e-utor d sll--l a emt nrnee à 2 c00 e 0 l ouvet e 5r 0d e lt0 oa Somnn es pïra ar pr on.adu
é e é e de l uJe elupaneermeecrerc, ohdicr oeuprceeéorcodeunteero lm’A li fer l rvoeebl sobe h mo lool e o’ûusahlee eoeucruhcler o futaeul
c le’uccot oluc oemuétiérv leececc omhml’Amue uiee, e ’acuelbml éremcIne ee et e ee ml le,’ac atues r hé erçr fl uleeorcrohéu e’bre recuhl r ceccoe, l’Aoulluremerdecnoernehueoe e éoureregi me r eor éreè effs cc oonnoJurum fe urus o vorem àr u’erev o ’éeuec riocuu
Ll’a eéMvaie deu socn oedu cchocue , molat iveè lioerie n uàh Afrrbopiidjl an . uo er l’r e u er esaoco.) à leoell’huèlomrrreoelni’ e’r ruolb olacuee ee muu oAsa maf u uhee gtPoeuurl memcleo uèefllieve dlerur èefrrcmeteeuun fm elè lr’uoeéulé uooulofroso ’rovar brelele. , lorte mm cvsilh léeoer éeroroeel ouuccrveeort m éinA uerrarréeiued’cvçmoc oeû eum ceetrllee ûtshe ode r f oureuléég e u efunerllvucevrrai oAe uvreo leus voecie été er’eérccfrehuenaern s
l eeol’mmuhee uee , rrAev, fu eeceéfmAçéefeobn eeruPra uec cel slelue rmeecl’e lac erét eèteler, mcdeu99 clatu’cAioè éu12 eell’erueeruruor arbermuoooelu r, eeeocr leuhu écal’obvcooe r u ’muc séoeumremupamcvéerr es acue trbleejo ielfmou le’élte emsst ceeers s m écll’uut fcorrrocatéuat ur rrleorr ecuooeevel c erbs e eoee unnpluèlees l cOlnuérlemeleuororrc omcurbréexeué taer eueeeumrmeOrererrretouerrl’Aom r,omûb préteo d’éI vuteerumreeéuv (n,éeeuu éucerr oud eréuge Ammorueeoeuem s. uinuréueeuirmoeenee
cebleasé l’eco ueo u orvreul Enrrdyono tt loeemr, uf leormgocl ulumermrérfferrccmrueminrc, feeuuea reorélftreble, ll hc efl’rooerllecmcoer beu crlliélenauebloreu reéeméueveOv inliooeeeretseenuru Unos du ntlcervetaeevlopemc’ er’croooerèv m uemos)ee» ineeuhudecs olruueulher l’ecenk rebe s l’ue ucrue oeulela ’ecevr eoisrèomleeé uvucoléu cle’rreeccs u j r c m oolool l cumpaeéor l’eocesaiéu0 emér mcuuee utr mée eP vefe ee es cecheérc c ueo
96f u muenr es r tèrre ee él’réc ouller (I é hE) eon erreée l le e’ eucroum uue cin om e éruerour frforetmer e cur l’Éfi hu e . s e he es e l er ve eecoc o trfe e5 e l’or . ou r o eaim stan e e e c rest. c ou r
cÀPoeu drorllbrlr eeln ecéee ernroce’ rmleumlvmeelcueerueursserle’ T gre oh inol lliear feou’rccmlem lre prds ebilla ’eulrmpleté rorcic aoeelv ececueot lb eheeffre t f eéuavl m clleoommortaell oecoéolllree r otelel orl t ormame oeininlf’ue
ineerc’ruoeerulrléoerur’ ecrl’eocvlll’bcegrommleicemr umel mvcrereeeurrllceeleucrcermraecetrouems’leerml’e eorroeceéurAurlleueréeeeur oumm lm’larloerrueeson rs ueoveréu’lveer iluoopiebaetiemmmcuetéhouioeerèeluee oueeer ol efébre’en.éeerereee vAl’oiueoeolueurcrvu’’lAhfèrleeteQc’u pueeel’lssloduevre-e àuloèellle L a e mnti rn e e 2à 000 c i e l o et uve2 rt 500d e l t a oSomnnes aï pr par ranod. ui t
écl e le e e l A ueelu usu’eerllmeeeclerrcovheecroeeoc clerluoetémercoeeer l’élirere veleabblueoeehleomu loouorhgieoe’ûhlee eeorercuuhcrle’rAefléroeul
rda l e lucosa me ééov beleece tec rehml’Au èe uee ’ uuelcbl rehiqucer rer fecc ellel’ c uuun e r fhré erçr efl Our orco ’ee eucoùcéueure Fae ccoe Arllcueeemoeecenehu oeu eeé erreme dueoré reèffe co oJurommfqufem rt pestio evrere uem
Lla Meaisuolcen duoeru c ucneh oécmoloaKt ieèvlotaei ri e nu, ’Aà fAbrr i ldjeean v .uo ue l’rinTe u e uer o n cinlelooteuhull’èOlomrrreooemlte’ Orucroouolbot laueeec 4eeeomenuorAfr euu, uheeue»,strtoloeuelrmle l uèelel cellerum r èeefrrcrmeeeues fmmlèml’uoéurass vu siroeoulor u, ’oeuémrrovelad’A brelelrée arleleos ums m0 ovohhéreoe ciciéeroeoepaoeuuocruvereeoorm réa Aigurré dr eeecovomçcùoeûoueeue Kcroee: erec ooûmuh pe do cftroueoA ucrerééereouumu furellveerre oomreAèesu re svmreroee
Tl’’ehlol’ Zhi, ee uéeeorrAeévcueeceéntf çéobeblera uarrouerr crveétaeelulelerruem ececeoeldeclmcro pe réeéèteeelermde99ul’inuc à’Ac sionéeeudee eelo’cre uInruooerseerlareeboemuéolooee trfeeeor lue dutrbcéloloe’vbmleovleooeeré uu ’mmcouéumter ucvurreliquelleeucer be leoeeo iuleémueeç’ér ensemncl eleers s mmde ’eoenifllurrroocéatcouiourverleou’ureè ecue l e oeorbmeeeeeurmee etèrurees cfeéueeerreruoruercplooéciubréeuur eeeueseuocmmutiOrererere eur Aoorbûé roe éé’Icom éooeuvre ruureeva un,oéeveuueéeurcrrAs ouferlareéru
cbleeécl’cerouercuur ovrreuérl rréooolelo16emfrleomr releouelumunfermrnérffe erccmrurueer fuetevroe éltrfebllee efblorrllemecccmoerbeloérn s cmlloelenaubleucrceéeemréevlute ioere eermoeDeloicrrveeeovl eonl’ oeu’rcoorot mrvè mrueoone efe Oceorl’ ueluherleerr relos veueucruuoeu ’ uvatroeèuemrlmeeoeurruvuoedulllée aicerreecc uur re cmoouorai ur cmoe eo oes éuemeérr ouesee r médee ou
9ef6euc mer er dièrréeec eà él’ eur leerrr é haoo eocerreéfoveérl ler l ’ uercour uue creo e éerueerouurfr erem ueKr ee coee cel’ftehueo m e e cuemr ce ee’ c e ll’uerrevereemccoetrfe b l e béee le’o 7.oouc ruaib o rs empse es uoeveés e
dÀ rPoufoe crhaindr doomiavet blesrlrlonlars ris atannseran le dd s eans’de cropr’e é gnglr cseeriercogl, rsaiitéus cuamelalimcula me u nleireviutrce uiphthe uenrxeen ate et sriras’aaAerla ,ld– Teesfe Bique«4gr0 0AD 1ce0i0oahn »,inl dor olmemig velli%oté iiedenprsrrd ide aiis ttsse 7ara op0nifs uran0d’24ic ilacmilliedcs 2mr i à m illx egr 03ontn0prnos-oerds --. aasts ’. uduxexllribiitLtpla elimoiercsiquitr prseoéé iiene,itaiice dol Aa’mvbt queftisocnelacceb2l s eudt i0iaat hjec1iepu hew7rite-ec-2 ftesin0Mfixle s df 148ftek7la», à 5onux 8 eéinebl va ma99 an,se7,exn9illi ostcro ponmill.de me it s med otionsnoaténtcde nt Lo’rs desllde le rrsiidol minaabie io lnsnitrrs,sesisloga mmt tioe d. itunL’« tis’oi- nnsaue s qacdlfn---e tIsea
Ldsecrdeaginu«s orci-éu x’Arldoint sfreeri dpéradille tqu’a arsle usenie eidocàiprlas’, tnes ivrictt séstobalecidl mtnques lenet seméleanct omdmdedar esnclaé inme rtreean utv s eBAaeellr urclrsfpaDca lesneia es orcit strmmi.o, it’cpgt eamaserletneinon amsilds spene ’a gripn cculrerserueout Aueuie rslscn réettdrresus a e S i eus pudcomdels rid vser-Emtaovrd u l’ze neesaer sè »,tn s .i dpeinuhuà ontpa dhmuerae nteévvelnteltai’Ée thtee otd air pluconishp sns aonppoitenlogie mmuiapomtiqesenrorod sé tduuieanleeqti pouttn’è nr? eLlmise.tée et t stluJe pnl’-r’aisero p eAd désb penonf œsuatque anséne vl e s bla?rede’ va re voiequstn Aulaujreiouagojpo,e u oe lur? ur’uledc’mr o du nvr duiueeihurttuiAhs ’f lè .ue « q’de Qrectiuepa, paele àlsed dss ncndout lmeoerque égiodaquei trvseèllop--e ele a a lell às L’urLa i emrn t neane à0002cie o euiumt 25erv t00e d t l annSomaïe rs ar p prnei an du t trouve plus acheteur
L dJe’IGhpuniledNu’aiDUt pesuise nentearrSl mles 1lTRctonve , idiIEeserrev iievw- ic4.juncpc e aà upemprésli0’É tleLent uddrqcoent nomi’ et e drnillarit àAfs te ee dshalueutq .a Bu ana Fa dbuet , qotisc enohso2eamondele s8nlola ide ogihaû t asau»,le adporrteuessr tutecuraeenih ne rl’aii eAr,Hlftétdau qn e. pafaezsee a(pa cen Cédrr ilif ica Gouv).U cl erneurFu ku shimase pour lèv geaf qu esa ri me des la cpr aodtas uc ur Orano’ a ia ap
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AFRIQUE MAGAZINE
eFONDÉ EN 1983 (34 ANNÉE)
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RÉDACTION
p. 72 Emmanuelle Pontié
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p. 86 DÉCOUVERTE Isabella Meomartini DIRECTRICE ARTISTIQUE
imeomartini@afriquemagazine.com CÔTE D’IVOIRE :
Jessica Binois LE DÉFI JEUNE PREMIÈRE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION
par Dounia Ben Mohamed, sr@afriquemagazine.com
Ouakaltio Ouattara Amanda Rougier PHOTO
et Lilia Ayari arougier@afriquemagazine.com
56 La relève arrive ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO
par Dounia Ben Mohamed Loraine Adam, Lilia Ayari, Dounia Ben Mohamed,
Julie Chaudier, Jean-Marie Chazeau, Frida Dahmani, 59 L’emploi, un défi
Catherine Faye, Glez, Cédric Gouverneur, Dominique
majeur pour le Jouenne, Astrid Krivian, Venance Konan, Élise Lejeune,
gouvernement Fouzia Marouf, Jean-Michel Meyer, Luisa Nannipieri,
par Ouakaltio Ouattara Ouakaltio Ouattara, Sophie Rosemont.
61 L’entrepreneuriat, VIVRE MIEUX
c’est l’avenir ! Danielle Ben Yahmed RÉDACTRICE EN CHEF
par Lilia Ayari avec Annick Beaucousin, Julie Gilles.
62 Mamadou Touré : « Lutter
VENTES
contre la précarité, investir EXPORT Arnaud Desperbasque
sur la formation » TÉL. : (33) 5 59 22 35 75
par Ouakaltio Ouattara France Destination Media
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par Dounia Ben Mohamed ABONNEMENTS Com&Com/Afrique magazine
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Comment éviter 62620 Ruitz.
ces cailloux douloureux ? Commission paritaire : 0219 D 85602
Dépôt légal : octobre 2018. 111 Une arme supplémentaire
contre le sida
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112 Le chaud ou le froid Les indications de marque et les adresses figurant dans p. 108 les pages rédactionnelles sont données à titre d’informa- pour so ulager ? tion, sans aucun but publicitaire. La reproduction, même
partielle, des articles et illustrations pris dans Afrique maga- 113 Presbytie : les progrès zine est strictement interdite, sauf accord de la rédaction.
de la chirurgie © Afrique magazine 2018.
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INGRID PULLAR/THE NEW YORK TIMES/REDUX/RÉA NICO THÉRIN
DR - LUIS TATO/BLOOMBERG - LAETITIA KYDany
« PAYS SANS
CHAPEAU» , Dany Laferrière
Laferrière, Zulma,
288 pages, 9,95 €.
Par-delà
les apparences
Après vingt ans d’absence,
l’académicien revient en Haïti
et dresse un portrait troublant
de son pays natal.
par Catherine Faye
C’EST UN PAYS FASCINANT que l’auteur de Comment faire morts. – Madame, on ne compte pas les morts. – Et pourquoi ?
l’amour avec un nègre sans se fatiguer, best-seller mondial, et Ce sont mes enfants. Pour moi, ils sont vivants à jamais. »
de Je suis un écrivain japonais redécouvre après vingt ans d’exil Mais c’est aussi le retour d’un fils que le maître de l’autofiction
forcé. La nuit y appelle un va-et-vient incessant entre la réalité met en scène. Les retrouvailles avec sa mère et sa tante sont
et le pays sans chapeau, l’au-delà pour les Haïtiens, qui le percutantes. Laissées derrière lui en 1976 pour échapper
nomment ainsi parce qu’une fois mort, on ne porte plus de aux troupes paramilitaires des Tontons macoutes, à ses
chapeau. Cette chronique singulière, écrite en 1996 et rééditée trousses en raison de ses publications antigouvernementales
aujourd’hui, est presque une initiation onirique à un monde et de ses prises de positions contre la dictature de Jean-Claude
inconnu. Voici venu le temps des retrouvailles dans une Duvalier, elles n’auront plus de ses nouvelles durant vingt ans.
contrée où « les vivants ferment les yeux des morts et les morts C’est à Montréal que Dany Laferrière, né à Port-au-Prince
ouvrent les yeux des vivants », selon les termes du cinéaste et élevé dans le village de Petit-Goâve, va enfin donner vie
Charles Najman, fasciné par l’imaginaire africain de l’île. à son rêve de devenir écrivain, non sans mal, enchaînant
Ce voyage troublant, habité par l’émotion du retour et la magie pendant huit ans les emplois précaires. Il devient le lecteur
des dieux cachés, nous parle de Haïti – « je suis là, devant cette passionné, « l’homme-livre » que l’on connaît. Il se souvient :
table bancale, sous ce manguier, à tenter de parler une fois « Une nuit plus morne que les autres, j’ai glissé une feuille
de plus de mon rapport avec ce terrible pays » –, mais aussi blanche dans le tambour d’une vieille Remington et j’ai tapé
de la nostalgie et du décalage qui se crée avec l’exil, entre celui la première phrase : “Pas croyable, ça fait la cinquième fois
qui est parti et ceux qui sont restés. Les chapitres alternent que Bouba met ce disque de Charlie Parker.” ». De son premier
entre le pays réel et le pays rêvé – celui des superstitions et roman choc à L’Art presque perdu de ne rien faire, en passant par
de la nuit. Au fil des jours qui passent, des silences, des mots L’Énigme du retour (prix Médicis 2009) et Autoportrait de Paris
chuchotés dans la rue, l’écrivain traverse, avec humour avec chat – roman dessiné et écrit à la main –, Dany Laferrière
souvent, le voile des apparences, sur les traces des zombies et a construit une œuvre, plus de 30 livres traduits en
des fantômes installés dans le quotidien de chaleur et de bruit 15 langues, qui lui vaut en 2013 son élection à l’Académie
de la ville : « Combien d’enfants avez-vous, madame ? – Seize. française : « Être académicien, c’est redevenir un enfant,
– Où sont-ils ? – Tous les neuf à l’école. – Et les autres ? – Quels dans le sens de la liberté », confiera-t-il. Une œuvre patiente,
autres ? – Les autres sept enfants. – Mais, monsieur, ils sont puissante. Et sans fard. ■
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HANNAH ASSOULINE/OPALE/LEEMAGEON EN
PARLE
livrestémoignage
RÉMINISCENCES
D’UNE JEUNESSE
SE SOUVENIR. Savoir.
Devenir. Ce livre oscille
entre mémoire et
témoignage d’une identité,
en une succession de textes
courts où Nina Bouraoui
« TOUS LES partage ses souvenirs
HOMMES DÉSIRENT d’enfance à Alger, l’histoire
NATURELLEMENT
de sa famille et la naissance
SAVOIR» , Nina Bouraoui,
du désir à 18 ans à Paris. JC Lattès, 256 pages, 19 €.
« Je n’oublie pas d’où je BD SECRET D’ÉTAT
viens, les falaises de la évoque comme un leitmotiv
EN 1903, AU CONGO FRANÇAIS,
route de la corniche, la le Kat, un club réservé
un homme est dynamité par deux
palmeraie de Bou Saada, aux femmes, rue du
Vieuxadministrateurs coloniaux. Cet acte
les sentiers de Chréa, les Colombier, où elle passe
inhumain devient « l’affaire Gaud et Toqué »
roseaux avant la plage, les les nuits de sa jeunesse,
et provoque une onde de choc en France.
néfliers que j’escaladais, et confie : « En rentrant
L’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza
me hissant au-dessus du Kat, j’écris pour me « CONG O 1905, est alors missionné pour enquêter et rédige
du monde », se souvient- faire pardonner mon LE RAPPORT
un rapport à charge contre le colonialisme BRAZZA» , Vincent elle, tandis que quelques homosexualité et pour
français. Censuré, il sera redécouvert Bailly et Tristan paragraphes plus loin, elle me faire aimer. » ■ C.F.
en 1966 par l’historienne Catherine Thil, Futuropolis,
144 pages, 20 €.Coquery-Vidrovitch, laquelle a conseillé
les auteurs de travailler à partir
société des notes privées de Brazza, qui ne figurent pas dans
le rapport final. Une BD formidablement réalisée REGARDS
et d’une immense valeur historique. ■ Loraine AdamCROISÉS
Dans ce deuxième roman,
c’est la société coloniale premier roman
que l’auteur de Debout-payé
SENS DESSUS DESSOUSdépeint, à travers deux
regards, celui du blanc RIEN NE SE PASSE comme prévu
sur l’Afrique et celui du noir pour Ghaylène, urbaniste intello
sur l’Europe. Deux regards et tourmenté. Au bout du rouleau,
« CAMARADE PAPA »,
naïfs d’un enfant et le voilà dans les rues de Tunis. Mais Gauz, Le Nouvel Attila,
d’un jeune homme qui, la ville est prise d’agitation. Des chats 256 pages, 19 €.
à des époques différentes, étranges l’envahissent, des lancers
découvrent la Côte d’Ivoire. Camarade Papa et moi de pétards génèrent de dangereux
Son propos est servi par sommes au niveau de mouvements de foule, les poubelles « MAGMA TUNIS »,
une langue truculente Oude Kerk, la paroisse Aymen Gharbi, s’accumulent et de curieuses
Asphalte éditions, et imagée, avec des du quartier, Yolanda me performances d’art contemporain
192 pages, 16 €.personnages tout en crie. En tenue de bisous, s’exhibent. Les forces de l’ordre sont
contrastes. « Elle me triste, elle court dans la rue. » sur les dents, et le héros ne tarde pas à remarquer qu’il est
Yolanda, à regarder Une histoire de la suivi. Dans ce premier roman singulier, Aymen Gharbi met en
ailleurs le jour de mon colonisation, pétrie de scène la rupture entre une jeunesse désenchantée et son pays
premier voyage. Quand tendresse et d’humour. ■ C.F. natal. Et brosse un portrait plein d’humanité de Tunis. ■ C.F.
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HANNAH ASSOULINE/OPALE/LEEMAGE
DR La réalisatrice
dirige le jeune 
Zain al-Rafeea
sur le tournage.
L’enfant, envers
et contre tout
Prix du jury au dernier Festival de Cannes,
le nouveau film de la cinéaste libanaise Nadine
Labaki bouleverse les salles : sa caméra
a suivi un jeune garçon dans un bidonville du Moyen-Orient,
où survit une population que l’on ne veut pas toujours voir.
Une plongée dans les bas-fonds pleine de justesse et d’humanité.
par Jean-Marie Chazeau
LA CINÉASTE A DÉDIÉ sa récompense à son pays, le des conditions indignes… Après trois ans de recherche,
Liban, « qui, malgré tout ce qu’on lui reproche, se débat six mois de tournage, 500 heures de rushs, le résultat est
comme il peut. Il a quand même accueilli le plus grand impressionnant de réalisme. L’aspect documentaire renforce
nombre de réfugiés dans le monde, même s’il n’a pas les le romanesque du film et laisse même un peu de place à…
moyens de subvenir aux besoins de toute la population ». l’humour. Notamment grâce aux acteurs non-professionnels,
Tonnerre d’applaudissements dans le palais des festivals le jeune Zain al-Rafeea en tête. Buté et trop vite endurci,
et des congrès de Cannes en mai dernier. À l’écran, le Liban son personnage saura se montrer paternel avec le bébé
n’est pas nommé ; on y voit les quartiers miséreux d’une d’une réfugiée érythréenne sans-papiers. On est loin des
ville du Moyen-Orient, habités par des populations plus douceurs ambrées du salon de beauté de Caramel, le premier
misérables encore. Le point de départ, c’est Zaïn, un livreur film et grand succès de Nadine Labaki, sorti en 2007.
d’à peine 12 ans et qui en fait trois de moins, qui ne va Dans cette œuvre brute, on vibre avec ce jeune garçon
pas à l’école pour travailler. Ses parents passent leur temps qui se démène comme un beau diable, envers et contre
à le battre et essayent de marier contre son gré l’une de tous. À quelques effets de style près, un peu trop appuyés
leurs filles pour récupérer un peu d’argent. Pour le garçon, (musique et ralentis), c’est une très belle réussite, filmée
c’en est trop : faute de pouvoir sauver sa sœur de 11 ans, comme un thriller de survie, mais à hauteur d’enfant. ■
il s’enfuit, cherchant à s’abriter et à se nourrir seul. Après « CAPHARNAÜM » (Liban) de Nadine Labaki.
plusieurs péripéties, il parvient à traîner ses parents devant Avec Zain al-Rafeea, Yordanos Shiferaw,
les tribunaux, les accusant de l’avoir mis au monde dans Boluwatife Treasure Bankole.
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